2004 Apostolorum Successores 142

VI - LE "MUNUS SANCTIFICANDI" DE L'EVEQUE DIOCESAIN

"J'insiste pour qu'on fasse des prières de demande, d'intercession et d'action de-grâce pour tous les hommes... En effet, il n'y a qu'un seul Dieu, il n'y a qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes: un homme, le Christ Jésus... je voudrais donc qu'en tout lieu les hommes prient en levant les mains vers le ciel, saintement, sans colère ni mauvaises intentions" (1Tm 2,1 1Tm 2,5 1Tm 2,8.

I. .L'EVEQUE, PONTIFE DANS LA COMMUNAUTE DE CULTE

142. L'exercice de la fonction de sanctification. L'Evêque doit considérer comme son office propre avant tout celui d'être le responsable du culte divin et, en raison de cette fonction, il exercera les autres tâches de maître et de pasteur. En effet, la fonction de sanctification, quoique étroitement unie par sa nature aux ministères de magistère, et de gouvernement, se distingue en ce qu'elle est spécifiquement exercée dans la personne du Christ, Souverain et Eternel Prêtre, et constitue le sommet et la source de la vie chrétienne. LG 21 LG 26 CD 15 SC 10 SC 41 PO 5

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143. L'Evêque dispensateur des mystères chrétiens. L'Evêque est revêtu de la plénitude du sacerdoce du Christ et, comme son instrument, il communique la grâce divine aux autres membres de l'Eglise, par conséquent on peut affirmer que dans une certaine mesure la vie spirituelle des fidèles dérive et dépend de son ministère. En conséquence, l'Evêque s'appliquera avec application à cultiver en lui-même et chez les fidèles l'attitude religieuse envers Dieu et, en tant que principal dispensateur des mystères divins, il se consacrera continuellement à accroître dans le troupeau la vie de la grâce par le moyen de la célébration des sacrements.
SC 41
Appelé à intercéder devant Dieu pour le peuple qui lui est confié, l'Evêque n'omettra pas d'offrir le Saint Sacrifice de la Messe pour les besoins des fidèles, spécialement le dimanche et fêtes de précepte, où cette application est pour lui un devoir ministériel précis. CIC 388 Dans la célébration des mystères sacrés, il se montrera rempli du mystère qu'il se prépare à célébrer, comme il convient au pontife, "chargé d'intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu" He 5,1.

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144. Les célébrations liturgiques présidées par l'Evêque. - (Pour ce qui concerne les règles à observer dans les célébrations présidées par l'Evêque, cf. Cérémonial des Evêques) Une fonction de l'Evêque est de présider fréquemment les célébrations liturgiques entouré de son peuple, car ainsi est symbolisée l'unité dans la charité du Corps Mystique, et, pourvu que ce soit possible, il célèbrera les fêtes de précepte et les autres solennités dans l'église cathédrale.
CIC 389. Il se souviendra que les célébrations présidées par lui doivent avoir un rôle exemplaire pour toutes les autres. (Cf. Cérémonial des Evêques, n. 12)
Il est opportun que l'Evêque célèbre la liturgie aussi dans d'autres églises du diocèse, profitant des occasions offertes par l'exercice de son ministère: principalement la visite pastorale, l'administration de Baptême aux adultes, et la Confirmation, CIC 882 comme en d'autres circonstances, quand l'affluence des fidèles est très grande ou qualifiée, ou dans des réunions de prêtres. De cette façon la nécessaire communion de tous les membres du Peuple de Dieu avec leur Evêque, chef de la communauté priante se renforce.
L'Evêque est le Ministre ordinaire du sacrement de la Confirmation, pour cela il cherchera toujours, si possible, de l'administrer personnellement. CIC 882. De cette façon, sera mise en évidence l'efficacité spirituelle de ce sacrement, qui lie plus étroitement à l'Eglise, présente dans la personne du Successeur des Apôtres, et fortifie dans le fidèle chrétien la mission de témoigner du Christ. LG 26 CIC 879 CIC 884 CEC 1313 (CONGREGATION POUR LE CULTE DIVIN ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS, Rituel romain, Ordo de la confirmation, Praenotanda) L'Evêque veillera à ce que les confirmés reçoivent une préparation opportune et il administrera le sacrement avec la solennité qui lui est due et en présence de la communauté chrétienne.
L'Evêque exercera le ministère de chef et en même temps de serviteur de la communauté des fidèles surtout dans la collation de l'Ordre sacré du diaconat et du sacerdoce. C'est une prérogative de l'Evêque de le conférer personnellement à ses propres candidats, CIC 1015,2, mieux encore si c'est en présence d'un groupe nombreux de fidèles, pour l'édification du peuple chrétien et pour que les familles grandissent dans l'estime de la vocation sacerdotale et offrent aux élus l'aide précieuse de la prière.

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II. L'ORGANISATION DE LA LITURGIE

145. L'Evêque, modérateur de la vie liturgique. Comme Pontife responsable du culte divin dans l'Eglise particulière, l'Evêque doit régler, promouvoir et garder toute la vie liturgique du diocèse.
SC 22 SC 26 CD 15 CIC 835,1
Il devra donc veiller à ce que les règles établies par l'autorité légitime soient attentivement observées et que chacun, aussi bien les ministres que les fidèles, exécutent la charge qui leur revient et non une autre, sans jamais introduire de changements dans les rites sacramentels ou dans les célébrations liturgiques selon des préférences ou des sensibilités personnelles SC 28 CIC 838 CEC 1125.
Il revient à l'Evêque de dicter des règles opportunes en matière liturgique, qui obligent tous dans le diocèse, CIC 841 CIC 838,1 CIC 838,4, toujours dans le respect de ce qu'a disposé le législateur supérieur. Ces règles peuvent se référer entre autre:

- à la participation des fidèles laïcs à la liturgie; CIC 230,2-3 (Pour ce qui concerne le service à l'autel des femmes, l'Evêque tiendra compte de la réponse du Conseil pontifical pour les Textes législatifs du 11.7.1992 conjointement à la Note annexe de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements)

- à l'exposition de l'Eucharistie par les fidèles laïcs quand le nombre des ministres sacrés s'avère insuffisant; CIC 943

- aux processions; CIC 944,2

-aux célébrations dominicales de la liturgie de la Parole, quand le ministre sacré manque ou qu'il y a un grave empêchement à participer à la célébration eucharistique; CIC 1248,2.

- à la Possibilité pour les prêtres de célébrer deux messes par jour pour une juste cause ou, si la nécessité pastorale le demande, trois messes le dimanche ou jours de fête de précepte; CIC 905,2

- par rapport aux indulgences, l'Evêque a le droit de concéder des indulgences partielles à ses fidèles. CIC 995 (PAUL VI, Const. Apost. Indulgentiarum Doctrina; PENITENCERIE APOSTOLIQUE, Enchiridion indulgentiarum)

L'Evêque saura profiter de l'aide des bureaux, ou commissions diocésaines de liturgie, de musique sacrée, d'art sacré, etc. ... qui offrent un soutien précieux pour promouvoir le culte divin, soigner la formation liturgique des fidèles et encourager chez les pasteurs d'âmes un intérêt prioritaire pour tout ce qui regarde la célébration des mystères divins. SC 45-46

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146. Dignité du culte divin. Puisque la liturgie constitue le culte communautaire et officiel de l'Eglise, comme Corps Mystique du Christ, constitué de la tête et d e ses membres, l'Evêque veillera attentivement à ce qu'elle soit célébrée avec la dignité et l'ordre qui lui sont dus. Il devra donc veiller à la tenue des ornements et des objets liturgiques, pour que les ministres ordonnés, les acolytes et les lecteurs se comportent avec la dignité nécessaire, et que les fidèles, participent de façon "pleine, consciente et active"
SC 14 et que toute l'assemblée exerce sa fonction liturgique CEC 1144
La musique sacrée occupe dans le culte une place essentielle pour donner de l'importance à la célébration et susciter une résonance profonde chez les fidèles, elle doit être toujours unie à la prière liturgique, se distinguer par sa beauté expressive et se conformer à l'harmonieuse participation de l'assemblée dans les moments prévus par les rubriques. SC 112-121 CEC 1157

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147. Adaptations dans le domaine liturgique. (Au sujet des fondements de l'inculturation liturgique, cf. CONGREGATION POUR LE CULTE DIVIN ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS, Varietates legitimae) Il revient aux Evêques réunis en Conférence épiscopale d'adapter les livres liturgiques au caractère et aux traditions du peuple et aux nécessités particulières du ministère pastoral, à l'intérieur des marges prévues par les rituels eux-mêmes.
CIC 838,3
Dans cette tâche nécessaire et combien délicate, l'Evêque se souviendra que l'inculturation comporte la transformation des valeurs authentiques des diverses cultures par l'intégration dans le christianisme et donc la purification de ces éléments culturels qui se révèlent incompatibles avec la foi catholique, de façon que la diversité ne nuise pas à l'unité dans une même foi et dans les mêmes signes sacramentels. SC 37-40 RMi 52-54

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148. La sanctification du dimanche. Le dimanche est le jour liturgique par excellence, où lequel les fidèles se réunissent pour "entendre la Parole de Dieu et participer à l'Eucharistie, et faire ainsi mémoire de la passion, de la résurrection et de la gloire du Seigneur Jésus, en rendant grâce à Dieu".
SC 106 CEC 1. Par conséquent l'Evêque s'emploiera à ce que les fidèles sanctifient le dimanche et le célèbrent comme un authentique "jour du Seigneur", par la participation au Saint Sacrifice de la Messe, les oeuvres de charité et le nécessaire repos du travail. SC 102 SC 106 CIC 1247 La Messe dominicale doit être très soignée parce que pour beaucoup la conservation et la nourriture de la foi sont liées à la participation à cette célébration eucharistique.
Du point de vue organisationnel il convient d'observer quelques aspects concrets:

- les horaires des Messes dominicales dans les diverses églises d'une même zone doivent être opportunément établis et rendus publics de façon à faciliter la participation des fidèles, sans cependant multiplier inutilement les célébrations;

- au cas où cela se révèle possible, on organisera le culte divin au bénéfice de qui s'est éloigné de la ville pour motifs de repos ou est contraint à pratiquer une activité professionnelle: avec la Messe de la vigile et d'autres Messes célébrées le matin de bonne heure et dans des lieux adaptés, comme à proximité de gares, d'aéroports, ou aux alentours de marchés ou autres lieux de travail dominical;

- on s'y préoccupera, spécialement dans les grandes villes, du service religieux des étrangers, pour qu'ils puissent assister à la Messe dans leur propre langue ou en latin. L'horaire de cette messe sera exposé aussi sur la porte des églises et, si possible, dans les gares, les hôtels et en d'autres lieux fréquentés par eux. (Cf. SACREE CONGREGATION DES RITES, Eucharisticum mysterium,n.19)

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149. Caractère communautaire de la liturgie. Chaque action liturgique est une célébration de l'Eglise et un acte public de culte, même celle qui est célébrée sans participation de fidèles. Toutefois, pourvu que soit conservée la nature de chaque rite, la célébration communautaire doit être préférée à la célébration individuelle.
SC 26-27
En conformité à cette dimension communautaire de la liturgie, on tiendra compte de quelques orientations pratiques:

- les messes dominicales des paroisses seront ouvertes à tous, évitant les liturgies particulières pour des groupes déterminés de fidèles;

- on fera en sorte que le Baptême soit administré généralement le dimanche, dans des célébrations spéciales, en présence de la communauté; en certaines occasions il sera convenable qu'il soit administré durant la célébration eucharistique, et on fera son possible pour qu'il soit célébré durant la Vigile Pascale;

- la Confirmation sera administrée généralement le dimanche, en présence de la communauté réunie dans l'assemblée eucharistique;

- dans la célébration des sacrements et des sacramentaux, on évitera ce qui peut faire allusion à une préférence pour des personnes SC 32 ou pour des catégories, sauf les honneurs dus à l'autorité civile, selon les lois liturgiques;

- dans des cas particuliers, quand une nécessité pastorale le demande, la célébration de la Messe peut avoir lieu en dehors d'un lieu sacré; l'Evêque interviendra résolument quand il lui semblera qu'il y a des abus, ainsi, en n'observant pas ce qui est disposé par le droit, lorsque la célébration est accomplie dans un lieu non convenable, ou bien au nom de groupes exclusifs et des privilèges; CIC 932,1

- puisque la célébration de la Liturgie des Heures est une vraie 'liturgie', l'Evêque exhortera les pasteurs d'âmes à inviter les fidèles à réciter de manière communautaire à l'église certaines parties, par exemple les laudes ou les vêpres, accompagnées, si c'est le cas, d'une catéchèse opportune. SC 99-100.

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150. La célébration des sacrements et des sacramentaux. L'Evêque doit réguler la discipline des sacrements selon les règles établies par l'autorité compétente de l'Eglise, et se préoccuper de ce que tous les fidèles puissent les recevoir abondamment.
LG 37 Il se consacrera en particulier à instruire les fidèles, pour qu'ils comprennent la signification de chaque sacrement et le 'vivent' en toute sa valeur personnelle et communautaire.
Il veillera donc à ce que les ministres célèbrent les sacrements et les sacramentaux avec le plus grand respect et application, en conformité avec les rubriques approuvées par le Siège Apostolique et spécialement:

- le Baptême des enfants sera administré sans retard et accompagné de la catéchèse adéquate des parents et des parrains et marraines; (CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Instruction Pastoralis actio)`

- pasteurs et fidèles se conformeront à l'âge de la Confirmation établi par la loi universelle et par la Conférence épiscopale;`CIC 891

- on veillera à ce que la faculté de recevoir les confessions soit concédée uniquement aux prêtres qui, en plus de posséder la compétence théologique et pastorale nécessaire, soient en complète harmonie avec le Magistère de l'Eglise en matière morale; on établira des horaires pour les confessions dans les paroisses, sanctuaires et autres lieux sacrés où s'exerce le soin des âmes, de façon que les confessions soient facilitées aux fidèles, spécialement avant les messes, mais aussi durant celles-ci pour satisfaire les besoins des fidèles; on observera rigoureusement les règles au sujet de l'absolution collective réaffirmées dans le Motu Proprio "Misericordia Dei" qui demande que l'on recoure à cette forme pénitentielle CIC 961-962 CIC 978,2 CIC 986,1 (JP II, Motu proprio Misericordia Dei, nn. 2; 4, 2°a) uniquement dans des situations vraiment exceptionnelles;

- dans l'Eucharistie on utilisera une matière valide et licite;

- la première communion des enfants aura lieu une fois atteint l'âge de raison et sera toujours précédée de la première confession; CIC 914

- le Mariage sera célébré après une préparation opportune des fiancés, qui sera aussi personnelle, de sorte que soient évitées dans la mesure du possible les célébrations nulles par manque de capacité ou de vraie volonté matrimoniale, que les nouveaux époux soient aidés à vivre fructueusement leur union sacramentelle, et que la cérémonie nuptiale soit célébrée dans le plein respect de son caractère religieux. CIC 1063 FC 66

- les sacramentaux (principalement les bénédictions) seront administrés selon leurs rites propres (456 Cf. CONGREGATION POUR LE CULTE DIVIN ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS, Rituel romain, Ordo Benedictionum, 3. V. 1984. Au sujet des exorcismes, CIC 1172 et CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA Foi, Lettre Inde ab aliquot annis, 29 septembre 1985) et les fidèles les comprendront et les vénéreront de manière adéquate, évitant des attitudes superstitieuses.

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III. LES EXERCICES DE PIETE

151. Importance de la piété populaire. La piété populaire constitue un authentique et propre trésor de spiritualité dans la vie de la communauté chrétienne. Par elle, les fidèles sont conduits à la rencontre personnelle du Christ, à la communion avec la bienheureuse Vierge Marie et avec les saints, spécialement au moyen de l'écoute de la Parole de Dieu, de la participation à la vie sacramentelle, du témoignage de la charité et de la prière. . Le Christ Jésus a insisté sur la nécessité de prier toujours, sans se lasser
Lc 18,1: en effet dans la vie spirituelle on avance dans la mesure où on prie. C'est dans la prière faite avec foi que se trouve le secret pour affronter les problèmes et les peines personnelles et sociales. "La prière intériorise et assimile la liturgie pendant et après sa célébration. Même lorsqu'elle est vécue "dans le secret" Mt 6,6, la prière est toujours prière de l'Eglise, elle est communion avec la Trinité Sainte". CEC 2655

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152. Organisation des formes de piété. Pour développer la piété de tout le Peuple de Dieu, l'Evêque recommandera chaudement et favorisera le culte divin. De même il encouragera les exercices du culte et de piété envers la très sainte Vierge Marie et les autres saints et il les organisera de façon qu'ils s'harmonisent avec la liturgie, dont ils reçoivent inspiration et vers laquelle ils conduisent. "Il revient aux Evêques, avec l'aide de leurs collaborateurs immédiats, spécialement des recteurs des sanctuaires, d'établir des normes et de donner des orientations pratiques en tenant compte des traditions locales et des expressions particulières de la religiosité et de la piété populaire (CONGREGATION POUR LE CULTE DIVIN ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, n. 288); . En particulier, l'Evêque:

- a) favorisera avec le plus grand soin l'adoration du Christ Seigneur réellement présent dans l'Eucharistie, même en dehors de la Messe. Pour faciliter la dévotion des fidèles, il fera en sorte que les églises demeurent ouvertes selon les usages et les opportunités locales, ayant soin aussi de la sécurité du lieu. L'Evêque veillera à ce que dans les paroisses de son diocèse se déroulent annuellement des initiatives d'adoration eucharistique, comme les "Quarante Heures" et qu'on célèbre avec la plus grande solennité la fête du Corps et du Sang du Christ. Périodiquement il pourra encourager le Congrès eucharistique diocésain, occasion propice pour rendre un culte public à la Sainte Eucharistie et rappeler aux fidèles la doctrine et la place centrale de l'Eucharistie dans la vie chrétienne et ecclésiale.

- b) favorisera les expressions de la piété enracinée dans le peuple chrétien, la purifiant, si c'est le cas, d'éventuels excès moins conformes à la vérité ou au sentiment catholique et il laissera prudemment ouverte la possibilité pour de nouvelles formes de piété populaire. Une forme très élevée de piété qu'il faut conserver et promouvoir est le culte au Sacré-Coeur de Jésus et la dévotion à la Vierge.

- c) doit examiner les prières et les cantiques qui doivent être publiés et en donner l'approbation nécessaire.
CIC 826,3 (CONGREGATION POUR LE CULTE DIVIN ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS, Instruction Liturgiam authenticam, n. 108). L'Evêque veillera sur leur inspiration biblique et liturgique et sur leur correction doctrinale, de façon que les textes contribuent à la catéchèse des fidèles et à une piété plus profonde, et pour qu'il ne s'introduise pas des prières ou des compositions musicales contraires à l'authentique inspiration chrétienne, ou présentant un aspect ou une signification profanes. S'il s'agit de traduire des prières dans la langue propre et d'adapter les anciennes, il est bien de recourir au conseil de pasteurs, de théologiens et de personnes lettrées.

- d) se préoccupera que les sanctuaires, dont beaucoup sont en l'honneur de la Sainte Mère de Dieu, rendent un service efficace à la vie spirituelle du diocèse. Par conséquent il veillera à la dignité des célébrations liturgiques et à la prédication de la Parole de Dieu et il prendra soin de faire déplacer de l'environnement ce qui peut constituer un obstacle à la piété des fidèles ou suggérer un intérêt lucratif prédominant.

- e) à l'occasion d'anniversaires du calendrier universel, du calendrier particulier du diocèse ou de fêtes locales prévues par les règles et particulièrement suivies (ex. du saint patron, de la Vierge Marie, de Noël, de Pâques etc.), l'Evêque considérera favorablement les manifestations populaires, expressions de fête appartenant souvent à d'antiques traditions, mais il fera en sorte que les fidèles les associent à la joie qui vient des mystères chrétiens et y insère quand c'est juste des éléments de catéchèse et d'authentique dévotion.

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153. Promotion de quelques pratiques de piété. Il faut conserver jalousement, comme un précieux patrimoine spirituel, quelques exercices de piété que les Pasteurs de l'Eglise n'ont pas cessé de recommander:

- parmi eux, se détache le saint Rosaire, comme une espèce de synthèse de l'Evangile, et pour cela, une forme de piété profondément chrétienne (JP II, Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae) qui nous fait contempler avec les yeux de la Vierge Marie les mystères de la vie de Jésus Christ;

- sont aussi à maintenir et à développer la pieuse méditation de la passion du Seigneur, ou Chemin de la Croix, et la récitation de l'Angelus qui interrompt les occupations habituelles du chrétien par la brève méditation de l'Incarnation du Verbe;

- méritent d'être encouragées aussi les neuvaines, spécialement celles qui précèdent les solennités liturgiques (par exemple, Pentecôte, Noël etc.) et les vigiles préparatoires aux grandes solennités.

Le sentiment religieux du peuple chrétien a en outre donné naissance, au cours des siècles, à diverses autres formes de piété qui s'ajoutent à la vie sacramentelle de l'Eglise, comme la vénération des reliques, les processions, l'usage de scapulaires et de médailles, et autres qui sont des expressions d'une inculturation de la foi chrétienne authentique et profondément enracinée. Le zèle pour le développement de la vie spirituelle des fidèles portera à favoriser et à répandre ces pratiques de piété, spécialement quand elles s'inspirent de la Sainte Ecriture et de la liturgie, elles ont jailli du coeur des saints ou témoignent d'une longue tradition de foi et de piété.
CEC 1674 S'il est devenu nécessaire d'en modifier ou d'en adapter les textes, l'Evêque ne manquera pas de prendre conseil des pasteurs des autres diocèses intéressés, selon l'aire de diffusion.

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IV. LES EGLISES ET AUTRES LIEUX SACRES

154. Destination sacrée des églises. Les églises, dans lesquelles se célèbre et se conserve la sainte Eucharistie, ne sont pas de simples lieux de réunion des fidèles, mais la demeure de Dieu et un symbole de l'Eglise qui se trouve en ce lieu. Puisque ce sont des lieux destinés en permanence au culte de Dieu, l'Evêque doit célébrer en forme solennelle le rite de la dédicace ou faire en sorte qu'un autre Evêque le fasse ou, dans des cas exceptionnels, un prêtre.
CIC 1206 (CONGREGATION POUR LE CULTE DIVIN ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS, Rituel romain, Ordo de la dédicace des églises et des autels)
Pour ce qui concerne l'usage des lieux sacrés "ne sera admis que ce qui sert ou favorise le culte, la piété ou la religion, et y sera défendu tout ce qui ne convient pas à la sainteté du lieu. Cependant l'Evêque peut permettre occasionnellement d'autres usages qui ne soient pourtant pas contraires à la sainteté du lieu". CIC 1210 Particulièrement, en référence aux concerts, il faut veiller de toute façon à ce que ne soit exécutée que de la musique sacrée - c'est-à-dire composée comme accompagnement à la liturgie ou au moins d'inspiration religieuse chrétienne, et qu'ils soient programmés et exécutés avec la finalité explicite de promouvoir la piété et le sentiment religieux et jamais au détriment du premier service pastoral que doit offrir le lieu. (CONGREGATION POUR LE CULTE DIVIN ET LA DISCIPLINE DES SACREMENTS, Lettre circulaire Concerts dans les églises, 5.11.1987) En tout cas ces initiatives seront évaluées avec sagesse et réduites à un petit nombre de cas.

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155. L'église Cathédrale. Parmi les églises du diocèse, la place la plus importante revient à l'église cathédrale, qui est un signe d'unité de l'Eglise particulière, lieu où se réalise le moment le plus haut de la vie du diocèse et s'accomplit aussi l'acte le plus noble et sacré du munus sanctificandi de l'Evêque, qui comporte en même temps, comme la liturgie même qu'il préside, la sanctification des personnes, le culte et la gloire de Dieu. La Cathédrale est aussi le signe du magistère et de l'autorité du Pasteur du diocèse. L'Evêque doit faire en sorte que les fonctions liturgiques de la cathédrale se déroulent avec la dignité, le respect des rubriques et la ferveur communautaire qui conviennent à celle qui est la mère des églises du diocèse,
SC 41 (Ceremoniale Episcoporum, nu. 42-54) et il exhortera à cette fin le Chapitre des chanoines.

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156. Normes et orientations pour l'édification et la restauration des églises. L'architecture et la décoration des églises doivent être nettes, conçues pour la prière et les solennités sacrées et se caractériser, plus que par le luxe, par la noblesse des formes, de façon à se présenter réellement comme un symbole des réalités ultra-terrestres.
Pour ce qui regarde la disposition du tabernacle, de l'autel et des autres éléments (presbyterium, siège, ambon, etc.) il faut suivre la règle liturgique qui s'y rapporte, ainsi que la norme canonique concernant la construction des autels. L'Evêque aura soin en particulier que la Chapelle du Saint-Sacrement ou le tabernacle, qui doivent avoir la plus grande dignité, soient placés en position immédiatement visible. Seront aussi observées avec diligence les prescriptions canoniques sur le lieu de célébration du Baptême et de la Pénitence.
CIC 858 CIC 964 En particulier "le siège pour les confessions est réglementé par les normes établies par les Conférences épiscopales respectives, lesquelles garantiront qu'il soit placé "en un endroit bien visible" et soit aussi "pourvu d'une grille fixe", pour permettre ainsi aux fidèles et aux confesseurs eux-mêmes qui le désirent de pouvoir librement s'en servir". (JP II Motu proprio Misericordia Dei, n. 9; CONSEIL PONTIFICAL POUR L'INTERPRETATION DES TEXTES LEGISLATIFS, Interprétation authentique du 7 juillet 1998).
Dans la construction ou la restauration d'églises, on doit concilier piété, beauté artistique et fonctionnalité ainsi qu'agencement doctrinalement sain de la composition de l'église. Observant toujours l'importance prioritaire de la charité et tenant aussi compte de la situation économique et sociale de la communauté chrétienne et des possibilités économiques réelles du diocèse, on s'assurera que les matériaux soient de qualité: cette façon de procéder, en plus de concourir à la dignité propre de l'édifice, est une manière de pratiquer la vertu de pauvreté, pour qu'ainsi on garantisse la conservation des oeuvres dans le temps. Depuis le commencement, on prévoira ce qui est relatif à l'assurance de l'oeuvre et aux mesures de conservation et de garde. CIC 1220,2. Toutes ces règles suggèrent que l'Evêque prenne conseil auprès d'experts, de façon à observer les principes de la liturgie et de l'art sacré, en plus des exigences techniques.

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157. Représentations et images sacrées. L'usage d'exposer les images sacrées dans les églises et de représenter artistiquement les mystères chrétiens doit être solidement conservé, parce qu'il constitue une aide irremplaçable pour la piété et la catéchèse des fidèles. Dans ce but:

- dans les églises, les images doivent être exposées en quantité modérée et en conservant l'ordre qui est dû pour qu'elles ne suscitent pas une dévotion déviée;

- il faut éviter les innovations excessives, bien qu'elles puissent sembler artistiques, car elles risquent plus de provoquer l'étonnement que de nourrir la piété des fidèles.
SC 122-124 (JP II, Lettre apostolique Duodecinum saeculum, ch. IV)


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Chapitre VII

VII - LE "MUNUS REGENDI" DE L'EVEQUE DIOCESAIN

"C'est un exemple que je vous ai donné: ce que j'ai fait pour vous, faites-le vous aussi" Jn 13,15

1. LE GOUVERNEMENT PASTORAL

158. L'Evêque père et pasteur du diocèse. Dans l'exercice de son ministère de père et de pasteur au milieu de ses fidèles, l'Evêque doit se comporter comme celui qui sert, en gardant toujours devant les yeux l'exemple du Bon Pasteur, qui est venu non pour être servi, mais pour servir Mt 20,28 Mc 10,45 et donner sa vie pour ses brebis. LG 27 CD 16
A l'Evêque, envoyé au nom du Christ comme pasteur pour prendre soin de la portion du Peuple de Dieu qui lui est confiée, revient la charge de paître le troupeau du Seigneur 1P 5,2, d'éduquer les fidèles comme des enfants bien-aimés dans le Christ 1Co 4,14-15 et de gouverner l'Eglise de Dieu Ac 20,28 pour la faire croître comme communion dans l'Esprit-Saint grâce à l'Evangile et à l'Eucharistie. CD 11 Il en résulte que l'Evêque représente et gouverne l'Eglise qui lui est confiée, avec le pouvoir nécessaire pour exercer le ministère pastoral ("munus pastorale") reçu par le sacrement, comme participation à la consécration et mission mêmes du Christ. LG 28 CIC 381,1. En vertu de quoi, "les Evêques dirigent les Eglises particulières qui leur sont confiées, en tant que vicaires et légats du Christ, par leurs conseils, leurs recommandations, leur exemple mais aussi par l'exercice de leur autorité et de leur pouvoir sacré, dont toutefois ils ne font usage qu'en vue d'édifier leur troupeau dans la vérité et la sainteté, se souvenant que celui qui est le plus grand doit se faire comme le plus petit et celui qui commande comme celui qui sert". Lc 22,26-27. LG 27 L'Evêque est donc le bon pasteur qui connaît ses brebis et que celles-ci aussi connaissent, il est le vrai père qui se distingue par son esprit de charité et sa sollicitude à l'égard de toutes; CD 16 toutefois, même en tant que juge qui administre habituellement la justice à travers le Vicaire judiciaire et le tribunal, il assure un excellent service de la communauté, inséparable du bien spirituel des fidèles. En effet, en vertu du pouvoir sacré, dont il est investi avec la fonction de pasteur de l'Eglise qui lui a été confiée, et qu'il exerce personnellement au nom du Christ, l'Evêque a le droit sacré d'édicter des lois pour ses sujets, de rendre des jugements et de régler tout ce qui regarde le bon ordre du culte et de l'apostolat. LG 24 LG 27 CIC 131,1
"L'Evêque est donc investi, en vertu de la charge qu'il a reçue, d'un pouvoir juridique objectif, destiné à s'exprimer en actes de pouvoir par lesquels il accomplit le ministère de gouvernement (munus pastorale) qu'il a reçu par le Sacrement.
Toutefois le gouvernement de l'Evêque n'aura une efficacité pastorale - il convient de le rappeler aussi dans ce cas - que s'il s'appuie sur une autorité morale venant de sa sainteté de vie. C'est cette sainteté qui dispose les âmes à accueillir l'Evangile qu'il annonce dans son Eglise, tout comme les normes qu'il donne pour le bien du Peuple de Dieu".

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159. L'Evêque, guide de son peuple. L'Evêque doit cheminer avec son peuple et aller de l'avant, indiquant le chemin à parcourir, par la parole et par son témoignage de vie, avant même qu'en vertu de l'autorité reçue du Christ. Il doit être un guide spirituel cohérent et courageux, qui, comme Moïse, voit l'invisible et n'hésite pas à aller à contre-courant, quand le bien spirituel l'exige. Il doit faire tout son possible pour que sa parole et ses initiatives soient bien accueillies et pour que son autorité ne soit pas amoindrie aux yeux de la communauté diocésaine, mais ce qui doit importer par-dessus tout à un Evêque, c'est le jugement de Dieu.

160
160. La responsabilité personnelle de l'Evêque. L'Evêque a le devoir d'encourager les fidèles à participer à la vie de l'Eglise, en s'efforçant de susciter une collaboration nécessaire. Il doit aussi consulter de façon opportune les personnes compétentes et écouter, suivant les prescriptions du droit, les différents organismes dont le diocèse dispose pour faire face aux problèmes humains, sociaux et juridiques, qui souvent présentent des difficultés non négligeables. De cette manière, l'Evêque pourra recueillir les requêtes et les exigences présentes dans la portion du Peuple de Dieu qui lui a été confiée; cependant, l'Evêque, conscient d'être Pasteur de l'Eglise particulière et signe d'unité, évitera d'exercer le rôle de simple modérateur entre les différents Conseils et les autres instances pastorales, mais il agira en fonction de ses droits et de ses devoirs personnels de gouvernement qui l'obligent à décider personnellement, en conscience et en vérité, et non sur la base du poids numérique des conseillers, sauf évidemment dans les cas où le droit requiert que pour faire un acte déterminé, l'Evêque a besoin du consensus d'un collège ou d'un groupe de personnes.
CIC 127,1-3. La responsabilité du gouvernement du diocèse repose sur les épaules de l'Evêque.

161
161. Le devoir de la résidence. Le service d'amour et la responsabilité à l'égard de l'Eglise particulière demandent à l' Evêque d'observer l'ancienne loi de la résidence, toujours actuelle et nécessaire pour assurer le bon gouvernement pastoral.
CIC 395,1-3. C'est une obligation fondamentale de l'Evêque: en effet, le premier devoir de l'Evêque concerne son diocèse et pour pouvoir l'assumer de façon adéquate, il est nécessaire avant tout qu'il y réside. L'Evêque doit résider personnellement dans son diocèse, même s'il a un coadjuteur ou un auxiliaire. Il peut légitimement s'absenter de son diocèse pendant un mois, chaque année, qu'il soit continu ou non, pour ses vacances ou pour d'autres raisons. Dans tous les cas, avant de quitter son diocèse, l'Evêque devra faire en sorte que son absence n'entraîne aucun préjudice pour le diocèse et il prendra toutes les mesures nécessaires pour garantir la conduite de son Eglise particulière.
Les charges de l'Evêque à l'égard de l'Eglise universelle telles que: la Visite "ad limina", la participation au Concile oecuménique ou au Concile particulier, au Synode des Evêques et à la Conférence épiscopale ne rentrent pas en compte dans le mois à disposition de l'Evêque, de même que les jours réservés aux exercices spirituels ou ceux qui sont consacrés à des fonctions particulières reçues du Saint-Siège. Dans ces circonstances également, l'Evêque doit avoir soin de n'être absent du diocèse que pour le temps strictement nécessaire.
Pour toute autre absence, l'Evêque doit demander la permission du Saint-Siège.
Dans tous les cas, l'Evêque devra toujours être dans son diocèse pour les solennités les plus importantes telles que: Noël, la Semaine Sainte, la Résurrection du Seigneur, la Pentecôte, la Fête du Corps et du Sang du Christ.
Si l'Evêque s'absente de son diocèse sans motif légitime, au-delà de six mois, le Métropolitain, ou il s'agit du Métropolitain lui-même, l'Evêque le plus ancien de la Province ecclésiastique, a le devoir d'en informer le Saint-Siège CIC 395,4.

162
II. LA MISSION EVANGELISATRICE DE L'EVEQUE

162. L'Evêque guide et coordinateur de l'évangélisation. L'Eglise est appelée à apporter à tous les hommes la vérité et la grâce du Christ, à travers l'action apostolique harmonieuse de tous ses enfants. En vertu de son mandat apostolique c'est à l'Evêque qu'il revient de susciter, guider et coordonner l'action évangélisatrice de la communauté diocésaine, afin que la foi de l'Evangile se répande et grandisse, que les brebis perdues soient reconduites au bercail du Christ
Jn 10,16 Lc 15,4-7 et que le Royaume de Dieu se répande parmi tous les hommes.
Cette dimension apostolique et évangélisatrice revêt des significations et des aspects différents en fonction des lieux, car, tandis que certaines Eglises sont appelées à remplir la mission "ad gentes", d'autres, au contraire, relèvent avec force le défi d'une "nouvelle évangélisation" des baptisés eux-mêmes ou de la carence des moyens pour l'assistance pastorale des fidèles. C'est pourquoi, en de nombreux lieux, la frontière entre le suivi pastoral des fidèles et l'évangélisation n'est pas définie. RMi 33-34

163
163. La connaissance du milieu culturel et social. L'Eglise exerce son activité apostolique dans un cadre historique déterminé, qui influe de manière sensible sur la vie des personnes.
CD 16
Une juste compréhension des différents facteurs sociaux et culturels, qui influencent les dispositions religieuses des hommes, s'impose donc, afin que l'apostolat réponde continuellement à leurs nécessités et à leur style de vie. C'est à cela que doit aboutir la connaissance des différentes tendances et des courants de pensée qui touchent directement la religion en général et le rôle de l'Eglise en particulier: l'athéisme; les différentes conceptions sur le "caractère séculier" ou la "sécularisation"; le phénomène positif du "retour du religieux", qui est perçu en de nombreux lieux, même s'il se traduit parfois par des formes déviantes de religiosité; la vaste ignorance, même dans les pays de tradition catholique, concernant la réalité historique et actuelle de l'Eglise et sa doctrine, etc.
La constatation de tels phénomènes, dans leurs aspects positifs et négatifs, appelle le zèle apostolique des Pasteurs qui, pleins de confiance en Dieu, doivent aller à la recherche de toutes les âmes pour les réintroduire dans la vie de la grâce et de la vérité, proposant l'annonce de Dieu et du Christ, Fils de Dieu, incarné et Rédempteur de l'humanité, et l'enseignement concernant la grâce et la vie éternelle, avec assurance et clarté, mais aussi avec un langage et des moyens adaptés aux conditions de notre temps. Il faut tout spécialement prêter attention à la formation des ministres de l'Eglise, afin que la prédication et la catéchèse apportent une réponse sûre aux interrogations de l'homme d'aujourd'hui. PO 4

164
164. La coordination de l'apostolat et le projet pastoral diocésain. Pour que la Parole de Dieu parvienne aux différents milieux et aux diverses personnes, il est nécessaire qu'existe une étroite coordination de toutes les oeuvres d'apostolat, sous la direction de l'Evêque, "grâce à quoi toutes les initiatives et institutions catéchétiques, missionnaires, caritatives, sociales, familiales, scolaires et n'importe quelle autre poursuivant une fin pastorale, concourent à une action concordante, ce qui, en même temps, manifeste plus clairement l'unité du diocèse"
CD 17
L'Evêque doit entraîner dans l'apostolat diocésain tous les fidèles, aussi bien individuellement qu'en tant que membres d'associations. Cela doit s'effectuer dans le respect de la légitime liberté des personnes et des associations dans la réalisation de leurs apostolats respectifs, suivant la discipline ecclésiale commune et particulière, tout en s'assurant en même temps que chaque activité est utile au bien commun ecclésial. LG 33 AA 3 AA 19 AA 24 CIC 215-216 CIC 223
L'Evêque doit s'efforcer d'organiser de façon adéquate l'apostolat diocésain, suivant un programme ou un projet pastoral qui prévoit une juste coordination des différents champs pastoraux "spécialisés" (liturgie, catéchèse, missions, questions sociales, culturelles, familiales, scolaires, etC.). CD 17 Pour élaborer ce projet, l'Evêque doit engager les différents services et conseils diocésains: de cette manière l'action apostolique de l'Eglise répondra vraiment aux nécessités du diocèse et elle réussira à faire concourir les efforts de tous à sa mise en oeuvre, sans jamais oublier cependant l'action de l'Esprit Saint dans l'oeuvre de l'évangélisation.
L'élaboration du projet demande une analyse préliminaire des conditions sociologiques dans lesquelles vivent les fidèles, pour que l'action pastorale soit toujours plus efficace et qu'elle affronte les difficultés réelles. Le projet doit prendre en considération les différents aspects géographiques, la répartition démographique, la composition de la population, en tenant compte des transformations survenues ou de celles qui peuvent survenir dans un avenir proche. Il doit s'adresser à tout le diocèse dans sa complexité, même aux secteurs les plus éloignés de la pastorale ordinaire.
Après avoir étudié les différents champs d'évangélisation et avoir programmé de façon opportune les ressources pastorales, il faut inculquer à tous ceux qui exercent l'apostolat une authentique "ardeur de sainteté", en étant conscients que l'abondance des fruits et la réelle efficacité ne seront pas tant les résultats d'une parfaite organisation des structures pastorales, que de l'union de chacun avec celui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie Jn 14,6 RMi 90 NM 30.

165
III. LES ORGANISMES DE PARTICIPATION A LA CHARGE PASTORALE DE L'EVEQUE

165.La participation des fidèles aux Conseils diocésains. En vertu de leur Baptême, les fidèles sont établis dans une véritable égalité quant à la dignité et à l'action, qui les appelle tous à coopérer à l'édification du Corps du Christ et donc à mettre en oeuvre la mission que Dieu a confiée à l'Eglise dans le monde, chacun selon sa condition et ses devoirs.
LG 32 CIC 204,1. La communion ecclésiale, dans son caractère organique, et la spiritualité de communion obligent l'Evêque à mettre en valeur les organismes de participation prévus par le Droit canonique. NM 45. De tels organismes confèrent au gouvernement pastoral de l'Evêque une forme de communion, en ce sens qu'une certaine circularité se réalise entre, d'une part, ce que l'Evêque est appelé à décider et à mettre en place selon sa responsabilité personnelle pour le bien du diocèse et, d'autre part, la collaboration de tous les fidèles. . L'Evêque rappellera clairement que les organismes de participation ne s'inspirent pas des critères de la démocratie parlementaire, car ils sont de nature consultative et non délibérative. NM 45 L'écoute réciproque entre le Pasteur et les fidèles les tenant unis "a priori en tout ce qui est essentiel, et les poussant, même dans ce qui est discutable, à parvenir normalement à une convergence en vue de choix réfléchis et partagés". NM 45
L'Evêque, en s'efforçant de promouvoir la participation des fidèles à la vie de l'Eglise, n'oubliera pas ses droits et ses devoirs personnels de gouvernement qui l'obligent non seulement à témoigner de la foi mais à la nourrir et à la protéger ainsi qu'à l'évaluer, à la soutenir et à la proposer de manière correcte.
La coordination et la participation de toutes les forces vives du diocèse exigent des moments de réflexion et de confrontation collégiales. L'Evêque veillera à ce que ces réunions soient toujours bien préparées, que leur durée soit limitée, qu'elles soient de nature à proposer un objectif concret et qu'il y règne toujours entre tous un esprit chrétien qui imprime en chacun des participants le désir sincère de collaborer avec les autres.

166
- a) LE SYNODE DIOCESAIN

166. Acte de gouvernement et événement de communion. Selon une norme d'activité pastorale transmise à travers les siècles, puis codifiée par le Concile de Trente, reprise par le Concile Vatican II et prévue par le Code de Droit canonique, le Synode diocésain (*) occupe, dans le gouvernement pastoral de l'Evêque, une place de première importance au sommet des structures de participation du diocèse. Il se présente comme un acte du gouvernement épiscopal et comme un événement de communion qui exprime le caractère de la communion hiérarchique propre (homélie du 3 octobre 1992 pour l'ouverture du Synode romain: DC 89 (1992), pp. 967-970) à la nature de l'Eglise.

(*) (A propos de la discipline du Synode diocésain, cf.
CIC 460-468; CONGREGATION POUR LES EVEQUES ET CONGREGATION POUR L'EVANGELISATION DES PEUPLES, Instruction sur les Synodes diocésains)

167
167. Nature du Synode. Le Synode diocésain est une réunion ou une assemblée consultative, convoquée et présidée par l'Evêque, à laquelle sont appelés, selon les prescriptions canoniques, des prêtres et d'autres fidèles de l'Eglise particulière, pour l'aider dans sa charge de guide de la communauté diocésaine. Dans le Synode et par lui, l'Evêque exerce de manière solennelle la charge et le ministère de pasteur de son troupeau.

168
168. Application et adaptation de la discipline universelle. Dans sa double dimension "d'acte de gouvernement épiscopal et d'événement de communion" (Cf. JP II, homélie du 3 octobre 1992) le Synode est le moyen approprié pour appliquer et adapter les lois et les normes de l'Eglise universelle à la situation particulière du diocèse, indiquant les méthodes qu'il convient d'adopter dans le travail apostolique diocésain, surmontant les difficultés inhérentes à l'apostolat et au gouvernement, animant les actions et les initiatives de caractère général, proposant la droite doctrine et corrigeant, s'il en était, les erreurs concernant la foi et la morale.

169
169. Composition à l'image de l'Eglise particulière. Toujours dans le respect des prescriptions canoniques,
CIC 463 il est nécessaire de faire en sorte que la composition du Synode reflète à travers ses membres la diversité des vocations, des tâches apostoliques, des origines sociales et géographiques qui caractérise le diocèse, en veillant toutefois à donner aux clercs un rôle prépondérant, selon leur charge dans la communion ecclésiale. La contribution des membres du Synode aura d'autant plus de valeur que ceux-ci brilleront par leur rectitude de vie, leur prudence pastorale, leur zèle apostolique, leur compétence et leur prestige.

170
170. Présence des observateurs d'autres Eglises ou communautés chrétiennes. En vue d'insérer la préoccupation oecuménique dans la pastorale diocésaine, l'Evêque peut, s'il le juge opportun, inviter en qualité d'observateurs quelques ministres ou membres d'Eglises l'Eglise catholique. La présence de ces observateurs contribuera à faire grandir la connaissance réciproque, la charité mutuelle et, certainement, la collaboration fraternelle ou de Communautés ecclésiales qui ne sont pas en pleine communion avec. Pour repérer de tels observateurs, il conviendra habituellement de procéder en accord avec les chefs religieux de ces Eglises ou Communautés, qui signaleront la personne la plus apte à les représenter. (Cf. CONGREGATION POUR LES EVEQUES ET CONGREGATION POUR L'EVANGELISATION DES PEUPLES, Instruction sur les Synodes diocésains, 11, n. 6).

171
171. Droits et devoirs de l'Evêque dans le Synode. Il revient à l'Evêque de convoquer le Synode diocésain, lorsque, après avoir consulté le Conseil presbytéral, il juge que les circonstances le suggèrent dans le diocèse.
CIC 461,1. Il lui revient de décider de la plus ou moins grande fréquence de convocation du Synode. Le critère qui doit guider 1'Evêque dans cette décision est celui qui concerne les besoins du diocèse et du gouvernement diocésain. Parmi ces motifs, l'Evêque tiendra compte de la nécessité de promouvoir une pastorale d'ensemble, de la nécessité d'appliquer des normes ou des orientations plus importantes dans le cadre diocésain, de problèmes particuliers du diocèse qui requièrent une solution commune, de la nécessité d'une plus grande communion ecclésiale. En évaluant l'opportunité de la convocation du Synode, l'Evêque tiendra compte des résultats de la visite pastorale qui, plus que les études sociologiques ou les enquêtes, lui permettent de connaître les besoins spirituels du diocèse. Il revient encore à l'Evêque de délimiter le sujet du Synode et de porter le Décret de convocation, qu'il communiquera à l'occasion d'une fête liturgique particulièrement solennelle. Celui qui a la charge du diocèse de manière intérimaire CIC 462,1, n'a pas la faculté de convoquer le Synode diocésain. Si l'Evêque a la charge pastorale de plusieurs diocèses, comme Evêque propre ou comme Administrateur, il peut convoquer un seul Synode pour tous les diocèses qui lui sont confiés. CIC 461,2. L'Evêque, dès le début du parcours synodal, devra préciser clairement que les membres du Synode sont appelés à apporter leur aide à l'Evêque diocésain par leurs avis et leur vote consultatif. La forme consultative du vote montre que l'Evêque, tout en en reconnaissant l'importance, est libre d'accueillir ou non les opinions exprimées par les membres du Synode. Toutefois, il évitera de s'écarter d'opinions ou de votes exprimés à une large majorité, à moins de graves motifs à caractère doctrinal, disciplinaire ou liturgique. S'il en était besoin, l'Evêque devra tout de suite montrer clairement que l'on ne peut jamais opposer le Synode à l'Evêque en raison d'une prétendue représentation du Peuple de Dieu. Le Synode une fois convoqué, c'est l'Evêque qui le dirige personnellement, même s'il peut déléguer le Vicaire général ou épiscopal à la présidence de certaines sessions. CIC 462,2 Comme maître dans l'Eglise, il enseigne, corrige, discerne de telle sorte que tous puissent adhérer à la doctrine de l'Eglise.
Il est du devoir de l'Evêque de suspendre ou de dissoudre le Synode diocésain, dans le cas où il jugerait que de graves motifs d'ordre doctrinal, disciplinaire ou social perturbent le déroulement serein des travaux synodaux. CIC 468,1. Avant de porter le Décret de suspension ou de dissolution, il est opportun que l'Evêque entende l'avis du Conseil presbytéral, tout en demeurant libre de prendre la décision qui lui semblera juste. (Cf. CONGREGATION POUR LES EVEQUES ET CONGREGATION POUR L'EVANGELISATION DES PEUPLES, Instruction sur les Synodes diocésains, IV, 7) L'Evêque fera en sorte que les textes synodaux soient rédigés en formules précises, évitant les généralités ou de pures exhortations. Les déclarations et les décrets synodaux devront être signés seulement par l'Evêque. Les expressions utilisées dans les documents doivent mettre clairement en évidence que, dans le Synode diocésain, l'unique législateur est l'Evêque diocésain. L'Evêque n'oubliera pas qu'un décret synodal contraire au droit supérieur est juridiquement invalide.

172
172. Préparation du Synode. L'Evêque doit se sentir profondément responsable de la préparation, de la programmation et de la célébration du Synode, avec des formes renouvelées et adaptées aux nécessités présentes de l'Eglise. Pour ce faire, l'Evêque se conformera à l'Instruction sur les Synodes diocésains donnée par les Congrégations pour les Evêques et pour l'Evangélisation des peuples. (Cf. CONGREGATION POUR LES EVEQUES ET CONGREGATION POUR L'EVANGELISATION DES PEUPLES, Instruction sur les Synodes diocésains, IV, 7) Pour qu'il se déroule bien et qu'il s'avère vraiment fécond pour la croissance de la communauté diocésaine, le Synode doit être préparé de manière appropriée. Dans ce but, l'Evêque doit constituer une commission préparatoire qui, durant la phase de préparation, soit à même de l'assister et d'exécuter ce qui a été décidé. De cette manière, on procédera à l'élaboration du règlement du Synode.

173
173. Suggestions, prière et informations pendant la préparation du Synode diocésain. L'Evêque invitera les fidèles à formuler librement des suggestions au Synode et, en particulier, et il sollicitera les prêtres afin qu'ils fassent parvenir les propositions concernant le gouvernement pastoral du diocèse. C'est à partir de ces contributions et avec l'aide de groupes d'experts ou de membres du Synode déjà élus, que l'Evêque fixera les diverses questions qui seront soumises à la discussion et à la délibération synodales. Dès le début des travaux préparatoires, l'Evêque aura soin de tenir tout le diocèse informé de cet événement et de demander que l'on prie avec ferveur pour son heureux résultat. Il peut aussi mettre en place une catéchèse à tous les niveaux du diocèse, proposant des documents adaptés à la prédication sur la nature de l'Eglise, sur la participation de tous les fidèles à sa mission surnaturelle et sur la dignité de la vocation chrétienne, à la lumière des enseignements du Concile.

174
174. Célébration du Synode. Le caractère ecclésial de l'assemblée synodale se manifeste d'abord dans les célébrations liturgiques, qui en constituent le noyau le plus visible. (Cf. Cérémonial des Evêques, n. 1169-1176) Il est opportun que les liturgies eucharistiques solennelles, aussi bien d'ouverture que de clôture du Synode, tout comme les célébrations quotidiennes, soient ouvertes à tous les fidèles.
Les études et les débats sur les questions et les schémas proposés sont réservés aux membres de l'assemblée synodale, toujours en présence et sous la présidence de l'Evêque ou de son délégué. "Toutes les questions proposées seront soumises à la libre discussion des membres dans les sessions du Synode",
CIC 465 mais "l'Evêque a le devoir d'exclure de la discussion synodale des thèses ou des positions - fussent-elles proposées afin de transmettre au Saint-Siège des "souhaits" à ce sujet - qui seraient en désaccord avec la doctrine permanente de l'Eglise ou du Magistère pontifical, ou qui concerneraient des matières disciplinaires réservées à l'autorité ecclésiastique suprême ou autre". (CONGREGATION POUR LES EVEQUES ET CONGREGATION POUR L'EVANGELISATION DES PEUPLES, Instruction sur les Synodes diocésains, IV, 4)
A la fin des interventions, l'Evêque confiera à diverses commissions la rédaction des projets de documents synodaux, en donnant les indications nécessaires. Enfin, il examinera les textes préparés et en tant qu'unique législateur, il signera les décrets et les déclarations synodales et il les fera publier sous son autorité personnelle. CIC 455
Une fois le Synode conclu, l'Evêque se préoccupera de la transmission des décrets et des déclarations au Métropolitain ainsi qu'à la Conférence épiscopale, pour favoriser la communion et l'harmonie législative entre les Eglises particulières d'une même région, et, par l'intermédiaire de la Représentation pontificale, il enverra aux Dicastères concernés du Saint-Siège, en particulier à la Congrégation pour les Evêques et à la Congrégation pour l'Evangélisation des Peuples, le Livre du Synode. CIC 467 (CONGREGATION POUR LES EVEQUES ET CONGREGATION POUR L'EVANGELISATION DES PEUPLES, Instruction sur les Synodes diocésains, V, 5) Si les documents synodaux de caractère surtout normatif ne se prononcent pas sur leur application, il reviendra à l'Evêque d'en déterminer les modalités d'exécution, en la confiant aussi aux organismes diocésains.

175
175. "Forum" et autres Assemblées ecclésiales similaires. Il est souhaitable que les normes du Code de Droit canonique sur le Synode diocésain et les indications de l'instruction sur les Synodes diocésains, servatis servandis, soient aussi observées dans les "forum" et dans les autres assemblées ecclésiales de type synodal. Avec un grand sens de responsabilité, l'Evêque doit guider ces assemblées et veiller à ce que ne soient pas adoptées des propositions contraires à la foi et à la discipline de l'Eglise.

176
- b) LA CURIE DIOCESAINE

176. La Curie diocésaine en général. "La Curie diocésaine se compose des organismes et des personnes qui prêtent leur concours à l'Evêque dans le gouvernement du diocèse tout entier, surtout dans la direction de l'action pastorale, dans l'administration du diocèse, ainsi que dans l'exercice du pouvoir judiciaire
CIC 469. C'est en effet "la structure qui permet à l'Evêque de manifester sa charité pastorale sous ses divers aspects".
La structure essentielle de la Curie diocésaine, qui est décrite dans les CIC 469-494, peut être intégrée par l'Evêque - sans toutefois modifier les organismes prévus par la discipline en vigueur - à d'autres bureaux qui ont des attributions ordinaires ou déléguées de manière stable, surtout à caractère pastoral, selon les nécessités du diocèse, en fonction de ses dimensions et des habitudes locales.
L'Evêque nomme librement les titulaires des différents offices de la Curie CIC 157 CIC 470 en choisissant ceux qui se distinguent par leur compétence dans le domaine en cause, par leur zèle pastoral et par l'intégrité de leur vie chrétienne, évitant de confier des missions ou des charges à des personnes mal préparées: il devra au contraire s'assurer de leur préparation théologique, pastorale et technique et seulement alors les introduire progressivement dans les divers domaines de travail spécialisé. Pour nommer aux divers offices, il convient que l'Evêque recueille l'avis de certains prêtres et laïcs selon les modalités qu'il jugera opportunes. S'il s'agit de prêtres, l'Evêque aura soin qu'ils puissent avoir quelque autre ministère avec charge d'âmes pour que soit maintenu vivant leur zèle apostolique et pour éviter qu'ils ne s'enferment, par manque de contact direct avec les fidèles, dans une regrettable mentalité bureaucratique.
Les diverses tâches de la Curie permettent le bon fonctionnement des services diocésains et la continuité de l'administration, par delà du renouvellement des personnes. Il est important que, dès sa nomination, l'Evêque prenne connaissance des détails de l'organisation de la Curie ainsi que de sa pratique administrative et qu'il s'y conforme dans la mesure du possible, puisque cela facilite un rapide examen des dossiers. Cela n'empêche pas, évidemment, l'introduction d'améliorations fonctionnelles qui seraient nécessaires et la rectification rigoureuse de ce qui serait moins conforme à la discipline canonique.

177
177. La coordination des divers bureaux. "L'Evêque diocésain doit veiller à ce que toutes les affaires qui concernent l'administration du diocèse tout entier soient convenablement coordonnées et organisées afin d'assurer le mieux possible le bien de la portion du Peuple de Dieu qui lui est confiée".
CIC 473 Par. 1.
La coordination de l'activité pastorale du diocèse relève naturellement à l'Evêque diocésain, dont dépendent directement les Vicaires généraux et épiscopaux. . S'il le juge opportun, l'Evêque peut constituer un "Conseil épiscopal" composé de ses Vicaires, afin de coordonner l'ensemble de l'action pastorale du diocèse. CIC 473,4.
L'Evêque peut aussi établir la charge de Modérateur de Curie, dont la tâche spécifique est d'assurer la coordination des questions administratives et de veiller à ce que le personnel de la Curie accomplisse fidèlement ses tâches. La charge de Modérateur devra être confiée à un Vicaire général, à moins que des circonstances particulières n'invitent à faire autrement; de toute manière, le Modérateur doit être un prêtre. CIC 473,2-3
En dirigeant et en organisant le fonctionnement de tous les services diocésains, l'Evêque gardera présent à l'esprit le principe général que les structures diocésaines doivent toujours être au service du bien des âmes et que les exigences d'organisation ne peuvent pas l'emporter sur le souci des personnes. Il faut donc faire en sorte que l'organisation soit souple et efficace, qu'elle se garde de toute complication et bureaucratie inutiles, et qu'elle soit toujours orientée vers la fin surnaturelle de ce travail.

178
178. Le Vicaire général et les Vicaires épiscopaux. L'Evêque doit nommer un Vicaire général, charge primordiale de la Curie diocésaine, afin qu'il l'aide dans le gouvernement du diocèse.
CD 27 CIC 475,1
Même si, selon la norme, il est préférable qu'il y ait un seul Vicaire général, l'Evêque peut en nommer davantage, s'il juge que les dimensions du diocèse ou d'autres motifs pastoraux le rendent opportun. Comme ils ont tous le même pouvoir sur l'ensemble du diocèse, il faut opérer une coordination précise de leurs activités, en respectant ce que prévoit le Code en ce qui concerne les grâces accordées par l'un ou l'autre Ordinaire, CIC 65 et plus généralement en ce qui concerne l'exercice des compétences assignées à chacun.
Quand le bon gouvernement du diocèse l'exige, l'Evêque peut nommer aussi un ou plusieurs Vicaires épiscopaux. Ils ont les mêmes pouvoirs que le Vicaire général mais limités à une partie du diocèse ou à un certain type de questions, liées soit à des fidèles d'un rite particulier ou à un groupe déterminé de personnes. La nomination des Vicaires épiscopaux doit toujours être faite pour un certain temps qui sera précisé dans l'acte de constitution. CD 23-27 CIC 476
Dans la nomination d'un Vicaire épiscopal, l'Evêque aura soin de définir clairement le domaine de ses facultés, afin d'éviter l'empiétement des compétences ou, pire encore, l'incertitude du titulaire de la charge ou des fidèles.
L'Evêque diocésain nommera Vicaire général ou Vicaires épiscopaux des prêtres à la doctrine sûre, dignes de confiance, estimés par le presbyterium et par l'opinion publique, sages, honnêtes et moralement irréprochables, ayant une expérience pastorale et administrative, capables de nouer d'authentiques relations humaines et de traiter les affaires qui intéressent le diocèse. Quant à leur âge, ils devront avoir plus de 30 ans, mais la prudence invite à attendre, quand c'est possible, qu'ils aient atteint 40 ans et qu'ils soient parvenus à une préparation académique convenable par l'obtention d'un doctorat ou d'une licence en Droit canonique ou en théologie, ou qu'au moins ils soient vraiment compétents dans ces disciplines.
Le Vicaire général et, dans le cadre de leurs attributions, les Vicaires épiscopaux, en raison de leur charge, ont le pouvoir exécutif ordinaire; ils peuvent donc accomplir tous les actes administratifs qui sont de la compétence de l'Evêque diocésain, à l'exception de ceux que l'Evêque lui-même se serait réservé et que le Code de Droit canonique confie expressément à l'Evêque diocésain: pour accomplir de tels actes, le Vicaire doit avoir un mandat spécial de l'Evêque.
L'Evêque diocésain ne peut pas nommer à la charge de Vicaire général ou de Vicaire épiscopal des membres de sa famille jusqu'au quatrième degré. Ces charges ne sont pas compatibles avec celle de chanoine Pénitencier. CIC 478,1-2.
Les Vicaires doivent toujours agir selon la volonté et les intentions de l'Evêque à qui ils doivent rendre compte des questions principales dont ils s'occupent. CIC 480.

179
179. Le Chancelier de la Curie et les autres notaires. "Dans chaque Curie sera constitué un chancelier dont la fonction principale (...) est de veiller à ce que les actes de la Curie soient rédigés et expédiés et conservés aux archives".
CIC 482,1. Toutefois la charge de chancelier ne se limite pas à ces secteurs, puisque ses compétences (et celles du vice-chancelier s'il y en a un) s'étendent à deux autres charges importantes: CIC 482

- a) Notaire de la Curie: la charge notariale, qui est celle du chancelier et des autres notaires éventuels, a une importance canonique particulière car sa signature fait publiquement foi de la rédaction des actes juridiques, judiciaires ou administratifs, c'est-à-dire qu'il "certifie" l'identité juridique d'un document, ce qui présuppose que l'acte lui-même a été préalablement qualifié et que l'on a vérifié qu'il était correctement rédigé.
L'Evêque se fera aider également par le chancelier ou les notaires pour la préparation des documents juridiques, tels que les actes juridiques de toute sorte, les décrets, les indults, etc., afin que leur rédaction soit claire et précise.

- b) Secrétaire de Curie: sa tâche est de veiller, en étroite collaboration avec le Vicaire général et, s'il y en a un, avec le Modérateur de la Curie, au bon fonctionnement des tâches administratives de la Curie.
Il revient au droit particulier de préciser les relations du chancelier avec les autres offices principaux de la Curie.
La charge de chancelier doit être confiée à un fidèle qui se distingue par son honnêteté personnelle au-dessus de tout soupçon, par sa compétence canonique et par son expérience dans la gestion des dossiers administratifs. CIC 483-484 (526) Dans les questions où la réputation d'un prêtre pourrait être mise en cause, le notaire doit être un prêtre. CIC 483,2
En cas de besoin, ou quand l'Evêque le juge nécessaire, le chancelier peut être secondé par un vice-chancelier ayant les mêmes fonctions que le chancelier. Celui-ci devra être doué des mêmes qualités que celles requises pour le chancelier.

180
180. Le tribunal diocésain. L'Evêque exerce le pouvoir judiciaire soit personnellement, soit par le Vicaire judiciaire et les juges.
CIC 391,2.
L'administration de la justice canonique est une tâche qui comporte une grave responsabilité et qui exige, avant tout, un sens profond de la justice, mais aussi une qualification canonique appropriée et l'expérience qui y correspond. CIC 1420,4 CIC 1421,3. Pour cette raison, l'Evêque choisira avec soin les titulaires des différentes charges:
- le Vicaire judiciaire, juge et chef de l'administration judiciaire, doit être nécessairement nommé par l'Evêque. CIC 1420,1. Sa nomination sera pour un temps déterminé et renouvelable. Le Vicaire judiciaire et les éventuels Vicaires judiciaires adjoints doivent être prêtres, âgés d'au moins 30 ans, jouir d'une réputation intègre, être docteurs ou licenciés en droit canonique. Le Vicaire judiciaire reste en charge durant la vacance du Siège et il ne peut pas être révoqué par l'Administrateur diocésain;

- les autres juges diocésains, dont la nomination requiert des qualités identiques à celles du Vicaire judiciaire, qui s'occupent des causes canoniques au nom de l'Evêque;

- le promoteur de justice et le défenseur du lien, ayant pour fonction de veiller, chacun selon la compétence qui lui est propre, au bien public de l'Eglise. CIC 1430 CIC 1432. L'Evêque peut confier ces deux charges à des laïcs compétents, selon les modalités et les conditions établies par les normes canoniques, CIC 1435 afin que les clercs soient plus libres pour accomplir les tâches indispensables de l'Ordre sacré. Dans le cas où la Conférence épiscopale le permet, les fidèles laïcs peuvent aussi être juges; en cas de nécessité, l'un d'entre eux peut être choisi pour être membre d'un collège. CIC 1421,2.
Si, en raison des circonstances locales, plusieurs diocèses constituent un tribunal interdiocésain de première instance, les Evêques concernés exercent en commun les charges qui reviendraient à chacun quant à son tribunal diocésain. CIC 1423
Conscient du fait que l'administration de la justice est un aspect du pouvoir sacré, dont l'exercice juste et opportun est très important pour le bien des âmes, l'Evêque considérera le domaine judiciaire comme objet d'une préoccupation pastorale personnelle. En respectant la juste indépendance des organismes légitimement constitués, il veillera cependant à l'efficacité de leur travail et surtout à leur fidélité à la doctrine de l'Eglise en matière de foi et de coutumes particulièrement dans le domaine matrimonial- Sans se laisser intimider par le caractère technique de nombreuses questions il saura se faire conseiller et prendre les mesures de gouvernement qui s'imposent de manière à avoir un tribunal dans lequel resplendisse la véritable justice à l'intérieur de l'Eglise.

181
181. Les organismes diocésains de la pastorale. Dans le but de faire aussi de la Curie un instrument approprié pour la direction des oeuvres d'apostolat,
CD 27 il convient de constituer, selon les possibilités du diocèse, d'autres offices ou commissions, de manière permanente ou temporaire, ayant pour charge de mettre en oeuvre les programmes diocésains et d'étudier les initiatives dans les divers champs pastoraux et apostoliques (famille, enseignement, pastorale sociale, etc.). L'Evêque examine les propositions de ces organismes avec l'aide du Conseil presbytéral et du Conseil pastoral diocésain et il en décide.
Pour déterminer les offices ou commissions qu'il convient de créer, l'Evêque se servira des indications du Saint-Siège et des recommandations de la Conférence épiscopale, et il veillera aussi aux nécessités particulières et aux habitudes du diocèse. Quel que soit le modèle d'organisation adopté, il convient d'éviter que se créent ou se perpétuent des formes de gouvernement atypiques, qui, d'une certaine façon, se substitueraient ou entreraient en compétition avec les organismes prévus par la loi canonique, ce qui n'aiderait sûrement pas à l'efficacité du gouvernement pastoral. Cet impératif a un corollaire nécessaire sur le plan paroissial, où le curé et le Conseil pastoral doivent effectivement exercer la charge qui leur revient en propre, évitant toute forme de gouvernement à caractère démagogique. CIC 519 CIC 536.
Pour une meilleure efficacité, il importe que le travail de ces organismes soit bien distribué et bien coordonné, en évitant les interférences réciproques, les distinctions superflues des tâche, ou au contraire leur confusion. L'Evêque cherchera à inculquer à tous un fort esprit de collaboration en vue de l'unique but commun, ainsi qu'un esprit d'initiative responsable pour gérer leurs propres affaires. L'Evêque rencontrera les responsables de ces organismes ou les délégués, pour orienter leur travail et encourager leur zèle apostolique. Il apparaît en outre utile que tous ceux qui travaillent dans le même champ d'apostolat se réunissent périodiquement pour évaluer ensemble leur engagement commun, pour échanger leurs points de vue et pour chercher à rejoindre les objectifs fixés par avance.

182
- c) LES CONSEILS DIOCESAINS

182. Le Conseil presbytéral. La communion hiérarchique entre l'Evêque et le presbyterium, fondée sur l'unité du sacerdoce ministériel et de la mission ecclésiale, se manifeste institutionnellement par le Conseil presbytéral, en tant qu'il est "la réunion des prêtres représentant le presbyterium qui soit comme le sénat de l'Evêque, et à qui il revient de l'aider selon le droit dans le gouvernement du diocèse, dans le but de promouvoir le plus efficacement possible le bien pastoral de la portion du peuple de Dieu confiée à l'Evêque".
NM 45 CIC 495,1 (537)
De cette manière, le Conseil, en plus de faciliter le dialogue nécessaire entre l'Evêque et le presbyterium, sert à faire grandir la fraternité entre les différentes composantes du clergé du diocèse. Le Conseil s'enracine dans la réalité du presbyterium et dans les fonctions ecclésiales particulières qui reviennent aux prêtres, en tant que premiers collaborateurs de l'ordre épiscopal. LG 28. Le Conseil est donc "diocésain" par nature, il doit obligatoirement être constitué dans chaque diocèse CIC 495,1 et la condition sacerdotale est absolument requise que ce soit pour faire partie du CIC 498 CIC 495,1 Conseil ou pour participer à l'élection de ses membres.
Le Conseil presbytéral ne doit jamais agir à l'insu de l'Evêque diocésain, à qui seul revient de le convoquer, de le présider, déterminer les questions à traiter et de rendre public le contenu des discussions et les éventuelles décisions adoptées. CIC 500,1-3.
Même s'il est de nature consultative, CIC 500,2, le Conseil est appelé à assister l'Evêque dans le gouvernement du diocèse. Il est aussi le lieu approprié pour faire apparaître une vue d'ensemble de la situation diocésaine et pour discerner ce que l'Esprit Saint suscite à travers les personnes et les groupes; pour échanger avis et expériences; pour déterminer, enfin, des objectifs clairs pour l'exercice des différents ministères diocésains, en proposant des priorités et en suggérant des méthodes.
L'Evêque doit consulter le Conseil dans les questions de plus grande importance, relatives à la vie chrétienne des fidèles et au gouvernement du diocèse. CIC 500,2 (La loi canonique établit que le Conseil presbytéral doit être consulté dans les questions particulières suivantes: CIC 461 convocation du Synode diocésain - CIC 515,2 érection, suppression et modification de paroisses; CIC 1222,2 réduction d'une église à un usage profane; CIC 1263 contributions;- mais l'Evêque doit également consulter le Conseil presbytéral dans tous les autres cas de plus grande importance) Après avoir obtenu l'avis du Conseil, l'Evêque est libre de prendre les décisions qu'il considère opportunes, jugeant et décidant "coram Domino", à moins que le droit universel ou particulier n'exige l'assentiment de ce même Conseil pour des questions particulières. CIC 500,2. Toutefois, l'Evêque ne doit pas s'éloigner de l'avis concordant de ses conseillers sans de sérieux motifs, qu'il doit évaluer selon son jugement prudent. CIC 127,2 n. 2.
La composition du Conseil doit permettre une représentation appropriée des prêtres qui travaillent pour le diocèse, en tenant compte par-dessus tout de la diversité des ministères et des différentes régions, afin que le Conseil soit le reflet de la présence numérique et de l'importance pastorale de chaque zone du diocèse. CIC 499. Si le nombre des prêtres du diocèse est très réduit, rien n'empêche de tous les convoquer. Cette Assemblée du presbyterium se substituera à l'Assemblée prévue du Conseil presbytéral.
Le Conseil doit élaborer ses Statuts, dans lesquels sont établies les normes concernant sa composition, l'élection de ses membres, les principaux thèmes à examiner, la fréquence des réunions, les responsabilités internes (modérateur, secrétaire, etc.) et les éventuelles commissions pour traiter de questions déterminées, le mode de fonctionnement dans les réunions, etc. Les Statuts seront proposés à la libre approbation de l'Evêque, qui devra en vérifier la conformité avec les prescriptions du Code et de la Conférence épiscopale, et s'assurer que la structure envisagée correspond bien à celle d'un organisme consultatif, sans une complexité d'organisation qui pourrait nuire à sa clarté. CIC 496.
Dans un dialogue serein et une écoute attentive de ce que peuvent exprimer les membres du Conseil, l'Evêque encouragera les prêtres à adopter des positions constructives, responsables et clairvoyantes, en ayant seulement à coeur le bien du diocèse. Au-delà des visions partiales et individuelles, l'Evêque diocésain cherchera à promouvoir à l'intérieur du Conseil un climat de communion, d'attention et de recherche commune des solutions les meilleures. Il évitera de donner l'impression que cet organisme est inutile et il conduira les réunions de manière telle que tous les conseillers puissent librement donner leur avis.
Au cas où le Conseil presbytéral ne remplirait pas sa fonction pour le bien du diocèse ou en abuserait gravement, l'Evêque peut, selon le droit, le dissoudre, avec l'obligation d'en constituer un nouveau dans l'année. CIC 501,3
A la vacance du siège du diocèse, le Conseil presbytéral cesse et ses fonctions sont remplies par le Collège des consulteurs. Le nouvel Evêque doit à nouveau constituer le Conseil presbytéral dans l'année qui suit la prise de possession du diocèse. CIC 501,2.

183
183. Le Collège des consulteurs. "Parmi les membres du Conseil presbytéral, quelques prêtres sont nommés librement par l'Evêque diocésain au nombre d'au moins six et pas plus de douze, qui constitueront pour une durée de cinq ans le Collège des consulteurs, auquel reviennent les fonctions fixées par le droit".
CIC 501,1. La constitution de ce Collège a pour but de garantir à l'Evêque une assistance qualifiée, lui donnant son consentement et son avis selon ce qui a été prévu par le Droit, au moment de prendre des dispositions importantes de nature économique, CIC 494,1-2 CIC 1277 CIC 1292,1 et, en cas de vacance ou d'empêchement du siège, d'assurer la continuité du gouvernement épiscopal CIC 272 CIC 485 CIC 1018,1 n. 2, et le bon déroulement de la succession. CIC 382,3 CIC 404,1; CIC 413,2 CIC 421,1 CIC 422 CIC 430,2 CIC 833,4. La Conférence épiscopale peut établir que les fonctions du Collège sont confiées au Chapitre cathédral. CIC 502,3.
Les réunions du Collège des consulteurs doivent être présidées par l'Evêque diocésain ou par celui qui en fait office, qui s'abstiennent de voter avec les consulteurs lorsqu'on demande l'avis ou le consentement du Collège. CIC 127 CIC 502,2. (CONSEIL PONTIFICAL POUR L'INTERPRETATION DES TEXTES LEGISLATIFS, Responsum du 5 juillet 1985)

184
184. Le Conseil pastoral. Tout en faisant usage de la liberté que la discipline canonique permet, il est bon que dans chaque diocèse se constitue le Conseil pastoral diocésain, en tant que forme institutionnelle visant à exprimer la participation de tous les fidèles à la mission de l'Eglise, quel que soit leur statut canonique. Par conséquent, le Conseil pastoral est composé de fidèles, de clercs, de membres des Instituts de vie consacrée et surtout de laïcs,
NM 45 CIC 512,1, et il lui revient "sous l'autorité de l'Evêque d'étudier ce qui dans le diocèse touche l'activité pastorale, de l'évaluer et de proposer des solutions pratiques CD 27 CIC 511. Ses Statuts sont établis et, si besoin est, modifiés par l'Evêque. CIC 513,1
Même si en rigueur de termes il ne représente pas les fidèles, le Conseil doit être une image fidèle de la portion du peuple de Dieu qui constitue l'Eglise particulière et ses membres doivent être choisis "compte tenu des diverses régions du diocèse, des conditions sociales et professionnelles et de la participation qu'individuellement ou collectivement ils ont à l'apostolat". CIC 512,2
Tous les membres du Conseil pastoral doivent être en pleine communion avec l'Eglise catholique et doivent se distinguer par une foi assurée, de bonnes moeurs et la prudence. CIC 512,1. Il revient à l'Evêque de décider, par des indications statutaires opportunes, des modalités de désignation de ses membres: en confiant par exemple aux paroisses et à d'autres institutions la proposition des candidats, se réservant toutefois - peut-être à travers la confirmation de ceux qui ont été précédemment élus - le droit d'exclure ceux qui n'apparaissent pas idoines.
L'Evêque convoquera le Conseil au moins une fois par an. C'est l'Evêque lui-même qui propose les questions à examiner, qui préside les réunions, qui décide s'il convient ou non de rendre publics les thèmes traités et qui détermine le mode de mise en application des décisions prises. CIC 514,1. Le travail du Conseil est, par conséquent, de nature consultative, CIC 514,1 et doit toujours se caractériser par un respect délicat aussi bien de la juridiction épiscopale que de l'autonomie des fidèles, pris individuellement ou en association, sans directives ou coordination imposées qui seraient étrangères à sa nature propre. Cependant, l'Evêque doit prendre en considération l'avis des membres du Conseil, en tant que collaboration responsable de la communauté ecclésiale à sa charge apostolique.
L'Evêque peut soumettre aux discussions du Conseil des questions relatives aux activités pastorales du diocèse: CIC 511 comme par exemple le projet pastoral, les différentes initiatives missionnaires, catéchétiques et apostoliques diocésaines, les moyens pris pour améliorer la formation doctrinale et la vie sacramentelle des fidèles, la manière de faciliter le ministère pastoral des clercs, la sensibilisation de l'opinion publique aux problèmes de l'Eglise, etc.
Afin que l'action du Conseil soit plus efficace, il conviendra que les sessions soient précédées d'une étude préparatoire appropriée, en se servant à cette fin du soutien des institutions et des services pastoraux diocésains.
Il est opportun que les Evêques discutent de l'activité des Conseils pastoraux diocésains en session de Conférence épiscopale, afin que chacun puisse tirer parti de l'expérience des autres dans son diocèse.
Le Conseil pastoral cesse son activité durant la vacance du siège du diocèse CIC 513,2 et il peut être dissous par l'Evêque lorsqu'il n'accomplit pas les fonctions qui lui ont été assignées.

185
- d) LE CHAPITRE DES CHANOINES

185. Fonction du Chapitre et nomination des chanoines. "Le chapitre des chanoines, cathédral ou collégial, est le collège des prêtres auquel il revient d'accomplir les fonctions liturgiques les plus solennelles dans l'église cathédrale ou collégiale; en outre, il revient au chapitre cathédral de remplir les fonctions qui lui sont confiées par le droit ou par l'Evêque diocésain".
CIC 503 Pour faire partie du Chapitre, l'Evêque appellera des prêtres remarquables par la doctrine et l'exemple de leur vie sacerdotale; il peut aussi appeler des prêtres qui exercent des charges importantes dans le diocèse, en se rappelant toutefois que le Vicaire général, les Vicaires épiscopaux et les consanguins de l'Evêque jusqu'au quatrième degré ne peuvent recevoir la charge de chanoine pénitencier. CIC 509,2 CIC 578,2.

186
186. Erection, modification et suppression du Chapitre. L'érection du Chapitre cathédral, qui n'est pas obligatoire, ainsi que sa modification et sa suppression sont réservées au Siège apostolique.
CIC 504 Dans le respect des lois de fondation, et en tenant compte des coutumes et des usages locaux, le Chapitre élabore lui-même ses Statuts, qui seront ensuite présentés à l'approbation de l'Evêque. CIC 505-506 Il convient d'établir un règlement, dans lequel seront abordées plus en détail les questions sur la manière de procéder.

187
587. Les charges dans le Chapitre. Chaque Chapitre a un président, agissant comme primus inter pares et comme modérateur des réunions. Les Statuts peuvent déterminer que le président est élu par les chanoines, la confirmation de celui-ci revenant à l'Evêque.
CIC 507,1 CIC 509,1 (CONSEIL PONTIFICAL POUR L'INTERPRETATION DES TEXTES LEGISLATIFS, Responsum du 20 mai 1989) Parmi les autres charges du Chapitre - toutes déterminées librement par l'Evêque CIC 509,1 - on doit mentionner celle de chanoine pénitencier, ayant pour importante faculté d'absoudre des censures canoniques au for interne. CIC 508,1. Là où il n'y a pas de Chapitre des chanoines, l'Evêque doit nommer un prêtre qui assure les fonctions de pénitencier. CIC 508,2

188
- e)L'EVEQUE ADMINISTRATEUR DES, BIENS ECCLESIASTIQUES DU DIOCESE. - L'ECONOME ET LE CONSEIL POUR LES AFFAIRES ECONOMIQUES

188. Devoirs de l'Evêque dans l'administration des biens patrimoniaux. En raison de la présidence qu'il assume dans l'Eglise particulière, c'est à l'Evêque que revient l'organisation de ce qui relève de l'administration des biens ecclésiastiques, par des normes et des indications, en harmonie avec les directives du Siège apostolique et en se servant des éventuelles orientations et subventions de la Conférence épiscopale.
CIC 1276,2
En outre, en tant qu'unique administrateur du diocèse, il lui revient:

- de veiller sur l'administration de tous les biens des personnes juridiques qui lui sont soumises, afin que des abus ne s'y glissent pas; CIC 1276,1, d'établir par décret, après avoir entendu le conseil diocésain pour les affaires économiques, les actes qui dépassent les limites et les modalités de l'administration ordinaire; d'aliéner, avec le consentement du conseil diocésain pour les affaires économiques et du collège des consulteurs, les biens dont la valeur se situe entre la somme minimale et la somme maximale fixées par la Conférence épiscopale. Pour les aliénations de biens dont la valeur dépasse la somme maximale ou bien d'ex-voto ou d'objets précieux, ayant une valeur artistique ou historique, l'autorisation du Saint-Siège est également requise; CIC 392,2 CIC 1281,1-2 CIC 1292,1-2.

- de faire exécuter les donations et les dispositions "mortis causa" (appelées "dernières volontés") en faveur des oeuvres pieuses. Il devra en ce cas accomplir ou faire accomplir la volonté du bienfaiteur. CIC 1300-1301

Dans l'administration des biens, l'observation de la justice étant toujours sauve, l'Evêque doit pourvoir en premier lieu aux nécessités du culte, de la charité, de l'apostolat et de la subsistance des prêtres, en y subordonnant toute autre finalité.

189
189. Principaux critères qui doivent guider l'administration des biens. Les critères de base sont les suivants:

- a) Le critère de la compétence pastorale et technique: il convient "de confier l'administration économique du diocèse à des personnes non seulement honnêtes mais compétentes, de manière qu'elle puisse être proposée comme exemple de transparence pour toutes les autres institutions ecclésiastiques analogues". . L'Evêque doit en effet solliciter la collaboration du Collège des consulteurs et du Conseil pour les affaires économiques dans des domaines déterminés par la loi universelle de l'Eglise
CIC 1277 CIC 1263 CIC 494,1-2; CIC 1281,2 CIC 1292 CIC 1295 CIC 1287,1; CIC 1304-1305 CIC 1310,2, et aussi quand l'importance de la question ou ses circonstances particulières imposent une telle règle de prudence.

- b) Le critère de participation: à travers le conseil presbytéral, l'Evêque doit faire participer le clergé diocésain aux décisions importantes qu'il veut prendre en matière économique et lui demander son avis sur la question. CIC 500,2. Selon la nature de la question, peut être utile de demander également l'avis du Conseil pastoral.
Il est aussi opportun que la communauté diocésaine soit au courant de la situation économique du diocèse. A cette fin, à moins que la prudence ne conseille autre chose dans certains cas, l'Evêque prescrira de rendre publics les rapports économiques à la de chaque année et à la fin des activités diocésaines. Les paroisses et les autres institutions pourront procéder de la même manière, sous la vigilance de l'Evêque.

- c) Le critère ascétique, selon l'esprit évangélique, exige que les disciples du Christ usent de ce monde comme s'ils n'en usaient pas, 1Co 7,31, et qu'ils soient à cette fin mesurés et désintéressés, confiants dans la divine providence et généreux avec ceux qui sont dans le besoin, gardant te, ours le lien de l'amour.

- d) Le critère apostolique, qui conduit à utiliser les biens comme un instrument au service de l'évangélisation et de la catéchèse. Cette règle doit guider l'utilisation des moyens de communication et de l'informatique, l'organisation des expositions d'art sacré, les visites guidées des monuments religieux, etc.

- e) Le critère du bon père de famille dans la manière appliquée et responsable de conduire l'administration. CIC 1284. Pour faire particulièrement apparaître ce critère, l'Evêque:
- veillera à assurer la propriété des biens ecclésiastiques de manière valide sur le plan civil et il fera observer les dispositions canoniques et civiles ou celles qui ont été imposées par le fondateur, par le donateur ou par l'autorité légitime. En outre, il sera attentif à ce que le non-respect de la loi civile n'entraîne pas de dommages pour l'Eglise; CIC 1284,2 n. 2-3.
- observera et fera observer avec soin, en ce qui concerne l'exécution de travaux, les lois civiles relatives sur le travail et sur la vie sociale, en tenant compte des principes de l'Eglise; CIC 1286,1
- fera observer les prescriptions du droit civil, particulièrement en ce qui concerne les contrats CIC 1290 et les dispositions "mortis causa" en faveur de l'Eglise; CIC 1299,2.
- devra connaître et faire observer les décisions de la Conférence épiscopale concernant les actes d'administration extraordinaire CIC 1277 et les conditions pour la cession et la location de biens ecclésiastiques; CIC 1297 CIC 1292,1.
- s'attachera à inculquer chez les pasteurs et chez ceux qui ont en charge ces biens un sens aigu de la responsabilité en ce qui concerne leur conservation, de façon à employer toutes les mesures de sécurité visant à prévenir les vols; CIC 1220,2
- suscitera la préparation et la mise à jour d'inventaires même photographiques, dans lesquels les biens immobiliers, ainsi que les meubles précieux ou présentant une valeur culturelle, seront clairement énumérés et décrits. CIC 1283,2

190
190. Organismes patrimoniaux pour la couverture des dépenses du diocèse. Pour faire face aux principales nécessités économiques, la discipline canonique prévoit la création de deux instituts:

- a) Le diocèse doit pourvoir à la rémunération des clercs qui sont à son service, au moyen de la constitution d'un institut ou d'un organisme spécial pour recueillir les biens et les offrandes fidèles, à moins qu'il n'y soit pourvu autrement.
CIC 1274,1.

- b) Dans la mesure où cela s'avère nécessaire, on constituera aussi un "fonds commun" diocésain, pour subvenir aux autres nécessités du diocèse et pour aider les diocèses les plus pauvres. Cependant, on peut aussi pourvoir à cette finalité au moyen de conventions et d'institutions sur le plan interdiocésain ou national. CIC 1274,3-4
Il est souhaitable que toutes ces institutions soient constituées de telle façon qu'elles aient aussi effet en droit civil. CIC 1274,5

191
191. Participation des fidèles à la subsistance de l'Eglise. L'Evêque emploiera, avec des moyens appropriés, à ce que les fidèles soient éduqués à participer à la subsistance de l'Eglise, comme membres actifs et responsables; ainsi, tous sentiront comme leurs les activités ecclésiales et les oeuvres de bienfaisance, et ils seront heureux de collaborer à la bonne administration des biens.
CIC 222,1 CIC 1261,2
Pour subvenir aux besoins de l'Eglise, l'Evêque sollicitera la générosité des fidèles au moyen d'offrandes et de dons, selon les normes de la Conférence épiscopale. CIC 1262 CIC 1265,2.
Il a en outre compétence pour:
- imposer des contributions modérées, en observant les conditions canoniques CIC 1262-1263
- établir, quand cela convient, des quêtes spéciales en faveur des besoins de l'Eglise; CIC 1266
- édicter des normes sur la destination des offrandes reçues des fidèles à l'occasion des actes liturgiques et sur la rémunération des prêtres qui les célèbrent. CIC 531

A ce sujet, l'Evêque doit mesurer avec attention la nécessité réelle et honnête de réunir des fonds, mais aussi l'occasion de ne pas faire peser sur les fidèles des demandes économiques excessives.
Enfin, l'Evêque n'oubliera pas d'instruire et éventuellement d'informer les fidèles sur le sens des offrandes de Messe et des offrandes réalisées à l'occasion de l'administration des sacrements et des sacramentaux, en relation avec le soutien du culte et des ministres sacrés ainsi qu'avec l'aide aux pauvres; il formera les clercs afin d'éviter en cette matière toute apparence d'intérêt profane. PO 20-21 CIC 952 CIC 1264,2; (CONGREGATION POUR LE CLERGE, Décret Mos iugiter, 28.2.1991)

192
192. Le Conseil diocésain pour les Affaires économiques et l'Econome. Dans chaque diocèse, on doit constituer un Conseil pour les affaires économiques, présidé par l'Evêque ou par son délégué.
CIC 492 De tels conseils doivent être constitués également dans chaque paroisse et dans les autres personnes juridiques. CIC 537 CIC 1280 Pour prendre part à de telles instances on fera appel à des fidèles choisis pour leur connaissance des questions économiques et du droit civil, dotés d'une réputation d'honnêteté et d'un amour pour l'Eglise et pour l'apostolat. Là où a été instauré le ministère diaconal, il faut faire en sorte que les diacres permanents participent à ces organismes, selon leur charisme propre.
L'Evêque examinera, avec son conseil diocésain pour les affaires économiques, les projets d'action, les bilans, les plans de financement, etc., et il prendra les décisions en conformité avec le droit. En outre, le Conseil diocésain pour les affaires économiques, ainsi que Collège des Consulteurs, doit être écouté pour les actes d'administration qui, étant donné la situation économique du diocèse, sont de plus grande importance; pour les actes d'administration extraordinaire (établis par la Conférence épiscopale), l'Evêque a besoin du consentement du Collège des Consulteurs et du Conseil diocésain pour les affaires économiques. Dans l'exécution matérielle des différents actes d'administration, étant sauve sa compétence, l'Evêque s'adjoindra la collaboration de l'économe diocésain. CIC 1277 CIC 1292
Le diocèse doit également être pourvu d'un économe, qui doit être nommé par l'Evêque pour cinq ans, renouvelables, après avoir entendu le Collège des consulteurs et le Conseil pour les affaires économiques.
L'économe, qui peut être un diacre permanent ou un laïc, doit avoir une grande expérience dans les domaines économique et administratif, et connaître la législation canonique et civile concernant les biens temporels et les éventuelles conventions ou lois civiles sur les biens ecclésiastiques.
L'économe diocésain doit administrer les biens du diocèse sous l'autorité de l'Evêque, selon les modalités approuvées par le conseil pour les affaires économiques et selon le budget prévisionnel approuvé. A la fin de chaque exercice, l'économe doit rendre compte des recettes et des dépenses au Conseil pour les affaires économiques. CIC 494

193
IV. L'EXERCICE DE LA CHARITE

193. En suivant les pas du Christ. Le Christ a laissé à ses disciples le commandement de la charité: "Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres"
Jn 13,34. La charité, c'est aimer comme le Christ. Pour en témoigner, les membres de l'Eglise ont fait surgir une quantité innombrable d'oeuvres de charité. L'Eglise en effet sait que sa mission, en tant qu'elle est de nature spirituelle, embrasse aussi tous les aspects temporels de la vie humaine, puisque la réalisation du plan de Dieu pour l'homme met en relation étroite l'annonce évangélique et la promotion humaine. RMi 59. Cette conviction s'exprime à travers les multiples formes d'aide et de soutien intégral des pauvres, des personnes opprimées et laissées-pour-compte, de celles qui se trouvent dans des situations d'indigence et de fragilité et vers lesquelles l'Eglise se tourne avec un amour préférentiel. (JP II, Encycl. Sollecitudo rei socialis, n. 42)
Avec la même attention et la même sollicitude, par l'intermédiaire de ses oeuvres d'assistance, l'Eglise cherche à soulager La "souffrance de l'âme" et la "souffrance du corps". Cette sollicitude se manifeste à travers le devoir chrétien d'accomplir les oeuvres de miséricorde corporelle et spirituelle. (JP II, Lettre apost. Salvifici doloris, n. 5) Dès le début de l'Eglise, de telles oeuvres ont été pratiquées au moyen des aumônes Ac 9,36 He 13,16, de la distribution des biens Ac 2,44-45 Ac 4,32-37, des tables communes Ac 6,2 et des collectes en faveur des pauvres Ac 9,36-39 Ac 10,2 Ac 10,31 Ga 2,9-10. C'est ainsi, qu'au début, furent choisis sept hommes auxquels les Apôtres, par la prière et l'imposition des mains, confièrent le ministère de la charité Ac 6,2-6. Il en est de même aujourd'hui dans la communauté chrétienne qui doit conserver à la charité sa place prééminente et susciter de nouvelles formes d'aide et de promotion qui s'ajoutent aux formes traditionnelles.

194
194. l'Eglise, communauté de charité. La responsabilité de l'Evêque dans le domaine de la charité apparaît déjà dans la liturgie de l'ordination épiscopale quand on pose au candidat cette question précise: "Veux-tu, au nom du Seigneur, être toujours accueillant et miséricordieux envers les pauvres et tous ceux qui ont besoin de réconfort et de secours?". Ainsi, conscient de sa charge de président et de ministre de la charité dans l'Eglise, l'Evêque accomplit personnellement ce devoir sous toutes les formes qu'exigent les conditions de la population et que lui permettent les moyens dont il dispose, tout en s'efforçant de répandre dans le coeur de tous les fidèles - clercs, religieux et laïcs - de réels sentiments de charité et de miséricorde envers ceux qui, pour quelque motif, "peinent sous le fardeau"
Mt 11,28, de telle sorte que règne, dans tout le diocèse, la charité qui accueille et rend témoignage au commandement de Jésus Christ. CD 16 PO 9 AA 8. De cette manière les fidèles pourront faire l'expérience que l'Eglise est une véritable famille de Dieu réunie dans l'amour fraternel 1P 1,22 et bien des hommes et des femmes éprouveront le désir de suivre le Christ.
S'inspirant du modèle du bon Samaritain Lc 10,25-37, l'Evêque fera en sorte que les fidèles soient éclairés, encouragés et soutenus, de manière adaptée dans la pratique de toutes les oeuvres de miséricorde, soit personnellement au milieu des conditions concrètes de leur vie, soit en participant aux diverses formes de charité organisée. C'est ainsi que se concrétise dans la vie chrétienne cette relation réciproque qui existe entre la prédication, la liturgie et le témoignage. Eclairés par l'écoute de la Parole et nourris par les Sacrements, les fidèles se dévoueront dans cet exercice de la charité qui authentifie la foi qu'ils professent. Dans la charité est en effet manifesté le commandement nouveau qui révèle au monde la nature nouvelle des fils de Dieu.
C'est pourquoi l'Evêque aura à coeur de soutenir et de favoriser toutes les initiatives de charité qui ont surgi tout au long de l'histoire et celles qui, de nos jours, continuent à naître en vue d'apporter assistance et promotion intégrale aux plus pauvres, aussi bien dans les pays développés que dans ceux qui sont en voie de développement. Il se préoccupera également de la formation permanente des fidèles qui sont engagés dans de telles initiatives, comme organisateurs ou sur le terrain.
Si le ministère de la charité incombe à tous les ministres, c'est un devoir spécifiquement lié au charisme diaconal. LG 29 (V,22,9). C'est pourquoi tous les candidats aux ordres sacrés, mais surtout les aspirants au diaconat permanent, devront se préparer à l'activité caritative par une formation spécifique, qui devra être perfectionnée à la lumière de l'expérience. Les diacres permanents, selon leurs aptitudes personnelles, pourront apporter une aide à l'administration économique du diocèse.
Les assistants sociaux et les professionnels du monde de la santé feront l'objet d'une attention pastorale particulière de la part de l'Eglise, à plus forte raison s'ils travaillent dans des institutions sanitaires catholiques. Ces fidèles doivent être en mesure de découvrir le sens de leur travail professionnel comme vocation, qui exige certes une compétence technique, mais aussi une sensibilité délicate devant les nécessités humaines et spirituelles des personnes et des patients. (JP II, Lettre apost. Salvifici doloris, n. 29)

195
195. Les oeuvres de charité du diocèse. S'il existe déjà dans le diocèse des oeuvres de charité et de secours, l'Evêque se préoccupera de les développer et de les perfectionner toujours davantage et, si besoin, d'en créer de nouvelles, pour répondre à des besoins nouveaux: surtout dans le domaine de l'assistance en faveur des enfants, des jeunes, des personnes âgées, des malades et des personnes handicapées, des émigrés et des réfugiés, pour lesquels la diaconie de la charité de l'Eglise doit être toujours ouverte et disponible.
AA 8 Les grandes villes, en particulier, sollicitent la créativité des Pasteurs car,dans les métropoles, la pauvreté prend de nouvelles formes: qu'il suffise de penser au grand nombre d'ouvriers provenant de diverses nations et races, aux familles qui ne trouvent pas de logement ou de nourriture aux personnes qui vivent dans les bidonvilles, aux jeunes qui s'adonnent à la drogue. Sans oublier les grandes misères spirituelles, qui se répandent toujours plus, comme la perte du sens la vie, la solitude et l'absence d'espérance.
Pour venir en aide de manière efficace à ceux qui sont dans le besoin, l'Evêque promouvra dans son diocèse la Caritas diocésaine ou d'autres institutions similaires qui, sous sa présidence, gardent vivant le sens de la charité fraternelle dans tout le diocèse et suscitent la collaboration généreuse des fidèles aux oeuvres de charité de l'Eglise particulière, car il s'agit là de manifestations de la charité catholique. La Caritas diocésaine, selon les circonstances, pourra collaborer avec des institutions civiles analogues. La transparence marque son action et sa fidélité au devoir de témoignage l'amour, lui permettra d'animer de manière chrétienne ces institutions civiles et, parfois, d'être en mesure de les coordonner. En tous cas, la Caritas diocésaine participera à toutes les initiatives authentiquement humanitaires afin de témoigner de la présence et la solidarité de l'Eglise face aux nécessités humaines. L'Evêque a soin de proposer aux fidèles laïcs qui travaillent dans ces institutions civiles une formation spirituelle adaptée afin qu'ils puissent offrir un témoignage cohérent et compétent. En même temps, l'Evêque veillera, dans la mesure du possible, à ce qu'une Caritas paroissiale soit présente dans chaque paroisse: en relation à la Caritas diocésaine, elle sera dans la communauté paroissiale un moyen d'animation et de coordination ainsi que d'éveil à la charité du Christ. Il serait souhaitable que, dans chaque institution dépendant de l'autorité ecclésiastique, il y ait des associations spécialisées dans la reconnaissance des cas de nécessité, physique ou spirituelle, dans la collecte des subsides et dans le développement des liens de charité entre les bienfaiteurs et les bénéficiaires.

196
196. Le véritable esprit des oeuvres de charité de l'Eglise. Toute activité caritative de l'Evêque et de la communauté chrétienne doit briller par sa rectitude, sa loyauté et sa grandeur et manifester ainsi l'amour gratuit de Dieu pour l'homme, "car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes"
Mt 5,45.
Sans jamais utiliser les oeuvres de charité à des fins déshonnêtes de prosélytisme, l'Evêque et la communauté diocésaine doivent avoir à coeur, à travers elles, de rendre témoignage à l'Evangile et de susciter le désir d'écouter la Parole de Dieu et de se convertir. Toutes les oeuvres de miséricorde et d'assistance accomplies par la communauté chrétienne doivent manifester l'esprit de charité surnaturelle qui les anime, afin de devenir pour les personnes un motif puissant de rendre gloire au Père céleste Mt 5,16. En entreprenant des oeuvres de promotion humaine et d'assistance à des populations frappées par des calamités, l'Evêque, s'il le juge opportun et en suivant les normes et les directives du Siège apostolique, aura soin de favoriser les relations entre les organismes de charité du diocèse et les organismes semblables des Frères séparés, afin qu'à travers ces actions communes d'aide, il soit rendu témoignage à l'unité dans la charité du Christ et que l'on facilite ainsi la connaissance réciproque qui, un jour, avec l'aide de Dieu, pourrait s'épanouir dans l'unité désirée de ceux qui confessent le nom du Christ. C'est à l'Evêque que revient la charge de donner l'impulsion à de telles relations, et de veiller sur l'action oecuménique des organismes caritatifs diocésains en leur donnant des règles de conduite.

197
197. Rapports entre l'assistance de l'Eglise et l'aide publique ou celle d'organismes privés. Bien qu'il sache que l'autorité civile a le devoir et le mérite d'intervenir dans les divers secteurs de l'assistance sanitaire et sociale afin de pourvoir de la meilleure manière possible aux besoins de tous, l'Evêque ne peut oublier que dans le monde il y aura toujours des pauvres
Mt 26,11, c'est-à-dire des personnes qui ont besoin d'une aide sur le plan spirituel, psychologique ou matériel, et qui sont donc confiées à la charité de l'Eglise. En outre, l'Eglise a, dans ce domaine, une mission irremplaçable qui lui vient de la vertu surnaturelle de charité.
L'Evêque évitera toute apparente compétition entre les oeuvres de charité du diocèse et les oeuvres similaires d'autres institutions publiques ou privées, mais il favorisera plutôt l'estime réciproque et la collaboration entre les unes et les autres. Il lui revient cependant de revendiquer pour l'Eglise le droit de venir en aide aux pauvres et d'être présente là où se font sentir les besoins de secours spirituels ou matériels. Dans ce domaine, il ne peut consentir à un monopole quelconque. Il doit enfin se préoccuper que les oeuvres et les institutions caritatives promues par l'Eglise s'adaptent aussi bien aux exigences du progrès technique et scientifique qu'aux législations civiles, à condition que ces législations soient en conformité avec la doctrine de l'Eglise.

198
V. IMPORTANCE DU "SERVICE SOCIAL" ET DU BENEVOLAT

198. Les assistants sociaux et les bénévoles. Parmi les initiatives modernes d'assistance, ce qu'on appelle le service social occupe une place importante, qui, spécialement dans les usines et les divers lieux de travail, dans les familles, dans les quartiers populaires et les banlieues, dans les prisons, s'exerce comme une forme d'aide proposée aux individus et aux groupes pour développer le sens de la dignité de la vie, éduquer à la conscience des responsabilités personnelles et encourager les engagements visant à surmonter les difficultés matérielles et spirituelles.
Il est donc souhaitable que dans le diocèse il y ait un bon nombre d'assistants sociaux, choisis parmi les jeunes hommes et les jeunes filles comme aussi parmi les religieux, qui reçoivent une formation adéquate, surtout en ce qui concerne la doctrine sociale de l'Eglise, dans des écoles et des centres créés à cet effet. Ces assistants sociaux pourront déployer leurs activités dans des centres sociaux établis dans les paroisses les plus importantes ou dans les archiprêtrés ou les doyennés, au nom et avec le soutien de toute la communauté chrétienne
AA 8 pour faire face à toutes les formes de pauvreté, qu'elles soient nouvelles ou anciennes, "que l'on rencontre souvent dans des secteurs et des catégories non dépourvus de ressources économiques, mais exposés à la désespérance du non-sens, au piège de la drogue, à la solitude du grand âge ou de la maladie, à la mise à l'écart ou à la discrimination sociale". NM 50
Il est consolant de constater comment, ces derniers temps, se sont multipliées diverses formes de bénévolat par lesquelles les chrétiens, avec d'autres personnes de bonne volonté, spécialement les jeunes, consacrent leur temps et leurs énergies dans des organisations d'aide aux pauvres, dans le diocèse ou en différents points du monde. De telles initiatives font beaucoup de bien, car, non seulement elles apportent soulagement à ceux qui souffrent de la pauvreté, mais elles contribuent de manière notable à la formation des jeunes générations chrétiennes et elles sont un moyen efficace pour faire connaître la foi de l'Eglise à d'autres personnes. (JP II, Lettre aux Bénévoles, 5.12.2001) Là où le bénévolat ne serait pas suffisamment développé, il conviendrait donc que l'Evêque suscite un tel esprit, qui pousse à se consacrer au bien des autres et qui favorise la création des structures adéquates, au besoin en les instituant personnellement. Compte tenu du grand intérêt que représentent ces oeuvres pour le bien commun, il sera normal, dans bien des cas, de solliciter la collaboration économique des institutions publiques ou, spécialement dans les pays les plus pauvres, celle d'autres instituts ou organisations, afin d'établir et de faire vivre ces oeuvres.

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199. Rapports entre charité et liturgie. Pour éveiller parmi les fidèles le sens de la charité chrétienne, l'Evêque montrera comment la participation active et consciente à la liturgie, surtout à l'Eucharistie, amène nécessairement à la pratique de la charité envers les pauvres et ceux qui sont dans le besoin. Pour concrétiser ce lien entre l'Eucharistie et la charité fraternelle, il suscitera la collecte de dons généreux d'argent ou d'autres biens, durant la célébration eucharistique, selon les rubriques et les normes liturgiques.
Dans le même but, l'Evêque peut mettre en oeuvre d'autres initiatives qu'il jugerait opportunes: comme la visite aux malades, aux prisonniers, aux familles pauvres et à des institutions.

200
200. Aide aux diocèses pauvres et aux oeuvres catholiques de charité et d'apostolat. Suivant l'exemple des Apôtres qui, non seulement veillaient à la juste distribution des biens dans chacune des Eglises, mais aussi organisaient des collectes en faveur des communautés plus pauvres
Ac 11,29-30 1Co 16,1-14 2Co 9,2 Rm 15,26 Ga 2,10 etc., l'Evêque devra destiner toutes les aides dont le diocèse aurait la disponibilité à des diocèses plus démunis CD 6 PO 21 , ainsi qu'aux oeuvres catholiques de miséricorde et d'assistance, nationales ou internationales. Il est souhaitable que l'Evêque, dans ce but, propose au clergé et aux fidèles la célébration des "Journées" spéciales instituées au niveau universel ou national, afin d'éveiller l'intérêt, de promouvoir la prière et de demander à la communauté chrétienne sa contribution économique.
Il est important que le clergé, dès les années de formation au séminaire, soit préparé à vivre la pauvreté et la charité mutuelle comme une vocation, suivant en cela l'exemple de l'Eglise primitive Ac 2,44-45 Ac 4,32. Un lumineux témoignage d'esprit évangélique serait donné par les prêtres, avec à leur tête l'Evêque, et les institutions ecclésiastiques, s'ils prenaient l'engagement de remettre chaque année un pourcentage fixe de leurs bénéfices aux oeuvres de charité du diocèse et de l'Eglise universelle. Les laïcs pourraient suivre un tel exemple, selon leurs possibilités.

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VI. QUELQUES SECTEURS EN PARTICULIER

201. Certains secteurs pastoraux, en fonction des lieux et des diverses situations ecclésiales ou sociales, appellent une attention particulière de la part des Pasteurs. Ce Directoire se limite à en évoquer quelques-uns.

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202. La famille. Pour l'Evêque, la famille représente une priorité pastorale dans la société contemporaine. . Les défis que la famille doit affronter de nos jours sont énormes: une anthropologie erronée qui sépare l'homme de la famille et de la valeur suprême de la vie; une dévaluation de l'amour conjugal et une mentalité largement favorable à la contraception; une tendance à reléguer la famille dans la sphère privée et à la couper du mariage; les pressions faites auprès des Assemblées parlementaires pour que soient reconnues comme familles, fondées sur le mariage, les unions homosexuelles; la nouvelle situation de la femme qui, bien que ses droits et sa dignité soient reconnus aujourd'hui et que les formes de discrimination dont elle a souffert et souffre encore soient moindres, est dévalorisée dans sa mission d'épouse et de mère, considérée comme une soumission servile et un service qui met à l'écart.
L'Evêque, en tant que premier responsable de la pastorale familiale, insérera cette pastorale dans la pastorale d'ensemble du diocèse et fera en sorte que la famille, fondement et cellule primordiale de la société et de l'Eglise, puisse recevoir en son sein toutes les valeurs et les richesses humaines et chrétiennes pour qu'elle soit toujours plus capable de former intégralement la personne et de transmettre la foi. L'Evêque a le devoir, pour atteindre ce but, de veiller à mettre en place une pastorale familiale efficace et de la mettre en application dans toutes les paroisses ainsi que dans les autres instituts et communautés diocésaines, avec l'active participation de prêtres, de diacres, de religieux et de membres de Sociétés de vie apostolique, de laïcs et des familles elles-mêmes. Ce souci, qui se déploie de manière transversale dans tous les secteurs de la pastorale, concerne les points suivants: la préparation au mariage, lointaine ou immédiate, qui sera conçue comme "un chemin catéchuménal"
FC 66 dans lequel s'insèrent, durant la dernière période, les cours de préparation au mariage qui doivent être dispensés avec sérieux, et avec de bons contenus, d'une durée suffisante et revêtant un caractère obligatoire; (Cf. CONSEIL PONTIFICAL POUR LA FAMILLE, La préparation au sacrement du mariage) la formation à un amour responsable, FC 37 qui exige une éducation sexuelle accompagnée de la proposition de principes et de valeurs éthiques; (Cf. CONSEIL PONTIFICAL POUR LA FAMILLE, Orientations Sexualité humaine: vérité et signification) l'information sur les méthodes naturelles pour la régulation des naissances, auxquelles on aura recours dans le cas de justes motivations qui ne soient pas le simple refus de la paternité et de la maternité; la bioéthique et surtout, avec l'aide des laïcs la réflexion sur ce thème à travers des cours, des conférences et des rencontres. Afin de promouvoir la participation de la famille à la vie sociale et politique et dans le but de prévenir des lois injustes, l'Evêque aura le souci de promouvoir également une pastorale de la famille dans la société civile, en maintenant des contacts étroits avec les hommes politiques, surtout avec les catholiques, auxquels il proposera des moyens de formation. Il sera bon que l'Evêque institue la Commission de pastorale familiale tant dans le diocèse que dans les Vicariats forains et si possible dans les paroisses. Il est souhaitable que ces organismes aient aussi la compétence dans les secteurs de la vie, de l'enfance, de la femme et, suivant les cas, de la jeunesse. Pour la formation des agents pastoraux, le diocèse pourra ériger un centre de formation ou "Institut de la famille". A cet égard, les associations familiales instituées pour l'aide mutuelle et pour la défense des valeurs de la famille dans la société et dans l'Etat, ont une efficacité avérée. FC 70 FC 72-76
On observe avec une certaine amertume l'augmentation, de nos jours, du nombre de baptisés qui se trouvent dans une situation irrégulière FC 79-84 par rapport au mariage: le soi-disant "mariage à l'essai", les unions de fait, les unions catholiques sanctionnées par le seul rite civil, les divorces; toutes ces situations nuisent gravement aux droits des intéressés, à leurs enfants et à la société dans son ensemble. Dans tous ces cas, il faut que les Pasteurs s'engagent fortement pour obtenir, si possible, la régularisation de ces situations. Qu'ils soient en même temps pleins de charité envers ces personnes, car, souvent, il s'agit de situations qui ne peuvent être modifiées, spécialement lorsqu'il y a des enfants. Quoiqu'il en soit, l'Evêque devra expliquer la norme de l'Eglise selon laquelle ne peuvent être admises à la communion eucharistique les personnes se trouvant dans des situations qui contredisent l'union d'amour entre le Christ et l'Eglise signifiée et rendue présente par l'Eucharistie. (CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Lettre Annus internationalis sur la communion eucharistique aux fidèles divorcés remariés; CONSEIL PONTIFICAL POUR L'INTERPRETATION DES TEXTES LEGISLATIFS, Déclaration sur CIC 915) En ce qui concerne les divorcés remariés, l'Evêque aura à coeur de leur faire sentir la sollicitude maternelle de l'Eglise et fera en sorte qu'ils ne soient pas mis à l'écart de la vie ecclésiale, puisqu'il est évidemment clair qu'ils peuvent participer habituellement à la vie de leur paroisse. Il est souhaitable que, dans chaque diocèse, ou à un niveau interparoissial, on organise de moments de formation pour ces personnes.

203
203. Les adolescents et les jeunes. Un secteur qui doit intéresser vivement l'Evêque et accroître sa sollicitude paternelle est celui des jeunes et, en particulier, des jeunes étudiants. Sans une orientation claire, ces jeunes se laissent facilement influencer par des opinions diverses et des nouveautés idéologiques, et s'éloignent très facilement de l'Eglise pour suivre des chemins différents des chemins ecclésiaux ou pour vivre même dans une sorte de non-sens. C'est pourquoi il est nécessaire d'amener les jeunes à professer une foi mûre, en les rendant protagonistes de la vie et des choix pastoraux du diocèse. Il sera utile de prévoir que, dans les diverses instances diocésaines et paroissiales, soit représenté le monde des jeunes afin qu'il puisse exprimer ses propres nécessités spirituelles et être inséré progressivement dans la vie diocésaine et paroissiale. L'Evêque doit faire en sorte que dans son diocèse il y ait un bon nombre de prêtres, religieux et laïcs adéquats, qui se consacrent à l'apostolat de la jeunesse. L'Evêque doit faire en sorte que la pastorale juvénile se réalise dans chaque paroisse, ou, au moins, au niveau interparoissial.
Parmi les formes les plus efficaces, se trouve sans aucun doute l'enseignement de la religion dans les écoles, cependant, au niveau pastoral, doivent également être soutenues les oeuvres et les associations ayant pour but la formation des adolescents, comme les différents groupes ou associations qui ont cette finalité.
Ceux qui collaborent dans la pastorale de la jeunesse, doivent se montrer aux jeunes comme des frères et des amis, mais, en même temps, comme porteurs d'une vérité et d'un idéal de vie plus élevé. Ils sauront comprendre leurs aspirations, leurs points de vue et leur manière de s'exprimer, mais sans s'abaisser à des légèretés et des anomalies pour tenter vainement d'être mieux acceptés par eux: en effet, on ne rend pas un service aux jeunes en acceptant leurs défauts, mais en leur indiquant des idéaux. Enfin, ils devront stimuler par des initiatives concrètes leur sens de responsabilité, pour qu'ils se sentent et soient réellement actifs et artisans responsables de la communauté chrétienne.
Parmi les jeunes, les étudiants universitaires occupent une place privilégiée, et de grand intérêt apostolique, de par la particularité de leur sensibilité et de leur milieu. Personnellement, ou en collaboration avec les autres diocèses intéressés, l'Evêque pourra pourvoir au soin pastoral de la jeunesse universitaire, en établissant éventuellement une paroisse personnelle au sein du "campus" universitaire ou à proximité, et en promouvant des résidences et autres centres qui offrent aux étudiants une aide permanente, spirituelle et intellectuelle.
GE 10 CIC 813 (JP II, C.A. Ex Corde Ecclesiae, Normes générales, art. 6 Par. 1-2). Pareillement, il encouragera et soutiendra, pour autant que cela relève de sa compétence, les oeuvres des autres institutions et associations ecclésiales qui travaillent dans ce secteur apostolique, qui n'est pas exempt de difficultés, et il veillera à ce que dans chaque centre, dépendant ou non du diocèse, soient donnés des moyens adaptés de formation chrétienne et qu'y soient observés la discipline qui convient et un comportement humain et spirituel.

204
204. Les ouvriers et les paysans. L'Evêque se préoccupera vivement du soin pastoral des ouvriers et des paysans, car l'évangélisation du monde ouvrier et rural fait partie de la mission de l'Eglise, et aussi parce que ce sont les ouvriers qui paient les conséquences d'une industrialisation peu attentive à la dignité humaine et qui souffrent du déracinement, conséquence de l'émigration. Il ne prêtera pas moindre attention au monde paysan, qui, en bien des lieux, est soumis à de dures conditions de vie et qui souffre parfois de la carence des prêtres.
L'Evêque s'efforcera donc d'entrer en contact direct avec les ouvriers et les paysans, également dans leur milieu, et fera en sorte que des prêtres capables et bien préparés, en particulier en matière de doctrine sociale de l'Eglise, exercent leur ministère apostolique dans les périphéries ouvrières et en milieu rural, avec des moyens et actions qui s'adaptent aux conditions sociales, psychologiques et spirituelles de ces personnes. L'Evêque veillera afin que, dans les paroisses et dans les autres centres affectés à l'assistance des ouvriers et des paysans, soit promue l'activité pastorale entre les familles, soit organisée l'institution et la direction de cercles, associations, écoles du soir, centres de formation professionnelle, lieux récréatifs, etc.
Sont louables les oeuvres et institutions de caractère économique et social, qui ont pour objectif d'aider les démunis, en facilitant l'accès à la propriété ou à l'utilisation des biens ou leur juste distribution, par le biais d'études et d'activités sociales de coopération, d'associations entre ouvriers et artisans, d'initiatives économiques et financières, etc. Il s'agit d'un secteur très vaste, dans lequel les laïcs chrétiens sont appelés à exercer la charité sous forme de justice et de solidarité humaine, en parfaite syntonie avec leur vocation séculière.
AGD 12 GS 30 GS 71. Aussi, l'Evêque ne manquera-t-il pas d'encourager ces laïcs et, si nécessaire, il favorisera personnellement le développement de ces oeuvres, en les imprégnant d'esprit chrétien.
L'Evêque apportera aussi sa propre contribution sur la question écologique pour la sauvegarde de la création, en enseignant le rapport correct que l'homme doit avoir avec la nature, rapport qui, à la lumière de la doctrine sur Dieu, Créateur du ciel et de la terre, est un rapport ministériel, puisque l'homme est placé au centre de la création comme ministre du Créateur. En ce sens, une conversion écologique , est nécessaire dans la conscience que, conjointement à la sauvegarde de la création, il faut agir avec plus d'intensité en faveur d'une écologie humaine qui protège le bien fondamental de la vie dans toutes ses manifestations et qui prépare aux générations futures un environnement qui s'approche le plus possible du projet du Créateur.

205
205. Les personnes souffrantes. Le souci de la santé occupe une place importante parmi les défis actuels. . Malheureusement, les maladies endémiques, présentes dans les diverses parties du monde, sont encore nombreuses. Malgré les efforts de la médecine et de la science pour chercher de nouvelles solutions ou des aides pour les affronter, de nouvelles situations émergent où la santé physique et psychique est toujours plus menacée. La sollicitude pour l'homme pousse l'Evêque à imiter Jésus, le vrai "bon Samaritain", rempli de compassion et de miséricorde, qui prend soin de toute personne qui souffre. Dans le cadre de son diocèse, avec l'aide de personnes qualifiées, l'Evêque est appelé à travailler pour que "l'Evangile de la vie" soit annoncé. L'humanisation de la médecine et de l'assistance aux malades, la présence auprès de tous au moment de la souffrance, dans l'esprit de chacun la figure du Christ, médecin des corps et des âmes. Parmi les instructions qu'il a confiées à ses Apôtres, il n'a pas manqué d'insérer l'exhortation à guérir les malades
Mt 10,8. C'est pourquoi l'organisation et la promotion d'une pastorale adéquate pour les agents du monde de la santé méritent vraiment une priorité dans le coeur d'un Evêque. Cette pastorale devra tenir compte des points suivants: la proclamation de la défense de la vie dans les applications de la technique biogénétique et dans les soins palliatifs ainsi que dans les propositions d'euthanasie la mise à jour de la pastorale sacramentelle, spécialement en ce qui concerne l'Onction des malades et le Viatique, sans oublier l'administration du Sacrement de Pénitence; la présence des personnes consacrées, qui dédient leur vie au soin des malades et des volontaires de la pastorale de la santé; la sollicitude des curés pour les malades des paroisses. L'Evêque doit encourager l'existence des hôpitaux catholiques et, selon les cas, en créer de nouveaux et il doit en soutenir l'idéal catholique quand, pour différents motifs, ils passent sous la direction du personnel laïc. Dans les facultés catholiques de médecine, l'Evêque doit veiller à ce que soit enseignée une éthique conforme au Magistère de l'Eglise, spécialement en ce qui concerne les questions de Bioéthique.

206
206. Les personnes qui demandent une attention pastorale spécifique. L'Evêque doit prêter une attention particulière aux nécessités spirituelles des groupes humains qui, à cause de leurs conditions de vie, ne peuvent bénéficier suffisamment du soin pastoral territorial ordinaire.
CD 18 CIC 771,1. Dans ce paragraphe sont examinées les diverses situations qui exigent des réponses pastorales:

- a) L'émigration internationale. C'est un phénomène aux proportions croissantes, qui requiert la sollicitude des Pasteurs: il suffit de penser au grand nombre de personnes qui vont dans d'autres pays pour y chercher un travail, ou pour faire des études, aux réfugiés, aux nomades. . Ce devoir est particulièrement urgent quand, comme c'est encore souvent le cas aujourd'hui, les émigrés sont des fidèles catholiques. Pour apporter à ces fidèles une attention pastorale conforme à leur nature et à leurs besoins spirituels, il est nécessaire d'établir une collaboration profitable entre les Pasteurs du pays d'origine et ceux des diocèses de destination, aussi bien au niveau individuel qu'au sein des respectives Conférences Episcopales. Ce programme pourra se réaliser au mieux grâce à l'envoi de prêtres, diacres et autres fidèles qui accompagnent les émigrés, en créant dans ce but, des centres spéciaux de formation, ou bien à travers la création de structures pastorales personnelles de coordination de la pastorale destinée à ces fidèles. PO 10. Il ne faut pas non plus oublier les itinérants, c'est-à-dire les pèlerins, les voyageurs, les gens du cirque, les animateurs des parcs d'attraction, les sans abri, etc.

- b) Les groupes dispersés de fidèles. Pour subvenir au soin pastoral et à l'apostolat en faveur des groupes homogènes, dispersés sur le territoire du diocèse, l'Evêque peut ériger une paroisse personnelle ou bien nommer aumôniers quelques prêtres appropriés, en leur donnant les facultés nécessaires. En ce qui concerne l'assistance aux pêcheurs et aux marins, il doit encourager l'oeuvre de l'Apostolat de la Mer, suivant ses formes particulières.
Aujourd'hui, plus que par le passé, il apparaît important que l'Evêque organise une opportune assistance pastorale dans les localités touristiques, en y créant des églises et oratoires succursales des paroisses, de même aussi que suivant les possibilités du diocèse - à proximité des principales voies de communication, gares et aéroports.

- c) Les militaires. Les militaires constituent une catégorie particulière de fidèles qui, de par leur style de vie, requièrent une attention spéciale. Pour leur assistance pastorale, le Saint-Siège a créé l'Ordinariat Militaire correspondant, dont le Prélat est comparable à un Evêque diocésain. Le Pasteur du lieu doit maintenir, par conséquent, des relations fraternelles avec l'Ordinaire Militaire et doit s'efforcer de l'aider dans tout ce qui relève de sa compétence et aussi à avoir des prêtres adéquats, afin que les militaires de profession, leurs familles et les nombreux jeunes qui s'engagent temporairement dans l'armée, puissent compter sur une assistance adaptée pour leur vie chrétienne.

207
207. La pastorale oecuménique. L'Evêque doit étendre son zèle et sa charité pastorale aux membres des Eglises et des Communautés chrétiennes non catholiques. .
Dans ce but, une formation oecuménique de la communauté diocésaine devient nécessaire, de façon à ce que tous les fidèles et, en particulier les ministres sacrés, apprécient l'inestimable don de l'unité, grandissent dans la charité et la compréhension, bien que sans irénisme, des autres frères chrétiens et s'unissent à la prière de toute l'Eglise, suivant le désir et les normes du Concile Vatican II et les instructions du Siège Apostolique. Une importance spéciale doit être accordée à la formation oecuménique dans les séminaires et dans les autres centres et cadres de formation du clergé et des laïcs.
UR 5-12 AA 28 AGD 15
Il est opportun de favoriser également l'exercice pratique de l'oecuménisme: en premier lieu l'oecuménisme spirituel, qui consiste dans la conversion intérieure des chrétiens; puis, la prière, dont une réalisation assez répandue et digne de louange est la fameuse "Semaine pour l'unité des Chrétiens",enfin, la collaboration oecuménique avec les autres chrétiens, dont les principales modalités sont l'oraison communautaire, le dialogue, le témoignage chrétien commun et l'engagement conjoint pour la défense des valeurs humaines et chrétiennes. UR 4 UR 7 UR 12 UR 24 AA 27 GS 90
En outre, il est bon de tenir compte de la situation des mariages mixtes entre catholiques et autres baptisés. Même s'ils peuvent donner de bons fruits au niveau oecuménique, ces mariages demandent toutefois une attention pastorale spéciale, soit pour s'assurer que les deux conjoints connaissent et adhèrent à la doctrine catholique sur le mariage, soit pour éloigner tout risque de détachement de la foi de la part du conjoint catholique et pour favoriser la transmission de la foi catholique aux enfants. CIC 1124-1125.
En ce qui concerne la "communicatio in sacris", les normes données à ce propos par le Concile Vatican II, par le Code de Droit canonique et par le Siège Apostolique, doivent être étroitement observées. UR 8.
Il est nécessaire de former les fidèles pour qu'ils sachent répondre avec clarté aux sollicitations des fameuses "sectes" d'inspiration chrétienne ou syncrétiste, qui peuvent confondre les personnes les moins préparées, non seulement par leurs propres théories, mais aussi par des expériences religieuses fortement sentimentales.

208
208. La pastorale en milieu plurireligieux. La présence, dans des pays de tradition chrétienne, de personnes appartenant à d'autres religions est aujourd'hui un phénomène croissant, spécialement dans les grandes villes et dans les centres universitaires et industriels, où ces dernières se trouvent pour des raisons de travail, d'études ou de tourisme. La charité chrétienne et le zèle missionnaire à l'égard de ces personnes poussent la communauté diocésaine à une aide humanitaire, au dialogue et à l'annonce du Christ de différentes manières: (Au sujet de l'articulation dans le dialogue avec les autres religions et l'annonce chrétienne: Cf. CONSEIL PONTIFICAL POUR LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX et CONGREGATION POUR L'EVANGELISATION DES PEUPLES, Instruction Dialogue et Annonce)

- a) L'Evêque doit exhorter les fidèles à vivre, de façon désintéressée, la charité chrétienne envers ces personnes, en les aidant dans leurs difficultés d'intégration sociale, scolaire, linguistique, de logement, d'assistance médicale, etc. Pour cela, il pourra se servir de façon opportune des associations catholiques.

- b) Le respect de la tradition religieuse de chacun et de la dignité humaine, invitent à établir un dialogue interreligieux pour promouvoir la compréhension mutuelle et la collaboration. Ce dialogue doit respecter les principes fondamentaux de la conscience religieuse, aujourd'hui exposés aux assauts d'une civilisation sécularisée. Pour réaliser cet apostolat, l'Evêque aura soin de former des personnes aptes à accomplir cette tâche. En ce sens, il est opportun que l'on crée, si cela est possible, là où elle n'existe pas, une Commission pour le dialogue interreligieux et que l'on fasse aussi usage de l'aide d'experts qu'ils soient clercs, religieux ou laïcs.
UR 5-12 AA 28 AGD 15

- c) Enfin, il faut faire en sorte que ces personnes puissent connaître et embrasser la vérité que Dieu a portée dans le monde par le moyen de l'Incarnation de son Fils, puisqu'en aucun autre il n'y a le salut: "car aucun autre nom sous le ciel n'est offert aux hommes, qui soit nécessaire à notre salut". Ac 4,12. Le chemin qui conduit à de telles conversions sera souvent le fruit de l'amitié personnelle et du témoignage de catholiques qui doivent toujours agir dans le plein respect des consciences, de façon à ce que l'adhésion à la véritable foi soit toujours le résultat d'une conviction intérieure et jamais un moyen pour obtenir des avantages matériels ou pour acheter la faveur des personnes. Il serait également utile de prévoir un catéchuménat sérieux et approprié qui tienne compte du chemin spirituel déjà parcouru.

- d) Dans un milieu plurireligieux, l'Evêque se retrouvera souvent engagé dans des initiatives interreligieuses et devra rencontrer d'autres chefs religieux. Ces initiatives, opportunément examiner avec prudence et discernement, pourront se révéler des occasions de rencontres fructueuses et d'échange réciproque. En ce qui concerne le domaine de la prière simultanée des croyants de diverses religions, il est bien d'examiner, à mesure que l'occasion s'en présente, les modalités de déroulement et de participation, en évitant soigneusement tout ce qui peut donner l'impression d'indifférentisme ou de syncrétisme religieux.

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209. L'Evêque artisan de justice et de paix. Le monde contemporain présente de graves formes d'injustice dues au fossé toujours plus profond entre les riches et les pauvres, à un système économique injuste à cause duquel, dans de nombreuses parties du monde, on souffre la faim et le nombre des marginaux augmente, alors que dans d'autres, on vit dans l'opulence. Injustices dues encore à la guerre qui menace continuellement la paix et la stabilité de la communauté internationale; à la discrimination entre les hommes et à l'affaiblissement de la dignité de la femme, d'une part à cause de la culture hédoniste et matérialiste, et de l'autre, à cause de la non-reconnaissance de ses droits fondamentaux en tant que personne. face à ces défis, l'Evêque est appelé à être prophète en matière de justice et de paix, défenseur des droits inaliénables de la personne, en prêchant la doctrine de l'Eglise, qui défend le droit à la vie de la conception jusqu'à sa conclusion naturelle, et la dignité humaine. Il doit avoir à coeur de défendre les faibles, de devenir le porte-parole de ceux qui ne peuvent parler pour faire valoir leurs droits. En même temps, l'Evêque doit condamner avec force toutes les formes de violence et élever sa voix en faveur des opprimés, des persécutés, des humiliés, des chômeurs et des enfants qui sont blessés par des agissements graves.
Avec la même force d'âme, l'Evêque annoncera la paix du Christ, en appelant ses fidèles et tous les hommes de bonne volonté à la construire, jour après jour. L'Evêque ne se lassera pas d'enseigner que la paix naît de la vie de personnes qui cultivent des attitudes constantes de paix, qui apprécient pleinement la dimension communautaire de la vie, qui s'ouvrent à Dieu en promouvant la fraternité universelle et une culture et une spiritualité de solidarité et de paix et qui invoquent constamment Dieu dans la prière. L'Evêque sera un prophète et un infatigable artisan de paix, montrant que l'espérance chrétienne est intimement liée à la promotion intégrale de l'homme et de la société. (L'Evêque ne manquera pas, en outre, de discerner si sa participation éventuelle à des manifestations ou défilés de protestation, même si cela lui est demandé, ne peut être manipulée ou prêter à des ambiguïtés).


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Chapitre VIII


2004 Apostolorum Successores 142