
2004 Apostolorum Successores 118
"Annoncer l'Evangile, ce n'est pas là mon motif d'orgueil, c'est une nécessité qui s'impose à moi; malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile" 1Co 9,16
I. L'EVEQUE, DOCTEUR AUTHENTIQUE DANS L'EGLISE
118. Caractéristiques de l'Eglise particulière.
L'Eglise particulière est:
- une communauté de foi, qui a besoin d'être nourrie de la Parole de Dieu;
- une communauté de grâce, dans laquelle se célèbre le sacrifice eucharistique, s'administrent les sacrements et s'élève à Dieu une prière incessante;
- une communauté de charité, aussi bien spirituelle que matérielle, qui jaillit de la source de l'Eucharistie;
- une communauté d'apostolat, dans laquelle tous sont appelés à répandre les insondables richesses du Christ.
Tous ces aspects, qui demandent des ministères variés, trouvent leur radicale unité et harmonie dans la figure de l'Evêque: placé au centre de l'Eglise particulière, entouré de son presbyterium, aidé des religieux et des laïcs, l'Evêque enseigne, sanctifie et gouverne, au nom du Christ et avec son autorité, le peuple auquel il est étroitement uni comme le pasteur à son troupeau. Il y a une réciprocité, ou un va-et-vient, entre les fidèles et leur pasteur et maître, l'Evêque. Celui-ci rend présent de manière authentique le contenu du dépôt de la foi auquel tout le Peuple de Dieu adhère et que lui aussi a reçu en tant que membre de ce peuple DV 10
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119. L'Evêque, maître de la foi. Parmi les divers ministères de l'Evêque, se détache celui d'annoncer, comme les Apôtres, la Parole de Dieu Rm 1,1 LG 25 en la proclamant avec courage Rm 1,16 et en défendant le peuple chrétien face aux erreurs qui le menace Ac 20,29 Ph 1,16. L'Evêque, en communion avec le Chef et les membres du Collège, est maître authentique, c'est-à-dire revêtu de l'autorité du Christ, soit quand il enseigne individuellement soit quand il le fait en commun avec les autres Evêques, et donc les fidèles doivent adhérer avec un religieux LG 25 CIC 753 respect à son enseignement. Il y a une relation étroite entre le ministère d'enseignement de l'Evêque et le témoignage de sa vie. Cette dernière "devient pour un Evêque comme un nouveau titre d'autorité, qui s'ajoute au titre objectif reçu par la consécration. Ainsi l'autorité juridique est appuyée par l'autorité morale. Toutes les deux sont nécessaires. De la première, en effet, découle l'exigence objective de l'adhésion des fidèles à l'enseignement authentique de l'Evêque; la seconde les aide à placer leur confiance dans le message"
L'Evêque est donc appelé à méditer la Parole de Dieu et à se consacrer généreusement à ce ministère Ac 6,4, de sorte que tous prêtent obéissance non à la parole d'un homme, mais à Dieu qui se révèle, et il enseignera aux clercs que l'annonce de la Parole de Dieu est une tâche essentielle du pasteur des âmes. DV 5 DV 21 PO 4
La charge d'évangélisation de l'Evêque ne s'épuise pas dans la sollicitude envers les fidèles, mais concerne aussi ceux qui ne croient pas au Christ ou qui ont abandonné, intellectuellement ou pratiquement, la foi chrétienne. Il orientera les efforts de ses collaborateurs vers cet objectif et il ne se lassera pas de rappeler à tous le bonheur et la responsabilité qu'il y a de collaborer avec le Christ dans l'activité missionnaire. RMi 71 CIC 771,2.
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120. Objet de la prédication de l'Evêque. C'est une obligation pour l'Evêque de prêcher personnellement fréquemment, proposant aux fidèles, en premier lieu, ce qu'ils doivent croire et faire pour la gloire de Dieu et pour leur salut éternel. Il annonce le mystère du salut accompli dans le Christ, de manière à présenter notre Seigneur comme unique Sauveur et centre de la vie des fidèles et de toute l'histoire humaine. OT 16 CIC 888 CIC 768,1 CIC 386,1
C'est aussi la tâche de l'Evêque de proclamer partout et toujours les principes moraux de l'ordre social, annonçant ainsi la libération authentique de l'homme apportée dans le monde par l'Incarnation du Verbe. Quand les droits de la personne humaine ou le salut des âmes l'exigent, il est de son devoir d'exprimer un jugement fondé sur la Révélation au sujet des réalités concrètes de la vie humaine: en particulier, ce qui concerne la valeur de la vie, la signification de la liberté, l'unité et la stabilité de la famille, la procréation et l'éducation des enfants, la contribution au bien commun et le travail, la signification de la technique et l'utilisation des biens matériels, la convivialité pacifique et fraternelle de tous les peuples. CIC 768,2 CD 12 GS 33 CIC 747,2;
L'Evêque n'omettra pas de transmettre à ses fidèles les enseignements et les indications qu'il reçoit du Saint-Siège.
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121. Style de la prédication. La Parole de Dieu doit être annoncée avec autorité, puisqu'elle ne procède pas des hommes, mais de Dieu lui-même, et avec force, sans céder pour des motivations opportunistes à la convenance humaine, cherchant en même temps à la présenter de façon attrayante et comme une doctrine qui, avant d'être prêchée, a été mise en pratique.
L'Evêque se préoccupera donc de ce que sa prédication soit fermement enracinée dans la doctrine de l'Eglise et fondée sur l'Ecriture; ses paroles seront imprégnées de charité pastorale, et c'est pourquoi il sera attentif au choix des thèmes et d'un style approprié, s'inspirant des grands maîtres, en particulier des Pères de l'Eglise.
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122. Modalités de la prédication
a) L'homélie. Parce qu'elle fait partie de la liturgie, sommet et source de toute la vie de l'Eglise, SC 10 l'homélie se distingue parmi toutes les formes de prédication et en un certain sens elle les résume. L'Evêque fera en sorte d'exposer la vérité catholique dans son intégrité, avec un langage clair, familier et adapté aux capacités de toutes les assistances, en se basant - sauf raisons pastorales particulières - sur les textes mêmes de la liturgie du jour. A travers son propre plan annuel il fera en sorte d'exposer toutes les vérités catholiques.
b) Les lettres pastorales. L'Evêque proposera aussi la doctrine au moyen de lettres pastorales et de messages à l'occasion de circonstances spéciales pour la vie diocésaine, adressées à toute la communauté chrétienne, opportunément lus dans les églises et dans les chapelles et aussi distribuées largement aux fidèles. Pour rédiger ses lettres, l'Evêque pourra demander l'aide de ses collaborateurs, du Conseil presbytéral et, selon les cas, aussi du Conseil de Pastorale diocésain, afin qu'ils proposent des thèmes à traiter, des objections courantes à réfuter, ou qu'ils indiquent des problèmes qui concernent le diocèse sur lesquels il est opportun que l'Evêque se prononce avec autorité.
c) Autres formes de prédication. L'Evêque ne négligera aucune possibilité de transmettre la doctrine de salut, même à travers les divers moyens de communication sociale: articles sur les journaux, transmissions télévisées et radiodiffusées, rencontres ou conférences sur des thèmes religieux, adressés de façon spéciale aux responsables de la diffusion des idées, comme sont les professionnels de l'éducation et de l'information. (Cf. CONSEIL PONTIFICAL POUR LES COMMUNICATIONS SOCIALES, Instr. Communio et progressio, n. 106)
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II. L'EVEQUE, MODERATEUR DU MINISTERE DE LA PAROLE
123. Le devoir de vigilance de l'Evêque sur l'intégrité doctrinale. Le devoir de l'Evêque n'est pas seulement de s'appliquer personnellement à l'annonce de l'Evangile, mais aussi de présider à tout le ministère de la prédication dans le diocèse, et de veiller surtout sur l'intégrité doctrinale de son troupeau et sur l'observance zélée des règles canoniques dans ce domaine. CIC 386,1 CIC 889 CIC 756,2
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124. Les collaborateurs de l'Evêque dans le ministère de la Parole. En vertu du sacrement de l'Ordre, le ministère de la prédication est propre aux prêtres - principalement aux curés et aux autres prêtres à qui est confiée une charge d'âmes ainsi qu'aux diacres, en communion avec l'Evêque et le presbyterium. CIC 757 Il revient à l'Evêque de veiller sur l'aptitude des ministres de la Parole, et il a la faculté d'imposer des conditions particulières pour l'exercice de la prédications. CIC 764 Il se préoccupera de ce que, déjà dans les années de séminaire et ensuite par les moyens de la formation permanente, ils reçoivent une préparation spécifique étendue aussi aux aspects formels, comme l'éloquence sacrée, la phonétique, l'art de la communication etc.
En cas de manque de prêtres et de diacres, se conformant aux normes données par la Conférence épiscopale, l'Evêque peut appeler d'autres fidèles - spécialement des religieux et des membres de Société de vie apostolique, mais aussi des laïcs exemplaires et formés à cette intention - à la charge de collaborer au ministère de la prédication, restant sauf que l'homélie est toujours réservée exclusivement au prêtre ou au diacre. CIC 758 CIC 767,1 (Conseil Pontifical Pour L'interprétation Des Textes Législatifs, Responsum du 26. VI. 1987; divers Dicastères de la curie romaine, Instr. Ecclesiae de Mysterio, art. 2-3) D'autre part, les laïcs qui présentent les conditions d'aptitude peuvent recevoir de l'autorité ecclésiastique le mandat correspondant pour enseigner les sciences sacrées à tous les niveaux. CIC 229,3
C'est une des responsabilités principales de l'Evêque de veiller à l'orthodoxie et à l'intégrité de l'enseignement de la doctrine chrétienne, sans hésiter à faire usage de son autorité quand cela est requis. En temps utile il reprendra ceux qui proposeraient des doctrines en opposition avec la foi et, en cas de non repentir, il les privera de la faculté de prêcher ou d'enseigner. CIC 764.
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125. L'organisation générale du ministère de la Parole. L'Evêque encouragera, organisera et réglera la prédication dans les églises du diocèse ouvertes au public, y compris celles des religieux. CIC 772,1. Avec les éventuels subsides des organismes de la Conférence épiscopale et en se servant du conseil d'experts en théologie et en catéchèse, son diocèse étudiera l'opportunité de préparer un programme général de prédication et de catéchèse, en tenant particulièrement compte de:
- a) L'homélie; elle ne doit jamais être négligée dans les messes avec participation du peuple les dimanches et les fêtes de précepte, à la Messe de Mariage SC 52 CIC 767,2 et aux autres messes rituelles selon les rubriques. La prédication est recommandée, même sous la forme d'une homélie brève, aux féries de l'Avent, du Carême et de Pâques, afin que le mystère pascal du Christ, signifié et représenté dans l'Eucharistie, soit célébré par tous avec une foi vivante et avec dévotion.
- b) La catéchèse, aussi bien la catéchèse de la préparation aux sacrements, que la catéchèse systématique, selon les modalités exposées dans le paragraphe suivant.
- c) Les formes particulières de prédication, adaptées aux besoins des fidèles, comme les retraites, les missions, etc. CIC 770
- d) Les moyens appropriés pour faire connaître la Parole de Dieu à ceux qui, pour diverses raisons, ne peuvent pas bénéficier suffisamment du souci pastoral habituel. CIC 771
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126. Le travail des théologiens. Participant de la succession apostolique, les Evêques possèdent un charisme certain de vérité, il leur revient donc de garder et d'interpréter la Parole de Dieu et de juger avec autorité ce qui lui est conforme ou non conforme. DV 8 (Congrégation pour la doctrine de la foi, Instr. Donum veritatis, n. 40) A cette fin Jésus Christ leur a promis l'assistance de l'Esprit Saint. En même temps, les Pasteurs ont besoin de l'aide des théologiens, qui ont la vocation d'acquérir, en communion avec le Magistère, une intelligence toujours plus profonde de la Parole de Dieu contenue dans la Sainte Ecriture et transmise par la Tradition vivante de l'Eglise. Les recherches théologiques, même si elles ne constituent pas la norme de la vérité, enrichissent et éclairent la profondeur du Magistère. VS 116 (Congrégation pour la doctrine de la foi, Instr. Donum veritatis, n. 6; 40)
Par conséquent, l'Evêque aura soin de faire appel à la collaboration de théologiens qualifiés aussi bien pour la prédication directe aux fidèles que pour les travaux que lui confieront le Saint-Siège et la Conférence épiscopale.
Il est du devoir de l'Evêque, en vertu de l'autorité reçue du Christ lui-même, de veiller à défendre fermement l'intégrité et l'unité de la foi, de façon que le dépôt de la foi soit conservé et transmis fidèlement et que les positions particulières soient unifiées dans l'intégrité de l'Evangile du Christ. Il est donc nécessaire qu'entre Evêques et théologiens s'instaure une cordiale collaboration et un fructueux dialogue, dans le respect mutuel et la charité, pour maintenir le peuple de Dieu dans la vérité, pour empêcher divisions et oppositions, ainsi que pour encourager tous les fidèles à maintenir une riche convergence dans l'unité de la foi, gardée par le Magistère de l'Eglise.
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III. L'EVEQUE, PREMIER RESPONSABLE DE LA CATECHESE
127. Dimensions de la catéchèse. La Parole de Dieu se transmet par la catéchèse de façon complète et intégrale, c'est-à-dire sans falsifications, ni déformations ou amputations, dans toute sa signification et dans toute sa force. CTR 30 CTR 63 (Cf. Congrégation pour le Clergé, Directoire général pour la catéchèse) Pour promouvoir et organiser la pastorale catéchétique, l'Evêque prendra en compte une série d'éléments importants:
- a) Catéchiser signifie exposer le mystère du Christ dans toutes ses dimensions, en sorte que la Parole de Dieu donne des fruits de vie nouvelle. C'est pourquoi, en plus de la transmission intellectuelle de la foi qui ne doit pas être absente, il est nécessaire que la catéchèse transmette la joie et les exigences du chemin du Christ;
- b) la catéchèse doit être mise en relation avec la liturgie. On évite ainsi le risque de réduire la connaissance de la doctrine chrétienne à un bagage intellectuel inopérant ou d'appauvrir la vie sacramentelle, qui se réduirait à un ritualisme vide;
- c) la catéchèse doit prendre en compte la condition de l'homme, qui a toujours besoin du pardon et qui est en même temps capable de conversion et d'amélioration. Elle doit donc orienter les fidèles vers une vie de réconciliation permanente avec Dieu et avec les frères, recevant fréquemment et avec fruit le sacrement de la Pénitence;
- d) dans la catéchèse des jeunes, il faut prêter attention aux conditions réelles dans lesquelles ils vivent aujourd'hui et à la forte pression exercée sur eux par les moyens de communication sociale. Ils doivent ensuite être éduqués aux valeurs intrinsèques de la vie humaine et aux diverses dimensions de la personnalité humaine intégrale, selon la raison droite et la doctrine du Christ: parmi elles, en particulier, l'éducation à l'amour humain, à la chasteté et au mariage;
- e) sans la pratique de la charité, la vie chrétienne perdrait une dimension essentielle. C'est pourquoi il faut faire en sorte que les nouvelles générations soient formées au sens chrétien de la souffrance et qu'elles se consacrent aux oeuvres de miséricorde, en tant qu'élément indispensable de leur maturation chrétienne. CTR 5 CTR 23 CTR 30 CTR 63 CEC 1697 CEC 2688
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128. L'Evêque, responsable de la catéchèse diocésaine. L'Evêque a pour fonction principale, avec la prédication, de promouvoir une catéchèse active et efficace. Aucune organisation dans l'Eglise ne peut revendiquer le monopole de la catéchèse, par conséquent, il est de la seule responsabilité de l'Evêque d'organiser la catéchèse diocésaine selon les principes et les normes émanant du Siège Apostolique, CIC 777 CIC 775 Par. 1, prévoyant les diverses modalités de catéchèse adaptées aux besoins des fidèles.
Il doit de plus prendre soin de fournir au diocèse d'abondants moyens pour la catéchèse:
- en premier lieu, un nombre suffisant de catéchistes, soutenus par une organisation diocésaine efficace, qui pourvoit de manière appropriée à leur formation de base comme à leur formation permanente, de façon qu'ils soient eux-mêmes une catéchèse vivante. CIC 780 CTR 63 (Congrégation pour le Clergé, Directoire général pour la catéchèse, n. 233-252; 265-267 et 272-275) L'Evêque donnera de l'importance au caractère ecclésial particulier des catéchistes en leur conférant un mandat.
- ensuite, les instruments appropriés à l'exercice de la pastorale catéchétique, pour laquelle l'Evêque pourra se servir de catéchismes publiés par la Conférence épiscopale CIC 755 Par. 1-2, ou bien, s'il le juge plus opportun, préparer un catéchisme propre au diocèse. Le contenu du Catéchisme de l'Eglise catholique est un. (JEAN-PAUL II, Const. apost. Fidei depositum, n. 4; Lettre apost. Laetamur Magnopere)
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129. Formes de catéchèse
- a) A l'occasion du baptême des petits enfants, il convient d'engager une catéchèse organique qui, à partir de la préparation des familles des enfants, continuera ensuite à travers la progression de la démarche catéchétique, qui correspond à l'admission aux sacrements de la Pénitence et de l'Eucharistie, de la Confirmation et du Mariage. Il s'agit d'un moyen de grande importance pour nourrir et éduquer la foi des fidèles dans des étapes importantes de leur existence et pour les disposer à accueillir dignement les sacrements: cela se traduira ainsi par un engagement renouvelé de vie chrétienne.
Il faut aussi porter attention à la catéchèse effectuée durant le rite du sacrement lui-même, afin qu'elle aide l'assistance à comprendre ce qui s'accomplit et puisse susciter une conversion chez les chrétiens à la foi tiède qui peut-être assistent à la cérémonie uniquement par convenance sociale.
- b) L'Evêque veillera à ce que dans tout le diocèse on observe le catéchuménat pour les adultes qui désirent recevoir les sacrements de l'initiation chrétienne, de façon que les catéchumènes reçoivent une instruction progressive dans la Parole de Dieu et soient introduits peu à peu à la doctrine de l'Eglise, à la liturgie, à l'action caritative et à l'apostolat, selon les normes du Code de Droit canonique, et celles données par le Siège Apostolique et la Conférence épiscopale. SC 64-66 CD 14 AGD 14 CIC 206 CIC 788 CIC 851 (Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, Rituel romain, Ordo de l'initiation des chrétiens adultes)
- c) Il faut aussi pourvoir à une catéchèse systématique et permanente des fidèles, avec une attention particulière à la catéchèse des adultes. Dans ce but, on peut élaborer un programme bien conçu et distribué au cours de l'année ou des années, en distinguant selon les âges - jeunes, adultes, personnes âgées - pour l'adapter aux nécessités et aux questions propres à chaque stade de la vie.
- d) Conscient que la famille joue un rôle primordial dans l'éducation à la foi, il est nécessaire de donner des indications soignées pour qu'elle soit réellement un lieu de catéchèse. Dans l'élaboration des suggestions pour "l'Eglise domestique", on doit veiller à ce que, dans la famille, l'Evangile soit enraciné dans le cadre de profondes valeurs humaines, dans le contexte de la vie quotidienne. Cette forme familiale de catéchèse demande davantage le témoignage des membres de la famille que leur enseignement. (Congrégation pour le Clergé, Directoire général pour la catéchèse, n. 55)
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130. Milieux dans lesquels se déroule la catéchèse. Il faut s'engager pour que la Parole de Dieu pénètre, de façon différenciée selon la formation et les conditions des personnes, dans tous les milieux et dans toutes les catégories de la société contemporaine: dans les milieux urbain, rural, étudiant, professionnel, ouvrier, etc. et faire aussi en sorte de transmettre la doctrine chrétienne à ces personnes qui ont moins accès à l'attention pastorale normale, comme les personnes qui sont atteintes d'incapacité physique ou mentale ou des groupes particuliers (personnes déplacées et réfugiées, gens du voyage et gens du cirque, immigrés, prisonniers, etc.).
Dans le milieu urbain - aujourd'hui de plus en plus étendu on pourra mettre en place des cours périodiques de catéchèse spécifique en fonction des intérêts professionnels et des niveaux de formation culturelle, pour ouvriers, pour intellectuels, pour professionnels de divers secteurs, pour employés et commerçants, pour artistes etc. A cette fin, il faut choisir les modalités les plus convenables pour chaque cas: leçons, conférences, débats, tables rondes, et les lieux les plus appropriés: en premier lieu les paroisses, mais aussi, si c'est possible, les lieux de travail eux-mêmes (centres d'enseignement, magasins, bureaux), les centres culturels et sportifs, les lieux de repos, de tourisme, de pèlerinage, de loisirs.
Pour réaliser cet objectif, l'Evêque fera appel aux membres du clergé, aux religieux, aux membres des Sociétés de vie apostolique et aux laïcs qui sont déjà présents dans les divers milieux sociaux et qui, par conséquent, ont une expérience directe de la mentalité professionnelle, parlent le même langage, et - dans le cas des laïcs - partagent le même style de vie. Dans ce but, l'Evêque doit impliquer toutes les instances diocésaines et demander l'aide généreuse d'associations, de communautés et de mouvements ecclésiaux.
Enfin, il faut toujours rappeler aux parents chrétiens que leur reviennent le droit et le devoir inaliénables d'éduquer chrétiennement leurs enfants, en premier lieu par l'exemple d'une vie chrétienne droite, mais aussi par l'enseignement, spécialement quand d'autres milieux catéchétiques se révèlent insuffisants. CIC 774 CIC 226,2 De plus, il conviendra de les inciter à entreprendre d'utiles initiatives catéchétiques dans le cadre familial ou "catéchèse familiale" au bénéfice de leurs enfants et de familles amies, leur fournissant dans ce but les éléments nécessaires. FC 40 FC 49-62
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131. Enseignement de la doctrine sociale de l'Eglise. L'aspiration à une transformation de la vie humaine selon le plan créateur et rédempteur de Dieu, se traduit par la promotion d'un ordre social droit et respectueux de la dignité des personnes. Il est donc nécessaire de former les clercs, les personnes consacrées et les laïcs (Pour les fidèles en général CIC 222,2, pour les clercs CIC 287,1, Pour les religieux CIC 673, Pour les laïcs CIC 225) à un sens aigu de la justice sociale, aussi bien sur le plan national comme sur le plan international, de sorte qu'ils puissent la pratiquer et la répandre dans tous les domaines de leur vie quotidienne, en famille, au travail, dans la vie sociale et civile. Ainsi l'Evêque se préoccupera de répandre la doctrine sociale de l'Eglise, qui éclaire le sens des relations humaines et le monde économique à la lumière de la révélation, CA 53-61 CIC 747,2, par la prédication des ministres, par la catéchèse et surtout par la formation donnée dans l'enseignement catholique.
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132. La formation religieuse à l'école. L'Evêque doit s'employer à obtenir que dans tous les centres éducatifs (écoles, collèges, instituts), dépendant ou non de l'autorité ecclésiastique, les élèves baptisés reçoivent une solide éducation religieuse et morale qui les fera mûrir comme disciples authentiques du Christ et levain de vie chrétienne. A cette fin, l'Evêque, se conformant aux éventuelles dispositions de la Conférence épiscopale, prendra soin de régler ce qui concerne la formation et l'éducation religieuse catholique, dans tous les centres d'études où elle est dispensée. GE 1-2 CIC 804,1
Pour ce qui concerne les écoles et les instituts publics, il importe d'entretenir de bonnes relations avec l'autorité civile et avec les associations professionnelles, afin de faciliter l'instruction religieuse régulière des élèves ou, si ce n'était pas possible, au moins de dispenser la formation catéchétique comme activité parascolaire, confiée à des clercs, à des religieux et à des laïcs compétents.
On veillera de plus à instituer, selon les possibilités du diocèse, des centres catholiques d'enseignement, qui pourront être de divers types, selon les besoins de la communauté chrétienne et de l'oeuvre d'évangélisation: écoles ou collèges d'enseignement général, écoles professionnelles ou techniques pour l'apprentissage d'un métier, écoles normales, instituts pédagogiques, centres de formation des adultes ou "écoles du soir", etc. CIC 802,2, D'autre part, l'Evêque mettra en valeur les institutions éducatives organisées par les fidèles eux-mêmes, spécialement par les parents catholiques, en respectant leur autonomie d'organisation et en veillant à ce que se maintienne fidèlement l'identité catholique de leur projet de formation, même par des accords avec les institutions de l'Eglise qui peuvent garantir cette identité et fournir une assistance pastorale à la communauté éducative.
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133. L'Ecole catholique. L'école catholique occupe une place importante dans la mission salvifique de l'Eglise, puisqu'en elle on pourvoit à une formation complète de la personne, éduquée pleinement à la foi et à un véritable esprit chrétien. GE 5 CIC 802,1.
En tant que dépositaire d'un mandat de la hiérarchie l'Ecole catholique doit travailler en pleine harmonie avec les Pasteurs. Il revient à l'Evêque de dicter des normes concernant l'organisation générale de l'école catholique et de visiter périodiquement, personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant, les institutions scolaires, même celles qui dépendent d'Instituts religieux, présentes dans le diocèse, afin que s'y accroisse l'esprit apostolique et que l'oeuvre d'enseignement s'intègre de façon appropriée dans la pastorale organique générale du diocèse. CIC 806,1.
L'identité catholique de l'école conduit à la promotion de l'homme intégral, parce que c'est dans le Christ, homme parfait, que toutes les valeurs humaines trouvent leur pleine réalisation et donc leur unité. C'est pourquoi l'école catholique s'efforce de réaliser une synthèse entre culture et foi, entre foi et vie, par l'intégration des divers aspects du savoir humain à la lumière du message évangélique, et par le développement des vertus qui caractérisent l'homme honnête et le bon chrétien.
Pour atteindre cet idéal de formation, il est nécessaire que les enseignants de l'école et aussi les familles partagent le même projet éducatif. L'école catholique doit donc se préoccuper d'offrir des moyens de formation chrétienne, non seulement en faveur des élèves, mais aussi pour les parents, les professeurs et le personnel.
L'Ecole catholique prêtera une attention particulière aux élèves qui en ont le plus besoin en raison de défauts naturels ou de difficultés familiales et, dans la mesure du possible, elle apportera une aide - en sollicitant la générosité des familles les plus aisées à ceux qui ne disposent pas de moyens économiques. Elle sera aussi ouverte à ceux qui n'ont pas le don de la foi, prenant cependant soin de garantir l'harmonie éducative avec les parents des élèves. GE 9
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134. La formation des professeurs de religion. Pour réaliser le vaste programme d'éducation à la foi des jeunes, l'Evêque suscitera la généreuse collaboration de fidèles compétents, s'assurant que les aspirants au rôle d'enseignant de religion aient une formation théologique appropriée et une capacité pédagogique suffisante, en justifiant d'un titre ou d'un certificat ou en leur faisant passer des examens et des entretiens personnels. CIC 804,2.
Il veillera aussi, seul ou avec les autres Evêques, à la formation des futurs enseignants de religion, de sorte que nombreux soient les fidèles qui approfondissent l'étude des sciences sacrées, si possible en accédant aux facultés ecclésiastiques existantes, ou encore grâce à des écoles ou des cours compatibles avec leurs horaires de travail; ils pourront ainsi se former pendant un certain nombre d'années sous la conduite de professeurs compétents et capables. De tels cursus pourront avec le temps devenir facultés ecclésiastiques par décret du Siège Apostolique ou arriver à faire partie d'une Université civile déjà existante. GE 10
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135. Les universités et les centres d'études supérieurs catholiques. (Pour un exposé complet de la discipline de l'Université catholique, Cf. JP II, Const. Apost. Ex corde Ecclesiae) L'Eglise a toujours eu une grande estime pour le monde universitaire, puisque l'université contribue très efficacement au progrès de la civilisation et à la promotion de la personne humaine. Pour cela, selon une tradition qui remonte aux débuts de l'institution universitaire, elle n'a jamais cessé de promouvoir l'érection d'universités catholiques, aptes à un enseignement des diverses disciplines humaines en conformité à la doctrine de Jésus Christ et inspiré par elle. GE 10 CIC 809
L'Evêque, tout en respectant l'autonomie de l'institution universitaire selon ses propres statuts, accomplira ce qui relève de son devoir et des dispositions de la Conférence épiscopale; il sera vigilant afin que ne disparaisse pas la fidélité aux principes de son identité catholique, à savoir une complète adhésion au message chrétien, tel qu'il est exposé par le Magistère ecclésiastique, et une réflexion constante, réalisée à la lumière de la foi catholique, concernant la richesse croissante des connaissances humaines. CIC 810,2 (JEAN-PAUL II Const. apost. Ex corde Ecclesiae, n. 13)
Une fois vérifiée l'aptitude humaine, ecclésiale, scientifique et pédagogique du candidat à l'enseignement de disciplines concernant la foi et la morale, l'Evêque diocésain, selon les normes des Statuts de l'Université, donne le mandat au candidat, qui doit émettre la profession de foi dont fait partie intégrante le serment de fidélité, selon la forme établie par l'Eglise. CIC 812 CIC 833,7, (JP II - Const. apost. Ex corde Ecclesiae, n. 13)
Il est donc très opportun que l'Evêque entretienne de fréquentes relations avec les autorités universitaires, de façon à instaurer une étroite collaboration, personnelle et pastorale, caractérisée par une confiance réciproque.
L'Evêque cherchera à entretenir des relations de dialogue et de collaboration avec toutes les universités présentes dans son diocèse. En particulier, en plus des universités formellement constituées comme catholiques, il appréciera spécialement la contribution des centres promus par les fidèles eux-mêmes avec une inspiration vraiment catholique. Dans le respect de leur autonomie académique, l'Evêque s'emploiera à favoriser une telle inspiration, même en passant des accords formels avec le diocèse ou avec d'autres institutions de l'Eglise, qui puissent garantir la justesse doctrinale et morale de l'enseignement et de la recherche, et qui fournissent l'assistance pastorale appropriée.
Si une institution se présentait de quelque façon comme catholique sans l'être vraiment, l'Evêque, après avoir cherché à résoudre positivement le problème, devra déclarer publiquement ce désaccord avec la foi et la morale de l'Eglise, pour dissiper toute équivoque dans l'opinion publique.
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136. Les universités et les facultés ecclésiastiques. - (Pour un exposé complet sur les Universités ecclésiastiques, cf. JP II, Const apost. Sapientia christiana) C'est au Siège Apostolique que revient l'érection ou l'approbation et la direction suprême des universités et des facultés ecclésiastiques, c'est-à-dire celles qui s'occupent de la formation et de la recherche scientifique dans les sciences sacrées ou dans d'autres disciplines qui leur sont reliées. CIC 815-816
Si l'Evêque occupe la charge de Grand Chancelier, il exercera les fonctions qui lui sont propres. Sinon, la responsabilité de veiller sur les universités ou sur les facultés ecclésiastiques situées dans son diocèse retombe de toute façon sur lui, pour que les principes de la doctrine catholique soient fidèlement observés. S'il constate des abus ou des irrégularités, il les communiquera au Grand Chancelier ou, si c'est le cas, à la Congrégation romaine compétente. CIC 818 CIC 810,1 (JEAN-PAUL II, Const. apost. Sapientia christiana, n. 12-13 et 74; CONGREGATION POUR L'EDUCATION CATHOLIQUE, Normes d'application, art. 10 et 22) Le Grand Chancelier représente le Saint-Siège auprès de l'Université ou de la Faculté et aussi bien ces dernières auprès du Saint-Siège, il en promeut l'action et le développement, et il en favorise la communion avec l'Eglise particulière et universelle. (JEAN-PAUL II, Const. apost. Sapientia christiana, n. 12)
Une fois vérifiée l'aptitude humaine, ecclésiale, scientifique et pédagogique du candidat à l'enseignement de disciplines concernant la foi et la morale, le Grand Chancelier, ou son délégué, donne mission canonique après que le candidat eut émis la profession de foi dont fait partie intégrante le serment de fidélité, selon la forme établie par l'Eglise. CIC 818 CIC 833,7. (JEAN-PAUL II, Const. apost. Sapientia christiana, n. 27 Par. 1; CONCREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Profession de foi et serment de fidélité). Les enseignants des autres matières doivent recevoir l'autorisation d'enseigner, c'est-à-dire la "venia docendi".
Avant d'accorder la mission canonique de l'enseignant qui est sur le point d'être engagé de façon stable, le Grand Chancelier demandera le "nulla osta" du Saint-Siège.
En vue du bien du diocèse, l'Evêque diocésain enverra dans les universités ecclésiastiques les séminaristes et les jeunes prêtres qui se distinguent par le caractère, la vertu et l'intelligence. CIC 819 CIC 833,7 (JEAN-PAUL II, Const. apost. Sapientia christiana, n. 12, 25, 27 Par. 1-2; 28; CONGREGATION POUR L'EDUCATION CATHOLIQUE, Normes d'application, art. 19)
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IV. L'EVEQUE ET LES MOYENS DE LA COMMUNICATION SOCIALE
137. Les "aréopages" modernes. La mission de l'Eglise s'adresse à l'homme considéré dans son individualité, mais elle possède aussi une dimension sociale et culturelle, comme l'être même des personnes. Il s'agit donc du défi fascinant de l'évangélisation de la culture humaine, grâce à tous les moyens honnêtes de relation et de communication sociale, pour que l'Eglise soit un signe toujours plus clair pour les hommes de chaque époque. RMi 52 CEC 2493-2494
Suivant aussi l'exemple de saint Paul Ac 17, l'Eglise s'engage à répandre le message salvifique dans les "aréopages" modernes dans lesquels la culture est formée et répandue, et en particulier par les moyens de communication sociale. RMi 37 (CONSEIL PONTIFICAL POUR LES COMMUNICATIONS SOCIALES, Instruction pastorale Aetatis novae) Parmi ces derniers, on note les périodiques et les revues, la télévision, la radio, le cinéma et, avec un impact croissant, internet et les moyens informatiques.
En ce qui concerne la formation des fidèles dans ce domaine des communications sociales, on mettra en évidence la contribution que tous peuvent donner, chacun en fonction de sa propre situation dans l'Eglise et dans le monde. Dans cet esprit, on mettra tout spécialement en valeur le travail des fidèles dont l'activité professionnelle se déroule dans de tels domaines, les stimulant à s'engager activement dans ces moyens de communication là où leur collaboration est moralement possible, et aussi dans les moyens de communication qu'ils peuvent eux-mêmes créer, en relation avec d'autres personnes avec lesquelles peut s'établir un partenariat positif pour le bien de la société. On se rappellera la responsabilité des fidèles en tant que destinataires des moyens de communication: en tant qu'ils peuvent choisir de se servir ou non des divers choix; en tant qu'ils peuvent utiliser individuellement ou en constituant des associations - le droit à juger publiquement de façon positive ou négative le fonctionnement des moyens de communication; en tant qu'ils ont la possibilité d'influer sur l'orientation des moyens de communication sociale en fonction du soutien économique qu'ils peuvent accorder à certaines initiatives.
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138. Transmission de la doctrine chrétienne par les moyens de communication sociale. Les Pasteurs de l'Eglise doivent savoir utiliser ces moyens dans le déroulement de leur mission, conscients de la notable efficacité qui en découle pour la diffusion de l'Evangile. IM 13 CIC 747,1 CIC 822,1
En premier lieu, il revient à l'Evêque d'organiser la façon de transmettre la doctrine chrétienne à travers les moyens de communication sociale, en encourageant pour cela la généreuse contribution des fidèles, membres du clergé, religieux et membres des Sociétés de Vie apostolique et laïcs. Dans le plan pastoral diocésain, on prendra aussi en compte la question des mass-média. Si les circonstances le requièrent, il est souhaitable que l'Evêque élabore un plan pastoral diocésain pour les moyens de communication sociale. Il devra aussi veiller à ce que les contenus des programmes et des initiatives catholiques soient pleinement conformes à la doctrine de l'Eglise et que soit observé ce qui est prévu par la Conférence épiscopale en ce qui concerne cet apostolat particulier. CIC 772,2 CIC 831,2
On ne doit pas omettre l'utilisation de ces moyens parmi les différents aspects de la formation pastorale des séminaristes. Pour un enseignement approprié, l'Evêque fera appel à des professionnels bien préparés aux diverses techniques, sans perdre de vue la fin ultime de cette activité, c'est-à-dire le salut des âmes et la réelle amélioration des personnes. (CONGREGATION POUR L'EDUCATION CATHOLIQUE, Orientations pour la formation des futurs prêtres et l'usage des instruments de communication sociale)
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139. Les organes catholiques de la communication. L'Evêque joindra ses forces à celles des autres diocèses pour créer des organes propres ou au moins utiliser librement ceux qui existent déjà, sans admettre dans ce domaine de monopoles de personnes ou d'institutions, même s'ils se présentent comme "publics". CIC 747,1.
Il considérera comme un engagement lié à sa fonction magistérielle d'imprimer et de diffuser des journaux ou des revues catholiques, tant d'informations générales que religieuses. Dans ce domaine, toujours actuel, d'action évangélisatrice, aussi bien les diocèses eux-mêmes que les religieux et les associations de fidèles ont un rôle important à jouer. Indépendamment du titulaire de l'entreprise, ces moyens, étant catholiques, doivent développer leur activité en harmonie avec la doctrine de l'Eglise et en communion avec les Pasteurs, selon les normes canoniques. (Cf. CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Instruction sur quelques aspects des instruments de communication sociale et la promotion de la doctrine de la foi, n. 15)
On n'oubliera pas, enfin, ce qui est réalisé par les bulletins paroissiaux et par d'autres publications périodiques à diffusion limitée pour accroître la cohésion des communautés locales, diffuser de façon capillaire les nouvelles sur la vie de l'Eglise et apporter une aide efficace à l'oeuvre de catéchèse et de formation liturgique des fidèles.
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140. Vigilance sur les moyens de communication sociale. L'Evêque, conscient de la grande influence de ces moyens sur les personnes, intensifiera son action auprès des institutions sociales compétentes afin que les moyens de communication sociale, et en particulier les programmes télévisuels et radiophoniques soient conformes à la dignité humaine et respectueux de l'Eglise, et il dispensera ces préoccupations à toute la communauté chrétienne. CIC 822,2. Il n'omettra pas en outre d'exhorter les Pasteurs et les parents pour que dans les familles et dans les milieux chrétiens ces moyens soient utilisés avec prudence et modération et que l'on évite ce qui peut nuire à la foi et au comportement des fidèles, spécialement des plus jeunes. Si le cas se présente, il critiquera publiquement les écrits et les programmes qui s'avèrent nuisibles. CIC 823,1.
Comme il s'agit d'une expérience qui a prouvé son efficacité dans de nombreux pays, l'Evêque pourra créer et entretenir un service d'informations qui orientera correctement les parents et les éducateurs sur les programmes prévus dans les divers média. Il veillera aussi, avec la sollicitude d'un père de famille, pour que l'information ne s'écarte pas des règles du bon sens humain et chrétien.
Avant d'être publiés, les écrits des fidèles qui traitent de la foi ou des bonnes moeurs doivent être soumis au jugement de l'Evêque quand cela est prescrit par les règles canoniques universelles ou particulières et qu'il est recommandable de l'être aussi dans les autres cas. CIC 823 CIC 825-828. Si quelque circonstance le demande, l'Evêque appliquera les sanctions prévues par le droit de l'Eglise, pour obtenir le repentir des auteurs et surtout pour protéger le bien spirituel des fidèles et la communion ecclésiale. (Cf. CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Instruction sur quelques aspects des instruments de communication sociale et la promotion de la doctrine de la foi, n. 2)
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141. Vigilance sur les livres et sur les revues. L'Evêque sait bien qu'il est de son devoir et de son droit dans l'Eglise d'examiner, si c'est possible avant leur publication, et si c'est le cas, de réprouver et de condamner les livres et les revues nocives pour la foi ou la morale. CIC 823,1. C'est pourquoi:
- a) Personnellement ou par d'autres personnes, dont les censeurs approuvés par la Conférence épiscopale, CIC 830,1, il veillera sur les livres et les revues qui s'imprimeront ou se vendront sur son territoire, même s'ils sont traduits d'une autre langue, et il n'omettra pas de réprouver des écrits dont la lecture pourrait constituer un dommage ou un péril spirituel pour les fidèles.
- b) Il fera opportunément réfuter les écrits ci-dessus, exposant et divulguant la doctrine catholique attaquée ou mise en danger par ceux-ci. Toutefois, si ces écrits ont dans le diocèse une large diffusion, et si le péril pour la foi et la morale est grave et certain, alors il recourra à la réprobation publique.
- c) L'Evêque n'en arrivera pas à la condamnation des livres avant d'avoir, dans la mesure du possible, informé leurs auteurs des erreurs dont on les accuse, et de leur avoir donné une ample possibilité de se défendre aussi au moyen d'autres personnes de leur choix.
- d) A moins que, dans des cas particuliers, un grave motif ne conseille de faire autrement, les raisons de l'interdiction des livres seront exposées publiquement, afin que les fidèles puissent bien connaître la nature et la gravité du danger qu'ils rencontreraient en les lisant.
- e) Une nouvelle édition d'un livre condamné sera permise seulement quand les amendements demandés lui auront été apportés. L'auteur d'un livre condamné a la faculté d'écrire ou d'éditer d'autres livres, y compris sur le même sujet, quand il est constaté qu'il a rectifié ses opinions erronées.
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Chapitre VI
2004 Apostolorum Successores 118