Homélies 1975

LA DIMENSION SPIRITUELLE DU TRAVAIL DE L’HOMME





La fête du travail chrétien dans le cadre de l’Année Sainte a été célébrée sous les auspices du Patron de l’Eglise Universelle, gardien et père de la famille de Jésus, Saint Joseph, le jour où l’Eglise l’honore comme artisan. Le premier mai, des milliers de travailleurs, venus de tous les continents s’étaient rassemblés place Saint-Pierre à Rome pour vivre une heure de prière commune, formant « un seul coeur et une seule âme ». La célébration du premier mai chrétien, volontairement dépouillée de tout apparat, s’est limitée à la Messe du Saint-Père et son homélie. Mais cette simplicité, propre à une vraie fête de famille, a mieux mis en relief l’édifiante piété des participants et leur vibrant enthousiasme à saluer le Vicaire du Christ. Voici, en traduction, le texte de l’homélie de Paul VI :



La bonne éducation chrétienne qui trouve habituellement dans les Ecritures d’excellentes expressions nous fait monter du coeur et sur les lèvres de chaleureuses paroles d’accueil à cette réunion religieuse : que la grâce et la paix (Rm 1,7) du Seigneur soient avec vous ! Soyez les bienvenus à cette assemblée spirituelle ! Notre salut s’adresse tout spécialement à vous (cf. 2Co 6,11), Travailleurs, que toujours nous avons présents dans notre estime et dans notre ministère. Merci pour votre présence ! elle n’est pas celle d’étrangers, mais de frères et de fils à l’égard desquels nous ressentons le devoir, un devoir agréable, d’une particulière affection et d’une considération toute spéciale. Merci, très chers amis ! Et qu’avec vous soient salués tous les autres, fidèles de Rome ou pèlerins venus ici à l’occasion de l’Année Sainte ; à tous, nos salutations, notre reconnaissance et notre bénédiction !

Nous vous dirons toutefois, très sincèrement que cette célébration sacrée nous fait éprouver quelqu’anxiété. Pourquoi ? parce que cette cérémonie se signale par deux notes qui ne semblent pas, à première vue, facilement consonantes ; première note : ce jour-ci est le premier mai et nous savons quel retentissement cette date a dans l’opinion commune, spécialement dans le monde du travail ; deuxième note, cette réunion-ci revêt un caractère religieux, soit parce qu’elle est consacrée au culte de Saint Joseph, artisan, père putatif de Jésus et votre patron Travailleurs ; soit parce que cette célébration, se rattache à celle du Jubilé qui fait de l’année 1975 une Année Sainte, une année vouée à la révision spirituelle et morale de notre conscience, pour la remettre en ordre, vis-à-vis de Dieu et de l’Eglise ; une Année Sainte qui invite dans les basiliques romaines — dont Saint-Pierre — les croyants qui, sur la tombe du premier Apôtre, Martyr et Evêque de Rome et de l’Eglise Catholique, veulent professer leur foi et implorer pardon et force pour se remettre à vivre, de manière nouvelle et heureuse, en braves gens et en vrais chrétiens.

Ces deux notes, l’une profane, l’autre religieuse, vont-elles ensemble ? ou bien leur conjugaison produit-elle une dissonance, une combinaison forcée, artificielle ? Peut-on conserver au premier mai son caractère de fête du travail, tout en la marquant, simultanément, des sentiments spirituels propres tant à une commémorai-son liturgique en honneur de Saint Joseph, qu’à une célébration jubilaire ? Votre présence ici triomphe de tous les doutes ; elle répond : oui !

Oui, Frères et Fils bien-aimés, nous recueillons cette claire et franche réponse ; et nous vous disons, après y avoir longuement réfléchi, que c’est là réellement que nous trouvons la seule réponse authentique et sage. Nous aurions d’ailleurs à vous dire beaucoup, énormément, à ce sujet. Nous devons toutefois nous limiter à quelques observations très simples et peu nombreuses. Quant à la première observation, elle est capitale ; la voici : comment pourrait-on, historiquement et logiquement, soutenir qu’il y a opposition entre l’exaltation du concept du travail, comme vos âmes doivent aujourd’hui l’éprouver, et l’accomplissement d’un acte religieux, hautement qualifié, un acte religieux spécialement dédié au saint travailleur de Nazareth, et rattaché au Jubilé que nous célébrons en cette année sainte ? Sont-ils deux faits contradictoires ? s’excluent-ils l’un l’autre ? Nous savons parfaitement que les idées au sujet du travail, diffusées dans le monde moderne, se sont affirmées souvent comme impérieuses et exclusives; mais nous savons aussi, et vous le savez tous, que cette mentalité professionnelle — cet idéalisme en oeuvre, c’est-à-dire le travail — est d’autant plus élevée d’autant plus sacrée, qu’elle s’intègre plus étroitement dans la conscience supérieure et globale de la vie, dans la reconnaissance de la première place que l’homme occupe dans l’échelle des valeurs. L’homme est au sommet. C’est l’homme qui produit le travail ; et le travail, c’est-à-dire l’effort pour dominer la terre, tend à servir l’homme. S’il n’en était pas ainsi, l’homme retournerait à l’esclavage ; et le travail arrêterait au niveau matérialiste, la stature, le développement, la dignité de l’homme. Or si l’homme, c’est-à-dire notre vie, est la valeur primordiale, nous ne pouvons pas décapiter l’homme en lui déniant sa projection essentielle vers la transcendance ; disons simplement : vers Dieu, vers le mystère qui soutient tout, qui explique tout ; oui, vers Dieu qui de l’homme a fait un travailleur, c’est-à-dire un collaborateur (cf. 1Co 3,8) ; mais qui l’a obligé, après la première chute, à gagner, au prix de sa sueur, de sa fatigue, son pain c’est-à-dire sa nourriture, son perfectionnement, précisément dans se rapport de force de l’oeuvre humaine avec le monde à conquérir et à réduire au rang d’instrument utilitaire et de source de vie. Le travail : punition et récompense de l’activité humaine. De sorte que dans cette vision supérieure, qui est la vraie, le travail a, en soi, une autre dimension, et celle-ci est entièrement religieuse ; les moines du Moyen-Age l’ont bien compris : maîtres de vie aujourd’hui encore, ils ont condensé tout leur programme en une formule heureuse : « ora et labora », prie et travaille !

C’est ainsi, frères, c’est ainsi ; et c’est pourquoi notre manière de célébrer le premier mai ne déforme pas son caractère de fête du travail humain, mais lui confère une spiritualité animatrice et rédemptrice. Nous devons comprendre ce lien de parenté entre le travail et la religion, une parenté qui reflète l’alliance, mystérieuse mais réelle et réconfortante, de la causalité humaine avec la providentielle et paternelle causalité divine.

Nous ne pourrons jamais avoir de sociologie organique vraiment humaine — et encore moins chrétienne, aussi longtemps que le monde du travail sera incapable de s’affranchir de la suggestion radicalement matérialiste et ombrageusement laïciste, dont il est aujourd’hui presque envoûté, comme si elle constituait une libération, la libération de celui qui marche sans savoir où il va ; comme si elle offrait la formule inéluctable et résolutive de l’évolution sociale contemporaine et le seul stimulant efficace et fécond du progrès civil; nous n’aurons qu’une écrasante coexistence soumise à de complexes et impersonnels engrenages économiques et légaux et non pas une société vraiment libre, naturelle et fraternelle. Il faut rendre ses ailes au travailleur alors qu’aujourd’hui on les lui a trop souvent coupées ; les lui rendre pour qu’il puisse retrouver sa véritable et pleine dimension humaine et sa « lévitation » native ; les ailes de l’esprit, de la foi, de la prière ; les horizons de l’espérance, de la fraternité, de la justice, de la communauté, de la paix.

Nous connaissons déjà toutes les objections qui seront opposées à ces souhaits ; et la première parmi elles, celle qui accuse la religion d’être inutile, et même de faire obstacle au progrès positif de la civilisation. Nous pensons qu’il n’est personne parmi vous qui puisse encore admettre ce vieil aphorisme « la religion, opium du peuple » ; il est démenti par l’histoire — nous entendons : l’histoire animée par l’Evangile — ; il est surmonté par la documentation des doctrines de l’Eglise, toutes imprégnées d’amour pour le peuple et, aujourd’hui plus que jamais, attestées par l’engagement de ses fidèles et de ses saints. Nous pourrions, si nous le voulions, passer à la contre-attaque, retourner l’objection en demandant si l’appel systématique à la haine, à la révolte, à la violence, à la lutte contre des membres d’une même société pour revendiquer des avantages purement matériels, n’a pas retardé bien plus longuement les légitimes et souhaitables conquêtes du monde du travail exécutif, en suscitant contre ses aspirations de rigides antagonismes et d’implacables égoïsmes. Et nous pourrions, à ce propos, répéter les paroles de notre regretté et vénéré Prédécesseur le Pape Jean XXIII qui, précisément dans un discours du premier mai, en 1959, rappelait certaines de ses paroles publiées à Venise quelques années plus tôt pour conjurer, disait-il « le péril que les esprits puissent se pénétrer du spécieux axiome que, pour faire la justice sociale, pour secourir les misères de tous genres... il faut absolument s’associer avec les négateurs de Dieu et les oppresseurs de la liberté humaine » (cf. AAS 1959, page 358).

Mais nous ne voulons en ce moment heureux que nous recueillir dans des pensées plus sereines.

Permettez-nous, Fils bien-aimés, de saluer en vous tout le monde du travail que nous assurons de notre affection et de notre amitié chrétienne.

Laissez-nous adresser tout particulièrement une pensée spéciale à ceux qui souffrent à cause du poids et de l’insalubrité de leur labeur, du manque de sécurité de leur emploi, de l’insuffisance de leur habitation et de leurs salaires. Nous partageons leurs souffrances et voudrions être en mesure de les aider.

Pour toutes ces peines et pour toutes ces carences, nous osons solliciter une action opportune, et intelligente de la part des autorités compétentes; nous adressons nos encouragements, et nos éloges à tous ceux qui n’épargnent ni leurs soins ni leurs moyens pour que les travailleurs trouvent des conditions toujours plus justes et plus stables pour leur activité et leur bien-être.

Et pour vous, très chers amis, et pour tous ceux, prêtres et laïcs, qui vous aiment et, au nom du Christ et de la solidarité humaine, vous viennent en aide et vous réconfortent, nous élevons aujourd’hui notre prière vers le Seigneur et, sous les auspices de votre collègue et protecteur Saint Joseph, nous implorons de Lui une grande bénédiction consolatrice.






8 mai



ASCENSION : FÊTE DE L’ESPÉRANCE





Le 8 Mai dernier, le Saint-Père a célébré en la Basilique Vaticane la Messe de l’Ascension du Seigneur en présence d’innombrables pèlerins venus à Rome pour l’Année Sainte. Voici, en traduction, le texte de l’homélie que le Saint-Père a prononcée :



Vénérés Frères et Fils bien-aimés,



Fidèle à la règle liturgique, nous suspendons un instant la célébration pour fixer notre attention sur le mystère qui met aujourd’hui l’Eglise en fête : le mystère de l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ au ciel, où Il est assis dans sa gloire à la droite du Père.

Mystère de l’Ascension ! oh ! vraiment mystère ! Mystère pour ce qui se réfère au Christ ; mystère pour la manière qui nous est encore donnée de concevoir et d’avoir présente sa figure divine et humaine et mystère pour la répercussion de cet extrême et suprême destin du Christ sur celui de l’humanité, sur l’Eglise qu’il a fondée, sur la terre et sur chacune de nos existences.

Oh ! oui, mystère, soit dans le sens ontologique que cet événement ultime et conclusif de la vie de Jésus sur la terre a dans le dessein divin de l’Incarnation et de la Rédemption : quelle révélation nouvelle nous apporte sa disparition de la scène sensible et historique de ce monde ! Soit dans le sens phénoménique : le Christ se soustrait à notre conversation terrestre et mystérieusement disparaît à notre regard sensible. Rappelons le bref mais surprenant récit que nous en donne Saint Luc au premier chapitre des Actes des Apôtres dont nous venons d’écouter la laconique mais sculpturale lecture: après l’ultime adieu aux apôtres et la prophétique promesse de la mission du Saint Esprit et de la diffusion de l’Evangile parmi les peuples, « Jésus s’éleva vers le ciel en leur présence, et une nuée vint le dérober à leurs yeux » (Ac 1,9).

Premier aspect de l’événement, le seul expérimental : Jésus s’élève vers le ciel, c’est-à-dire qu’il se détache de la terre et disparaît ; il se cache : nos yeux brûleront du désir toujours ardent de le revoir, de le voir encore ; mais jusqu’à sa « parousie », c’est-à-dire jusqu’à son ultime et apocalyptique apparition dans un monde totalement différent de notre monde actuel, nous ne le verrons plus ! La génération des Apôtres disparaîtra sans que leur attente avide ait été comblée ; et ainsi, pour toutes les générations successives et pour la nôtre qui continue à vivre dans son souvenir et attend- toujours sa finale et triomphale réapparition, Jésus demeure invisible.

Attention à ceci, Frères et Fils ! Invisible et non pas absent !

Avant tout : cet éloignement eschatologique de la conversation humaine est déjà, en soi, une confirmation de sa divinité et une garantie de son dessein salvifique dans l’histoire universelle de l’humanité. Dans ses discours de la nuit proche de sa Passion et de sa mort, Jésus déclara : « Je vous reverrai et alors votre coeur sera rempli de joie (...) Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde ; et maintenant je quitte le monde et je retourne à mon Père » (Jn 16,22 et 28) ; « il est bon que je m’en aille, parce que si je ne m’en allais pas, le Paraclet (quelle annonce!) ne viendrait pas à vous » (ibid. 7).

Nous nous trouvons ici dans un climat que nous pourrions définir « surréel ». Mais cette révélation nous introduit finalement dans le dessein super-cosmique de l’économie surnaturelle : « nous attendons, écrira l’Apôtre Pierre, de nouveaux deux et une terre nouvelle» (2P 3,13). Sauf que nous, et spécialement nous les modernes, entraînés à la connaissance scientifique du monde, satisfaits et fiers des richesses surabondantes de nos conquêtes expérimentales et culturelles, nous ne sommes pas facilement prédisposés à admettre un ordre différent de celui qui constitue le cadre de notre présente exploration ; et bien que dans toutes nos recherches nous découvrions sous tous ses aspects une sagesse ordonnatrice, polyvalente et nous sommes même sur le point de dire : une libre imagination créatrice divine, mais nous nous trouvons peut-être aux prises avec le doute au sujet de la possibilité, de la future réalité d’un ordre surnaturel ; et nous nous mettons facilement à murmurer, comme le mauvais serviteur de la parabole : « mon patron tarde à venir... » (Mt 24,28) ; pour conclure, à propos de la doctrine eschatologique de l’Evangile : sera-ce vrai ? ne manque-t-on pas de preuves rationnelles ? Et nous oublions ainsi que, comme nous le disions, Jésus, maintenant invisible et admettant que les vicissitudes de la nature et du temps procèdent selon leur rythme inexorable, tandis que le drame de la liberté humaine poursuit son jeu — que Jésus, donc, n’est pas absent ; bien au contraire il est encore avec nous ; c’est-à-dire qu’il suffit de cueillir sa présence multiforme : dans le signe, c’est-à-dire dans le sacrement de sa parole (Jn 8,25) ou de celui de son image reflétée dans l’humanité souffrante (Mt 25,40) ou encore dans son Eglise qui vit et rend témoignage (cf. Lumen Gentium, LG 1 Ac 9,4) et finalement dans la sacramentelle et sacrificielle réalité eucharistique. Comme d’ailleurs Jésus lui-même l’avait promis lors de l’ultime adieu : « Voilà, je serai avec vous jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20). Mais comment, comment le voir, comment le reconnaître, comment entendre de nouveau sa voix, comment ouvrir notre coeur, si les voies normales de notre conversation sont impuissantes à surmonter l’abîme que le mystère de l’Ascension a creusé entre Lui et nous? Nous le savons. Jésus s’est caché pour que nous le cherchions ; et nous savons quel est l’art, quelle est la vertu qui nous rend apte à cette recherche, et mieux, à cette science « supra-rationnelle » de la présence du Christ parmi nous. C’est la foi, la foi qui nous a été infusée dans le baptême et qui se détermine ex auditu (cf. St Th. in IV Sent. 4, 2, 2, sal 3) en accueillant donc la parole du Christ enseignée par l’Eglise ; la foi qui, dans son exercice, comme l’enseigne St Augustin, a également ses yeux : « habet namque fides oculos suos » (cf. Ep Ep 120, P.L. 33, 456 ; et En. In Ps 146, P.L. 4, 1897) ; entraînée avec amour et par amour à la divine vérité, avec « les yeux du coeur », croît dans sa certitude, approfondit sa vision et devient une exigence d’action » (cf. Ga Ga 3,11).

Aussi, cette fête de l’Ascension est-elle une fête de la foi ; une foi qui ouvre largement la fenêtre sur l’« outre-temps » par rapport au Christ ressuscité, et nous laisse entrevoir quelque chose de sa gloire immortelle ; et sur Poutre-tombe par rapport à nous, mortels destinés à la fin de nos jours dans le temps, à la survivance dans la communion des saints et à la résurrection du dernier jour pour l’éternité. La foi devient alors espérance (He 11,1) ; une espérance victorieuse qui émane du mystère de l’Ascension, source et exemple de notre destin futur et qui peut et doit soutenir la fastidieuse démarche de notre pèlerinage terrestre. Et l’espérance, Saint Paul nous le garantit, ne déçoit jamais « spes autem non confundit » (Rm 5,5). Amen !






11 mai



VÉRITÉ ET CHARITÉ DANS LA COMMUNICATION SOCIALE





Dans le contexte de l’Année Sainte, la IX° Journée mondiale des communications sociales ne pouvait qu’être célébrée d’une manière toute particulière, à cause de l’importance extraordinaire des mass média dans la promotion des deux objectifs majeurs du Jubilé — le renouvellement et la réconciliation — et tout autant sur la plan de l’évangélisation des peuples. C’est pourquoi Paul VI a voulu célébrer lui-même la Messe en la Basilique Saint-Pierre où se pressait la foule compacte des professionnels venus de tous les continents : éditeurs de publications, journalistes, représentants du théâtre, du cinéma, de la radio, de la télévision, techniciens de toutes spécialités. Parmi les principales personnalités nous avons noté : le Président de la Commission Pontificale des communications sociales, S. Exe. Mgr André Deskur avec le Secrétaire de ladite Commission, le R.P. Pancirolli, le Vice-Président du « Concilium de Laids », S. Exe. Mgr Lucas Moreira Neves avec le Secrétaire Mgr Uylenbroeck. La délégation de l’Union Catholique Internationale de la Presse (U.C.I.P.) était conduite pas son Président M. Louis Meerts et le Secrétaire, R.P. Pierre Chevalier ; celle de l’U.N.D.A. par son Vice-Président, le Comte Zorzi ; celle de l’Organisation Catholique du Cinéma (O.C.I.D.) par le délégué de la Présidence, M. l’abbé Segneri. De nombreuses agences catholiques nationales étaient représentées. « L’Osservatore Romano » avait délégué son directeur général M. Raymond Manzini. Après la liturgie de la Parole, le Saint-Père a prononcé une homélie en langue italienne. En voici la traduction :



Frères ! Ministres et Diacres de la Parole transmise !



Et d’abord, vous, spécialistes et générateurs de la Parole écrite, journalistes, informateurs, correspondants, commentateurs ; vous, formateurs de l’opinion publique et de la pensée quotidienne d’autrui, orateurs et interlocuteurs du peuple à l’écoute, fournisseurs du pain quotidien à la pensée communautaire ; et vous, éditeurs puissants, artisans et artistes, typographes et diffuseurs de la prodigieuse multiplication des feuilles parlantes, tous véhicules du mot imprimé et rayonnant dans la société éveillée à l’arrivée de votre message.

Et vous, qui traduisez et devancez le message imprimé avec celui, vif et animé par votre voix, prophètes éloquents et messagers alertes de la Radio, vous qui transformez en échos sonores de vos annonces personnelles, les silencieuses vibrations de l’éther, instruments presque angéliques du monologue-dialogue, rayonnant en cercle immense vers d’innombrables auditeurs inconnus.

Vous, artistes du théâtre et du cinéma ; vous maîtres et acteurs du prodige de ce siècle, la télévision, qui possède l’art magique d’offrir avec la voix et la musique, à présent avec la couleur, l’image parfaite, la scène vivante de l’événement et puis le drame de l’imagination, de la littérature, de l’histoire et encore la documentation scientifique et l’école des choses et des faits, l’expression raffinée de la culture; vous tous, amis bons et courtois, qui, par la prière et la méditation, participez à cette célébration de la Journée mondiale des communications sociales au moment où l’on célèbre également le rite du Jubilée qui caractérise cette Année Sainte, une manifestation qui trouve sa signification la plus profonde ici, en cette Basilique, mausolée triomphal élevé sur la tombe de l’humble pêcheur de Galilée, de nom et de fait devenu Pierre, c’est-à-dire pierre angulaire de cette mystérieuse, continuelle et séculaire construction de la demeure ouverte à l’humanité entière qu’est l’Eglise Universelle, catholique — une Eglise dont le Christ est l’architecte et en même temps le premier artisan — vous tous, donc, amis devenus pour un instant de silencieux disciples, écoutez !

Oui, écoutez ! Comme premier don, nous vous offrons un instant de silence. Il n’est probablement personne autant que vous, habitués au fracas de vos laboratoires de la Parole, qui puisse le goûter.

Oh ! Non pas pour la valeur de notre discours qui habite ce silence ; cela ne vaudrait certainement pas la peine de lui accorder votre attention ; mais pour un autre phénomène évident qui lui confère son titre à l’écoute; ce discours n’est pas, ou même ne veut pas être le nôtre ; il est aussi un écho, une parole transmise; et vous savez bien au nom de Qui ! Nous vous parlons au nom de Jésus Christ, Parole éternelle de Dieu, et non pour que vous fixiez votre pensée sur celui qui vous parle; il est lui aussi un instrument de communication sociale, conformément au mandat constitutif de l’apostolat dans l’Eglise : « Allez, enseignez toutes les nations » (Mt 28,19) ; ou que vous l’arrêtiez sur le mystère central et infini du Verbe, expression divine, totale du Père, principe premier de l’Etre et parole de Celui qui conçoit et crée toute chose ; oh ! Réalité divine de la Parole ! (cf. Jn Jn 1,3). Ce très rapide, mais très important coup d’oeil, pour ainsi dire un éclair de lumière théologique, permet d’illuminer, ne serait-ce qu’un moment, le plan psychologique, le vôtre, où chacun de vous est, à sa manière, un personnage de premier plan, et, dans sa relation, de découvrir son inspiration transcendante, grâce à cette assimilation divine qu’est la pensée et qu’est la parole qui en jaillit; puis, d’en retracer les finalités supérieures et immédiates qui sont la vérité et la charité. Pourquoi ces références à une si haute et difficile doctrine, sinon pour descendre aussitôt dans le vif de votre conscience professionnelle, et pour qualifier la dignité de votre vocation, de votre mission ?

Vous êtes au service de la pensée qui de la première phase de conception personnelle passe à la seconde, celle de la diffusion, de la transmission, de la communication, et devient sociale, sans limites à son universalité potentielle : ceci est culture, ceci est civilisation. Comment pourrait-on ne pas tenir votre profession en haute estime ? Vous êtes aux premiers rangs dans l’ordre des activités humaines. Ceci indique à chacun, qu’il opère lui-même activement dans les communications sociales ou qu’il en soit le client passif, l’importance — non discutée d’ailleurs — de ce service de dites communications ; mais cela indique aussi, en conséquence, son énorme et multiforme responsabilité. Responsabilité veut dire mérite et veut dire faute, sous deux aspects : celui de la genèse de la communication en question et celui des effets qui peuvent découler de la communication. Il n’est aucune chose de quelque importance dans la sphère humaine qui puisse se faire sans respecter les règles d’une déontologie propre. Vous connaissez parfaitement ces aspects de votre profession que nous n’avons pas hésité à qualifier de mission, considérant qu’une grande honnêteté, une grande probité, une grande objectivité président à l’origine de la communication sociale: la vérité est la première de ses lois. Nous rappelons que l’Exposition de la presse catholique, aménagée au Vatican à l’occasion de l’Année Sainte 1975, se présentait à l’enseigne de la « VERITAS » ; et l’expérience nous montre à quel point aujourd’hui l’atteinte à cet impératif essentiel de la communication est hélas nombreuse et multiforme. Nous remettrons cette enseigne d’or au fronton de l’activité qui la concerne.

Mais ceci n’est pas la seule enseigne qui doive assurer sa valeur morale à une pareille activité : il en est une autre qui doit s’y intégrer : celle de la caritas. Nous pourrions faire nôtre la merveilleuse formule de Saint Paul « Veritatem facientes in caritate », suivre le vrai en visant la charité (Ep 4,15). C’est dire que la communication sociale doit adhérer à la vérité, mais qu’elle ne saurait perdre de vue le bien qu’elle est destinée à procurer, c’est-à-dire le bien de la société.

Sur ce dernier point, il y aurait beaucoup à vous dire, ne serait-ce que pour expliquer comment cet objectif moral, s’il pose des conditions qualitatives, sélectives, limitatives à la communication ne porte cependant pas atteinte à sa juste liberté, n’en freine l’exercice que si elle outrepasse le droit public propre et dégénère en licence. C’est encore le cas d’invoquer l’autorité de Saint Paul : « Omnia mihi licent, sed non omnia expediunt » — tout m’est permis, mais tout n’est pas profitable — alors qu’il n’est pas permis de mettre sur le marché des vivres dangereux pour la santé physique de la population, comment pourrions-nous sans vergogne livrer au public un aliment malsain pour sa santé morale ? Nous savons bien — hélas — à quel point on évite généralement de donner à cette hygiène morale, spirituelle, civile, le poids qu’elle mérite ; mais notre souci pastoral nous incite d’autant plus vivement à dénoncer comme grave atteinte au bien de la société le fait de lui offrir en gourmande pâture des publications et des spectacles qui abusent de la dégradante propension à l’excitation personnelle ; et ceci nous incite à recommander aux citoyens, spécialement aux fidèles, à la jeunesse forte et consciencieuse, de pratiquer l’autodéfense, qui, avec l’abstention et, le cas échéant, la protestation, immunise les consciences contre les bassesses de certaines formes déplorables de communication publique.

A ce point-ci, notre discours déborde le cercle des agents de la communication sociale ; il s’adresse maintenant à vous, consommateurs, pourrait-on dire, des communications elles-mêmes, à vous, lecteurs, à vous, spectateurs. Eh bien, oui ; nous avons, à ce propos, une chaleureuse mais grave parole à adresser à tout notre Peuple afin de l’exhorter à comprendre l’importance énorme que le problème des communications sociales a pour tous ! Tous, Frères et Fils, vous devez tous, et particulièrement en cette Journée mondiale des communications sociales, écouter la voix de l’Eglise au sujet de ce problème. Exactement comme vous avez le droit d’exiger qu’un pays noble et civilisé soit servi par d’excellentes et nobles communications sociales, vous avez le devoir de choisir à votre usage celle qui est bonne et n’offense pas vos sentiments moraux et chrétiens ; vous avez le devoir d’avantager, de soutenir et de diffuser ce qu’on appelle la « bonne presse » ; le devoir d’encourager et de promouvoir cette forme de la diffusion de pensées et de moeurs cohérentes avec une haute conscience civique et religieuse.

Frères et Fils ! Oui, écoutez cette voix, écoutez ce cri de l’Eglise !






18 mai



LE DON D’UNE VIE NOUVELLE





Une foule immense, venue de tous les continents et au premier rang de laquelle se tenaient le Roi et la Reine des Belges, en pèlerinage à Rome, se pressait le dimanche de la Pentecôte dans le Temple le plus vaste de la chrétienté, insuffisant toutefois pour participer à la célébration. Aussi la foule qui stationnait sur la Place Saint-Pierre n’était-elle pas moins dense. Grâce à de nombreux diffuseurs, elle put, elle aussi, suivre — sinon voir — la cérémonie et entendre l’homélie que le Saint-Père a prononcée après la Liturgie de la Parole. Voici, en traduction ce qu’a dit Paul VI :



Vénérables Frères, Fils bien-aimés,



Parler de la Pentecôte !

Tout d’abord, deux sentiments contraires agitent spontanément l’âme lorsque l’on se propose de parler d’un thème d’une telle nature, d’une telle importance ; le premier est la crainte paralysante, celle que la Bible nous montre en Jérémie, le jeune prédestiné à qui le Seigneur donne l’ordre de prophétiser et dont notre Vulgate traduit ainsi le quasi-bégaiement : « ah ! ah ! ah !, Seigneur Dieu, voilà que je ne sais plus parler » (Jr 1,6), tellement ce thème se place au niveau du sublime, atteint l’ineffable ; on voudrait plutôt s’abandonner à la silencieuse contemplation du mystère de la Pentecôte.

Par contre, l’autre sentiment est celui de l’enthousiasme exubérant, semblable à celui qui jaillit de la poitrine de Pierre, désormais promu du rôle de disciple à la fonction d’Apôtre, comme les autres onze ; au moment du retentissant événement, Pierre en effet s’écria : Hommes, écoutez : « Ce qui se passe maintenant est bien ce qu’a prédit le prophète Joël : Il arrivera dans les derniers jours, dit le Seigneur, que je répandrai mon Esprit sur toute chair. Alors vos fils et vos filles prophétiseront, les jeunes auront des visions et les vieillards des songes. Et moi, sur mes serviteurs et sur mes servantes je répandrai de mon Esprit et ils prophétiseront... » (Ac 2,14-18).

C’est indubitablement ce second sentiment qui prévaut, entraînant le premier avec lui, lorsqu’il s’agit d’annoncer à l’Eglise et au monde ce grand événement et ce qu’il révèle avant tout : la vie intime de Dieu, unique en son Etre et trois dans les Personnes. Jésus l’avait déjà prédit : « Et moi je prierai le Père et il vous enverra un autre Paraclet qui restera à jamais avec vous : l’Esprit de Vérité que le monde ne peut recevoir parce qu’il ne le voit ni le connaît ; mais vous, vous le connaîtrez, parce qu’il demeurera avec vous et qu’il sera en vous » (Jn 14,16-17). Et ainsi, Frères et Fils, le discours qui convient à la Pentecôte est celui qui exprime la doctrine, la théologie, la science de la Réalité religieuse suprême, le mystère même de la Vie, infiniment transcendante de Dieu. Ceci nous est aujourd’hui enseigné et jamais plus nous ne saurions l’oublier, même si nos facultés d’entendement s’en trouvaient noyées, submergées. Oui, Il est certes difficile de garder les yeux fixés sur le soleil, ils en, sont éblouis, brûlés ; et cependant, ces mêmes yeux ne pourraient rien voir si l’objet sur lequel ils se posent n’était pas éclairé par le soleil. Dieu est notre soleil.

Et c’est sa fulgurante lumière qui nous a révélé directement que les Relations intérieures à son Etre souverain sont des Personnes, les trois Personnes divines ; que le Père, éternel et premier principe, engendre sa propre Pensée, le Verbe, le Fils éternel qu’il a envoyé dans le monde afin que, revêtu de notre humanité, il prît le nom de Jésus et vécût son drame salvifique ; puis que l’Esprit Saint, lui aussi Personne divine, procède comme Amour de l’infinie complaisance et béatitude mutuelle du Père et du Fils. Cet Esprit Saint a, lui aussi, été envoyé dans le monde pour accomplir et dilater l’oeuvre du Fils, c’est-à-dire du Christ : voilà la Pentecôte, un moment de plénitude et lai source de la forme institutionnelle de cette oeuvre divinisante et salvatrice, l’Eglise « signe ou sacrement et instrument de l’intime union avec Dieu ». C’est ce qu’a affirmé le récent Concile (Lumen Gentium LG 1), indiquant ainsi le premier effet transcendant et le premier aspect surnaturel du nouveau rapport direct que Dieu a voulu instaurer avec son humble et sublime créature qu’est l’homme, que nous sommes. Mais le Concile poursuit en indiquant un second aspect de l’Eglise dans ce mystère : « Elle est aussi Signe ou Sacrement, et instrument de ‘l’unité de tout le genre humain’ ».

Aussi, en faisons-nous le pivot de tout le système religieux et théologique ; il définit les véritables, les authentiques, les nécessaires relations de l’humanité avec la divinité, relations qui maintenant se réalisent dans l’Esprit Saint. « En vérité, en vérité, je te le dis, enseignait Jésus à Nicodème, à moins dei naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer au Royaume de Dieu» (Jn 3,5).

A la suite d’un semblable discours nous voudrions aujourd’hui non seulement posséder l’Esprit à l’instant même, mais expérimenter les effets sensibles et prodigieux de sa merveilleuse présence au-dedans de nous. Car nous savons que l’Esprit est lumière, qu’il est force, don, infusion d’une vitalité supérieure, capacité de franchir les limites de l’activité naturelle ; il est richesse de vertus surnaturelles, richesse de dons, les célèbres sept dons qui rendent prompte et souple l’opération du Saint-Esprit ordonnée au système complexe de la psychologie humaine ; il est richesse de fruits spirituels qui revêtent de beauté le jardin fécond de l’expérience chrétienne (cf. Ga Ga 5,22-23).

Mais, nous, maintenant, en annonçant le mystère de Pentecôte, nous nous arrêtons sur son seuil : comment, comment pouvons-nous y pénétrer ? Cette phase de l’événement pentécostal mérite également notre réflexion actuelle et y suffit pour l’instant. La préparation n’est pas superflue même si le grand Don de l’Esprit est gratuit et peut se propager en nous avec l’impétuosité de son souffle et le jaillissement inattendu de son feu ainsi qu’il advint en ce jour unique, en ce jour historique de notre première Pentecôte.

Ce jour d’ailleurs, ce jour prodigieux eut, lui aussi sa préparation. Une préparation dans le silence intérieur au sein duquel la conscience a mûri sa conversation, sa purification, sa metanoia. Nous les hommes d’aujourd’hui nous sommes trop extrovertis, nous vivons hors de chez nous et, peut-être, comme le dit un philosophe célèbre, en quittant la maison nous avons perdu la clé pour y rentrer. La rencontre avec l’Esprit Saint est sanctifiante, et même s’il laisse des traces de toutes parts sur la scène des choses extérieures (« rien n’est sans langage » — voir 1Co 14 1Co 10 — pour qui sait écouter— la rencontre se fait dans le secret du coeur, où se garde la parole du Seigneur (Jn 14,23), là où l’homme est lui-même, dans la solitude de sa personne. Voilà pourquoi, dans l’attente du grand jour, les Apôtres étaient réunis « persévérant ensemble dans la prière... avec Marie, la Mère de Jésus » (Ac 1,14) ce fut la première, la plus heureuse des retraites spirituelles. Au silence, donc, s’unit la prière qui, dans l’expression traditionnelle de l’Eglise, s’élève comme une imploration bien connue, une invocation, la manifestation d’un désir : viens ! viens, ô Esprit créateur; viens, ô Esprit Saint ! Et le miracle s’accomplit pour nous, au moment sacramentel de la justification, de la rémission de nos péchés moyennant, nous le savons, la confession qui ressuscite l’âme et l’élève à la coexistence avec la vie divine (cf. 2P 1,4), que nous appelons état de grâce, oui, grâce ineffable, état qui devrait nous être plus cher que la vie naturelle elle-même — comme nous l’enseignent les Saints — car il vaut pour elle et il vaut plus qu’elle ; c’est en effet un état de vie surnaturelle à laquelle est assurée, de par le fait même, la plénitude et la béatitude de la vie éternelle.

Parvenue à ce point, la préparation permet déjà d’entrer dans le mystère de Pentecôte : l’Esprit Saint, c’est-à-dire le Dieu Amour, vit dans l’âme et l’âme se sent envahie d’un besoin subit de s’abandonner à l’Amour, un « super-Amour » ; et elle se sent en même temps comme envahie d’un courage insolite, le courage propre de celui qui est heureux, de celui qui est sûr ; le courage de parler, de chanter, d’annoncer à autrui, à tout le monde « les merveilles de Dieu » (Ac 2,11). Et voilà qu’éclaté le miracle des langues qui pour nous, héritiers lointains mais pas inactifs d’un si grand prodige, se traduit dans la facilité et dans la joie du témoignage, devant tous et pour tous, dans un champ d’apostolat sans limites. Il ne s’agit pas seulement de ministère, mais bien de positive, de volontaire et courageuse activité exercée pour annoncer et diffuser le message du Christ ; il s’agit d’apostolat, nous le répétons.

Ici se termine aujourd’hui notre annonce de la Pentecôte : elle est l’annonce de la donation d’une nouvelle vie intérieure animée par la présence et l’énergie de Dieu qui se communique lui-même dans son Amour ; elle est la sublimation, de la vie naturelle en vie surnaturelle, vie de grâce ; elle est l’embrasement conscient, personnel de la double vocation de notre pauvre être caduc, timide, malhabile, devenu apte ainsi à la contemplation intérieure et à l’action extérieure ; la Pentecôte est le jour où nous fêtons la naissance de l’Eglise apostolique, une, catholique et sainte ; notre Eglise, l’Eglise du Christ ! Clamons notre allégresse !








25 mai




Homélies 1975