2004 Apostolorum Successores 55

IV - LE MINISTERE DE L'EVEQUE DANS L’EGLISE PARTICULIERE

"Soyez les bergers du troupeau de Dieu qui vous est confié; veillez sur lui, non par contrainte mais de bon coeur, comme Dieu le veut; non par une misérable cupidité mais par dévouement; non pas en commandant en maîtres à ceux dont vous avez reçu la charge, mais en devenant les modèles du troupeau. Et, quand se manifestera le berger suprême, vous remporterez la couronne de gloire qui' ne se flétrit pas" 1P 5,2-4

I. PRINCIPES GENERAUX SUR LE GOUVERNEMENT PASTORAL DES EVEQUES

55. Quelques principes fondamentaux. Dans l'exercice du ministère épiscopal, l'Evêque diocésain se laissera guider par quelques principes fondamentaux qui caractérisent sa façon d'agir et qui éclairent sa vie. Ces principes demeurent valables au-delà des circonstances de lieu et de temps et ils sont le signe de la sollicitude pastorale de l'Evêque envers l'Eglise particulière qui lui a été confiée et envers l'Eglise universelle dont il est coresponsable, en tant que membre du Collège des Evêques avec à sa tête le Pontife Romain.

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56. Le principe trinitaire. L'Evêque n'oublie pas qu'il a été placé pour gouverner l'Eglise de Dieu au nom du Père, dont il rend présente l'image; au nom de Jésus Christ son Fils, dont il a été constitué maître, prêtre et pasteur; au nom du Saint-Esprit qui donne vie à l'Eglise. . L'Esprit Saint soutient constamment sa mission pastorale (Pontifical romain, De l'ordination d'un Evêque, n. 35) et sauvegarde l'unique souveraineté du Christ. Rendant le Seigneur présent, mettant en oeuvre sa parole, sa grâce, sa loi, le ministère de I'Evêque est un service rendu aux hommes, pour les aider à connaître et à suivre la volonté de l'unique Seigneur de tous.

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57. Le principe de la vérité. En tant que maître et docteur authentique de la foi, l'Evêque fait de la vérité révélée le centre de son action pastorale et le premier critère par lequel il mesure les opinions et les propositions qui se font jour dans la communauté chrétienne comme dans la société civile et, en même temps, à la lumière de la vérité il éclaire le chemin de la communauté humaine, lui donnant espérance et certitude. La Parole de Dieu et le Magistère de la tradition vivante de l'Eglise sont des points de référence auxquels l'Evêque ne peut renoncer non seulement dans son enseignement mais aussi dans le gouvernement pastoral. Le bon gouvernement demande à l'Evêque de rechercher personnellement la vérité de toutes ses forces et de s'engager à perfectionner son enseignement et à prendre soin non seulement de la quantité mais plutôt de la qualité de ses interventions. De cette façon il évitera le risque d'adopter des solutions pastorales qui sont seulement formelles mais qui ne répondent pas à l'essence et à la réalité des problèmes. La pastorale est authentique quand elle est enracinée dans la vérité.

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58. Le principe de la communion. Dans l'exercice du ministère pastoral l'Evêque se considère et se comporte comme "principe visible et fondement"
LG 23 de l'unité de son diocèse, mais toujours dans la perspective, en esprit et en action, de l'unité de l'Eglise catholique tout entière. Il encouragera l'unité de foi, d'amour et de discipline, de sorte que le diocèse se sente comme une partie vivante du Peuple de Dieu tout entier. La promotion et la recherche de l'unité, seront proposées non comme une uniformité stérile, mais dans sa légitime variété, que l'Evêque est même appelé à défendre et à mettre en valeur. La communion ecclésiale conduira l'Evêque à rechercher toujours le bien commun du diocèse, se souvenant que ce bien est subordonné à celui de l'Eglise universelle et que, à son tour, le bien du diocèse prévaut sur celui des communautés particulières. Pour ne pas entraver le bien particulier légitime, l'Evêque se préoccupera d'avoir une connaissance exacte du bien commun de l'Eglise particulière: connaissance qu'il doit continuellement mettre à jour et vérifier grâce à la fréquentation du Peuple de Dieu qui lui est confié, à la connaissance des personnes, à l'étude, aux enquêtes socio-religieuses, aux conseils de personnes prudentes, au dialogue constant avec les fidèles, puisque les situations aujourd'hui sont sujettes à des mutations rapides.

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59. Le principe de la collaboration. L'ecclésiologie de communion engage l'Evêque à promouvoir la participation de tous les membres du peuple chrétien à l'unique mission de l'Eglise; en effet tous les chrétiens, individuellement ou en association, ont le droit et le devoir de collaborer à la mission que le Christ a confiée à l'Eglise, chacun selon sa propre vocation particulière et selon les dons reçus du Saint Esprit.
LG 30 LG 33 AA 2-3 CIC 208 CIC 211 CIC 216. Les baptisés jouissent d'une juste liberté d'opinion et d'action dans ce qui ne relève pas du bien commun. Dans le gouvernement du diocèse l'Evêque reconnaîtra volontiers et respectera ce sain pluralisme de responsabilité et cette juste liberté aussi bien des personnes que des associations particulières. Il fera volontiers partager à autrui le sens de la responsabilité individuelle et communautaire, et le stimulera chez ceux qui occupent des services et des charges ecclésiales, leur manifestant toute sa confiance: ainsi ils assumeront avec soin et ils accompliront avec zèle les taches qui leur reviennent par vocation ou par disposition canonique.

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60. Le principe du respect des compétences. L'Evêque, dans sa conduite de l'Eglise particulière, mettra en oeuvre le principe selon lequel ce que d'autres peuvent bien exécuter, l'Evêque ne le centralisera pas normalement entre ses mains; plus encore, il se montrera respectueux des légitimes compétences d'autrui, il accordera à ses collaborateurs les facultés opportunes et il favorisera les justes initiatives des fidèles, qu'elles soient individuelles ou associatives. L'Evêque estimera de son devoir non seulement de stimuler, d'encourager et d'accroître les forces qui opèrent dans le diocèse, mais aussi de les coordonner, étant toujours saufs la liberté et les droits légitimes des fidèles; ainsi on évitera des dispersions néfastes, des répétitions inutiles, des discordes délétères.
Quand sur le territoire diocésain existent d'autres juridictions ecclésiastiques de type personnel, de rite latin (par exemple les Ordinariats militaires etc.), ou de rite oriental, l'Evêque diocésain montrera du respect pour les compétences des autres autorités ecclésiastiques et une pleine disponibilité pour une fructueuse coordination avec elles, dans un esprit pastoral et de collégialité affective.

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61. Le principe de la personne qu'il faut au poste qu'il faut. Dans l'attribution des services dans le diocèse, l'Evêque se laissera guider uniquement par des critères surnaturels et par le seul bien pastoral de son Eglise particulière. C'est pourquoi il regardera surtout le bien des âmes, respectera la dignité des personnes et en utilisera les capacités, de la façon la plus appropriée et la plus utile possible, au service de la communauté, assignant toujours la personne qu'il faut au poste qu'il faut.

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62. Le principe de justice et de légalité. Dans la conduite du diocèse l'Evêque se soumettra au principe de justice et de légalité, sachant que le respect des droits de tous dans l'Eglise exige la soumission de tous, lui-même y compris, aux lois canoniques. Les fidèles, en effet, ont le droit d'être guidés en tenant compte des droits fondamentaux de la personne, des droits des fidèles et de la discipline commune de l'Eglise, pour sauvegarder le bien commun et celui de chaque baptisé. Cet exemple de l'Evêque conduira les fidèles à mieux s'acquitter de leurs devoirs propres envers les autres et envers l'Eglise elle-même. Il évitera de gouverner selon des perspectives et des schémas trop personnels en ce qui concerne la réalité ecclésiale.

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II. LE POUVOIR EPISCOPAL

63. L'Evêque centre d'unité de l'Eglise particulière. Est confié à la charge pastorale de l'Evêque, assisté de son presbyterium, le diocèse qu'il préside, avec le pouvoir sacré, comme maître de doctrine, prêtre du culte et ministre du gouvernement.
LG 20
L'Evêque diocésain, (Ce qu'on affirme pour l'Evêque diocésain vaut aussi pour ceux qui, selon le droit, lui sont équiparés et dirigent des circonscriptions ecclésiastiques assimilées aux diocèses; CIC 368 CIC 370-371) dans l'exercice du pouvoir sacré, aura toujours devant les yeux l'exemple du Christ et il revêtira l'authentique esprit de service évangélique, à l'égard de la portion du Peuple de Dieu qui lui a été confiée.
Dans l'exercice de sa mission, l'Evêque diocésain se rappelle constamment que la communauté qu'il préside est une communauté de foi, qui a besoin d'être nourrie de la Parole de Dieu; une communauté de grâce, qui est continuellement édifiée par le sacrifice eucharistique et par la célébration des autres sacrements, grâce auxquels le peuple sacerdotal élève à Dieu le sacrifice de l'Eglise et sa louange; une communauté de charité, spirituelle et matérielle, qui jaillit de la source de l'Eucharistie; une communauté d'apostolat, dans laquelle tous les fils de Dieu sont appelés à répandre les insondables richesses du Christ, qui se manifestent de manière individuelle ou en groupe.
La diversité des vocations et des ministères qui structure l'Eglise particulière demande à l'Evêque d'exercer le ministère de la communauté, non pas isolément, mais avec ses collaborateurs, prêtres et diacres, avec l'apport des membres des Instituts de Vie consacrée et des Sociétés de Vie apostolique, qui enrichissent l'Eglise particulière par la fécondité de leurs charismes et le témoignage de la sainteté, de la charité, de la fraternité et de la mission.
L'Evêque aura la vive conscience d'être dans le diocèse le fondement et le principe visible de l'unité de l'Eglise particulière. Il doit promouvoir et défendre continuellement la communion ecclésiale dans le presbyterium diocésain, en sorte que son exemple de dévouement, d'accueil, de bonté, de justice et de communion effective et affective avec le Pape et avec ses frères dans l'épiscopat unisse toujours plus les prêtres entre eux et avec lui et qu'aucun prêtre ne se sente exclu de la paternité, de la fraternité et de l'amitié de l'Evêque. Cet esprit de communion de l'Evêque encouragera les prêtres dans leur sollicitude pastorale, pour conduire à la communion avec le Christ et dans l'unité de l'Eglise particulière le peuple qui est confié à leur soin pastoral.
A l'égard les fidèles laïcs, l'Evêque se fera promoteur de communion, les introduisant dans l'unité de l'Eglise particulière, selon leur vocation et leur mission propres, reconnaissant leur juste autonomie, écoutant leur conseil et envisageant avec sollicitude leurs légitimes demandes dans l'ordre des biens spirituels dont ils ont besoin. CIC 212,2-3. Il accueillera les associations laïques dans le cadre pastoral du diocèse, toujours dans le respect de l'identité propre de chacune, en en évaluant les critères d'ecclésialité indiqués dans l'exhortation apostolique post-synodale "Christifideles laici" CL 1 de façon que les membres des associations, des mouvements et des groupes ecclésiaux unis entre eux et avec l'Evêque, collaborent avec le presbyterium et avec les instances du diocèse à l'avènement du Règne de Dieu dans la société où ils sont appelés à introduire la nouveauté de l'Evangile et à l'orienter selon Dieu.

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64. Le pouvoir épiscopal. L'origine divine, la communion et la mission ecclésiale caractérisent le pouvoir épiscopal par rapport à celui qui est exercé dans toute autre société humaine. Il est dans sa nature et dans sa visée pastorale de promouvoir l'unité de la foi, des sacrements et de la discipline ecclésiale, ainsi que de diriger de manière appropriée l'Eglise particulière elle-même, selon ses propres finalités. Pour accomplir sa mission l'Evêque diocésain exerce, au nom du Christ, un pouvoir qui, de par le droit, est connexe à la charge conférée avec la mission canonique. Ce pouvoir est propre, ordinaire et immédiat, quoique son exercice soit en définitive réglé par l'autorité suprême de l'Eglise et donc qu'il puisse être circonscrit dans certaines limites par le Pontife Romain, pour le bien de l'Eglise ou des fidèles.
LG 27 CIC 131,1 CIC 381,1 En vertu de ce pouvoir les Evêques ont le droit sacré, et devant Dieu le devoir, de légiférer pour leurs fidèles, d'émettre des jugements et de régler tout ce qui regarde l'organisation du culte et de l'apostolat. LG 27. De là apparaît la distinction entre les fonctions législative, judiciaire et exécutive du pouvoir épiscopal. CIC 391,1.

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65. Nature pastorale du pouvoir épiscopal. Les fonctions d'enseigner, de sanctifier et de gouverner sont intimement liées et tout le ministère de l'Evêque tend vers le service de Dieu et de ses frères,
CD 16 à l'exemple du Bon Pasteur.
Pour accomplir sa mission, l'Evêque utilise l'enseignement, le conseil et la persuasion, mais aussi l'autorité et le pouvoir sacré, quand l'édification des fidèles LG 27 le requiert. En effet, l'usage correct des instruments juridiques est aussi en lui-même une activité pastorale, puisque les lois canoniques dans la société ecclésiale sont au service d'un ordre juste où l'amour, la grâce et les charismes peuvent se développer harmonieusement. CIC 1770
Lorsqu'on traite les problèmes et que l'on prend les décisions, le salut des âmes est la loi suprême et le critère obligé. CIC 1752 En harmonie avec ce principe, l'Evêque exercera donc son autorité de sorte que les fidèles de son diocèse l'acceptent comme une aide paternelle et non comme un joug oppressif: il sera pour son troupeau un guide dynamique et en même temps discret, qui n'impose pas des fardeaux inutiles et insupportables Mt 23,4 mais qui exige seulement ce que le Christ et son Eglise prescrivent, et ce qui est vraiment nécessaire ou très utile au maintien des liens de la charité et de la communion.
En tant que juge prudent, l'Evêque jugera selon la sage équité canonique intrinsèque à toute l'organisation de l'Eglise, ayant devant les yeux la personne, qui, en toute circonstance, doit être aidée dans la recherche de son bien surnaturel et du bien commun de l'Eglise. C'est pourquoi avec un esprit miséricordieux et bienveillant, mais aussi ferme, il sera toujours au-dessus des intérêts personnels et, étranger à toute précipitation ou esprit partisan; il attendra d'avoir écouté les intéressés avant de juger leurs comportements.

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66. Dimension ministérielle du pouvoir épiscopal. L'Evêque se rappellera que dans l'exercice du pouvoir épiscopal, ce dernier est principalement un ministère; en effet, "cette charge, que le Seigneur a confiée aux pasteurs de son peuple, est un véritable service qui dans les Saintes Ecritures est appelé de façon significative 'diakonia' ou ministère
Ac 1,17-25 Ac 21,19 Rm 11,13 1Tm 1,12". LG 24
Conscient que, en plus d'être père et chef de l'Eglise particulière, il est aussi frère en Christ et fidèle chrétien, l'Evêque ne se comportera pas comme s'il était au-dessus de la loi, au contraire il se conformera à la même règle de justice qu'il impose aux autres. (SAINT GREGOIRE LE GRAND, Lettres II, 18) En vertu de la dimension diaconale de sa charge, l'Evêque évitera les manières autoritaires dans l'exercice de son pouvoir et il sera prêt à écouter les fidèles et à rechercher leur collaboration et leur conseil, par les moyens et les organismes établis par la discipline canonique.
Il y a en effet une réciprocité, comme une sorte de va-et-vient, entre l'Evêque et tous les fidèles. Ces derniers, en vertu de leur Baptême sont responsables de l'édification du Corps du Christ, donc du bien de l'Eglise particulière, CIC 208 CIC 204,1, bien en vue duquel l'Evêque accueillant les requêtes qui se font jour dans la portion du Peuple de Dieu qui lui est confiée, proposera de par son autorité, ce qui participe à la réalisation de la vocation de chacun.
L'Evêque reconnaîtra et acceptera la diversité multiforme des fidèles, avec la variété des vocations et charismes; et c'est pourquoi il sera attentif à ne pas imposer une uniformité forcée et il évitera d'inutiles contraintes ou autoritarismes; ce qui n'exclut pas - mais au contraire présuppose - l'exercice de l'autorité, associé au conseil et à l'exhortation, pour que les fonctions et les activités de chacun soient respectées par les autres et correctement ordonnées au bien commun.

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67. Critères de l'exercice de la fonction législative. Dans l'exercice de la fonction législative, l'Evêque diocésain se souviendra de quelques principes de base:

- a) Le caractère personnel: le pouvoir législatif dans le cadre du diocèse appartient exclusivement à l'Evêque diocésain. Cette lourde responsabilité n'empêche pas, mais comporte, que l'Evêque écoute le conseil et recherche la collaboration des organismes et des conseils diocésains avant d'émettre des normes ou des directives générales pour le diocèse. Le Synode diocésain est l'instrument par excellence pour aider l'Evêque afin de déterminer l'organisation canonique de l'Eglise diocésaine.
CIC 460 (CONGREGATION POUR LES EVEQUES ET CONGREGATION POUR L' EVANGELISATION DES PEUPLES Instruction sur les Synodes diocésains, Appendice)

- b) Autonomie: comme conséquence de la nature même de l'Eglise particulière, la signification du pouvoir législatif ne s'épuise pas dans la détermination ou dans l'application locale des normes émanant du Saint-Siège ou de la Conférence épiscopale, quand elles sont des normes juridiquement contraignantes, mais elle s'étend aussi à la régulation de n'importe quelle matière pastorale de nature diocésaine qui n'est pas réservée à l'autorité suprême ou à une autre autorité ecclésiastique. CIC 381 Néanmoins, le pouvoir législatif sera toujours exercé avec discrétion, de façon que les normes répondent toujours à une réelle nécessité pastorale.


- c) Soumission au droit supérieur: le Pasteur diocésain sait bien que son pouvoir est soumis à l'autorité suprême de l'Eglise et aux normes du Droit canonique. C'est pourquoi, lorsqu'il établit ce qui convient au bien du diocèse, il doit toujours assurer la nécessaire harmonie entre les dispositions et les orientations pastorales locales et la discipline canonique universelle et particulière déterminée par la Conférence épiscopale ou par le Concile particulier. CIC 135,2

- d) Application dans la rédaction des lois: L'Evêque aura soin que les textes législatifs et les textes canoniques soient rédigés avec une précision et une rigueur technique et juridique en évitant les contradictions, les répétitions inutiles ou la multiplication de dispositions sur un même sujet; il portera aussi attention à la nécessaire clarté pour que soit évidente la nature des normes, contraignante ou d'orientation et que l'on sache avec certitude quelles conduites sont prescrites ou prohibées. A cette fin on profitera de la compétence de spécialistes en Droit canonique qui ne devront jamais faire défaut dans l'Eglise particulière. En outre, pour réguler comme il convient un aspect de la vie diocésaine, l'information précise sur la situation du diocèse et sur les conditions des fidèles est une condition préalable, puisque ce contexte a une influence certaine sur la façon de penser et d'agir des chrétiens.

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68. Critères de l'exercice de la fonction judiciaire. Dans l'exercice de la fonction judiciaire, l'Evêque pourra s'appuyer sur les critères généraux suivants:

- a) Pourvu que cela ne porte pas préjudice à la justice, l'Evêque doit faire en sorte que les fidèles résolvent de manière pacifique leurs litiges et se réconcilient le plus tôt possible, même si le procès canonique est déjà commencé, évitant ainsi les animosités permanentes auxquelles les causes judiciaires donnent habituellement lieu.
CIC 1446

- b) L'Evêque observera et fera observer les règles de procédure établies pour l'exercice du pouvoir judiciaire, car il sait bien que ces règles, loin d'être un obstacle purement formel, sont un moyen nécessaire pour la vérification des faits et l'obtention de la justice. CIC 391 CIC 135,3

- c) S'il a connaissance de comportements qui nuisent gravement au bien commun ecclésial, l'Evêque doit enquêter avec discrétion, tout seul ou par l'intermédiaire d'un délégué, sur les faits et la responsabilité de leur auteur. CIC 1717 Quand il estime avoir recueilli des preuves suffisantes sur les faits qui sont à l'origine du scandale, il ne manquera pas de reprendre ou de réprimander l'intéressé, de manière adaptée. CIC 1339-1340 Mais si cela ne suffit pas pour réparer le scandale, rétablir la justice et obtenir la correction de la personne, l'Evêque engagera la procédure en vue de l'imposition de peines; cela pourra se faire de deux façons: CIC 1341 CIC 1718
- au moyen d'un procès pénal régulier, au cas où, en raison de la gravité de la peine, la loi canonique l'exige ou lorsque l'Evêque l'estimera plus prudent; CIC 1721
- au moyen d'un décret extrajudiciaire, conforme à la procédure établie par la loi canonique. CIC 1720

- d) L'Evêque, conscient du fait que le tribunal du diocèse exerce son propre pouvoir judiciaire, veillera à ce que la conduite du tribunal s'exerce selon les principes de l'administration de la justice dans l'Eglise. En particulier, compte tenu de l'importance spécifique et de la portée pastorale des sentences concernant la validité ou la nullité du mariage, il prendra un soin particulier de cette question, en harmonie avec les indications du Saint-Siège, et si besoin est, il prendra toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte que cessent d'éventuels abus, spécialement ceux qui impliquent la tentative d'introduire dans l'Eglise une mentalité favorable au divorce. Il exercera aussi sa part de responsabilité à l'égard des tribunaux constitués pour plusieurs diocèses.

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69. Critères d'exercice de la fonction exécutive. Dans l'exercice de la fonction exécutive, l'Evêque se souviendra des critères suivants:

- a) envers ses propres fidèles, il peut poser les actes administratifs même s'il se trouve hors de son territoire, ou si ses fidèles eux-mêmes s'y trouvent, à moins qu'il n'en soit autrement de par la nature des choses ou de par les dispositions du droit.
CIC 136

- b) envers les étrangers, il peut poser les actes administratifs, s'ils se trouvent sur le territoire de sa compétence, lorsqu'il s'agit de concéder des faveurs ou d'exécuter des lois, universelles ou particulières, qui garantissent l'ordre public, fixent les formalités des actes, ou concernent les biens immobiliers situés sur le territoire. CIC 136 CIC 13,2 n. 2

- c) Le pouvoir exécutif, non seulement quand il est ordinaire, mais aussi quand il est délégué pour un ensemble de cas doit être interprété dans un sens large. Quand il est délégué pour des cas particuliers, il doit être interprété dans un sens strict. CIC 138

- d) Au délégué sont concédées les facultés sans lesquelles la fonction elle-même ne peut être exercée. CIC 138

- e) Quand plusieurs personnes sont compétentes pour accomplir un acte, le fait qu'on s'adresse à l'une d'elles ne suspend pas le pouvoir des autres, qu'il soit ordinaire ou délégué. CIC 139,1

- f) Quand un fidèle porte le cas devant une autorité supérieure, l'autorité inférieure ne doit pas s'immiscer dans la question, sinon pour une cause grave et urgente. En ce cas il doit en avertir immédiatement le supérieur, pour éviter qu'il y ait des contradictions dans les décisions. CIC 139,2

- g) Quand il s'agit d'adopter des dispositions extraordinaires dans le gouvernement, en ce qui concerne des cas particuliers, l'Evêque, avant toute autre chose, cherchera les informations et les preuves nécessaires et surtout, dans la limite du possible, il s'empressera d'écouter les personnes intéressées en la matière. CIC 50 A moins qu'une raison très grave n'y fasse obstacle, la décision de l'Evêque devra être rédigée par écrit et remise à l'intéressé. Dans cet acte, sans léser la bonne renommée des personnes, les motifs devront ressortir avec précision, soit pour justifier la décision, soit pour éviter toute apparence d'arbitraire et éventuellement, pour permettre à l'intéressé de faire recours contre la décision. CIC 51 CIC 220 (Au sujet des recours contre les décisions de l'Evêque CIC 1734 CIC 1737)

- h) Dans les cas de nominations ad tempus, à l'échéance du terme fixé, que ce soit pour l'assurance des personnes ou pour la régularité juridique, l'Evêque doit pourvoir avec la plus grande sollicitude au renouvellement formel de la nomination du titulaire à la même charge, ou à la prorogation pour une période plus brève que prévue, ou à communication concernant la cessation de la charge et à nomination du titulaire à une nouvelle charge.

- i) La gestion rapide des questions est une règle d'administration ordonnée et aussi de justice envers les fidèles. CIC 221,1 Quand la loi prescrit que l'Evêque doit prendre des dispositions dans une question déterminée ou si l'intéressé présente légitimement une requête ou un recours, le décret doit être émis dans les trois mois. CIC 57

- l) Dans l'usage de ses larges facultés de dispense des lois ecclésiastiques, l'Evêque favorisera toujours le bien des fidèles et de la communauté ecclésiale tout entière, sans le moindre arbitraire ou favoritisme. CIC 87-88 CIC 90

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III. L'EVEQUE AUXILIAIRE, LE COADJUTEUR ET L'ADMINISTRATEUR APOSTOLIQUE

70. L'Evêque auxiliaire. L'Evêque auxiliaire, donné pour réaliser plus efficacement le bien des âmes dans un diocèse trop vaste ou avec un nombre élevé d'habitants ou pour d'autres motifs d'apostolat, est le principal collaborateur de l'Evêque diocésain dans le gouvernement du diocèse. C'est pourquoi ce dernier considérera l'Evêque auxiliaire comme un frère et il lui fera partager ses projets pastoraux, ses dispositions et toutes les initiatives diocésaines, pour que dans un échange réciproque d'opinion ils procèdent dans une unité d'intention et en harmonie d'engagement. A son tour, l'Evêque auxiliaire, conscient de sa fonction au sein du diocèse, agira toujours en pleine obéissance à l'Evêque diocésain, en en respectant l'autorité.

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71. Critères pour la demande de l'Evêque auxiliaire

- a) L'Evêque diocésain qui entend bénéficier d'un Evêque auxiliaire doit présenter une demande motivée au Saint-Siège quand la réelle nécessité du diocèse le demande. La requête ne doit pas être dictée par de simples raisons d'honneur ou de prestige.

- b) Quand il sera possible de pourvoir de manière appropriée aux besoins du diocèse par la nomination de Vicaires généraux ou épiscopaux sans caractère épiscopal, l'Evêque diocésain aura recours à eux, au lieu de demander la nomination d'un Evêque auxiliaire.

- c) Dans la demande de concession d'un Evêque auxiliaire, l'Evêque diocésain doit présenter une description détaillée des charges et des devoirs qu'il entend confier à l'Auxiliaire, même quand il s'agit de remplacer un Evêque auxiliaire transféré ou démissionnaire, en s'engageant lui-même à mettre opportunément en valeur son service épiscopal pour le bien du diocèse tout entier. L'Evêque diocésain ne doit pas confier à l'Evêque auxiliaire le soin des âmes dans une paroisse ni des charges seulement marginales ou occasionnelles.

- d) L'Evêque auxiliaire, selon la règle, sera nommé Vicaire Général ou au moins Vicaire épiscopal, de façon qu'il dépende seulement de l'autorité de l'Evêque diocésain, qui lui confiera de préférence le traitement de questions, qui selon la règle du droit, demandent un mandat spécial.
CIC 406,1-2

Dans des circonstances particulièrement graves, même de caractère personnel, le Saint-Siège peut nommer un Evêque auxiliaire muni de facultés spéciales. CIC 406,1-2

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72. L'Evêque Coadjuteur. Quand les circonstances le requièrent, le Saint-Siège peut nommer un Evêque Coadjuteur.
CIC 403,3 L'Evêque diocésain l'accueillera volontiers et en esprit de foi; il établira avec lui une communion effective en vertu de la commune coresponsabilité épiscopale, instaurant d'authentiques relations qui avec le Coadjuteur doivent être encore plus intenses et plus fraternelles, pour le bien du diocèse.
L'Evêque diocésain se souviendra toujours que l'Evêque Coadjuteur a le droit de succession CIC 403,3, et donc il prendra ses propres initiatives en plein accord avec lui, de sorte qu'il laisse aisément la voie ouverte à l'exercice futur du ministère pastoral de son Coadjuteur. L'Evêque diocésain fera aussi preuve du même accord avec l'Auxiliaire muni de facultés spéciales. CIC 403,2

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73. L'Administrateur apostolique "Sede plena". Dans des circonstances particulières le Saint-Siège peut de manière extraordinaire disposer que, dans un diocèse qui a son propre Evêque, soit placé un Administrateur apostolique. Dans ce cas l'Evêque diocésain collaborera, pour ce qui lui revient, au plein, libre et serein accomplissement du mandat de l'Administrateur apostolique.

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74. Renonciation à la charge. Outre l'observance de ce qui est prévu par le Code de Doit canonique à l'accomplissement de ses 75 ans d'âge, lorsqu'il sent faiblir ses forces ou qu'il lui est difficile de s'adapter aux nouvelles situations ou que, pour tout autre motif il devient moins apte à accomplir sa charge, l'Evêque s'empressera de présenter sa renonciation afin de promouvoir le bien des âmes et de l'Eglise particulière.
CIC 401,1

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IV. LE PRESBYTERIUM

75. L'Evêque et les prêtres du diocèse. Dans l'exercice du soin des âmes la responsabilité principale revient aux prêtres diocésains qui, en vertu de l' incardination ou de l'attachement à une Eglise particulière, sont consacrés entièrement à son service pour paître une même portion du troupeau du Seigneur. Les prêtres diocésains, en effet, sont les collaborateurs principaux et irremplaçables de l'ordre épiscopal, ayant reçu l'unique et identique sacerdoce ministériel que l'Evêque possède en plénitude. L'Evêque et les prêtres sont constitués ministres de la mission apostolique; l'Evêque les associe à sa sollicitude et à sa responsabilité, de sorte qu'ils aient toujours le sens du diocèse, développant, en même temps, leur sens de l'Eglise universelle.
PO 2 PO 7 LG 28 CD 15
Comme Jésus a manifesté son amour envers ses Apôtres, de même l'Evêque, père de la famille presbytérale, par laquelle le Seigneur Jésus Christ, Pontife suprême, est présent au milieu des croyants, sait qu'il est de son devoir d'avoir un amour et une sollicitude particulière envers les prêtres et les candidats au ministère sacré. PO 7 CIC 384
Guidé par une charité sincère et indéfectible, l'Evêque se préoccupera d'aider ses prêtres de toutes les manières, pour qu'ils apprécient leur sublime vocation sacerdotale, qu'ils la vivent avec sérénité, qu'ils la répandent autour d'eux avec joie, qu'ils exercent fidèlement leurs tâches, qu'ils la défendent avec fermeté. CD 28 PO 10 CIC 384 (SYNODE DES EVEQUES, Ultimis Temporibus, Pars altera, II, 1)

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76. L'Evêque, père, frère et ami des prêtres diocésains. Les relations entre l'Evêque et le presbyterium doivent être inspirées et nourries de charité et d'une vision de foi, de sorte que les liens juridiques eux-mêmes, découlant de la constitution divine de l'Eglise, apparaissent comme la conséquence naturelle de la communion spirituelle de chacun avec Dieu
Jn 13,35. De cette façon, le travail apostolique des prêtres sera encore plus fructueux, puisque l'union de volonté et d'intentions avec l'Evêque approfondit l'union avec le Christ, qui continue son ministère de chef invisible de l'Eglise par la Hiérarchie visible. PO 14-15
Dans l'exercice de son ministère, l'Evêque se comportera avec ses prêtres non pas tant comme un simple gouvernant avec ses propres sujets, mais plutôt comme un père et un ami. LG 28 Il s'engagera totalement à favoriser un climat d'affection et de confiance de sorte que ses prêtres répondent avec une obéissance convaincue, appréciée et sûre. PO 15 L'exercice de l'obéissance est rendu plus facile, et même, renforcé, si l'Evêque, autant que possible et étant toujours sauves la justice et la charité, manifeste aux intéressés les motifs de ses dispositions. Il aura les mêmes égards et les mêmes attentions envers chacun de ses prêtres, parce que tous, bien que dotés de dispositions et de capacités diverses, sont également ministres au service du Seigneur et membres du même presbyterium.
L'Evêque favorisera l'esprit d'initiative de ses prêtres, évitant que l'obéissance soit entendue de manière passive et irresponsable. Il mettra tout en oeuvre pour que chacun d'eux donne le meilleur de lui-même et se donne avec générosité, mettant en jeu ses propres capacités au service de Dieu et de l'Eglise, avec la maturité de fils de Dieu. PO 15

77
77. Connaissance personnelle des prêtres. L'Evêque considérera comme un devoir sacro-saint de connaître ses prêtres diocésains, leur caractère, leurs aptitudes et leurs aspirations, le niveau de leur vie spirituelle, leur zèle et leurs idéaux, leur état de santé et leurs conditions économiques, leurs familles et tout ce qui les concerne. Et il les connaîtra non seulement en groupe (comme il arrive par exemple dans des rencontres avec le clergé de tout le diocèse ou d'un doyenné) et au sein des organismes pastoraux, mais aussi individuellement et, autant que possible, sur leur lieu de travail. A cette fin est orientée la visite pastorale, durant laquelle tout le temps nécessaire doit être donné aux rencontres personnelles, plus qu'aux questions de caractère administratif ou bureaucratique, qui peuvent aussi être accomplies par un clerc délégué de l'Evêque.
CIC 396
Avec un esprit paternel et avec une familiarité simple il facilitera le dialogue, traitant ce qui est dans leur intérêt, des charges qui leur sont confiées, des problèmes relatifs à la vie diocésaine. Dans ce but l'Evêque facilitera la connaissance mutuelle entre les diverses générations de prêtres, inculquant aux jeunes le respect et la vénération pour les prêtres âgés et aux anciens l'accompagnement et le soutien des jeunes prêtres, de sorte que tout le presbyterium se sente uni à l'Evêque, vraiment coresponsable de l'Eglise particulière.
Il nourrira et manifestera publiquement son estime pour les prêtres, démontrant sa confiance et les louant s'ils le méritent; il respectera et fera respecter leurs droits et les défendra de critiques non fondées. Il tranchera rapidement les litiges, pour éviter que des inquiétudes prolongées puissent ternir la charité fraternelle et altérer le ministère pastoral.

78
78. Organisation des activités. L'activité des prêtres doit être ordonnée en considérant avant tout le bien des âmes et les nécessités du diocèse, sans négliger non plus les diverses aptitudes et les légitimes dispositions de chacun, dans le respect de la dignité humaine et sacerdotale. Cette prudence dans le gouvernement se manifestera entre autres:

- Pour les nominations, l'Evêque agira avec la plus grande prudence, pour éviter le plus petit soupçon d'arbitraire, de favoritisme ou de pression abusive. A cette fin, il sollicitera toujours l'avis de personnes prudentes, et il s'assurera de l'aptitude des candidats même au moyen d'un examen.
CIC 149,1-2 CIC 521,3.

- Dans l'attribution des charges, l'Evêque jugera avec équité de la capacité de chacun et il ne surchargera personne d'engagements qui, par le nombre ou l'importance, pourraient dépasser les possibilités des personnes et aussi altérer leur vie intérieure. Il n'est pas bon de placer les prêtres tout de suite dans un ministère trop absorbant, à peine achevée leur formation au séminaire, mais plutôt graduellement et après une préparation opportune et une expérience pastorale appropriée, CIC 521 les confiant à des curés idoines, afin que dans leurs premières années de sacerdoce ils puissent pour l'avenir développer et renforcer avec sagesse leur propre identité.

- L'Evêque n'omettra pas de rappeler aux prêtres que tout ce qu'ils accomplissent par mandat de l'Evêque, même au cas où cela ne comporte pas le soin direct des âmes, peut avec raison s'appeler ministère pastoral et être revêtu de dignité, de mérite surnaturel et efficace pour le bien des fidèles. Même les prêtres qui, avec le consentement de l'autorité compétente, exercent des fonctions supra-diocésaines ou travaillent dans des organismes nationaux (comme par exemple, les supérieurs ou professeurs des séminaires interdiocésains ou des facultés ecclésiastiques et les prêtres affectés au service de la Conférence épiscopale), collaborent avec les Evêques dans une activité pastorale valable qui mérite une attention particulière de la part de l'Eglise. CD 29

Il fera en sorte, enfin, que les prêtres se consacrent complètement à ce qui est le propre de leur ministère, CIC 285 car les nécessités de l'Eglise sont nombreuses Mt 9,37-38.

79
79. Relations des prêtres entre eux. Tous les prêtres, en tant que participants à l'unique sacerdoce du Christ et appelés à coopérer à la même oeuvre, sont unis entre eux par des liens particuliers de fraternité.
LG 28 CIC 275,1
Il est donc opportun que l'Evêque favorise, dans la mesure du possible, la vie en commun des prêtres, qui correspond à la forme collégiale du ministère sacramentel CIC 280 et qui reprend la tradition de la vie apostolique pour une plus grande fécondité du ministère; ainsi les ministres se sentiront soutenus dans leur engagement sacerdotal et dans le généreux exercice de leur ministère: cet aspect a une application spéciale pour ceux qui sont engagés dans une même activité pastorale. CD 30 PDV 74 PDV 81
L'Evêque encouragera aussi les relations entre tous les prêtres aussi bien séculiers que religieux ou appartenant aux Sociétés de vie apostolique, car tous appartiennent à l'unique ordre sacerdotal et exercent leur ministère pour le bien de l'Eglise particulière. Cela pourra être obtenu par des rencontres périodiques au niveau des doyennés ou de regroupements analogues de paroisses, selon les divisions du diocèse, pour des raisons d'étude, de prière et de joyeux partage. CD 16 PO 8 CIC 275,1 . Une "maison du clergé" est un moyen capable de favoriser les rencontres sacerdotales.
L'Evêque appuiera et appréciera les associations de prêtres existant éventuellement dans son diocèse qui, sur la base de statuts reconnus par l'autorité ecclésiastique compétente, soutiennent la sanctification du clergé dans l'exercice du ministère et renforcent les liens qui unissent le prêtre à l'Evêque et à l'Eglise particulière dont ils font partie, au moyen d'un programme de vie et d'aide fraternelle approprié. PO 8 CIC 278 PDV 31 (SYNODE DES EVEQUES, Ultimis temporibus, Pars altera, II, 2)

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80. Attention aux besoins humains des prêtres. Les prêtres ne doivent pas manquer de tout ce qui permet un style de vie convenable et digne, les fidèles du diocèse doivent être conscients qu'il est de leur devoir de venir en aide à ces besoins.
En premier lieu à ce sujet l'Evêque doit s'occuper de leur rétribution, qui doit être proportionnée à leur condition, "considérant autant la nature de la fonction exercée par eux que les circonstances de lieu et de temps", mais toujours en s'assurant aussi qu'ils puissent pourvoir à leurs propres besoins et à la juste rémunération de ceux qui sont à leur service.
CD 16 PO 20-21 CIC 281,1. De cette façon, ils ne seront pas contraints à chercher un soutien supplémentaire en exerçant une activité étrangère à leur ministère, chose qui peut ternir la signification de leur choix et conduire à une réduction de leur activité pastorale et spirituelle. Il faut aussi faire en sorte qu'ils puissent bénéficier de l'assistance sociale, "grâce à laquelle il est correctement pourvu à leurs besoins en cas de maladie, d'invalidité ou de vieillesse". CIC 281 Par. 2 Cette juste exigence des clercs pourra être satisfaite aussi par l'intermédiaire d'institutions interdiocésaines, nationales CIC 1274 CIC 538,3, et internationales.
L'Evêque veillera à ce que les prêtres, ainsi que les religieux, aient un vêtement correct, selon la loi universelle de l'Eglise et les normes de la Conférence épiscopale CIC 284 de façon que leur condition sacerdotale se révèle toujours manifeste et qu'ils soient aussi par l'habit des témoins vivants des réalités surnaturelles qu'ils sont appelés à communiquer aux hommes. (JEAN-PAUL II, Lettre au Cardinal Vicaire de Rome, 8.9.1982)
L'Evêque donnera l'exemple en portant fidèlement et avec dignité la soutane (filetée ou simplement noire), ou, en certaines circonstances, au moins le clergyman avec le col romain.
Dans un esprit paternel, l'Evêque veillera avec discrétion sur la dignité du logement des prêtres et sur leur aide domestique, en leur permettant d'éviter aussi l'apparence de négligence, d'étrangeté ou de laisser-aller dans le style de vie personnelle, ce qui serait préjudiciable à la santé spirituelle des prêtres. Il n'omettra pas de les exhorter à utiliser leur temps libre pour de saines distractions et des lectures culturellement formatrices, faisant un usage modéré et prudent des moyens de communication sociale et des spectacles. De plus, il fera en sorte qu'ils puissent bénéficier chaque année d'une période de vacances suffisante. CIC 283,2.

81
81. Attention à l'égard des prêtres en difficulté. L'Evêque, parfois par l'intermédiaire de son vicaire dans la zone considérée, cherchera à prévenir et à pallier les difficultés d'ordre humain et spirituel que peuvent rencontrer les prêtres. Il viendra en aide avec affection à ceux qui peuvent se trouver dans une situation difficile, aux prêtres malades, âgés, pauvres, afin que tous éprouvent la joie de leur vocation et de la gratitude envers leurs pasteurs. Quand ils tombent malades, l'Evêque les réconfortera par une visite ou au moins par un écrit ou une communication téléphonique et il s'assurera qu'ils sont bien assistés aussi bien matériellement que spirituellement; quand ils meurent, il célèbrera personnellement les obsèques, si c'est possible, ou par l'intermédiaire d'un représentant.

Il faut ensuite faire attention à quelques cas spécifiques:

- a) Il est nécessaire de prévenir la solitude et l'isolement des prêtres, surtout s'ils sont jeunes et exercent le ministère dans des localités petites et peu peuplées. Pour résoudre d'éventuelles difficultés, il conviendra de prévoir le soutien d'un prêtre zélé et expérimenté, et de favoriser des contacts fréquents avec les confrères dans le sacerdoce,
PDV 74 et d'envisager d'éventuelles modalités de vie en commun.

- b) Il faut faire attention au danger de l'habitude et de la fatigue que les années de travail ou les difficultés inhérentes au ministère peuvent provoquer. Selon les possibilités du diocèse, l'Evêque étudiera, cas par cas, la façon de retrouver une démarche spirituelle, intellectuelle et physique, qui aidera à reprendre le ministère avec une énergie renouvelée. Parmi ces moyens, exceptionnellement on peut envisager aussi une période dite "sabbatique".

- c) Avec une affection paternelle, l'Evêque aura un soin particulier pour les prêtres qui par lassitude ou par maladie se trouvent dans une situation de fragilité ou de lassitude morale, en leur proposant des activités plus encourageantes et plus faciles à accomplir dans l'état qui est le leur, faisant en sorte d'éviter l'isolement dans lequel ils peuvent se trouver et enfin les aidant avec compréhension et patience pour qu'ils se sentent humainement utiles et découvrent l'efficacité surnaturelle - par l'union avec la Croix de notre Seigneur - de leur condition présente. PDV 81

- d) L'Evêque traitera aussi avec un esprit paternel les prêtres qui abandonnent le service divin, s'efforçant d'obtenir leur conversion intérieure et faisant en sorte que soit supprimée la cause qui les a conduit à l'éloignement, pour qu'ils puissent ainsi revenir à la vie sacerdotale, ou au moins régulariser leur situation dans l'Eglise. (SYNODE DES EVEQUES, Ultimis temporibus, Pars altera, I, 4d) Selon les normes du rescrit de renvoi de l'état clérical il les tiendra éloignés des activités qui présupposent une charge assignée par la hiérarchie, CIC 292 évitant ainsi scandale parmi les fidèles et confusion dans le diocèse.

- e) Face à des comportements scandaleux, l'Evêque interviendra avec charité mais avec fermeté et détermination: soit par des monitions ou des reproches soit en procédant à la destitution ou au transfert à une autre charge où n'existent pas les circonstances qui favorisent de tels comportements. CIC 1339-1340 CIC 190 CIC 192-193 Si ces mesures se révèlent inutiles ou insuffisantes, face à la gravité de la conduite et à la rébellion du clerc, il imposera la peine de suspense selon le droit ou, dans des cas extrêmes prévus par les règles canoniques, il mettra en route le procès pénal en vue du renvoi de l'état clérical. CIC 1333 CIC 290 (JEAN-PAUL II, Motu proprio Sacramentorum sanctitatis tutela; CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Lettre aux Evêques de l'Eglise catholique, De delictis gravioribus)

82
82. Attention au célibat sacerdotal. Pour que les prêtres gardent dans la chasteté leur engagement à l'égard de Dieu et de l'Eglise, il est nécessaire que l'Evêque ait le souci que le célibat soit présenté dans sa pleine richesse biblique, théologique et spirituelle. (JEAN-PAUL II, Exhort. apost. post-synodale Ecclesia in Europa, n. 35) Il mettra tout en oeuvre pour susciter en tous une profonde vie spirituelle, qui remplisse leur coeur d'amour pour le Christ et attire l'aide divine. L'Evêque renforcera les liens de fraternité et d'amitié entre les prêtres, et il ne manquera pas de montrer le sens positif que la solitude extérieure peut avoir pour leur vie intérieure et pour leur maturité humaine et sacerdotale, et il se présentera à eux comme un ami fidèle et un confident auquel ils puissent s'ouvrir dans leur recherche de compréhension et de conseil.
L'Evêque est conscient des obstacles réels qui, aujourd'hui plus qu'hier, s'opposent au célibat sacerdotal. Il devra donc exhorter les prêtres à l'exercice d'une prudence surnaturelle et humaine, leur enseignant qu'une attitude réservée dans le comportement avec les femmes est conforme à leur consécration dans le célibat et que ce comportement, s'il n'est pas conforme à leur état, peut dégénérer en attachement sentimental. Si c'est nécessaire, il avertira ou reprendra celui qui peut se trouver dans une situation risquée. Selon les circonstances, il conviendra d'établir des règles concrètes qui faciliteront l'observance des engagements fiés à l'ordination sacerdotale.
CIC 277,2-3

83
83. Attention à la formation permanente du clergé. L'Evêque enseignera aux prêtres de tout âge et de toute condition à accomplir leur devoir de formation permanente et il prendra soin de l'organiser
CIC 279 PDV 76,2 afin que l'enthousiasme pour le ministère ne diminue pas, mais qu'au contraire il augmente et mûrisse avec l'avancée en âge, rendant plus vivant et efficace le don sublime reçu 2Tm 1,6.
Déjà au cours des années de séminaire il faut inculquer aux futurs prêtres la nécessité de poursuivre et d'approfondir leur formation même après l'ordination sacerdotale, de manière que la fin des études institutionnelles et de la vie communautaire ne signifie pas une interruption dans ce domaine. De plus, il est nécessaire de favoriser chez les prêtres plus âgés une jeunesse d'esprit qui se manifeste dans l'intérêt permanent envers une croissance constante pour parvenir "à la plénitude de la stature du Christ" Ep 4,13, en les aidant à vaincre les éventuelles résistances dues à l'influence de la routine, à la fatigue, et à un activisme exagéré ou à une excessive confiance dans ses propres possibilités - face aux moyens de formation permanente que le diocèse leur offre. PDV 71 PDV 76-77
L'Evêque offrira à ses prêtres un exemple valable si, dans la mesure du possible, il participe activement avec eux, ses plus intimes collaborateurs, aux rencontres de formation. PDV 19-33
L'Evêque considérera comme un élément intégrant et primordial pour la formation permanente des prêtres les exercices spirituels annuels, organisés de façon qu'ils soient pour chacun un temps de rencontre personnelle et authentique avec Dieu et de révision de sa vie personnelle et ministérielle.
Dans les programmes et les initiatives pour la formation des prêtres, l'Evêque n'omettra pas d'utiliser le Directoire pour le ministère et la vie des prêtres qui récapitule la doctrine et la discipline ecclésiale sur l'identité sacerdotale et sur la fonction du prêtre dans l'Eglise, ainsi que sur la façon d'être en relation avec les autres catégories de fidèles chrétiens. Dans le même Directoire, l'Evêque trouvera aussi des indications et d'utiles orientations pour l'organisation et la direction des divers moyens de formation permanente.

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V. LE SEMINAIRE

84. Institution primordiale du diocèse. Parmi toutes les institutions diocésaines l'Evêque considérera le séminaire comme la tout première et il en fera l'objet des soins les plus intenses et les plus assidus de sa charge pastorale, parce que la continuité et la fécondité du ministère sacerdotal de l'Eglise dépendent en grande partie des séminaires.

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85. Le grand séminaire. L'Evêque insistera avec détermination et conviction sur la nécessité du grand séminaire comme instrument privilégié pour la formation sacerdotale
OT 4 PDV 60-61 et il s'y emploiera afin que le diocèse ait un grand séminaire propre, comme expression de la pastorale des vocations de l'Eglise particulière et en même temps comme communauté ecclésiale particulière qui forme les futurs prêtres à l'image de Jésus Christ, bon Pasteur. L'institution du grand séminaire diocésain est conditionnée par la possibilité du diocèse d'offrir une profonde formation humaine, spirituelle, culturelle et pastorale aux candidats au sacerdoce. Dans ce but l'Evêque cherchera à favoriser la formation des formateurs et des futurs professeurs au plus haut niveau académique possible.
Si le diocèse n'est pas en condition d'avoir son propre séminaire, l'Evêque unira ses forces à celles d'autres diocèses voisins pour faire naître un séminaire interdiocésain, ou bien il enverra les candidats dans le séminaire le plus proche du diocèse. CIC 237,1-2.
Le Saint-Siège, une fois vérifiée la réelle difficulté que chaque diocèse ait son grand séminaire, donne l'approbation pour l'érection d'un séminaire interdiocésain. Il en approuvera aussi les statuts. Les Evêques intéressés devront fixer les normes du règlement; il est de la responsabilité de chacun d'eux de visiter personnellement ses propres étudiants et de s'intéresser à leur formation pour avoir connaissance, par les supérieurs, de ce qui peut leur être utile pour évaluer si les conditions pour l'admission au sacerdoce existent. PDV 65
La possibilité de réduire le séjour prescrit des séminaristes dans le séminaire doit être considérée comme exceptionnelle pour chaque cas spécifique. CIC 235

86
86. Le petit séminaire ou les institutions analogues. En plus du grand séminaire l'Evêque se préoccupera, là où c'est possible, d'ériger un petit séminaire ou bien de le soutenir là où il existe déjà.
CIC 234 Par. 1.
Ce séminaire devra être considéré comme une communauté particulière de garçons où sont gardés et développés les germes de la vocation sacerdotale. L'Evêque diocésain établira le petit séminaire selon un style de vie adéquat à l'âge et au développement des adolescents et selon les règles d'une saine psychologie et d'une saine pédagogie, toujours dans le respect de la liberté des jeunes quant à leur choix de vie. De plus, l'Evêque sera conscient que ce type de communauté nécessite un continuel va-et-vient éducatif de la communauté éducative du séminaire, des parents des garçons et de l'école. PDV 63
Par sa nature et par sa mission, il serait bon que le petit séminaire devienne dans le diocèse un point de référence valable de la pastorale vocationnelle, avec d'opportunes expériences de formation pour les garçons qui sont à la recherche du sens de leur vie, de leur vocation, ou qui sont déjà décidés à entreprendre la route du sacerdoce ministériel, mais qui ne peuvent encore commencer un vrai chemin de formation.
L'Evêque encouragera une intense collaboration entre la communauté éducative du grand séminaire et celle du petit séminaire de sorte qu'il n'y ait pas de discontinuité dans les lignes de fond de la formation et que le petit séminaire offre une base solide et appropriée à ceux qui devront continuer leur chemin vocationnel au grand séminaire. PDV 63
Il sera nécessaire que le petit séminaire offre aux élèves un programme d'études équivalent à celui prévu par le cursus d'Etat, si possible reconnu par l'Etat lui-même. CIC 234,2.

87
87. Les vocations d'adultes. De même qu'il a soin des germes de vocation des adolescents et des jeunes, l'Evêque devra aussi pourvoir à la formation des vocations d'adultes, disposant pour cela des institutions appropriées ou d'un programme de formation adapté à l'âge et à la condition de vie du candidat au sacerdoce.
OT 3 PDV 64 CIC 233,2 (CONGREGATION POUR L'EDUCATION CATHOLIQUE, Lettre circulaire aux Présidents des Conférences épiscopales, 14.7.1976; Ratio Fundamentalis Institutionis sacerdotalis. n. 19)

88
88.L'évêque premier responsable de la formation sacerdotale. L'actuelle et très problématique situation de l'univers de la jeunesse demande particulièrement de l'Evêque qu'il opère un discernement attentif des candidats au moment de leur admission au séminaire. En certains cas difficiles, dans la sélection des candidats pour l'admission au séminaire, il sera opportun de soumettre les jeunes à des tests psychologiques, mais seulement, "si casus ferat" (CONGREGATION POUR L'EDUCATION CATHOLIQUE, Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis, n. 39) parce que le recours à ces moyens ne peut être généralisé et on doit le faire avec grande prudence, pour ne pas violer le droit de la personne à conserver sa propre intimité.
CIC 220 Dans ce contexte on doit aussi prêter une grande attention à l'admission au séminaire de candidats au sacerdoce provenant d'autres séminaires ou de familles religieuses. Dans ces cas, l'obligation de l'Evêque est d'appliquer scrupuleusement les normes prévues par la discipline de l'Eglise au sujet de l'admission au séminaire des ex-séminaristes et des ex-religieux et membres des Sociétés de vie apostolique. CIC 241,3 (CONGREGATION POUR L'EDUCATION CATHOLIQUE, Lettre circulaire Ci permettiamo, 9.10.1986; Instruction, Con la presente istruzione, 8.3.1996)
Comme manifestation de sa responsabilité première dans la formation des candidats au sacerdoce, l'Evêque visitera souvent le séminaire, ou les étudiants de son diocèse qui résident dans le séminaire interdiocésain ou dans un autre séminaire, s'entretenant cordialement avec eux de sorte qu'ils puissent prendre du temps avec lui. L'Evêque considérera une telle visite comme un des moments importants de sa mission épiscopale, puisque sa présence au séminaire aide à insérer cette communauté spécifique dans l'Eglise particulière, la pousse à réaliser la finalité pastorale de la formation et à donner le sens de l'Eglise aux jeunes candidats au sacerdoce. PDV 65-66
Au cours de cette visite l'Evêque cherchera à rencontrer de manière directe et informelle les étudiants de façon à les connaître personnellement, nourrissant le sens de la familiarité et de l'amitié avec eux pour pouvoir évaluer les inclinations, les aptitudes, les dons humains et intellectuels de chacun et aussi les aspects de leur personnalité qui nécessitent un plus grand soin éducatif. Ce rapport familial permettra à l'Evêque de pouvoir mieux évaluer l'idonéité des candidats au sacerdoce et de confronter son jugement à celui de l'équipe du séminaire qui est à la base de la présentation au sacrement de l'Ordre. En effet, à l'Evêque revient l'ultime responsabilité de l'admission des candidats aux ordres sacrés. Leur idonéité doit être avérée par des arguments positifs, pour lesquels, si pour des raisons précises il devait avoir des doutes, on n'admettra pas à l'ordination. CIC 1052,1-3
L'Evêque se préoccupera d'envoyer des prêtres intellectuellement doués continuer leurs études dans des universités ecclésiastiques, pour assurer au diocèse un clergé académiquement formé, un enseignement théologique de qualité et disposer en plus de personnes bien préparées à l'exercice des ministères qui exigent une compétence particulière. Pour obtenir de plus grands fruits de leur expérience d'étude, en général, il peut souvent se révéler convenable que ces prêtres fassent d'abord une période d'exercice du ministère. OT 18 (CONGREGATION POUR L'EDUCATION CATHOLIQUE, Ratio fundamentalis Institutionis sacerdotalis, n. 82-85) Droit particulier français:

89
89. L'Evêque et la communauté éducative du séminaire. L'Evêque choisira avec un soin particulier le Recteur, les Directeurs, les Professeurs et les Confesseurs du séminaire, qui doivent être parmi les meilleurs prêtres du diocèse, exceller en dévotion et en saine doctrine, d'une expérience pastorale convenable, d'un zèle pour les âmes et d'une aptitude particulière pour la formation et la pédagogie; et s'il n'en dispose pas, il les demandera à d'autres diocèses mieux pourvus. Il est opportun que les formateurs jouissent d'une certaine stabilité et qu'ils aient leur résidence habituelle dans la communauté du séminaire. L'Evêque doit aussi avoir une attention et une sollicitude tout à fait particulières pour leur préparation spéciale, qui soit vraiment technique, pédagogique, spirituelle, humaine et théologique.
PDV 66 (CONGREGATION POUR L'EDUCATION CATHOLIQUE, Directives sur la préparation des éducateurs dans les séminaires, 4 novembre 1993, n. 73-75)
Pendant la durée du parcours de formation, l'Evêque poussera l'équipe du séminaire à fournir des informations précises au sujet de la situation et du progrès des étudiants. Avec une prudente anticipation, il s'assurera au moyen des scrutins que chacun des candidats est apte aux ordres sacrés et pleinement décidé à vivre les exigences du sacerdoce catholique. Il n'agira jamais avec précipitation dans un domaine aussi délicat et, en cas de doute, il différera plutôt son approbation jusqu'à ce que soit dissipée toute suspicion de manque d'idonéité. Au cas où le candidat n'est pas reconnu apte à recevoir les ordres sacrés, on lui communiquera assez tôt l'appréciation de non idonéité. (CONGREGATION POUR L'EDUCATION CATHOLIQUE, Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis, n. 40-41) Droit particulier français:
Sont également responsables de la formation intégrale au sacerdoce tous les professeurs du séminaire, même s'ils s'occupent de matières qui ne sont pas strictement théologiques, et pour cette charge on nommera seulement ceux qui se distinguent par une doctrine sûre et qui ont une préparation académique et une capacité pédagogique suffisantes. L'Evêque veillera attentivement à ce qu'ils accomplissent avec application leur tâche et si quelqu'un s'écarte de la doctrine de l'Eglise ou donne un mauvais exemple aux étudiants, il l'éloignera avec détermination du séminaire. PDV 67 CIC 259,2
Dans des cas particuliers, et selon la nature de la discipline scientifique, la charge de professeur du séminaire peut aussi être confiée à des laïcs qui sont compétents et qui donnent un exemple de vie chrétienne authentique. PDV 66 CIC 259 Par. 2.
Avec les responsables du séminaire, l'Evêque maintiendra de fréquents contacts personnels, en signe de confiance, pour les encourager dans leur travail et faire en sorte qu'entre eux règne un esprit de pleine harmonie, de communion et de collaboration.

90
90. La formation des séminaristes. Il est de la compétence de l'Evêque d'approuver le Projet de formation du séminaire et le Règlement.
Ce projet devra être articulé selon les principes établis par la Ratio fundamentalis Institutionis sacerdotalis donnée par la Congrégation pour l'Education catholique, par les autres documents du Saint-Siège et par la Ratio Institutionis Sacerdotalis donnée par la Conférence épiscopale, ainsi que par les nécessités concrètes de l'Eglise particulière.
CIC 242-243
L'objectif fondamental du projet de formation aura pour noyau central la configuration des séminaristes au Christ tête et pasteur, dans l'exercice de la charité pastorale. Cet objectif sera atteint au moyen de:

- a) la formation humaine par l'éducation aux vertus, qui permettent aux séminaristes de développer une personnalité harmonieuse et d'accroître leur efficacité apostolique;

- b) la formation spirituelle, qui prépare les étudiants à parvenir à la sainteté chrétienne dans le ministère sacerdotal, exercé avec une foi vivante et un amour pour les âmes; CIC 245

- c) la formation doctrinale, de façon que les étudiants parviennent à une connaissance intégrale de la doctrine chrétienne qui soutienne leur vie spirituelle et les aide dans le ministère de l'enseignement. CIC 252 PDV 51-56 Pour cela, l'Evêque devra veiller sur la rectitude doctrinale des professeurs, comme sur celle des manuels et des autres livres utilisés dans le séminaire;

- d) la formation pastorale, par laquelle on cherche à introduire les séminaristes dans les diverses activités apostoliques du diocèse et dans l'expérience pastorale directe, selon des modalités concrètes déterminées par l'Evêque. Cette formation sera en continuité naturelle tout spécialement avec les premières années de l'exercice du ministère presbytéral, conformément aux dispositions du plan de formation sacerdotal national; CIC 258 CIC 1032 PDV 57-59

- e) la formation missionnaire, exigée par le caractère universel du ministère sacré, PO 10 fait que les séminaristes ressentent une sollicitude non seulement pour leur Eglise particulière, mais aussi pour l'Eglise universelle et qu'ils soient prêts à offrir leurs services aux Eglises particulières qui se trouvent dans de graves nécessités. Ceux qui parmi les séminaristes montreraient le désir d'exercer leur ministère dans d'autres Eglises seront encouragés et recevront une formation spéciale. PO 10 CIC 257

91
91. La pastorale des vocations et l'action diocésaine pour les vocations. La pastorale vocationnelle, étroitement liée à la pastorale des jeunes, trouve son centre et son organisation spécifique dans l'action diocésaine pour les vocations. Il conviendra donc de constituer dans le diocèse, sous la direction d'un prêtre, un service commun pour toutes les vocations, pour coordonner les diverses initiatives, toujours dans le respect de l'autonomie propre de chaque institution ecclésiale.
CD 15 OT 2-3 PC 24 PO 5 CIC 385 VC 64 PDV 39-41 Si cela peut se révéler utile, l'Evêque créera "des plans opérationnels" diocésains à bref et long terme.
En particulier, il est du devoir prioritaire des Evêques de pourvoir à la suffisance numérique des ministres sacrés, en soutenant les oeuvres déjà existantes dans ce but et en encourageant d'autres initiatives. CD 15 OT 2 AGD 38 CIC 233,1. L'Evêque aura à coeur d'instruire tous les fidèles de l'importance du ministère sacré en leur enseignant leur responsabilité de susciter des vocations pour le service des frères et l'édification du Peuple de Dieu. Cela a toujours été une tâche nécessaire, mais aujourd'hui c'est devenu un devoir plus grave et plus urgent.
L'Evêque n'omettra pas de promouvoir chez les prêtres l'engagement à poursuivre leur mission divine, comme une conséquence naturelle de l'esprit apostolique et de l'amour de l'Eglise. Par-dessus tout, les curés ont un rôle tout à fait spécial dans la promotion des vocations au ministère sacré, pour lequel ils devront avec empressement suivre les enfants et les jeunes garçons qui démontreront une aptitude particulière au service de l'autel, en leur donnant un accompagnement spirituel conforme à leur âge, et en fréquentant aussi leurs parents. CIC 233,1.

92
VI. LES DIACRES PERMANENTS

92. Le ministère diaconal. Le Concile Vatican II, selon la vénérable tradition ecclésiale, a défini le diaconat comme une ""diaconie" de la liturgie, de la parole et de la charité".
LG 29 Le diacre participe donc selon une manière propre des trois fonctions d'enseigner, de sanctifier et de gouverner, qui correspondent aux membres de la Hiérarchie. Il proclame et explique la Parole de Dieu; administre le Baptême, la Communion et les sacramentaux; anime la communauté chrétienne, principalement en ce qui se rapporte à l'exercice de la charité et à l'administration des biens.
Le ministère de ces clercs, dans ses différents aspects, est pénétré du sens du service qui donne son nom à l'ordre "diaconal". Comme dans le cas de n'importe quel autre ministre sacré, le service diaconal s'adresse en premier lieu à Dieu, et, au nom de Dieu aux frères; mais la diaconie est aussi service de l'épiscopat et du presbytérat, auxquels l'ordre diaconal est uni par des liens d'obéissance et de communion, selon les modalités établies par la discipline canonique. De cette façon, tout le ministère diaconal constitue une unité au service du plan divin de rédemption, dont les domaines distincts sont profondément connexes entre eux: le ministère de la parole conduit au ministère de l'autel qui à son tour comporte l'exercice de la charité.
Par conséquent, l'Evêque mettra tout en oeuvre afin que tous les fidèles, et en particulier les prêtres, apprécient et estiment le ministère des diacres, pour le service qu'ils exercent (liturgique, catéchétique, socio-caritatif, pastoral, administratif, etc.), pour l'édification de l'Eglise et parce qu'ils suppléent à l'éventuelle pénurie de prêtres.

93
93. Fonctions et charges confiées au diacre permanent. Il est très important de disposer les choses de façon que les diacres puissent, dans la mesure de leurs possibilités, mener pleinement leur ministère: prédication, liturgie, charité.
Les diacres doivent comprendre que leurs différentes charges ne sont pas un ensemble d'activités diverses, mais plutôt qu'elles sont étroitement liées grâce au sacrement reçu, et que ces tâches, bien que chacune d'elles puisse être remplie aussi par des laïcs, sont toujours diaconales, parce que c'est un diacre qui les réalise, au nom de l'Eglise, soutenu par la grâce du sacrement.
AGD 16
Pour ce motif, n'importe quelle charge de suppléance de la présence du prêtre doit être confiée de préférence à un diacre plutôt qu'à un laïc , surtout s'il s'agit de collaborer de façon stable à la conduite d'une communauté chrétienne dépourvue de prêtre ou d'assister, au nom de l'Evêque ou du curé, des groupes dispersés de chrétiens. . Mais en même temps, il faut faire en sorte que les diacres exercent leurs activités propres, sans être relégués à la seule fonction de suppléance des prêtres.

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94. Rapport des diacres entre eux. Comme les Evêques et les prêtres, les diacres constituent un ordre de fidèles unis par des liens de solidarité dans l'exercice d'une activité commune. C'est pourquoi, l'Evêque doit favoriser les relations humaines et spirituelles des diacres, qui les porteront à partager une fraternité sacramentelle spéciale. Cela pourra se réaliser en utilisant les moyens de formation diaconale permanente et aussi par des réunions périodiques, convoquées par l'Evêque pour évaluer l'exercice du ministère, échanger des expériences et avoir un soutien pour persévérer dans l'appel reçu.
Les diacres, comme les autres fidèles et les autres clercs, ont le droit de s'associer avec d'autres fidèles et avec d'autres clercs pour accroître leur vie spirituelle et exercer des oeuvres de charité ou d'apostolat conformes à l'état clérical et non contraires à l'accomplissement de leurs propres devoirs.
CIC 278 Toutefois, ce droit associatif n'aboutira pas à un corporatisme pour la protection des intérêts communs, ce qui serait une imitation impropre des modèles civils, inconciliable avec les liens sacramentels qui unissent les diacres entre eux, avec l'Evêque et avec les autres membres de l'Ordre sacré. (CONGREGATION POUR LE CLERGE Déclaration Quidam Episcopi, IV, 8 mars 1982)

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95. Les diacres qui exercent une profession ou une activité séculière. Le ministère diaconal est compatible avec l'exercice d'une profession ou d'une charge civile. Selon les circonstances de lieu et le ministère confié à chaque diacre, il est souhaitable qu'il ait un travail propre et une profession propre, ainsi il peut avoir le nécessaire pour vivre.
CIC 281 Cependant, l'exercice de tâches séculières ne transforme pas le diacre en laïc.
Ces diacres qui exercent une profession doivent savoir donner à tous un exemple d'honnêteté et d'esprit de service et prendre comme point de départ les rapports professionnels et humains pour rapprocher les personnes de Dieu et de l'Eglise. Ils devront s'engager à conformer leur travail aux normes de la morale individuelle et sociale, et c'est pourquoi ils n'omettront pas de consulter leur Evêque lorsque l'exercice de la profession deviendra plus un obstacle qu'un moyen de sanctification.
Les diacres peuvent exercer n'importe quelle profession ou activité honnête, pourvu qu'ils ne soient pas empêchés, par principe, par les interdictions que la discipline canonique établit pour les autres clercs. CIC 288 CIC 285,3-4. Malgré cela, il serait opportun de faire en sorte que les diacres mènent des activités professionnelles plus étroitement liées à la transmission de la vérité évangélique et au service des frères: comme l'enseignement - principalement de la religion -, les divers services sociaux, les moyens de communication sociale, certains secteurs de recherche et d'application de la médecine, etc.

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96. Les diacres mariés. Le diacre marié donne aussi un témoignage de fidélité à l'Eglise et de sa vocation de service au moyen de la vie familiale. Il en résulte que le consentement de l'épouse est nécessaire pour l'ordination de son mari
CIC 1031 Par. 2, et qu'il faut porter une attention pastorale particulière à la famille du diacre, de façon qu'elle puisse vivre avec joie l'engagement du mari et du père et le soutenir dans son ministère. Cependant, des fonctions et des activités propres au ministère ne devront pas être confiées à l'épouse et aux enfants du diacre, parce que la condition diaconale est strictement personnelle: ceci naturellement n'empêche pas les membres de la famille d'apporter leur aide au diacre dans l'accomplissement de ses tâches.
Du reste, l'expérience de vie familiale confère aux diacres mariés une aptitude spéciale pour la pastorale familiale, diocésaine et paroissiale, pour laquelle il faut qu'ils soient convenablement préparés.

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97. La formation des diacres permanents. La formation des diacres, aussi bien initiale que permanente, a une importance considérable pour leur vie et leur ministère. Pour déterminer ce qui concerne la formation des aspirants au diaconat permanent il faut observer les normes émanant du Saint-Siège et de la Conférence épiscopale. Il est bon que les diacres permanents ne soient pas trop jeunes mais qu'ils aient aussi une maturité humaine, en plus de la maturité spirituelle, et qu'ils soient formés dans une communauté appropriée pendant trois ans, à moins que dans quelques cas particuliers de graves motifs ne conseillent d'agir autrement.
CIC 236 et sq.
Cette formation comprend les mêmes domaines que celle des prêtres, avec quelques particularités:

- la formation spirituelle du diacre tend à favoriser la sainteté chrétienne de ces ministres, et elle doit être réalisée en mettant particulièrement en relief ce qui distingue son ministère, c'est à dire l'esprit de service. Evitant, par conséquent, tout soupçon de mentalité "bureaucratique" ou une rupture entre la vocation et l'activité, il est nécessaire d'inculquer au diacre le désir de conformer son existence tout entière au Christ, qu'il aime et sert totalement;

- l'exercice du ministère, en particulier pour ce qui concerne la prédication et l'enseignement de la Parole de Dieu, suppose une formation doctrinale continue, donnée avec la compétence due;

- il faut prêter une attention spéciale au soutien personnalisé de chaque diacre, de sorte qu'il soit en mesure d'affronter ses conditions de vie particulières: ses relations avec les autres membres du Peuple de Dieu, son travail professionnel, ses liens familiaux etc.

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VII. LA VIE CONSACREE ET LES SOCIETES DE VIE APOSTOLIQUE

98. La vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique dans la communauté diocésaine. En tant que père et pasteur de l'Eglise particulière dans toutes ses composantes, l'Evêque accueille les diverses expressions de la vie consacrée comme une grâce. Il lui reviendra donc de soutenir les personnes consacrées, de façon que ces dernières, demeurant fidèles à l'inspiration fondatrice, s'ouvrent à une collaboration spirituelle et pastorale toujours plus fructueuse correspondant aux exigences du diocèse.
VC 49. De ce fait les Instituts de vie consacrée, les Sociétés de vie apostolique, mais aussi les Ermites et les Vierges consacrées font partie de plein droit de la famille diocésaine.- parce qu'ils y ont leur résidence et, par le témoignage exemplaire de leur vie et de leur travail apostolique, ils lui apportent une contribution inestimable. Les prêtres doivent être considérés comme une part du presbyterium du diocèse, collaborant avec l'Evêque à la charge des âmes. PDV 31
L'Evêque diocésain considérera l'état consacré comme un don divin qui, "s'il ne concerne pas la structure hiérarchique de l'Eglise, appartient donc cependant inséparablement à sa vie et à sa sainteté" LG 11 LG 44 VC 29 CIC 207,2 CIC 574,1 et il appréciera la spécificité de son mode d'être dans l'Eglise et la grande énergie missionnaire et évangélisatrice qui découle de l'être consacré dans ce qu'il apporte au diocèse. Pour ces raisons, l'Evêque accueille l'état consacré avec un profond sentiment de gratitude, le soutient, en valorise les charismes en les mettant au service de l'Eglise particulière. VC 48

99
99. Intégration adaptée dans la vie diocésaine. Comme conséquence naturelle des liens qui unissent les fidèles consacrés aux autres fils de l'Eglise, l'Evêque s'engagera afin que:

- a) les membres des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique se sentent membres vivants de la communauté diocésaine, disposés à prêter aux Pasteurs la plus grande collaboration possible.
CD 35 Pour cela, il cherchera à bien connaître le charisme de chaque Institut et Société, tel qu'il est décrit dans leurs Constitutions, il rencontrera personnellement les Supérieurs et les communautés, pour vérifier leur état, leurs préoccupations et leurs espérances apostoliques;

- b) l'Evêque fasse en sorte que la vie consacrée soit connue et appréciée par les fidèles et, en particulier, il veillera à ce que le clergé et les séminaristes, grâce à leurs moyens de formation respectifs, soient instruits de la théologie et de la spiritualité de la vie consacrée, VC 50 et en arrivent à apprécier sincèrement les personnes consacrées, non seulement pour la collaboration qu'elles peuvent offrir à la pastorale diocésaine, mais surtout pour la force de leur témoignage de vie consacrée et pour la richesse introduite dans l'Eglise, universelle et particulière, par leur vocation et par leur style de vie;

- c) les relations entre le clergé diocésain et les clercs des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique soient empreints d'un esprit de fraternelle collaboration. CD 35 CIC 679 L'Evêque encouragera la participation des religieux prêtres aux réunions des clercs du diocèse, par exemple celles qui se tiennent au niveau du doyenné, pour qu'ils puissent ainsi se connaître, accroître l'estime réciproque et donner aux fidèles un exemple d'unité et de charité. Il fera aussi en sorte, si c'est opportun pour eux, qu'ils participent aux moyens de formation du clergé du diocèse;

- d) les organismes consultatifs diocésains reflètent de manière adéquate la présence de la vie consacrée dans le diocèse, dans la variété de ses charismes (SYNODE DES EVEQUES, Ultimis temporibus Pars altera, II, 2) en établissant des règles opportunes à cet égard: disposant, par exemple, que les membres des Instituts participent selon l'activité apostolique remplie par chacun, assurant en même temps une présence des divers charismes. Dans le cas du Conseil presbytéral, on doit consentir aux prêtres électeurs (religieux et séculiers) de choisir librement des membres d'Instituts qui les représentent.

100
100. Le pouvoir de l'Evêque par rapport à la vie consacrée. Les personnes consacrées, avec les autres membres du Peuple de Dieu, sont soumises à l'autorité pastorale de l'Evêque en tant que maître de la foi et responsable de l'observance de la discipline ecclésiastique universelle, gardien de la vie liturgique et modérateur de tout le ministère de la parole.
CIC 392 CIC 756,2 CIC 835 CIC 772,1
L'Evêque, tandis qu'il défend avec grand zèle - y compris devant les personnes consacrées elles-mêmes - la discipline commune, respectera et fera respecter la juste autonomie des Instituts de vie consacrée et des Sociétés de vie apostolique CIC 586 CIC 732 VC 48 sans interférer dans leur vie et dans leur gouvernement et sans se faire l'interprète autorisé de leur charisme de fondation. Chez toutes les personnes consacrées, il renforcera l'esprit de sainteté, ravivant en elles l'obligation qu'elles ont, même si elles sont immergées dans l'apostolat extérieur, d'être imprégnées de l'esprit de leur charisme et de demeurer fidèles à l'observance de leur règle et à la soumission aux Supérieurs CD 35 VC 35-37 puisque leur contribution spécifique à l'évangélisation consiste principalement "dans le témoignage d'une vie totalement donnée à Dieu et à leurs frères". CIC 679 VC 76 C'est son devoir par conséquent, de rappeler l'attention des Supérieurs quand a observera des abus dans les oeuvres directes des Instituts ou dans le mode de vie personnel de quelque personne consacrée. VC 76
L'Evêque rappellera aux personnes consacrées le devoir et la joyeuse grâce qui leur revient, comme exigence de leur vocation, de donner un exemple d'adhésion au Magistère pontifical et épiscopal. En tant que maître de la vérité catholique dans son diocèse, il se préoccupera en particulier:

- a) d'exiger avec une humble fermeté ses propres droits dans le domaine des publications, par des contacts opportuns avec les Supérieurs CIC 823-824 CIC 826-827 VC 46 (CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Instruction sur quelques aspects des instruments de communication sociale dans la promotion de la doctrine de la foi, nn. 8 § 2; 16 § 6; 17 § 4; 18; CONGREGATION POUR LES INSTITUTS DE VIE CONSACREE ET LES SOCIETES DE VIE APOSTOLIQUE, Instruction Repartir du Christ, n. 32) de façon à assurer l'harmonie avec le Magistère ecclésial;

- b) d'assurer que les écoles dirigées par les divers Instituts donnent une formation pleinement conforme à leur identité catholique, en les visitant de temps en temps personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant. CIC 806,1

L'Evêque, selon la règle du droit, reconnaîtra l'exemption des Instituts, par laquelle "le Pontife Romain, en raison de sa primauté sur l'Eglise universelle, peut soustraire tout Institut de vie consacrée à la juridiction des Ordinaires du lieu et se le subordonner exclusivement à lui-même ou à une autre autorité ecclésiastique". LG 45 CD 35 CIC 591 CIC 732. Cette exemption, toutefois n'annule pas la soumission de toutes les personnes consacrées au pouvoir de l'Evêque (en plus de leurs propres Supérieurs) pour ce qui concerne le soin des âmes, l'exercice public du culte divin et les oeuvres d'apostolat. CD 35 CIC 678 CIC 738,2. Dans ces domaines il est nécessaire que les personnes consacrées, observant toujours leur charisme propre, donnent un exemple de communion et d'harmonie avec l'Evêque, en raison de son autorité pastorale et de la nécessaire unité et concorde dans le travail apostolique. LG 54 CD 35 VC 49

101
101. Diverses formes de coopération apostolique et pastorale des personnes consacrées avec le diocèse. Pour comprendre de manière adéquate le régime de chaque oeuvre apostolique réalisée par les Instituts ou par ses membres, il est nécessaire de distinguer:

- a) les oeuvres propres que les Instituts établissent selon leur charisme et qui sont dirigées par leurs Supérieurs respectifs. Il faut insérer ces oeuvres dans le cadre général de la pastorale diocésaine, c'est pourquoi leur création ne doit pas être décidée de façon autonome, mais sur la base d'un accord entre Evêque et Supérieurs entre lesquels doit exister un dialogue constant dans la direction de ces oeuvres, sans préjudice des droits conférés à chacun par la discipline canonique.
CD 15 CIC 678 CIC 738,2.
Les Instituts religieux et les Sociétés de vie apostolique ont besoin de l'accord écrit de l'Evêque diocésain dans les cas suivants: pour ériger une maison dans le diocèse, pour affecter une maison à diverses oeuvres apostoliques différentes de celles pour lesquelles elle a été constituée, pour construire et ouvrir une église publique et pour établir des écoles selon leur charisme. CIC 609 CIC 612 CIC 801 CIC 733,1 CIC 1215,3. L'Evêque doit aussi être consulté aussi par le Modérateur général pour la fermeture d'une maison religieuse ouverte légitimement. CIC 616,1.
- b) Les oeuvres diocésaines et les paroisses confiées à des Instituts religieux ou à des Sociétés de vie apostolique, restent sous l'autorité et la direction de l'Evêque, en maintenant de toute façon la fidélité du responsable consacré à la discipline de son Institut et la soumission à ses Supérieurs. L'Evêque se préoccupera de conclure un accord avec l'Institut ou la Société, pour déterminer clairement ce qui concerne le travail qui sera réalisé, les personnes qui s'y consacreront et l'aspect économique. CIC 521 CIC 681

- c) De plus, pour confier une charge diocésaine à un religieux, selon la règle canonique, CIC 682 CIC 738,2, doivent intervenir aussi bien l'Evêque que les Supérieurs religieux. L'Evêque évitera de demander des collaborations qui se révèlent difficilement compatibles avec les exigences de la vie religieuse (par exemple, si elles peuvent constituer un obstacle pour la vie commune) et il rappellera à ces personnes que, quelle que soit l'activité exercée par elles, leur premier apostolat consiste dans le témoignage de leur vie consacrée. CD 35 VC 32-49 CIC 673
La collaboration entre le diocèse et les Instituts ou leurs membres peut s'interrompre sur l'initiative d'une des parties intéressées, tenant compte des droits et des devoirs établis par les règles ou par les conventions. CIC 616 CIC 681,1 CIC 733 CIC 682,2. (COMMISSION PONTIFICALE POUR L'INTERPRETATION DES DECRETS DUCONCILE VATICAN II, Responsum du 25. VI. 1979, 1) Mais dans ce cas il faut assurer l'information opportune de l'autre partie (Evêque ou Institut), évitant de la mettre devant le fait accompli. De cette façon on pourra prendre les dispositions nécessaires pour le bien des fidèles, comme par exemple, solliciter une autre institution ou une autre personne pour prendre en charge l'oeuvre ou la tâche, et étudier aussi avec l'attention nécessaire les aspects humains et économiques que l'abandon d'une oeuvre peut comporter.

102
102. Coordination des Instituts. Il revient à l'Evêque, père et pasteur de l'Eglise particulière tout entière, de promouvoir la communion et la coordination dans l'exercice des divers charismes légitimes, dans le respect de leur identité
VC 49. Quant à eux les Instituts, chacun selon sa nature particulière, "sont appelés à vivre une fraternité exemplaire qui soit stimulante pour les autres composantes de l'Eglise, dans l'engagement quotidien à témoigner de l'Evangile". VC 52
Pour obtenir une meilleure coordination des diverses oeuvres et programmes apostoliques dans le contexte pastoral du diocèse, ainsi qu'une connaissance appropriée et une estime réciproque, il convient que l'Evêque rencontre périodiquement les Supérieurs les Instituts. Ces rencontres constitueront une excellente occasion pour déterminer, grâce à l'échange d'expérience, des objectifs d'évangélisation et des modalités propices pour aller au devant des besoins des fidèles, de sorte que les Instituts puissent projeter de nouvelles activités apostoliques et améliorer celles qui existent déjà. CIC 680 De la même façon il aura soin de rencontrer périodiquement les responsables des délégations diocésaines de la Conférence des Supérieurs et/ou des Supérieures Majeurs.
En vue de faciliter les relations de l'Evêque avec les différentes communautés, en de nombreux endroits il sera opportun de nommer un Vicaire épiscopal pour la vie consacrée, doté du pouvoir ordinaire exécutif, qui remplace l'Evêque auprès des Instituts et de leurs membres. Ce sera aussi le rôle de ce Vicaire épiscopal de maintenir les Supérieurs dûment informés sur la vie et sur la pastorale diocésaines. Etant donné les compétences multiples et ponctuelles de l'Evêque par rapport aux Instituts - compétences diversifiées selon la nature propre de chaque Institut il conviendra que le Vicaire épiscopal soit lui-même une personne consacrée ou au moins un bon connaisseur de la vie consacrée.

103
103. La vie contemplative. Aussi bien dans les pays de solide tradition catholique que dans les territoires de mission, on devra grandement favoriser les Instituts de vie contemplative:
AGD 40 VC 59 en effet ces Instituts, spécialement de nos jours, constituent un magnifique témoignage de la transcendance du Règne de Dieu au-dessus de n'importe quelle réalité terrestre et transitoire, qui les rendent dignes de l'estime particulière de l'Evêque, du clergé et du peuple chrétien.
L'Evêque impliquera religieux et religieuses de vie contemplative dans la mission de l'Eglise, aussi bien universelle que particulière, même par le contact direct, par exemple en les encourageant par des visites personnelles durant lesquelles il les poussera à persévérer dans la fidélité à leur vocation, les informant des initiatives diocésaines et universelles, et en louant la profonde valeur de leur apostolat caché de prière et de pénitence pour la diffusion du Règne de Dieu.
L'Evêque fera aussi en sorte que les fidèles du diocèse puissent bénéficier de cette école de prière constituée par les monastères et, si c'est conforme à leur règle particulière, tout en maintenant les exigences de la clôture, il fera en sorte de favoriser la participation aux célébrations liturgiques de ces communautés.

104
104. Les femmes consacrées. L'aide que la femme consacrée dans les Instituts religieux
CIC 607,1-3 dans les Sociétés de vie apostolique, dans les Instituts séculiers CIC 713,2, et dans l'Ordre des Vierges CIC 604,1 prête aux diocèses est multiforme et précieuse, et elle pourra donner une aide encore plus grande dans l'avenir. C'est pourquoi, l'Evêque aura tout spécialement le souci de procurer des aides convenables et, autant que faire se peut, abondantes, pour leur vie spirituelle et pour leur instruction chrétienne, de même que pour leur progrès culturel. L'Evêque devra avoir une sollicitude particulière pour l'Ordre des Vierges, qui ont été consacrées à Dieu par ses mains, et qui sont confiées à son soin pastoral, étant consacrées au service de l'Eglise.
Conscient des nécessités actuelles de formation des femmes consacrées qui aujourd'hui, ne sont pas moindres que celles des hommes, il leur assignera des aumôniers et des confesseurs parmi les meilleurs, bons connaisseurs de la vie consacrée et qui se distinguent par la piété, une saine doctrine et un esprit missionnaire et oecuménique OT 19 PO 6 VC 58 CIC 567,1 CIC 630,3
L'Evêque veillera aussi à ce que soient donnés aux femmes consacrées des espaces de participation appropriés dans les diverses instances diocésaines, comme les conseils pastoraux diocésain et paroissiaux, lorsqu'ils existent; les diverses commissions et délégations diocésaines; la direction des initiatives apostoliques et éducatives du diocèse, et qu'elles soient aussi présentes dans les processus d'élaboration des décisions, surtout en ce qui les concerne, de façon à pouvoir mettre au service du Peuple de Dieu leur sensibilité particulière et leur ardeur missionnaire, leur expérience et leur compétence. VC 62

105
105. Les monastères autonomes et les maisons des Instituts religieux de droit diocésain. L'Evêque sera particulièrement attentif aux monastères autonomes qui lui sont confiés et aux communautés des Instituts religieux de droit diocésain qui ont leur maison sur le territoire de son diocèse, en pratiquant son droit-devoir de visite canonique, même pour ce qui concerne la discipline religieuse, et en examinant leur compte-rendu économique.
CIC 637 CIC 628,2.

106
106. Les ermites. L'Evêque doit suivre avec une attention pastorale particulière les ermites, spécialement ceux qui sont reconnus par le droit comme tels parce qu'ils professent publiquement les trois conseils évangéliques dans ses mains ou qu'ils ont été confirmés au moyen des voeux ou d'un autre lien sacré. Sous sa conduite ils observeront la forme de vie qui leur est propre consacrant leur existence à la louange de Dieu et au salut de l'humanité, dans la séparation du monde, dans le silence, dans la solitude, par la prière assidue et la pénitence. L'Evêque doit aussi veiller à prévenir des abus et inconvénients possibles.
CIC 603,1-2

107
107. Nouveaux charismes de la vie consacrée. Il revient à l'Evêque de discerner les nouveaux charismes qui naissent dans le diocèse, de façon à accueillir ceux qui sont authentiques avec joie et gratitude, et à éviter que surgissent des instituts superflus et dépourvus de vigueur.
LG 12 PC 19 Il devra ensuite prendre soin des fruits de leur travail et les évaluer Mt 7,16, ce qui lui permettra d'entrevoir l'action du Saint Esprit dans les personnes. Il examinera concrètement "le témoignage de vie et l'orthodoxie des fondateurs et des fondatrices de ces communautés, leur spiritualité, leur sensibilité ecclésiale dans la réalisation de leur mission, leurs méthodes de formation et les modes d'entrée dans la communauté". CIC 605 VC 62 En vue de l'approbation, ne sera pas cependant suffisante une utilité opérationnelle théorique des activités, ni encore moins, certains phénomènes de dévotion, en eux-mêmes ambigus, qui peuvent se produire.
Pour vérifier la qualité humaine, religieuse et ecclésiale d'un groupe de fidèles qui désirent se constituer en une forme de vie consacrée, il convient de commencer par l'insérer dans le diocèse comme "Association publique de fidèles"; seulement après une période d'expérience et après avoir consulté et obtenu l'autorisation du Saint-Siège, l'Evêque pourra procéder à son érection formelle comme Institut de droit diocésain, le plaçant ainsi sous sa sollicitude spéciale. CIC 579 CIC 594 CIC 732

108
VIII. LES FIDELES LAÏCS

108. Les fidèles laïcs dans l'Eglise et dans le diocèse. L'édification du Corps du Christ est l'oeuvre du Peuple de Dieu tout entier, par conséquent le chrétien a le droit et le devoir de collaborer, sous la conduite des Pasteurs, à la mission de l'Eglise, chacun selon sa propre vocation et les dons reçus de l'Esprit Saint.
LG 30 LG 33 AA 2-3 CIC 208 CIC 204,1. C'est donc un devoir de tous les ministres de réveiller chez les fidèles laïcs le sens de leur vocation chrétienne et de leur pleine appartenance à l'Eglise, évitant qu'ils puissent se sentir sous quelque aspect que ce soit des chrétiens de deuxième catégorie. Aussi bien directement que par les prêtres, l'Evêque se préoccupera de faire en sorte que les laïcs soient conscients de leur mission ecclésiale, et il les poussera à la réaliser avec un sens des responsabilités, envisageant toujours le bien commun. LG 37
L'Evêque acceptera de bon gré l'avis des laïcs au sujet des questions diocésaines, en fonction de leur compétence, de leur sagesse et de leur fidélité, et il en aura la considération qui convient. AA 26 CIC 212,3. Il sera aussi attentif aux opinions exprimées par les laïcs sur les problèmes religieux ou ecclésiaux en général par l'intermédiaire des moyens de communication comme les journaux, revues, cercles culturels, etc. De plus il respectera la liberté d'opinion et d'action qui leur est propre dans la sphère séculière, toujours cependant dans la fidélité à la doctrine de l'Eglise. CIC 227

109
109. La mission des fidèles laïcs. La vocation universelle à la sainteté, proclamée par le Concile Vatican II,
LG 40 (309) est étroitement liée à la vocation universelle à la mission apostolique. RMi 90 C'est donc sur les laïcs que repose la charge et l'honneur de répandre le message chrétien par l'exemple et la parole, dans les divers milieux et dans les rapports humains où se déroule leur vie: la famille, les relations d'amitié, de travail, la variété du monde associatif séculier, la culture, la politique, etc. Cette mission des laïcs n'est pas seulement une question d'efficacité apostolique, mais plutôt un devoir et un droit fondé sur la dignité baptismale. AA 16
Le Concile lui-même a signalé le caractère spécifique de la vie qui distingue les fidèles laïcs, sans les séparer des prêtres et des religieux: le caractère séculier, LG 32 qui s'exprime dans le fait de "chercher le Royaume de Dieu en gérant les affaires temporelles et en les ordonnant selon Dieu" LG 31 de telle façon que les activités séculières deviennent le cadre d'exercice de la mission chrétienne et un moyen de sanctification. CL 15 L'Evêque encouragera la collaboration entre les fidèles laïcs afin qu'ensemble ils inscrivent la loi divine dans la construction de la cité terrestre. Pour atteindre cet idéal de sainteté et d'apostolat, les fidèles laïcs doivent savoir mener leurs occupations temporelles avec compétence, honnêteté et esprit chrétien.

110
110. Le rôle des fidèles laïcs dans l'évangélisation de la culture. A l'apostolat propre des laïcs aujourd'hui, s'entrouvrent de grands horizons, aussi bien pour la diffusion de la Bonne Nouvelle du Christ que pour la construction de l'ordre temporel selon l'ordre voulu par Dieu.
AA 16 CIC 225 Les fidèles laïcs immergés comme ils le sont dans toutes les activités séculières, ont un rôle important à jouer dans l'évangélisation de la culture, "de l'intérieur", supprimant ainsi la fracture existante entre la culture et l'Evangile, qui se perçoit de nos jours. LG 31 CL 34 EN 20 RMi 71 CIC 225,2.
Parmi les secteurs qui ont un plus grand besoin de l'attention de l'Evêque à l'égard de la contribution spécifique des laïcs on distingue:

- a) La promotion de l'ordre social juste qui mette en pratique les principes de la doctrine sociale de l'Eglise. Spécialement ceux qui par profession s'occupent de ce domaine doivent être en mesure de donner une réponse chrétienne aux problèmes les plus intimement liés au bien de la personne, telles: les questions de bioéthique (respect de la vie de l'embryon et du mourant); la défense du mariage et de la famille, de la santé de laquelle dépend l'"humanisation" elle-même de l'homme et de la société; la liberté éducative et culturelle; la vie économique et les relations de travail, qui doivent être toujours empreintes de respect pour l'homme et pour la création, ainsi que de solidarité et d'attention pour les moins chanceux; l'éducation à la paix et la promotion d'une participation démocratique ordonnée. CL 38 CL 40 CL 43

- b) La participation à la politique, à laquelle les laïcs renoncent parfois, peut-être parce que poussés au manque d'estime lié à l'arrivisme, à l'idolâtrie du pouvoir, ou à la corruption de certains personnages politiques, ou encore de l'opinion diffuse que la politique est un lieu d'inévitable danger moral. CL 42 Elle est au contraire un service essentiel et important pour la société, pour son pays et pour l'Eglise et une forme éminente de charité envers le prochain. Dans cette noble tâche, toutefois, les laïcs doivent considérer que l'application des principes à des cas concrets peut avoir des modalités diverses; c'est pourquoi on doit éviter la tentation de présenter ses solutions comme si elles étaient la doctrine de l'Eglise. CIC 227 Quand l'action politique se trouve affrontée à des principes moraux fondamentaux qui n'admettent pas de dérogation, d'exception ou quelque compromission que ce soit, l'engagement des catholiques se fait alors plus évident et lourd de responsabilité, parce que devant ces exigences éthiques fondamentales et auxquelles on ne peut pas renoncer est en jeu l'essence de l'ordre moral, qui concerne le bien intégral de la personne. C'est le cas des lois civiles en matière d'avortement, d'euthanasie, de la protection de l'embryon humain, de promotion et de défense de la famille fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent et protégée dans sa stabilité et son unité, dans la liberté d'éducation des parents pour leurs enfants, des lois qui protègent socialement les mineurs et libèrent les personnes des formes modernes d'esclavage, comme des lois qui promeuvent une économie au service de la personne, la paix et la liberté religieuse individuelle et collective. Face à ces cas, les catholiques ont le droit et le devoir d'intervenir pour appeler au sens le plus profond de la vie et à la responsabilité que tous possèdent devant elle, pour protéger l'existence et l'avenir des peuples dans la formation de la culture et des comportements sociaux. Les catholiques qui sont engagés dans les Assemblées législatives ont l'obligation précise de s'opposer à toute loi qui se révèle un attentat contre la vie humaine. Toutefois, quand par exemple, l'opposition à l'avortement est claire et connue de tous, ils pourraient apporter leur "soutien à des propositions destinées à limiter les préjudices d'une telle loi et à en diminuer ainsi les effets négatifs sur le plan de la culture et de la moralité publique". EV 73 (CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Note doctrinale au sujet de quelques questions concernant l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, n. 4)

- c) Il revient aussi aux laïcs d'évangéliser les centres de diffusion culturelle, comme les écoles et les universités, les milieux de la recherche scientifique et technique, les lieux de création artistique et de réflexion humaniste et les moyens de communication sociale, qu'il faut diriger correctement, en sorte qu'ils contribuent à l'amélioration de la culture elle-même. RMi 37 CL 44 EN 20

- d) Se comportant comme des citoyens à part entière, les laïcs doivent savoir défendre la liberté de l'Eglise pour l'accomplissement de sa finalité propre, non seulement comme énoncé théorique, mais en respectant et en appréciant la grande aide qu'elle apporte à un ordre social juste. CL 39 Cela comporte en particulier la liberté d'association et la défense du droit à enseigner selon les principes catholiques.

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111. Collaboration des laïcs avec la hiérarchie ecclésiale. Au sein de la communauté ecclésiale, les laïcs apporteront une précieuse collaboration aux Pasteurs, sans laquelle l'apostolat hiérarchique ne peut avoir sa pleine efficacité.
LG 33 AA 10 Cette contribution des laïcs aux activités ecclésiales a toujours été importante et de nos jours elle est une nécessité impérieuse.
Les laïcs peuvent être appelés à collaborer avec les Pasteurs, selon leur condition propre, dans divers domaines:

- dans l'exercice des fonctions liturgiques; SC 28 CIC 230

- dans la participation aux structures diocésaines et à l'activité pastorale; CIC 228 CIC 229 Par. 3. CIC 317 Par. 3. CIC 483 CIC 494 CIC 463 Par 1, n. 5. CIC 537 CIC 759 CIC 776 CIC 784-785 CIC 1282 CIC 1421 Par. 2. CIC 1424 CIC 1435 CIC 1428 Par. 2. etc.

- dans leur participation aux associations érigées par l'autorité ecclésiastique CIC 301

- et de manière individuelle, dans l'activité catéchétique diocésaine et paroissiale CL 35

Toutes ces formes de participation des laïcs sont non seulement possibles, mais aussi nécessaires. Toutefois il faut éviter que les fidèles aient un intérêt prépondérant pour les services et les engagements ecclésiaux, étant sauves les vocations particulières, ce qui les éloignerait du milieu séculier: professionnel, social, économique, culturel et politique, puisque tels sont les domaines de leur responsabilité spécifique, dans lesquels leur action apostolique est irremplaçable. CL 44
La collaboration des laïcs aura, en général, la marque de la gratuité. Dans des situations spécifiques l'Evêque fera en sorte que l'on assigne une juste rétribution financière aux laïcs qui collaborent par leur travail professionnel à des activités ecclésiales, comme par exemple, les enseignants de religion dans les écoles, les administrateurs de biens ecclésiastiques, les responsables des activités sociocaritatives, les personnes qui travaillent dans les moyens de communication sociale de l'Eglise, etc. Cette même règle de justice doit être observée quand il s'agit de profiter temporairement des services professionnels des laïcs.

112
112. Les activités de suppléance. Dans des situations de manque de prêtres et de diacres, l'Evêque pourra solliciter des laïcs particulièrement préparés pour exercer en suppléance quelques tâches propres aux ministres consacrés, à savoir: l'exercice du ministère de la prédication, (jamais cependant faire l'homélie)
CIC 766 CIC 777 (On doit se rappeler que les laïcs ne peuvent pas faire l'homélie. L'Evêque diocésain ne petit pas dispenser de cette règle) la présidence des célébrations dominicales en l'absence du prêtre, (CONGREGATION POUR LE CULTE DIVIN ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS, Directoire pour les célébrations dominicales sans prêtre) le ministère extraordinaire de l'administration de la communion, (Selon le Responsum du CONSEIL PONTIFICAL POUR L'INTERPRETATION DES TEXTES LEGISLATIFS, du 1. VI. 1988, le ministre extraordinaire de la communion ne doit pas administrer la communion quand dans le lieu de la célébration est présent un ministre sacré qui peut le faire; Cf. JEAN-PAUL II, Lettre apost. Dominicae Coenae) l'assistance aux mariages, CIC 1112, l'administration du Baptême, CIC 861 (CONGREGATION POUR LE CULTE DIVIN ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS, Rituel romain, Ordo du Baptême des petits-enfants, Introduction, n. 16-17), la présidence des célébrations des obsèques (Cf. CONGREGATION POUR LE CULTE DIVIN ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS, Rituel romain, Ordo des obsèques, Introduction, n. 19) et autres. CIC 230,3 CIC 517,2 CIC 943. De telles tâches devront être exécutées selon les rites prescrits et les normes des lois universelles et particulières.
Si un tel phénomène est d'un côté un motif de préoccupation, car il est la conséquence de l'insuffisance du nombre de ministres sacrés, de l'autre il met en évidence la généreuse disponibilité des laïcs, pour cela dignes d'éloge. L'Evêque veillera à ce que de telles charges ne créent pas de confusion parmi les fidèles en ce qui concerne la nature et le caractère irremplaçable du sacerdoce ministériel, essentiellement distinct du sacerdoce commun des fidèles. Il faudra donc éviter qu'on en arrive de fait à établir "une structure ecclésiale de service parallèle à celle qui est fondée sur le sacrement de l'Ordre" CL 23 ou qu'on attribue aux laïcs des termes ou des catégories qui correspondent seulement aux clercs, comme "aumônier", "pasteur", "ministre", etc. (Sur la signification de la suppléance par les laïcs, la relation avec le sacrement de l'Ordre et l'interprétation correcte de certaines dispositions du Code de droit canonique, cf. l'Instruction Ecclesiae de Mysterio de quelques Congrégations de la Curie romaine) Dans ce but l'Evêque veillera attentivement "à éviter un recours facile et abusif aux présumées 'situations de nécessité' (...), là où, objectivement, ce n'est pas le cas, ou bien là où il est possible d'y obvier par une programmation pastorale plus rationnelle". CL 23 EE 29-33; (CONGREGATION POUR LE CLERGE, Lettre circulaire, Le prêtre, maître de la parole, ministre des sacrements et guide de la communauté en vue du troisième millénaire chrétien).
Pour l'exercice de ces fonctions on exigera un mandat extraordinaire, conféré temporairement, selon la norme du droit. CL 23 Avant de le concéder, l'Evêque devra s'assurer, personnellement ou par un délégué, que les candidats possèdent les conditions d'aptitude. Il mettra tout son soin à la formation de ces personnes, afin qu'elles exécutent ces tâches avec une connaissance adéquate et une pleine conscience de leur dignité. De plus, il veillera à ce qu'elles soient soutenues par des ministres sacrés responsables du soin des âmes. CL 23

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113. Les ministères de lecteur et d'acolyte. L'Evêque encouragera les ministères de lecteur et d'acolyte, auxquels peuvent être admis les laïcs de sexe masculin, selon le rite liturgique spécial et les dispositions des diverses Conférences épiscopales.
CIC 330 Par ces ministères institués s'exprime la participation consciente et active des fidèles laïcs aux célébrations liturgiques, de sorte que leur déroulement révèle l'Eglise comme assemblée constituée dans ses divers ordres et ministères. En particulier, l'Evêque confiera au lecteur, en plus de la lecture de la Parole de Dieu dans l'assemblée liturgique, la tâche de préparer les autres fidèles à la proclamation de la Parole de Dieu, ainsi que d'apprendre aux fidèles à participer dignement aux célébrations sacramentelles et à les introduire dans la compréhension de l'Ecriture Sainte par des rencontres particulières.
La tâche de l'acolyte est de servir à l'autel en aidant le diacre et les prêtres dans les actions liturgiques. Comme ministre extraordinaire de la communion eucharistique, il peut la distribuer en cas de nécessité; de plus, il peut exposer le Saint Sacrement pour l'adoration des fidèles sans donner la bénédiction. Il sera de sa compétence de préparer ceux qui servent à l'autel.
L'Evêque ne manquera pas d'offrir aux lecteurs et aux acolytes une formation spirituelle, théologique et liturgique appropriée, afin qu'ils puissent participer à la vie sacramentelle de l'Eglise avec une conscience toujours plus profonde.

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114. Les associations de laïcs. "La nouvelle saison d'association des fidèles laïcs"
CL 29 que l'on enregistre aujourd'hui, surtout grâce au phénomène des mouvements ecclésiaux et des communautés nouvelles, est un motif de gratitude envers la Providence de Dieu, qui ne cesse pas d'appeler ses enfants à un engagement croissant et toujours plus actuel dans la mission de l'Eglise. L'Evêque, reconnaissant le droit d'association des fidèles, en tant qu'il est fondé sur la nature humaine et sur la condition baptismale du fidèle chrétien, encouragera avec un esprit paternel le développement associatif, accueillant avec cordialité les "mouvements ecclésiaux" et les communautés nouvelles pour redonner vigueur à la vie chrétienne et à l'évangélisation. Aux nouvelles réalités associatives des fidèles laïcs, l'Evêque offrira le service de son accompagnement paternel afin qu'elles s'insèrent avec humilité dans la vie des Eglises locales et dans les structures diocésaines et paroissiales; de plus l'Evêque veillera aussi à ce que soient approuvés les statuts comme signe de la reconnaissance ecclésiale des réalités associatives laïques, AA 18-19 CL 29 CL 31 RMi 72 CIC 215 CIC 305 CIC 314 CIC 299,3 et pour que les différentes oeuvres d'apostolat associatif présentes dans le diocèse soient coordonnées sous sa direction, de manière appropriée à chaque cas. CIC 394,1.
Un contact étroit avec les responsables de chaque association laïque offrira à l'Evêque l'occasion d'en connaître et d'en comprendre l'esprit et les objectifs. Comme père de la famille diocésaine, il sera de son devoir d'encourager les relations de collaboration cordiale entre les divers mouvements associatifs de laïcs, évitant dissensions ou suspicions qui parfois pourraient se produire. CL 31.
L'Evêque est conscient que le jugement sur l'authenticité de charismes laïcs particuliers comme sur leur exercice harmonieux dans la communauté ecclésiale, revient aux Pasteurs de l'Eglise, auxquels il convient de "ne pas éteindre l'Esprit, mais de discerner la valeur de toute chose et de garder ce qui est bien" 1Th 5,12 1Th 5,19-21. (Au sujet des critères d'ecclésialité pour garantir l'authenticité des nouveaux charismes et le bon exercice du droit d'association dans l'Eglise: LG 12 CL 30) L'Evêque tiendra compte de la reconnaissance ou de l'érection d'associations internationales de la part du Saint-Siège pour l'Eglise universelle.

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115. Assistance ministérielle des oeuvres laïques. L'Evêque fera le nécessaire afin que dans les initiatives apostoliques des laïcs une prudente et assidue assistance ministérielle conforme aux caractéristiques particulières de chaque initiative ne fasse jamais défaut. Pour une tâche aussi importante il choisira avec attention des clercs vraiment aptes par le caractère et la capacité d'adaptation au milieu dans lequel ils doivent exercer cette activité, après avoir entendu les laïcs intéressés eux-mêmes. Ces clercs, dans la mesure du possible, seront dispensés d'autres charges qui se révéleraient difficilement compatibles avec cet office et on pourvoira à leur opportune subsistance.
Les assistants ecclésiastiques, dans le respect des charismes et/ou des finalités reconnues et de la juste autonomie qui correspond à la nature de l'association ou de l'oeuvre laïque, et à la responsabilité que les fidèles laïcs y assument, même au niveau de la direction, doivent savoir instruire et aider les laïcs à suivre l'Evangile et la doctrine de l'Eglise comme norme suprême de leur pensée et de leur action apostolique; avec amabilité et fermeté ils exigeront que leurs initiatives soient maintenues conformes à la foi et à la spiritualité chrétienne.
AA 19-20 AA 24-25 De plus, ils doivent transmettre fidèlement les directives et la pensée de l'Evêque, qu'ils représentent, et donc favoriser les bonnes relations réciproques. L'Evêque encouragera des rencontres entre les assistants ecclésiaux pour resserrer les liens de communion et de collaboration entre eux et le Pasteur du diocèse et étudier les moyens les plus appropriés à leur ministère.
Il est particulièrement important que des prêtres spécialement préparés offrent leur assistance empressée aux jeunes, aux familles, aux fidèles laïcs qui assument d'importantes responsabilités publiques, ainsi qu'à ceux qui développent des oeuvres de charité significatives et à ceux qui rendent témoignage à l'Evangile dans des milieux très sécularisés ou dans des conditions de difficultés particulières.

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116. La formation des fidèles laïcs. De l'importance de l'action des laïcs aujourd'hui naît la nécessité de pourvoir dans une large mesure à leur formation, qui doit être une des priorités des plans et des programmes diocésains d'action pastorale.
CIC 217-218 CIC 329 CL 57 L'Evêque saura faire face généreusement à ce grand défi, appréciant de manière appropriée les initiatives autonomes d'autres institutions hiérarchiques de l'Eglise, des Instituts de vie consacrée, et des associations, mouvements et autres réalités ecclésiales; il les encouragera directement, sollicitant la collaboration de prêtres, de personnes consacrées, de membres de Sociétés de vie apostolique et de laïcs bien préparés en chaque domaine, de façon que toutes les instances diocésaines et les milieux de formation s'y engagent avec générosité et qu'on puisse rejoindre par capillarité un grand nombre de fidèles: paroisses, institutions éducatives et culturelles catholiques, associations, groupes et mouvements.
On se préoccupera, en premier lieu, avec des moyens anciens et nouveaux (exercices et retraites spirituelles, rencontres de spiritualité, etc.) de la formation spirituelle des laïcs, pour les inciter à considérer les activités de la vie ordinaire comme des occasions d'union à Dieu et d'accomplissement de sa volonté, et aussi comme un service des autres hommes, les amenant à la communion avec Dieu dans le Christ. Par des cours et des conférences on leur donnera une formation doctrinale suffisante, qui propose une vision la plus ample et la plus profonde possible du mystère de Dieu et de l'homme, sachant insérer dans cette perspective la formation morale, y compris l'éthique professionnelle et la doctrine sociale de l'Eglise. Enfin, on ne perdra pas de vue la formation aux valeurs et aux vertus humaines, sans lesquelles il ne peut y avoir une vraie vie chrétienne, et qui seront, devant les hommes, une preuve du caractère salvifique de la foi chrétienne. Tous ces aspects de la formation des laïcs doivent être orientés à réveiller en eux un profond sens apostolique, qui les portera à transmettre la foi chrétienne par leur témoignage spontané, avec franchise et courage. AA 4 AA 28-32 CL 17 CL 60 CL 62 RMi 42-45

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117. L'Evêque et les autorités publiques. Le ministère pastoral et aussi le bien commun de la société exigent normalement que l'Evêque maintienne des relations directes ou indirectes avec les autorités civiles, politiques, socio-économiques, militaires etc.
L'Evêque s'acquittera toujours de cette tâche de façon respectueuse et courtoise, mais sans jamais compromettre sa mission spirituelle. Alors qu'il nourrit personnellement et qu'il transmet aux fidèles une grande estime pour la fonction publique et qu'il prie pour les représentants de l'autorité publique
1P 2,13-17, il ne permettra pas de restrictions à sa liberté apostolique d'annoncer ouvertement l'Evangile et les principes moraux et religieux, y compris en matière sociale. Prêt à louer l'engagement et les authentiques succès sociaux, il le sera autant pour condamner toute offense publique à la loi de Dieu et à la dignité humaine, agissant toujours de façon à ne pas donner à la communauté la plus petite impression de s'immiscer dans des sphères qui ne sont pas de son ressort ou d'approuver des intérêts particuliers.
Les prêtres, les personnes consacrées et les membres des Sociétés de Vie apostolique doivent recevoir de l'Evêque un exemple de conduite apostolique, pour pouvoir eux aussi maintenir la même liberté dans leur ministère ou dans leur tâche apostolique.

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Chapitre V


2004 Apostolorum Successores 55