
Audiences 2007 34
34 Chers frères et soeurs,
Selon l'opinion commune d'aujourd'hui, le christianisme serait une religion européenne, qui aurait ensuite exporté la culture de ce continent dans d'autres pays. Mais la réalité est beaucoup plus complexe, car la racine de la religion chrétienne se trouve dans l'ancien Testament et donc à Jérusalem et dans le monde sémitique. Le christianisme se nourrit toujours à cette racine de l'Ancien Testament. Son expansion au cours des premiers siècles a eu lieu aussi bien vers l'Occident - vers le monde gréco-latin, où il a ensuite inspiré la culture européenne - que vers l'Orient, jusqu'à la Perse, à l'Inde, contribuant ainsi à susciter une culture spécifique, en langues sémitiques, avec une identité propre. Pour montrer cette multiplicité culturelle de l'unique foi chrétienne des débuts, j'ai parlé dans la catéchèse de mercredi dernier d'un représentant de cet autre christianisme, Aphraate le Sage persan, presque inconnu chez nous. Dans cette même optique, je voudrais aujourd'hui parler de saint Ephrem le Syrien, né à Nisibe vers 306 dans une famille chrétienne. Il fut le représentant le plus important du christianisme de langue syriaque et réussit à concilier d'une manière unique la vocation du théologien et celle du poète. Il se forma et grandit à côté de Jacques, Evêque de Nisibe (303-338), et il fonda avec lui l'école de théologie de sa ville. Ordonné diacre, il vécut intensément la vie de la communauté chrétienne locale jusqu'en 363, année où la ville de Nisibe tomba entre les mains des Persans. Ephrem immigra alors à Edesse, où il poursuivit son activité de prédicateur. Il mourut dans cette ville en l'an 373, victime de la contagion de la peste qu'il avait contractée en soignant les malades. On ne sait pas avec certitude s'il était moine, mais il est cependant certain qu'il est resté diacre pendant toute sa vie et qu'il a embrassé l'état de virginité et de pauvreté. C'est ainsi qu'apparaît dans la spécificité de son expression culturelle, l'identité chrétienne commune et fondamentale: la foi, l'espérance - cette espérance qui permet de vivre pauvre et chaste dans ce monde, en plaçant toutes ses attentes dans le Seigneur - et, enfin, la charité, jusqu'au don de soi-même dans le soin des malades de la peste.
Saint Ephrem nous a laissé un grand héritage théologique: sa production considérable peut se regrouper en quatre catégories: les oeuvres écrites en prose ordinaire (ses oeuvres polémiques, ou bien les commentaires bibliques); les oeuvres en prose poétique; les homélies en vers; et enfin les hymnes, qui sont certainement l'oeuvre la plus vaste d'Ephrem. Il s'agit d'un auteur riche et intéressant sous de nombreux aspects, mais en particulier sous le profil théologique. Si nous voulons aborder sa doctrine, nous devons insister dès le début sur ceci: le fait qu'il fait de la théologie sous une forme poétique. La poésie lui permet d'approfondir la réflexion théologique à travers des paradoxes et des images. Dans le même temps sa théologie devient liturgie, devient musique: en effet, c'était un grand compositeur, un musicien. Théologie, réflexion sur la foi, poésie, chant, louange de Dieu vont de pair; et c'est précisément dans ce caractère liturgique qu'apparaît avec limpidité la théologie d'Ephrem, la vérité divine. Dans sa recherche de Dieu, dans sa façon de faire de la théologie, il suit le chemin du paradoxe et du symbole. Il privilégie largement les images contrastantes, car elles lui servent à souligner le mystère de Dieu.
Je ne peux pour le moment présenter que peu de chose de lui, également parce que la poésie est difficilement traduisible, mais pour donner au moins une idée de sa théologie poétique, je voudrais citer en partie deux hymnes. Tout d'abord, également en vue du prochain Avent, je vous propose plusieurs images splendides tirées des hymnes Sur la nativité du Christ. Devant la Vierge, Ephrem manifeste son émerveillement avec un ton inspiré:
"Le Seigneur vint en elle pour se faire serviteur.
Le Verbe vint en elle
pour se taire dans son sein.
La foudre vint en elle
pour ne faire aucun bruit.
Le pasteur vint en elle
et voici l'Agneau né, qui pleure sans bruit.
Car le sein de Marie
a renversé les rôles:
Celui qui créa toutes choses
est entré en possession de celles-ci, mais pauvre.
Le Très-Haut vint en Elle (Marie),
mais il y entra humble.
La splendeur vint en elle,
mais revêtue de vêtements humbles.
Celui qui dispense toutes choses
connut la faim.
Celui qui étanche la soif de chacun
connut la soif.
Nu et dépouillé il naquit d'elle,
lui qui revêt (de beauté) toutes choses"
(Hymne "De Nativitate" 11, 6-8)
Pour exprimer le mystère du Christ, Ephrem utilise une grande diversité de thèmes, d'expressions, d'images. Dans l'une de ses hymnes, il relie de manière efficace Adam (au paradis) au Christ (dans l'Eucharistie):
"Ce fut en fermant
avec l'épée du chérubin,
que fut fermé
le chemin de l'arbre de la vie.
Mais pour les peuples,
le Seigneur de cet arbre
s'est donné comme nourriture
lui-même dans l'oblation (eucharistique).
Les arbres de l'Eden
furent donnés comme nourriture
au premier Adam.
Pour nous, le jardinier
du Jardin en personne
s'est fait nourriture
pour nos âmes.
En effet, nous étions tous sortis
du Paradis avec Adam,
qui le laissa derrière lui.
A présent que l'épée a été ôtée
là-bas (sur la croix) par la lance
nous pouvons y retourner"
(Hymne 49, 9-11).
Pour parler de l'Eucharistie, Ephrem se sert de deux images: la braise ou le charbon ardent, et la perle. Le thème de la braise est tiré du prophète Isaïe (cf. 6, 6). C'est l'image du séraphin, qui prend la braise avec les pinces, et effleure simplement les lèvres du prophète pour les purifier; le chrétien, en revanche, touche et consume la Braise, qui est le Christ lui-même:
"Dans ton pain se cache l'Esprit
qui ne peut être consommé;
dans ton vin se trouve le feu
qui ne peut être bu.
L'Esprit dans ton pain, le feu dans ton vin:
voilà une merveille accueillie par nos lèvres.
Le séraphin ne pouvait pas approcher ses doigts de la braise,
qui ne fut approchée que de la bouche d'Isaïe;
les doigts ne l'ont pas prise, les lèvres ne l'ont pas avalée;
mais à nous, le Seigneur a permis de faire les deux choses.
Le feu descendit avec colère pour détruire les pécheurs,
mais le feu de la grâce descend sur le pain et y reste.
Au lieu du feu qui détruisit l'homme,
nous avons mangé le feu dans le pain
et nous avons été vivifiés"
(Hymne "De Fide" 10, 8-10).
Voilà encore un dernier exemple des hymnes de saint Ephrem, où il parle de la perle comme symbole de la richesse et de la beauté de la foi:
"Je posai (la perle), mes frères, sur la paume de ma main,
pour pouvoir l'examiner.
Je me mis à l'observer d'un côté puis de l'autre:
elle n'avait qu'un seul aspect de tous les côtés.
(Ainsi) est la recherche du Fils, impénétrable, car elle n'est que lumière.
Dans sa clarté, je vis la Limpidité,
qui ne devient pas opaque;
et dans sa pureté,
le grand symbole du corps de notre Seigneur,
qui est pur.
Dans son indivisibilité, je vis la vérité,
qui est indivisible"
(Hymne "Sur la Perle" 1, 2-3).
La figure d'Ephrem est encore pleinement actuelle pour la vie des différentes Eglises chrétiennes. Nous le découvrons tout d'abord comme théologien, qui, à partir de l'Ecriture Sainte, réfléchit poétiquement sur le mystère de la rédemption de l'homme opérée par le Christ, le Verbe de Dieu incarné. Sa réflexion est une réflexion théologique exprimée par des images et des symboles tirés de la nature, de la vie quotidienne et de la Bible. Ephrem confère un caractère didactique et catéchistique à la poésie et aux hymnes pour la liturgie; il s'agit d'hymnes théologiques et, dans le même temps, adaptées à la récitation ou au chant liturgique. Ephrem se sert de ces hymnes pour diffuser, à l'occasion des fêtes liturgiques, la doctrine de l'Eglise. Au fil du temps, elles se sont révélées un moyen de catéchèse extrêmement efficace pour la communauté chrétienne.
La réflexion d'Ephrem sur le thème de Dieu créateur est importante: rien n'est isolé dans la création, et le monde est, à côté de l'Ecriture Sainte, une Bible de Dieu. En utilisant de manière erronée sa liberté, l'homme renverse l'ordre de l'univers. Pour Ephrem, le rôle de la femme est important. La façon dont il en parle est toujours inspirée par la sensibilité et le respect: la demeure de Jésus dans le sein de Marie a grandement élevé la dignité de la femme. Pour Ephrem, de même qu'il n'y a pas de Rédemption sans Jésus, il n'y a pas d'incarnation sans Marie. Les dimensions divines et humaines du mystère de notre rédemption se trouvent déjà dans les textes d'Ephrem; de manière poétique et avec des images fondamentalement tirées des Ecritures, il anticipe le cadre théologique et, d'une certaine manière, le langage même des grandes définitions christologiques des Conciles du V siècle.
Ephrem, honoré par la tradition chrétienne sous le titre de "lyre de l'Esprit Saint", resta diacre de son Eglise pendant toute sa vie. Ce fut un choix décisif et emblématique: il fut diacre, c'est-à-dire serviteur, que ce soit dans le ministère liturgique, ou, plus radicalement, dans l'amour pour le Christ, qu'il chanta de manière inégalable, ou encore, dans la charité envers ses frères, qu'il introduisit avec une rare habileté dans la connaissance de la Révélation divine.
* * *
Je salue les pèlerins francophones, en particulier la délégation de l'Union mondiale des Organisations féminines catholiques. À la suite de saint Éphrem, puissiez-vous approfondir votre foi et toujours à rendre gloire à Dieu 'par des psaumes, des hymnes et de libres louanges' (cf. Ep Ep 5,19). Avec ma Bénédiction apostolique.
Je salue les responsables de la diffusion dans le monde de L'Osservatore Romano, accompagnés du Directeur responsable, M. Giovanni Maria Vian et du Directeur général, Don Elio Torrigiani. Chers amis, je vous remercie de vos efforts pour promouvoir les enseignements du Pape dans le monde entier et je vous accompagne par un souvenir particulier dans la prière, afin que le Seigneur vous comble de dons spirituels abondants.
Le 1 décembre prochain se tiendra la Journée mondiale contre le SIDA. Je suis spirituellement proche de ceux qui souffrent de cette terrible maladie, ainsi que de leurs familles, en particulier celles qui sont frappées par la perte d'un de leurs membres. Je les assure tous de ma prière.
En outre, je désire exhorter toutes les personnes de bonne volonté à multiplier les efforts pour arrêter la diffusion du virus VIH, à lutter contre le mépris qui frappe souvent ceux qui en sont affectés, et à prendre soin des malades, en particulier lorsqu'ils sont encore enfants.
35 Chers frères et soeurs!
Dans les deux dernières catéchèses nous avons suivi un parcours à travers les Eglises d'Orient de langue sémitique, en méditant sur Aphraate le Persan et sur saint Ephrem le Syrien; aujourd'hui, nous revenons au monde latin, au nord de l'empire romain, avec saint Chromace d'Aquilée. Cet Evêque exerça son ministère dans l'antique Eglise d'Aquilée, fervent centre de vie chrétienne situé dans la Dixième région de l'Empire romain, la Venetia et Histria. En 388, lorsque Chromace monta sur la chaire épiscopale de la ville, la communauté chrétienne locale avait déjà mûri une glorieuse histoire de fidélité à l'Evangile. Entre la moitié du troisième siècle et les premières années du quatrième siècle, les persécutions de Dèce, de Valérien et de Dioclétien avaient moissonné un grand nombre de martyrs. En outre, l'Eglise d'Aquilée s'était mesurée, comme tant d'autres Eglises de l'époque, à la menace de l'hérésie arienne. Athanase lui-même - le héraut de l'orthodoxie de Nicée, que les ariens avaient chassé en exil -, trouva refuge pendant quelques temps à Aquilée. Sous la direction de ses Evêques, la communauté chrétienne résista aux menaces de l'hérésie et renforça son adhésion à la foi catholique.
En septembre, 381 Aquilée fut le siège d'un Synode, auquel participèrent environ 35 Evêques des côtes de l'Afrique, de la vallée du Rhône et de toute la Dixième région. Le Synode se proposait de faire disparaître les résidus de l'arianisme en Occident. Le prêtre Chromace prit également part au Concile, en qualité d'expert de l'Evêque d'Aquilée, Valérien (370/1- 387/8). Les années de l'époque du Synode de 381 représentent "l'âge d'or" de la communauté d'Aquilée. Saint Jérôme, qui était né en Dalmatie, et Rufin de Concorde, parlent avec nostalgie de leur séjour à Aquilée (370-373), dans cette sorte de cénacle théologique que Jérôme n'hésite pas à définir tamquam chorus beatorum, "comme un choeur de bienheureux" (Chronique: PL XXVIII, 697-698). Dans ce cénacle - qui rappelle par certains aspects les expériences communautaires conduites par Eusèbe de Vercelli et par Augustin - se formèrent les plus importantes personnalités des Eglises de la Haute Adriatique.
Mais Chromace avait déjà appris dans sa famille à connaître et à aimer le Christ. Saint Jérôme lui-même nous en parle, avec des termes pleins d'admiration, comparant la mère de Chromace à la prophétesse Anne, ses deux soeurs aux vierges prudentes de la parabole évangélique, Chromace lui-même et son frère Eusèbe au jeune Samuel (cf. Ep VII: PL XXII, 341). Jérôme écrit encore à propos de Chromace et d'Eusèbe: "Le bienheureux Chromace et saint Eusèbe étaient frères par les liens du sang, tout autant que par l'identité de leurs idéaux" (Ep. VIII: PL XXII, 342).
Chromace était né à Aquilée vers 345. Il fut ordonné diacre et ensuite prêtre; puis il fut élu Pasteur de cette Eglise (avant 388). Ayant reçu la consécration épiscopale de l'Evêque Ambroise, il se consacra avec courage et énergie à une tâche démesurée en raison de l'ampleur du territoire confié à ses soins pastoraux: en effet, la juridiction ecclésiastique d'Aquilée s'étendait des territoires actuels de la Suisse bavaroise, d'Autriche et de Slovénie, jusqu'à la Hongrie. On peut comprendre à quel point Chromace était connu et estimé dans l'Eglise de son temps à partir d'un épisode de la vie de saint Jean Chrysostome. Lorsque l'Evêque de Constantinople fut exilé de son siège, il écrivit trois lettres à ceux qu'il considérait comme les plus importants Evêques d'Occident, pour en obtenir l'appui auprès des empereurs: il écrivit une lettre à l'Evêque de Rome, la deuxième à l'Evêque de Milan, la troisième à l'Evêque d'Aquilée, précisément Chromace (Ep. CLV: PG LII, 702). Il s'agissait d'une époque difficile pour lui aussi, en raison de la situation politique précaire. Chromace mourut probablement en exil, à Grado, alors qu'il cherchait à échapper aux incursions barbares, en 407, l'année où mourut également Jean Chrysostome.
Le prestige et l'importance d'Aquilée en faisait la quatrième ville de la péninsule italienne et la neuvième de l'empire romain: c'est également pour cette raison qu'elle attirait les visées des Goths et des Huns. Les invasions de ces peuples causèrent non seulement de graves deuils et des destructions, mais compromirent gravement la transmission des oeuvres des Pères conservées dans la bibliothèque épiscopale, riche de codex. Les écrits de Chromace furent eux aussi dispersés de part et d'autre, et ils furent souvent attribués à d'autres auteurs: à Jean Chrysostome (également en raison des premières lettres de leurs noms qui étaient semblables, Chromatius comme Chrysostomus); ou bien à Ambroise et à Augustin; et également à Jérôme, que Chromace avait beaucoup aidé dans la révision du texte et dans la traduction latine de la Bible. La redécouverte d'une grande partie de l'oeuvre de Chromace est due à des événements heureux et fortuits, qui ont permis au cours des récentes années de reconstruire un corpus d'écrits assez consistant: plus d'une quarantaine de sermons, dont une dizaine sont fragmentaires, et plus de soixante traités de commentaire à l'Evangile de Matthieu.
Chromace fut un maître sage et un pasteur zélé. Son premier et principal engagement fut celui de se mettre à l'écoute de la Parole, pour être capable d'en être ensuite l'annonciateur: dans son enseignement, il part toujours de la Parole de Dieu et il revient toujours à celle-ci. Certaines thématiques lui sont particulièrement chères: tout d'abord le mystère trinitaire, qu'il contemple dans sa révélation au cours de toute l'histoire du salut. Ensuite, le thème de l'Esprit Saint: Chromace rappelle constamment les fidèles à la présence et à l'action de la troisième Personne de la Très Sainte Trinité dans la vie de l'Eglise. Mais le saint Evêque revient avec une insistance particulière sur le mystère du Christ. Le Verbe incarné est vrai Dieu et vrai homme: il a intégralement assumé l'humanité, pour lui faire don de sa propre divinité. Ces vérités, réaffirmées avec insistance également avec une fonction antiarienne, déboucheront une cinquantaine d'années plus tard sur la définition du Concile de Chalcédoine. La forte insistance sur la nature humaine du Christ conduit Chromace à parler de la Vierge Marie. Sa doctrine mariologique est limpide et précise. Nous lui devons quelques descriptions suggestives de la Très Sainte Vierge: Marie est la "vierge évangélique capable d'accueillir Dieu"; elle est la "brebis immaculée et inviolée", qui a engendré l'"agneau vêtu de pourpre" (cf. Sermo XXIII, 3: Ecrivains du cercle de saint Ambroise 3/1, p. 134). L'Evêque d'Aquilée met souvent la Vierge en relation avec l'Eglise: en effet, toute les deux sont "vierges" et "mères". L'ecclésiologie de Chromace se développe surtout dans le commentaire de Matthieu. Voici plusieurs concepts récurrents: l'Eglise est unique, elle est née du sang du Christ; elle est le vêtement précieux tissé par l'Esprit Saint; l'Eglise est là où l'on annonce que le Christ est né de la Vierge, où fleurit la fraternité et la concorde. Une image à laquelle Chromace est particulièrement attaché est celle du navire sur une mer en tempête: "Il ne fait pas de doute", affirme le saint Evêque, "que ce navire représente l'Eglise" (cf Tract. XLII, 5: Ecrivains du cercle de saint Ambroise 3/2, p. 260).
En tant que pasteur zélé, Chromace sait parler à ses fidèles avec un langage frais, coloré et incisif. Bien que n'ignorant pas le parfait cursus latin, il préfère utiliser le langage populaire, riche d'images facilement compréhensibles. Ainsi, par exemple, à partir de l'image de la mer il fait une comparaison avec, d'une part, la pêche naturelle de poissons qui, tirés sur la rive, meurent; et, de l'autre, la prédication évangélique, grâce à laquelle les hommes sont sauvés des eaux boueuses de la mort et introduits dans la vraie vie (cf. Tract. XVI, 3: Ecrivains du cercle de saint Ambroise 3/2, p. 106). Toujours dans l'optique du bon pasteur, à une période agitée comme la sienne, frappée par les incursions des barbares, il sait se placer aux côtés des fidèles pour les réconforter et pour ouvrir leur âme à la confiance en Dieu, qui n'abandonne jamais ses fils.
Citons enfin, en conclusion de ces réflexions, une exhortation de Chromace, encore aujourd'hui parfaitement valable: "Prions le Seigneur de tout notre coeur et de toute notre foi - recommande l'Evêque d'Aquilée dans un de ses Sermons - prions-le de nous libérer de toute incursion des ennemis, de toute crainte des adversaires. Qu'il ne regarde pas nos mérites, mais sa miséricorde, lui qui par le passé également daigna libérer les fils d'Israël non en raison de leurs mérites, mais de sa miséricorde. Qu'il nous protège avec son amour miséricordieux constant, et qu'il accomplisse pour nous ce que le saint Moïse dit aux fils d'Israël: "Le Seigneur combattra en votre défense, et vous resterez en silence. C'est lui qui combat, c'est lui qui remporte la victoire... Et afin qu'il daigne le faire, nous devons prier le plus possible. En effet, il dit lui-même par la bouche du prophète: Invoque-moi au jour de l'épreuve; je te libérerai, et tu me rendras gloire"" (Sermo XVI, 4: Ecrivains du cercle de saint Ambroise 3/1, PP 100-102).
Ainsi, précisément au début du temps de l'Avent, saint Chromace nous rappelle que l'Avent est un temps de prière, où il faut entrer en contact avec Dieu. Dieu nous connaît, il me connaît, il connaît chacun de nous, il m'aime, il ne m'abandonne pas. Allons de l'avant avec cette confiance dans le temps liturgique qui vient de commencer.
Je vous souhaite la bienvenue, chers pèlerins de langue français. Je salue en particulier les diacres permanents du diocèse de Troyes et leurs épouses. A la suite de saint Chromace, je vous invite à prier le Seigneur de tout votre coeur, lui demandant de vous libérer de tout mal et de vous rendre dignes de participer un jour à sa gloire. Avec ma Bénédiction apostolique.
36 Chers frères et soeurs,
Le Père de l'Eglise sur lequel nous portons aujourd'hui notre attention est saint Paulin de Nole. Contemporain de saint Augustin, auquel il fut lié par une vive amitié, Paulin exerça son ministère en Campanie, à Nole, où il fut moine, puis prêtre et Evêque. Il était cependant originaire d'Aquitaine, dans le sud de la France et précisément de Bordeaux, où il était né dans une famille de haut rang. Il y reçut une bonne formation littéraire, ayant pour maître le poète Ausone. Il s'éloigna une première fois de son pays natal pour suivre une carrière politique précoce, qui le vit accéder, encore à un jeune âge, à la charge de gouverneur de la Campanie. Dans cette carrière publique, il fit admirer ses dons de sagesse et de douceur. Ce fut au cours de cette période que la grâce fit germer dans son coeur la semence de la conversion. L'impulsion vint de la foi simple et intense avec laquelle le peuple honorait la tombe d'un saint, le martyr Félix, dans le Sanctuaire de l'actuel Cimitile. En tant que responsable du bien public, Paulin s'intéressa à ce Sanctuaire et fit construire un hospice pour les pauvres et une route pour rendre l'accès aux nombreux pèlerins plus aisé.
Tandis qu'il oeuvrait pour construire la cité terrestre, il découvrait la route vers la cité céleste. La rencontre avec le Christ fut le point d'arrivée d'un chemin difficile, semé d'épreuves. Des circonstances douloureuses, à commencer par la disparition des faveurs de l'autorité politique, lui firent toucher du doigt l'aspect éphémère des choses. Après avoir découvert la foi, il écrira: "L'homme sans le Christ n'est que poussière et ombre" (Chant X, 289). Souhaitant faire la lumière sur le sens de l'existence, il se rendit à Milan pour se mettre à l'école d'Ambroise. Il compléta ensuite sa formation chrétienne dans sa terre natale, où il reçut le baptême des mains de l'Evêque Delphin de Bordeaux. Sur son parcours de foi se trouve également le mariage. Il épousa en effet Teresia, une pieuse noble dame de Barcelone, dont il eut un fils. Il aurait continué à vivre en bon laïc chrétien, si la mort de son enfant après quelques jours ne fût pas arrivée pour l'ébranler, lui montrant que le dessein de Dieu pour sa vie était un autre. Il se sentit en effet appelé à se donner au Christ dans une vie ascétique rigoureuse.
En plein accord avec son épouse Teresia, il vendit ses biens au profit des pauvres et, avec elle, quitta l'Aquitaine pour Nole, où les deux époux établirent leur demeure à côté de la Basilique du protecteur saint Félix, vivant désormais dans une chasteté fraternelle, selon une forme de vie que d'autres personnes adoptèrent. Le rythme communautaire était typiquement monastique, mais Paulin, qui avait été ordonné prêtre à Barcelone, commença également à s'engager dans le ministère sacerdotal en faveur des pèlerins. Cela lui valut la sympathie et la confiance de la communauté chrétienne, qui, à la mort de l'Evêque, vers 409, voulut le choisir comme successeur sur la chaire de Nole. Son action pastorale s'intensifia, se caractérisant par une attention particulière à l'égard des pauvres. Il laissa l'image d'un authentique pasteur de la charité, comme le décrivit saint Grégoire le Grand dans le chapitre III de ses Dialogues, où Paulin est décrit alors qu'il accomplit le geste héroïque de s'offrir comme prisonnier à la place du fils d'une veuve. L'épisode est historiquement controversé, mais il nous reste la figure d'un Evêque au grand coeur, qui sut rester proche de son peuple face aux tristes événements des invasions barbares.
La conversion de Paulin impressionna ses contemporains. Son maître Ausone, un poète païen, se sentit "trahi", et lui adressa des paroles amères, lui reprochant d'une part le "mépris", jugé insensé, des biens matériels et, de l'autre, l'abandon de la vocation de lettré. Paulin répliqua que son don aux pauvres ne signifiait pas le mépris des choses terrestres, mais plutôt leur valorisation pour l'objectif plus élevé de la charité. Quant aux engagements littéraires, ce dont Paulin avait pris congé n'était pas le talent poétique, qu'il aurait continué à cultiver, mais les thèmes poétiques inspirés de la mythologie et des idéaux païens. Une nouvelle esthétique gouvernait désormais sa sensibilité: il s'agissait de la beauté du Dieu incarné, crucifié et ressuscité, dont il se faisait maintenant le chantre. En réalité, il n'avait pas abandonné la poésie, mais il puisait désormais son inspiration dans l'Evangile, comme il le dit dans ce vers: "Pour moi l'unique art est la foi, et le Christ est ma poésie" ("At nobis ars una fides, et musica Christus": Chant XX, 32).
Ses chants sont des textes de foi et d'amour, dans lesquels l'histoire quotidienne des petits et des grands événements est comprise comme l'histoire du salut, comme l'histoire de Dieu parmi nous. Un grand nombre de ces compositions, intitulées "Chants de Noël", sont liées à la fête du martyr Félix, qu'il avait élu comme Patron céleste. En rappelant saint Félix, il entendait glorifier le Christ lui-même, ayant la ferme conviction que l'intercession du saint lui avait obtenu la grâce de la conversion: "Dans ta lumière, joyeux, j'ai aimé le Christ" (Chant XXI, 373). Il voulut exprimer ce même concept en agrandissant les dimensions du sanctuaire avec une nouvelle Basilique, qu'il fit décorer de manière à ce que les peintures, expliquées par des légendes appropriées, puissent constituer une catéchèse visible pour les pèlerins. Il expliquait ainsi son projet d'un Chant consacré à un autre grand catéchète, saint Nicetas de Remesiana, alors qu'il l'accompagnait pendant la visite dans ses Basiliques: "Je désire à présent que tu contemples les peintures qui se déroulent en une longue série sur les murs des portiques peints... Il nous a semblé utile de représenter grâce à la peinture des thèmes sacrés dans toute la maison de Félix, dans l'espérance que, à la vue de ces images, la figure peinte suscite l'intérêt des esprits émerveillés des paysans" (Chant XXVII, vv. 511.580-583). Aujourd'hui encore, on peut admirer les restes de ces réalisations, qui placent à juste titre le saint de Nole parmi les figures de référence de l'archéologie chrétienne.
Dans la retraite ascétique de Cimitile, la vie s'écoulait dans la pauvreté, dans la prière, entièrement plongée dans la "lectio divina". L'Ecriture lue, méditée, assimilée, était la lumière sous le rayon de laquelle le saint de Nole examinait son âme, dans une tension vers la perfection. A ceux qui l'admiraient d'avoir pris la décision d'abandonner les biens matériels, il rappelait que ce geste était bien loin de représenter la pleine conversion: "L'abandon ou la vente des biens temporels possédés dans ce monde ne constitue pas l'accomplissement, mais seulement le début de la course dans le stade; ce n'est pas, pour ainsi dire, le but, mais seulement le départ. En effet, l'athlète ne gagne pas au moment où il se déshabille, car il dépose ses vêtements précisément pour commencer à lutter; mais il n'est digne d'être couronné comme vainqueur qu'après avoir combattu comme il se doit" (cf. Ep. XXIV, 7 à Sulpice Sévère).
A côté de l'ascèse et de la parole de Dieu, la charité: dans la communauté monastique les pauvres étaient chez eux. Paulin ne se limitait pas à leur faire l'aumône: il les accueillait comme s'ils étaient le Christ lui-même. Il leur avait réservé une partie du monastère et, en agissant ainsi, il ne lui semblait pas tant donner que recevoir, dans un échange de don entre l'accueil offert et la gratitude orante des assistés. Il appelait les pauvres ses "patrons" (cf. Ep. XIII, 11 à Pammachius) et, observant qu'ils étaient logés à l'étage inférieur, il aimait dire que leur prière servait de fondement à sa maison (cf. Chant XXI, 393-394).
Saint Paulin n'écrivit pas de traités de théologie, mais ses chants et sa correspondance intense sont riches d'une théologie vécue, imprégnée par la Parole de Dieu, constamment étudiée comme une lumière pour la vie. Le sens de l'Eglise comme mystère d'unité apparaît en particulier. Il vivait surtout la communion à travers une intense pratique de l'amitié spirituelle. Paulin fut un véritable maître à cet égard, faisant de sa vie un carrefour d'esprits élus: de Martin de Tours à Jérôme, d'Ambroise à Augustin, de Delphin de Bordeaux à Nicetas de Remesiana, de Victrix de Rouen à Rufin d'Aquilée, de Pammachius à Sulpice Sévère, et à tant d'autres encore, plus ou moins célèbres. C'est dans ce climat que naissent les pages intenses écrites à Augustin. Au-delà du contenu de chaque lettre, on est impressionné par la chaleur avec laquelle le saint de Nole célèbre l'amitié elle-même, en tant que manifestation de l'unique Corps du Christ animé par l'Esprit Saint. En voici un passage significatif, au début de la correspondance entre les deux amis: "Il ne faut pas s'émerveiller si, bien qu'étant loin, nous sommes présents l'un à l'autre et sans nous être connus nous nous connaissons, car nous sommes les membres d'un seul corps, nous avons un unique chef, nous sommes inondés par une unique grâce, nous vivons d'un seul pain, nous marchons sur une unique voie, nous habitons la même maison" (Ep 6,2). Comme on peut le voir, il s'agit d'une très belle description de ce que signifie être chrétiens, être Corps du Christ, vivre dans la communion de l'Eglise. La théologie de notre époque a précisément trouvé dans le concept de communion, la clef pour approcher du mystère de l'Eglise. Le témoignage de saint Paulin de Nole nous aide à percevoir l'Eglise, telle que nous la présente le Concile Vatican II, comme un sacrement de la communion intime avec Dieu et ainsi de l'unité de nous tous et enfin de tout le genre humain (cf. Lumen gentium LG 1). Dans cette perspective, je vous souhaite à tous un bon temps de l'Avent.
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Je suis heureux de vous accueillir chers pèlerins francophones. Que l’exemple de saint Paulin de Nole vous aide à grandir dans la foi et l’amour de Dieu en ce temps de l’Avent. Avec ma Bénédiction apostolique.
37 Chers frères et soeurs!
Au cours de ces journées, alors que nous nous approchons de la grande fête de Noël, la liturgie nous pousse à intensifier notre préparation, en mettant à notre disposition de nombreux textes bibliques de l'Ancien et du Nouveau Testament, qui nous incitent à bien cerner le sens et la valeur de cette fête annuelle. Si, d'une part, Noël nous fait commémorer le prodige incroyable de la naissance du Fils unique de Dieu de la Vierge Marie dans la grotte de Bethléem, de l'autre, il nous exhorte également à attendre, en veillant et en priant, notre Rédempteur lui-même, qui au dernier jour "viendra juger les vivants et les morts". Peut être qu'aujourd'hui, nous aussi en tant que croyants, nous attendons réellement le Juge; nous attendent cependant tous la justice. Nous voyons tant d'injustice dans le monde, dans notre petit monde, chez nous, dans notre quartier, mais également dans le grand monde des Etats, des sociétés. Et nous attendons que justice soit faite. La justice est un concept abstrait: on fait justice. Nous attendons que vienne concrètement celui qui peut faire la justice. Et nous prions en ce sens: Viens, Seigneur, Jésus Christ comme Juge, viens selon ta manière. Le Seigneur sait comment entrer dans le monde et instaurer la justice. Nous prions afin que le Seigneur, le Juge, nous réponde, qu'il instaure réellement la justice dans le monde. Nous attendons la justice, mais cela ne peut pas être seulement l'expression d'une certaine exigence à l'égard des autres. Attendre la justice au sens chrétien indique surtout que nous commençons nous-mêmes à vivre sous le regard du Juge, selon les critères du Juge; que nous commençons à vivre en sa présence, en réalisant la justice dans notre vie. Ainsi, en réalisant la justice, en nous mettant en présence du Juge, nous attendons la justice dans la réalité. Tel est le sens de l'Avent, de la vigilance. La vigilance de l'Avent signifie vivre sous le regard du Juge et nous préparer ainsi nous-mêmes et le monde à la justice. De cette façon, en vivant sous le regard du Dieu-Juge, nous pouvons ouvrir le monde à la venue de son Fils, préparant notre coeur à accueillir "le Seigneur qui vient". L'Enfant, que les pasteurs adorèrent dans la grotte de Bethléem il y a environ deux mille ans, ne se lasse jamais de nous rendre visite dans la vie quotidienne, alors que nous marchons en pèlerinage vers le Royaume. Dans son attente, le croyant se fait alors l'interprète des espérances de l'humanité tout entière; l'humanité aspire à la justice et ainsi, bien que parfois de manière inconsciente, elle attend Dieu, elle attend le salut que Dieu seul peut nous donner. Pour nous chrétiens cette attente est marquée par la prière assidue, comme cela apparaît dans la série particulièrement suggestive d'invocations qui nous sont proposées, au cours de ces jours de la Neuvaine de Noël, que ce soit dans la Messe, dans le chant de l'Evangile, ou dans la célébration des Vêpres avant le cantique du Magnificat.
Chacune des invocations, qui implorent la venue de la sagesse, du Soleil de justice, du Dieu-avec-nous, contient une prière adressée à l'Attendu des nations, afin qu'il hâte sa venue. Invoquer le don de la naissance du Sauveur promis, signifie cependant également s'engager à en préparer la voie, à lui préparer une demeure digne non seulement là où nous vivons, mais surtout dans notre âme. En nous laissant guider par l'évangéliste Jean, cherchons donc au cours de ces journées à tourner notre esprit et notre coeur vers le Verbe éternel, vers le logos, la Parole qui s'est faite chair et de la plénitude duquel nous avons reçu grâce après grâce (cf. 1, 14.16). Cette foi dans le Logos Créateur, dans la Parole qui a créé le monde, en Celui qui est venu comme un Enfant, cette foi et sa grande espérance apparaissent aujourd'hui malheureusement éloignées de la réalité de la vie vécue chaque jour, publique ou privée. Cette vérité apparaît trop grande. Nous nous arrangeons nous-mêmes selon les possibilités que nous trouvons, c'est tout au moins ce qu'il semble. Mais de cette façon, le monde devient toujours plus chaotique et aussi violent: nous le voyons chaque jour. Et la lumière de Dieu, la lumière de la Vérité, s'éteint. La vie devient obscure et sans boussole.
Comme il est alors important que nous soyons réellement chrétiens et qu'en chrétiens nous réaffirmions avec force, à travers notre vie, le mystère du salut que contient la célébration du Noël du Christ! A Bethléem s'est manifestée au monde la Lumière qui illumine notre vie, la voie qui nous conduit à la plénitude de notre humanité nous a été révélée. Si l'on ne reconnaît pas que Dieu s'est fait homme, quel sens cela a-t-il de fêter Noël? La célébration devient vide. En tant que chrétiens nous devons tout d'abord réaffirmer avec une conviction profonde et sincère la vérité du Noël du Christ, pour témoigner face à tous de la conscience d'un don inouï, qui est une richesse non seulement pour nous, mais pour tous. C'est de là que naît le devoir de l'évangélisation qui est précisément la communication de cet "eu-angelion", de cette "bonne nouvelle". C'est ce qui a récemment été rappelé par le document de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, intitulé Note doctrinale sur quelques aspects de l’Évangélisation, que je désire soumettre à votre réflexion et à votre approfondissement personnel et communautaire.
Chers amis, dans cette préparation désormais actuelle de Noël, la prière de l'Eglise devient plus intense, afin que se réalisent les espérances de paix et de salut dont aujourd'hui encore le monde a un besoin urgent. Nous demandons à Dieu que la violence soit vaincue par la force de l'amour, que les oppositions cèdent le pas à la réconciliation, que la volonté de domination se transforme en désir de pardon, de justice et de paix. Que les voeux de bonté et d'amour que nous nous échangerons au cours de ces journées touchent tous les domaines de notre vie quotidienne. Que la paix soit dans nos coeurs, afin qu'ils s'ouvrent à l'action de la grâce de Dieu. Que la paix demeure dans les familles et que celles-ci puissent passer Noël unies devant la crèche et l'arbre décoré de lumières. Que le message de solidarité et d'accueil qui provient de Noël, contribue à créer une sensibilité plus profonde à l'égard des anciennes et des nouvelles formes de pauvreté, envers le bien commun, auquel tous sont appelés à participer. Que tous les membres de la communauté familiale, en particulier les enfants, les personnes âgées, les personnes les plus faibles, puissent sentir la chaleur de cette fête et qu'elle demeure ensuite tous les jours de l'année.
Que Noël soit pour tous la fête de la paix et de la joie: la joie pour la naissance du Sauveur, Prince de la paix. Comme les pasteurs, hâtons dès à présent notre pas vers Bethléem. Au coeur de la Nuite Sainte, nous pourrons alors nous aussi contempler le "nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire", avec Marie et Joseph (Lc 2,12 Lc 2,16). Demandons au Seigneur d'ouvrir notre âme, afin de pouvoir entrer dans le mystère de son Noël. Que Marie, qui a donné son sein virginal au Verbe de Dieu, qui l'a contemplé enfant entre ses bras maternels, et qui continue à l'offrir à tous comme Rédempteur du monde, nous aide à faire du prochain Noël une occasion de croissance dans la connaissance et dans l'amour du Christ. C'est le souhait que je formule avec affection pour vous, ici présents, pour vos familles et pour toutes les personnes qui vous sont chères.
Bon Noël à tous!
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Je salue tous les pèlerins francophones. Que Marie, qui a offert au Verbe de Dieu son sein virginal et qui l’a contemplé entre ses bras maternels, fasse que ce Noël soit pour nous une occasion de grandir dans la connaissance et l’amour du Christ. C’est le souhait que je formule avec affection pour vous, ici présents, pour vos familles et pour toutes les personnes qui vous sont chères. Bon Noël à tous !
Audiences 2007 34