Audiences 2009




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Mercredi 7 janvier 2009 - Le culte que les chrétiens doivent rendre à Dieu dans la pensée de saint Paul

Chers frères et soeurs,

En cette première audience générale de 2009, je désire adresser à tous mes voeux fervents pour la nouvelle année qui vient de commencer. Ravivons en nous l'engagement à ouvrir au Christ notre esprit et notre coeur, pour être et vivre comme ses véritables amis. Sa compagnie aura pour effet que cette année, malgré ses inévitables difficultés, soit un chemin plein de joie et de paix. En effet, ce n'est que si nous restons unis à Jésus, que l'année nouvelle sera bonne et heureuse.

L'engagement d'union avec le Christ est l'exemple que nous offre également saint Paul. En poursuivant les catéchèses qui lui sont consacrées, nous nous arrêtons aujourd'hui pour réfléchir sur l'un des aspects importants de sa pensée, celui qui concerne le culte que les chrétiens sont appelés à exercer. Par le passé, on aimait parler d'une tendance plutôt anti-cultuelle de l'apôtre, d'une "spiritualisation" de l'idée du culte. Aujourd'hui, on comprend mieux que Paul voit dans la Croix du Christ un tournant historique, qui transforme et renouvelle radicalement la réalité du culte. C'est en particulier dans trois textes de la Lettre aux Romains qu'apparaît cette nouvelle vision du culte.

1. Dans Rm 3, 25, après avoir parlé de la "rédemption accomplie dans le Christ Jésus", Paul continue par une formule mystérieuse pour nous et dit ceci: Dieu "l'a exposé, instrument de propitiation par son propre sang moyennant la foi". Avec cette expression pour nous plutôt étrange - "instrument de propitiation" - saint Paul fait allusion à ce qu'on appelle la "propitiation" du temple antique, c'est-à-dire le couvercle de l'arche de l'alliance, que l'on pensait être un point de contact entre Dieu et l'homme, un point de sa présence mystérieuse dans le monde des hommes. Le grand jour de la réconciliation - "yom kippur" -, cette "propitiation" était aspergée avec le sang d'animaux sacrifiés - un sang qui portait symboliquement les péchés de l'année écoulée au contact de Dieu, et ainsi les péchés jetés dans l'abîme de la bonté divine étaient presque absorbés par la force de Dieu, dépassés, pardonnés. La vie commençait à nouveau.

Saint Paul évoque ce rite et dit: ce rite était l'expression du désir que l'on puisse réellement mettre toutes nos fautes dans l'abîme de la miséricorde divine et les faire ainsi disparaître. Mais avec le sang des animaux, ce processus ne se réalise pas. Un contact plus réel entre faute humaine et amour divin était nécessaire. Ce contact a eu lieu dans la croix du Christ. Le Christ, vrai Fils de Dieu, qui s'est fait vrai homme, a assumé en lui toute notre faute. Il est lui-même le lieu de contact entre la misère humaine et la miséricorde divine; dans son coeur se dilue la masse triste du mal accompli par l'humanité et la vie se renouvelle.

En révélant ce changement, saint Paul nous dit: Avec la croix du Christ - l'acte suprême de l'amour divin devenu amour humain - le vieux culte comprenant des sacrifices d'animaux dans le temple de Jérusalem est terminé. Ce culte symbolique, culte de désir, est à présent remplacé par le culte réel: l'amour de Dieu incarné en Christ et porté à sa plénitude dans la mort sur la croix. Ce n'est donc pas la spiritualisation d'un culte réel, mais au contraire le culte réel, le vrai amour divin-humain remplace le culte symbolique et provisoire. La croix du Christ, son amour à travers la chair et le sang est le culte réel, qui correspond à la réalité de Dieu et de l'homme. Déjà avant la destruction extérieure du temple, selon Paul, l'ère du temple et de son culte est terminée: Paul se trouve ici en parfaite harmonie avec les paroles de Jésus, qui avait annoncé la fin du temple et annoncé un autre temple "pas fait de mains d'homme" - le temple de son corps ressuscité (cf. Mc Mc 14,58 Jn 2, 19sq). Cela est le premier texte.

2. Le deuxième texte dont je voudrais aujourd'hui parler se trouve dans le premier verset du chapitre 12 de la Lettre aux Romains. Nous l'avons écouté et je le répète encore: "Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu: c'est là le culte spirituel que vous avez à rendre". Dans ces paroles a lieu un paradoxe apparent: alors que le sacrifice exige généralement la mort de la victime, Paul en parle en revanche en relation avec la vie du chrétien. L'expression "offrir vos personnes", étant donné le concept qui suit de sacrifice, prend la nuance cultuelle de "donner en oblation, offrir". L'exhortation à "offrir les corps" se réfère alors à la personne tout entière; en effet, dans Rm 6, 13, il invite à "s'offrir soi-même". Du reste, la référence explicite à la dimension physique du chrétien coïncide avec l'invitation à "glorifier Dieu dans votre corps" (cf. 1Co 6,20): il s'agit d'honorer Dieu dans l'existence quotidienne la plus concrète, faite de visibilité relationnelle et perceptible.

Un comportement de ce genre est qualifié par Paul de "sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu". C'est précisément ici que nous rencontrons le terme "sacrifice". Dans l'usage courant, ce terme fait partie d'un contexte sacré et sert à désigner l'égorgement d'un animal, dont une partie peut être brûlée en l'honneur des dieux et une autre partie peut être consommée par ceux qui font l'offrande au cours d'un banquet. Paul l'applique en revanche à la vie du chrétien. En effet, il qualifie un tel sacrifice en se servant de trois adjectifs. Le premier - "vivant" - exprime la vitalité. Le deuxième - "saint" - rappelle l'idée paulinienne d'une sainteté liée non pas à des lieux ou à des objets, mais à la personne même des chrétiens. Le troisième - "agréable à Dieu" - rappelle peut-être la fréquente expression biblique du sacrifice "en parfum d'apaisement" (cf. Lv Lv 1,13 Lv Lv 1,17 Lv 23,18 Lv 26,31 etc. ).

Immédiatement après, Paul définit ainsi cette nouvelle façon de vivre: tel est "votre culte spirituel". Les commentateurs du texte savent bien que l'expression grecque (ten logiken latreían)n'est pas facile à traduire. La Bible latine traduit: "rationabile obsequium". Le même mot "rationabile" apparaît dans la première prière eucharistique, le Canon romain: dans celui-ci, on prie pour que Dieu accepte cette offrande comme "rationabile". La traduction française habituelle "culte spirituel" ne reflète pas toutes les nuances du texte grec (ni du texte latin). Quoi qu'il en soit, il ne s'agit pas d'un culte moins réel, ou même uniquement métaphorique, mais d'un culte plus concret et réaliste - un culte dans lequel l'homme lui-même, dans sa totalité d'être doté de raison, devient adoration, glorification du Dieu vivant.

Cette formule paulinienne, qui revient ensuite dans la Prière eucharistique romaine, est le fruit d'un long développement de l'expérience religieuse au cours des siècles précédant le Christ. Dans cette expérience, on rencontre des développements théologiques de l'Ancien Testament et des courants de la pensée grecque. Je voudrais au moins montrer quelques éléments de ce développement. Les Prophètes et de nombreux Psaumes critiquent avec force les sacrifices sanglants du temple. Le Psaume 50 (49), dans lequel c'est Dieu qui parle, dit par exemple: "Si j'ai faim, je n'irai pas te le dire, car le monde est à moi et son contenu. Vais-je manger la chair des taureaux, le sang des boucs, vais-je le boire? Offre à Dieu un sacrifice d'action de grâces..." (vv. 12-14). Dans le même sens, le Psaume suivant, 51 (50) dit: "... Car tu ne prends aucun plaisir au sacrifice: un holocauste tu n'en veux pas. Le sacrifice à Dieu c'est un esprit brisé; d'un coeur brisé, broyé, Dieu n'a point de mépris" (vv. 18sq). Dans le Livre de Daniel, à l'époque de la nouvelle destruction du temple par le régime hellénistique (ii siècle av. j.c.), nous trouvons un nouveau pas dans la même direction. Au milieu du feu, - c'est-à-dire de la persécution, de la souffrance - Azarias prie ainsi: "Il n'est plus, en ce temps, chef, prophète ni prince, holocauste, sacrifice, oblation ni encens, lieu où te faire des offrandes et trouver grâce auprès de toi. Mais qu'une âme brisée et un esprit humilié soient agréés de toi, comme des holocaustes de béliers et de taureaux... que tel soit notre sacrifice aujourd'hui devant toi et qu'il te plaise" (Dn 3, 38sq). Dans la destruction du sanctuaire et du culte, dans cette situation de manque de tout signe de la présence de Dieu, le croyant offre comme véritable holocauste, le coeur plein de contrition - son désir de Dieu.

Nous voyons un développement important, beau, mais avec un danger. Il y a une spiritualisation, une moralisation du culte: le culte devient uniquement une chose du coeur, de l'esprit. Mais il manque le corps, il manque la communauté. On comprend par exemple que le Psaume 51 et également le Livre de Daniel, malgré la critique du culte, souhaitent le retour au temps des sacrifices. Mais il s'agit d'un temps renouvelé, d'un sacrifice renouvelé, dans une synthèse qui n'était pas encore prévisible, ou ne pouvait pas encore être pensée.

Revenons à saint Paul. Il est l'héritier de ces développements, du désir du vrai culte, dans lequel l'homme lui-même devient gloire de Dieu, adoration vivante avec tout son être. Dans ce sens, il dit aux Romains: "Offrez vos personnes en hosties vivantes... c'est là le culte spirituel" (Rm 12,1). Paul répète ainsi ce qu'il avait déjà indiqué dans le chapitre 3: le temps des sacrifices d'animaux, des sacrifices de remplacement, est terminé. Le temps est venu du culte véritable. Mais il y a là aussi le risque d'un malentendu: on peut facilement interpréter ce nouveau culte dans un sens moralisant: en offrant notre vie, c'est nous qui faisons le vrai culte. De cette manière, le culte avec les animaux serait remplacé par le moralisme: l'homme lui-même accomplirait tout à lui seul, avec son effort moral. Et cela n'était certainement pas l'intention de saint Paul. Mais la question demeure: Comment devons-nous donc interpréter ce "culte spirituel, raisonnable"? Paul suppose toujours que nous sommes devenus "un dans le Christ Jésus" (Ga 3,28), que nous sommes morts dans le baptême (cf. Rm Rm 1) et que nous vivons à présent avec le Christ, pour le Christ, en Christ. Dans cette union - et seulement ainsi - nous pouvons devenir en Lui et avec Lui "hostie vivante", offrir le "culte vrai". Les animaux sacrifiés auraient dû remplacer l'homme, le don de soi de l'homme, et ils ne pouvaient pas le faire. Jésus Christ, dans son don au Père et à nous, n'est pas un remplacement, mais il porte réellement en lui l'être humain, nos fautes et notre désir; il nous représente réellement, il nous assume en lui. Dans la communion avec le Christ, réalisée dans la foi et dans les sacrements, nous devenons, malgré tous nos manquements, un sacrifice vivant: le "culte vrai" s'accomplit.

Cette synthèse se trouve à la fin du Canon romain, dans lequel on prie afin que cette offrande devienne "rationabile" - que se réalise le culte spirituel. L'Eglise sait que, dans la Très Sainte Eucharistie, le don de soi du Christ, son sacrifice véritable devient présent. Mais l'Eglise prie pour que la communauté célébrante soit vraiment unie au Christ, soit transformée; elle prie, afin que nous-mêmes devenions ce que nous ne pouvons pas être avec nos forces: une offrande "rationabile" qui plaît à Dieu. Ainsi, la prière eucharistique interprète les paroles de saint Paul de manière juste. Saint Augustin a éclairci tout cela de façon merveilleuse dans le 10 livre de sa Cité de Dieu. Je ne cite que deux phrases: "Tel est le sacrifice des chrétiens: Bien qu'étant nombreux, nous ne sommes qu'un seul corps dans le Christ"... "Toute la communauté (civitas) rachetée, c'est-à-dire la congrégation et la société des saints, est offerte à Dieu à travers le Prêtre suprême qui s'est donné lui-même" (10, 6: ccl 47, 27sq).

3. Pour finir, encore une très brève parole sur le troisième texte de la Lettre aux Romains concernant le nouveau culte. Saint Paul s'exprime ainsi dans le chapitre 15: "En vertu de la grâce que Dieu m'a faite d'être un officiant (hierourgein) du Christ Jésus auprès des païens, ministre de l'Evangile de Dieu, afin que les païens deviennent une offrande agréable, sanctifiée dans l'Esprit Saint" (15, 15sq). Je ne voudrais souligner que deux aspects de ce texte merveilleux à propos de la terminologie unique dans les lettres pauliniennes. Tout d'abord, saint Paul interprète son action missionnaire parmi les peuples du monde pour construire l'Eglise universelle comme action sacerdotale. Annoncer l'Evangile pour unir les peuples dans la communion du Christ ressuscité est une action "sacerdotale". L'apôtre de l'Evangile est un véritable prêtre, il accomplit ce qui est le centre du sacerdoce: il prépare le vrai sacrifice. Et le deuxième aspect: l'objectif de l'action missionnaire est - ainsi pouvons-nous dire - la liturgie cosmique: que les peuples unis dans le Christ, le monde, devienne comme tel gloire de Dieu, "offrande agréable, sanctifiée dans l'Esprit Saint". Ici apparaît l'aspect dynamique, l'aspect de l'espérance dans le concept paulinien du culte: le don de soi du Christ implique la tendance à attirer chacun à la communion de son corps, d'unir le monde. Ce n'est qu'en communion avec le Christ, l'Homme-modèle, un avec Dieu, que le monde devient tel que nous le désirons tous: miroir de l'amour divin. Ce dynamisme est toujours présent dans l'Eucharistie - ce dynamisme doit inspirer et former notre vie. Et avec ce dynamisme, nous commençons la nouvelle année. Merci de votre patience.
* * *


Je suis heureux de vous saluer, chers pèlerins de langue française, et particulièrement vous tous qui venez du diocèse de Bordeaux avec votre Archevêque, le Cardinal Jean-Pierre Ricard, et son Auxiliaire, Monseigneur Jacques Blaquart. Que votre pèlerinage vous confirme dans votre engagement à servir Dieu par toute votre vie!


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Mercredi 14 janvier 2009 - La vision théologique des Lettre aux Colossiens et aux Ephésiens

Chers frères et soeurs,

Parmi les lettres de Paul, il y en a deux, la Lettre aux Colossiens et la Lettre aux Ephésiens, qui, dans une certaine mesure, peuvent être considérées comme jumelles. En effet, l'une et l'autre présentent des expressions que l'on ne trouve que dans celles-ci, et il a été calculé que plus d'un tiers des mots de la Lettre aux Colossiens se trouve également dans celle aux Ephésiens. Par exemple, alors que dans la Lettre aux Colossiens on lit littéralement l'invitation, "par des psaumes, des hymnes et de libres louanges, de chanter à Dieu, dans vos coeurs, votre reconnaissance" (cf. Col Col 3,16), dans la Lettre aux Ephésiens, on recommande également de "dire entre vous des psaumes, des hymnes et de libres louanges, de chanter le Seigneur et le célébrer de tout votre coeur" (cf. Ep Ep 5,19). Nous pourrions méditer sur ces mots: le coeur doit chanter, ainsi que la voix aussi, avec des psaumes et des hymnes pour entrer dans la tradition de la prière de toute l'Eglise de l'Ancien et du Nouveau Testament; nous apprenons ainsi à être ensemble avec nous et entre nous, et avec Dieu. En outre, dans les deux Lettres, on trouve ce qu'on appelle un "code domestique", absent dans les autres Lettres pauliniennes, c'est-à-dire une série de recommandations adressées aux maris et aux femmes, aux parents et aux enfants, aux maîtres et aux esclaves (cf. respectivement Col 3, 18-4, 1 et Ep 5, 22-6, 9).

Il est plus important encore de constater que ce n'est que dans ces deux Lettres qu'est attesté le titre de "chef", kefalé, attribué à Jésus Christ. Et ce titre est employé à un double niveau. Dans un premier sens, le Christ est entendu comme le chef de l'Eglise (cf. Col Col 2,18-19 et Ep 4,15-16). Cela signifie deux choses: tout d'abord, qu'il est le gouvernant, le dirigeant, le responsable qui guide la communauté chrétienne comme son chef et son Seigneur (cf. Col Col 1,18, "Il est aussi la tête du corps, c'est-à-dire l'Eglise"); et ensuite, l'autre signification est qu'il est comme la tête qui innerve et vivifie tous les membres du corps auquel elle est préposée (en effet, selon Col 2, 19, il faut "être en union avec la tête, par laquelle tout le corps poursuit sa croissance grâce aux connexions internes"): il n'est donc pas seulement quelqu'un qui commande, mais quelqu'un qui est organiquement uni à nous, dont provient également la force d'agir d'une juste manière.

Dans les deux cas, l'Eglise est considérée comme soumise au Christ, que ce soit pour suivre sa direction supérieure - les commandements -, ou pour accueillir également toutes les influences vitales qui émanent de Lui. Ses commandements ne sont pas seulement des paroles, des ordres, mais sont les forces vitales qui viennent de Lui et nous aident.

Cette idée est particulièrement développée dans la Lettre aux Ephésiens, où même les ministères de l'Eglise, au lieu d'être reconduits à l'Esprit Saint (comme dans 1Co 12) sont conférés par le Christ ressuscité: "les dons qu'il a faits aux hommes, ce sont d'abord les Apôtres, puis les prophètes et les missionnaires de l'Evangile, et aussi les pasteurs et ceux qui enseignent" (4, 11). Et c'est de Lui que "dans l'harmonie et la cohésion, tout le corps poursuit sa croissance, grâce aux connexions internes... Ainsi le corps se construit dans l'amour" (4, 16). En effet, le Christ est entièrement tendu à "présenter cette Eglise, resplendissante, sans tache ni ride, ni aucun défaut,... sainte et irréprochable" (cf. Ep Ep 5,27). Avec cela, il nous dit que la force avec laquelle il construit l'Eglise, avec laquelle il guide l'Eglise, avec laquelle il donne aussi la juste direction à l'Eglise, est précisément son amour.

La première signification est donc le Christ Chef de l'Eglise: que ce soit par rapport à la direction ou, surtout, par rapport à l'inspiration, à la vitalisation organique en vertu de son amour. Ensuite, dans un deuxième sens, le Christ est considéré non seulement comme chef de l'Eglise, mais comme chef des puissances célestes et de tout l'univers. Ainsi, dans la Lettre aux Colossiens, nous lisons que le Christ "a dépouillé les puissances de l'univers; il les a publiquement données en spectacle et les a traînées dans le cortège triomphal de la croix" (2, 15). De même, dans la Lettre aux Ephésiens, nous trouvons écrit que, avec sa résurrection, Dieu plaça le Christ "au dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir" (1, 21). Avec ces mots, les deux Lettres nous remettent un message hautement positif et fécond. Celui-ci: le Christ n'a pas à craindre un concurrent éventuel, car il est supérieur à toute forme de pouvoir qui penserait humilier l'homme. Lui seul "nous a aimés et s'est livré pour nous" (Ep 5,2). C'est pourquoi, si nous sommes unis au Christ, nous ne devons craindre aucun ennemi et aucune adversité; mais cela signifie donc que nous devons nous tenir bien solidement à Lui, sans lâcher prise!

Pour le monde païen, qui croyait en un monde rempli d'esprits, en grande partie dangereux et contre lesquels il fallait se défendre, l'annonce que le Christ était le seul vainqueur et que celui qui était avec le Christ n'avait rien à craindre de personne, apparaissait comme une véritable libération. Il en va de même pour le paganisme d'aujourd'hui, car les disciples actuels de telles idéologies voient aussi le monde rempli de pouvoirs dangereux. Il faut leur annoncer que le Christ est le vainqueur, si bien que celui qui est avec le Christ, qui reste uni à Lui, n'a rien ni personne à craindre. Il me semble que cela est important également pour nous, qui devons apprendre à faire face à toutes les peurs, car Il est au-dessus de tout pouvoir, il est le véritable Seigneur du monde.

L'univers entier Lui est même soumis et va vers Lui comme vers le véritable chef. Les paroles de la Lettre aux Ephésiens, qui parle du projet de Dieu de "saisir l'univers entier, en réunissant tout sous un seul chef, le Christ" (1, 10) sont célèbres. De même, dans la Lettre aux Colossiens, on lit que "c'est en lui que tout a été créé, dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles et les puissances invisibles" (1, 16) et qu'"il a voulu tout réconcilier par lui et en lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix" (1, 20). Il n'y a donc pas, d'un côté, le grand monde matériel et, de l'autre, cette petite réalité de l'histoire de notre terre, le monde des personnes: tout est un dans le Christ. Il est le chef de l'univers; l'univers est lui aussi créé par Lui, il est créé pour nous dans la mesure où nous sommes unis à Lui. C'est une vision rationnelle et personnaliste de l'univers. Et je dirais qu'il n'était pas possible de concevoir une vision plus universaliste que celle-ci, et celle-ci ne convient qu'au Christ ressuscité. Le Christ est le Pantokrator, à qui toutes les choses sont soumises: la pensée va justement vers le Christ Pantocrator, qui domine la voûte de l'abside des églises byzantines, parfois représenté assis au-dessus du monde entier, ou même sur un arc-en-ciel pour indiquer son assimilation à Dieu lui-même, à la droite duquel il est assis (cf. Ep Ep 1,20 Col 3,1), et donc également son inégalable fonction de conducteur des destins humains.

Une vision de ce genre n'est concevable que de la part de l'Eglise, non pas dans le sens qu'elle désire indûment s'approprier ce qui ne lui revient pas, mais dans un autre double sens: aussi bien dans la mesure où l'Eglise reconnaît que, d'une certaine façon, le Christ est plus grand qu'elle, étant donné que sa puissance s'étend également au-delà de ses frontières, que dans la mesure où l'Eglise seule est qualifiée comme Corps du Christ, et non l'univers. Tout cela signifie que nous devons considérer de façon positive les réalités terrestres car le Christ les récapitule en lui, et dans le même temps, nous devons vivre en plénitude notre identité ecclésiale spécifique, qui est la plus semblable à l'identité du Christ lui-même.

Il existe ensuite un concept particulier qui est propre à ces deux Lettres, et qui est le concept de "mystère". Parfois, on parle du "mystère de la volonté" de Dieu (Ep 1,9), et d'autres fois, du "mystère du Christ" (Ep 3,4 Col 4,3) ou encore du "mystère de Dieu, qui est le Christ, dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance" (Col 3,2-3). Celui-ci signifie le dessein insondable de Dieu sur le destin de l'humanité, des peuples et du monde. A travers ce langage, les deux Epîtres nous disent que c'est dans le Christ que se trouve l'accomplissement de ce mystère. Si nous sommes avec le Christ, même si nous ne pouvons pas intellectuellement tout comprendre, nous savons que nous sommes dans le noyau du "mystère" et sur le chemin de la vérité. C'est Lui, dans sa totalité, et non pas dans un aspect de sa personne ou à un moment de son existence, qui porte en lui la plénitude du dessein divin insondable de salut. En lui prend forme ce qui est appelée "la sagesse infinie en ressources déployées par Dieu" (Ep 3,10), car en Lui "habite corporellement toute la plénitude de la Divinité" (Col 2,9). C'est pourquoi, désormais, il n'est pas possible de penser et d'adorer la volonté de Dieu, sa disposition souveraine, sans nous confronter personnellement avec le Christ en personne, dans lequel ce "mystère" s'incarne et peut être perçu de façon tangible. On parvient ainsi à contempler l'"insondable richesse du Christ" (Ep 3,8) qui va au-delà de toute compréhension humaine. Ce n'est pas que Dieu a laissé des traces de son passage, car le Christ lui-même est la trace de Dieu, son empreinte suprême; mais on se rend compte de ce qu'est "la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur" de ce "mystère" qui "surpasse toute connaissance" (Ep 3,18-19). Les simples catégories intellectuelles apparaissent ici insuffisantes, et, en reconnaissant que de nombreuses choses vont au-delà de nos capacités rationnelles, il faut s'en remettre à la contemplation humble et joyeuse non seulement de l'esprit, mais également du coeur. Les Pères de l'Eglise, d'ailleurs, nous disent que l'amour comprend plus que la seule raison.

Il faut dire un dernier mot sur le concept, déjà évoqué plus haut, relatif à l'Eglise comme épouse du Christ. Dans la deuxième Lettre aux Corinthiens, l'apôtre Paul avait comparé la communauté chrétienne à une fiancée, écrivant ceci: "J'éprouve à votre égard en effet une jalousie divine; car je vous ai fiancés à un Epoux unique, comme une vierge pure à présenter au Christ" (2Co 11,2). La Lettre aux Ephésiens développe cette image, en précisant que l'Eglise n'est pas seulement une épouse promise, mais la réelle épouse du Christ. Celui-ci l'a, pour ainsi dire, conquise, et il l'a fait au prix de sa vie: comme le dit le texte, "il s'est livré pour elle" (Ep 5,25). Quelle preuve d'amour peut être plus grande que celle-ci? Mais, en plus, il se préoccupe de sa beauté: non seulement de celle déjà acquise par le baptême, mais également de celle qui doit grandir chaque jour grâce à une vie irréprochable, "sans tache ni ride" dans son comportement moral (Ep 5,26-27). De là à l'expérience commune du mariage chrétien il n'y a qu'un pas; et d'ailleurs, le point de référence initial pour l'auteur de la Lettre n'apparaît pas très clairement: s'il s'agit du rapport Christ-Eglise, à la lumière duquel penser l'union de l'homme et de la femme, ou encore s'il s'agit de l'expérience de l'union conjugale, à la lumière de laquelle penser le rapport entre le Christ et l'Eglise. Mais les deux aspects s'illuminent réciproquement: nous apprenons ce qu'est le mariage à la lumière de la communion du Christ et de l'Eglise, nous apprenons que le Christ s'unit à nous en pensant au mystère du mariage. Dans tous les cas, notre Lettre se situe presque à mi-chemin entre le prophète Osée, qui indiquait le rapport entre Dieu et son peuple en termes de noces ayant déjà eu lieu (cf Os 2,4.16.21) et le Voyant de l'Apocalypse, qui prédira la rencontre eschatologique entre l'Eglise et l'Agneau comme des épousailles joyeuses et indéfectibles (cf. Ap Ap 19,7-9 Ap 21,9).

Il y aurait encore beaucoup à dire, mais il me semble que, d'après ce qui a été exposé, il est déjà possible de comprendre que ces deux Lettres forment une grande catéchèse, qui peut nous apprendre non seulement comment être de bons chrétiens, mais également comment devenir réellement des hommes. Si nous commençons à comprendre que l'univers est l'empreinte du Christ, nous apprenons à connaître notre rapport étroit avec l'univers, avec tous les problèmes de la sauvegarde de l'univers. Nous apprenons à le voir avec la raison, mais avec une raison animée par l'amour, et avec l'humilité et le respect qui permettent d'agir de façon juste. Et si nous pensons que l'Eglise est le Corps du Christ, que le Christ s'est livré pour elle, nous apprenons la façon de vivre avec le Christ l'amour réciproque, l'amour qui nous unit à Dieu et qui nous fait voir dans l'autre l'image du Christ, le Christ lui-même. Prions le Seigneur pour qu'il nous aide à bien méditer l'Ecriture Sainte, sa Parole, et à apprendre ainsi réellement à bien vivre.
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Je suis heureux de saluer le pèlerinage Sainte-Thérèse de Lisieux, qui, avec les Évêques de Bayeux-Lisieux et de Séez, accompagne le reliquaire des Bienheureux Louis et Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui ont si profondément vécu ce mystère d’amour du Christ. J’offre également mes voeux aux Religieuses contemplatives de la Sainte-Famille de Bordeaux ainsi qu’aux jeunes de l’Institution Jeanne d’Arc de Colombes.


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Mercredi 21 janvier 2009 - Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

Chers frères et soeurs!

Dimanche dernier a commencé la "Semaine de prière pour l'unité des chrétiens", qui se conclura dimanche prochain, fête de la conversion de saint Paul apôtre. Il s'agit d'une initiative spirituelle plus que jamais précieuse, qui s'étend toujours plus parmi les chrétiens, en harmonie, et pourrait-on dire, en réponse à l'invocation suppliante que Jésus adressa au Père au Cénacle, avant sa Passion: "Afin que tous soient un, afin que le monde croie que tu m'as envoyé" (Jn 17,21). A quatre reprises, dans cette prière sacerdotale, le Seigneur demande que ses disciples soient "un", selon l'image de l'unité entre le Père et le Fils. Il s'agit d'une unité qui ne peut croître que sur l'exemple du don de soi du Fils au Père, c'est-à-dire, en sortant de soi et en s'unissant au Christ. En outre, par deux fois au cours de cette prière, Jésus ajoute comme but de cette unité: afin que le monde croie. La pleine unité est donc liée à la vie et à la mission même de l'Eglise dans le monde. Celle-ci doit vivre une unité qui ne peut dériver que de son unité avec le Christ, avec sa transcendance, comme signe que le Christ est la vérité. Telle est notre responsabilité: que soit visible dans le monde le don d'une unité en vertu de laquelle notre foi devient crédible. C'est pourquoi il est important que chaque communauté chrétienne prenne conscience de l'urgence d'oeuvrer de toutes les façons possibles pour atteindre ce grand objectif. Mais, sachant que l'unité est avant tout un "don" du Seigneur, il faut dans le même temps l'implorer par une prière inlassable et confiante. C'est uniquement en sortant de nous-mêmes et en allant vers le Christ, c'est uniquement dans notre relation avec lui, que nous pouvons réellement nous unir entre nous. Telle est l'invitation qui, à travers cette "Semaine", est adressée aux croyants dans le Christ de chaque Eglise et communauté ecclésiale; nous y répondons, chers frères et soeurs, avec une prompte générosité.

Cette année, la "Semaine de prière pour l'unité" propose à notre méditation et à notre prière ces paroles, tirées du livre du prophète Ezéchiel: "Qu'ils ne fassent qu'un dans ta main" (37, 17). Le thème a été choisi par un groupe oecuménique de Corée, et revu ensuite pour sa diffusion internationale par le Comité mixte pour la prière, formé de représentants du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens et du Conseil oecuménique des Eglises de Genève. Le processus de préparation lui-même a été un exercice fécond et stimulant de véritable oecuménisme.
Dans le passage du livre du prophète Ezéchiel, dont est tiré le thème, le Seigneur ordonne au prophète de prendre deux morceaux de bois, l'un comme symbole de Juda et de ses tribus, et l'autre comme symbole de Joseph et de toute la maison d'Israël unie à lui, et il lui demande de "les rapprocher", de façon à ne former qu'un seul morceau de bois, à "ne faire qu'un" dans sa main. La parabole de l'unité est transparente. Aux "fils du peuple", qui demanderont des explications, Ezéchiel, illuminé par le Très-Haut, dira que le Seigneur lui-même prend les deux morceaux de bois et les rapproche, de façon à ce que les deux royaumes, avec leurs tribus respectives, divisées entre elles, ne fassent "qu'une dans sa main". La main du prophète, qui rapproche les deux morceaux de bois, est considérée comme la main même de Dieu, qui rassemble et unifie son peuple et, enfin, toute l'humanité. Nous pouvons appliquer les paroles du prophète aux chrétiens, dans le sens d'une exhortation à prier, à oeuvrer en faisant tout notre possible afin que s'accomplisse l'unité de tous les disciples du Christ, à oeuvrer afin que notre main soit instrument de la main unificatrice de Dieu. Cette exhortation devient particulièrement émouvante et suppliante dans les paroles de Jésus après la Dernière Cène. Le Seigneur désire que son peuple tout entier marche - et il voit en lui l'Eglise du futur, des siècles à venir - avec patience et persévérance vers l'objectif de la pleine unité. Un engagement qui comporte l'adhésion humble et docile au commandement du Seigneur, qui le bénit et le rend fécond. Le prophète Ezéchiel nous assure que ce sera précisément Lui, notre unique Seigneur, l'unique Dieu, qui nous rassemblera dans "sa main".

Dans la seconde partie de la lecture biblique sont approfondies la signification et les conditions de l'unité des diverses tribus en un seul royaume. Dans la dispersion entre les nations, les Israélites avaient connu des cultes erronés, avaient développé des conceptions de vie fausses, avait adopté des coutumes étrangères à la loi divine. A présent, le Seigneur déclare qu'ils ne seront plus contaminés par les idoles des peuples païens, avec leurs horreurs, avec toutes leurs injustices (cf. Ez Ez 37,23). Il rappelle la nécessité de les libérer du péché, de purifier leur coeur. "Je les sauverai des infidélités qu'ils ont commises - affirme-t-il - et je les purifierai". Et ainsi, ils "seront mon Peuple et je serai leur Dieu" (ibid.). Dans cette condition de renouveau intérieur, ils "obéiront à mes coutumes, ils observeront mes lois et les mettront en pratique". Et le texte prophétique se conclut par la promesse définitive et pleinement salvifique: "Je conclurai avec eux une alliance de paix... J'établirai mon sanctuaire au milieu d'eux à jamais" (Ez 37,26).

La vision d'Ezéchiel devient particulièrement éloquente pour tout le mouvement oecuménique, car elle met en lumière l'exigence incontournable d'un authentique renouveau intérieur chez tous les membres du Peuple de Dieu, que seul le Seigneur peut opérer. Nous devons nous aussi être ouverts à ce renouveau, car nous aussi, disséminés parmi les peuples du monde, nous avons appris des usages très éloignés de la Parole de Dieu. "Toute rénovation de l'Eglise - lit-on dans le décret sur l'oecuménisme du Concile Vatican II - consistant essentiellement dans une fidélité plus grande à sa vocation, c'est dans cette rénovation que se trouve certainement le ressort du mouvement vers l'unité" (Unitatis redintegratio UR 6), c'est-à-dire la plus grande fidélité à la vocation de Dieu. Le décret souligne ensuite la dimension intérieure de la conversion du coeur. "Il n'y a pas de véritable oecuménisme sans conversion intérieure. En effet - ajoute-t-il -, c'est du renouveau de l'âme, du renoncement à soi-même et d'une libre effusion de charité que partent et mûrissent les désirs de l'unité" (UR 7). De cette manière, la "Semaine de prière pour l'unité" devient pour nous tous une incitation à une conversion sincère et à une écoute toujours plus docile de la Parole de Dieu, à une foi toujours plus profonde.

La "Semaine" est également l'occasion propice pour rendre grâces au Seigneur pour ce qu'il nous a donné d'accomplir jusqu'à présent "pour rapprocher" les uns des autres les chrétiens divisés, et les Eglises et les communautés ecclésiales elles-mêmes. Cet esprit a animé l'Eglise catholique, qui, au cours de l'année qui vient de s'écouler, a continué, avec une solide conviction et une espérance enracinée, à entretenir des relations fraternelles et respectueuses avec toutes les Eglises et communautés ecclésiales d'Orient et d'Occident. Dans la diversité des situations, parfois plus positives et parfois avec de plus grandes difficultés, on s'est efforcé de ne jamais manquer à l'engagement d'accomplir chaque effort en vue de la recomposition de la pleine unité. Les relations entre les Eglises et les dialogues théologiques ont continué à donner des signes de convergences spirituelles encourageants. J'ai moi-même eu la joie de rencontrer, ici au Vatican et au cours de mes voyages apostoliques, des chrétiens provenant de tous les horizons. J'ai accueilli avec une vive joie à trois reprises le Patriarche oecuménique, Sa Sainteté Bartholomaios I, et, événement extraordinaire, nous l'avons entendu prendre la parole, avec une chaleur ecclésiale fraternelle et avec une confiance convaincue dans l'avenir, au cours de la récente assemblée du Synode des évêques. J'ai eu le plaisir de recevoir les deux catholicos de l'Eglise apostolique arménienne: Sa Sainteté Karekin II d'Etchmiadzine, et Sa Sainteté Aram I d'Antélias. Et enfin, j'ai partagé la douleur du patriarcat de Moscou pour la disparition de notre bien-aimé frère dans le Christ, le Patriarche Sa Sainteté Alexis II, et je continue à rester en communion de prière avec nos frères qui se préparent à élire le nouveau patriarche de leur vénérable et grande Eglise orthodoxe. J'ai également eu l'opportunité de rencontrer des représentants des différentes communions chrétiennes d'Occident, avec lesquels se poursuit la confrontation sur le témoignage important que les chrétiens doivent donner aujourd'hui de manière unanime, dans un monde toujours plus divisé et placé face à de nombreux défis à caractère culturel, social, économique et éthique. Pour cette rencontre, et pour tant d'autres rencontres, dialogues et gestes de fraternité que le Seigneur nous a accordés de pouvoir réaliser, nous Lui rendons grâces avec joie.
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Je suis heureux de saluer les pèlerins francophones et notamment la fraternité sacerdotale Saint Thomas Becket du diocèse de Blois. En cette Année paulinienne, faisons nôtre l’ardent désir de l’Apôtre qui a donné toute sa vie, jusqu’au martyre, pour l’unique Seigneur et pour l’unité de son Corps mystique. Avec ma Bénédiction apostolique!



Audiences 2009