Audiences 2010 62

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Place Saint-Pierre

Mercredi 30 juin 2010 - Saint Giuseppe Cafasso

Chers frères et soeurs,

Nous avons depuis peu conclu l’Année sacerdotale: un temps de grâce, qui a apporté et qui portera des fruits précieux à l’Eglise; une opportunité pour rappeler dans la prière tous ceux qui ont répondu à cette vocation particulière. Le saint curé d’Ars, ainsi que d’autres figures de saints prêtres, véritables lumières dans l’histoire de l’Eglise, nous ont accompagnés sur ce chemin, comme modèles et intercesseurs. Aujourd’hui, comme je l’ai annoncé mercredi dernier, je voudrais en rappeler une autre, qui se distingue du groupe des «saints sociaux» dans la ville de Turin du XIXe siècle: il s’agit de saint Giuseppe Cafasso.

Il me semble approprié de rappeler son souvenir, car il y a précisément une semaine était célébré le 150e anniversaire de sa mort, survenue dans le chef-lieu piémontais le 23 juin 1860, à l’âge de 49 ans. En outre, il me plaît de rappeler que le Pape Pie XI, le 1er novembre 1924, approuvant les miracles pour la canonisation de saint Jean Marie Vianney, et publiant le décret d’autorisation pour la béatification de Giuseppe Cafasso, rapprocha ces deux figures de prêtres à travers les paroles suivantes: «C’est avec une disposition particulière et bénéfique de la Bonté Divine que nous avons assisté à cette apparition, sur l’horizon de l’Eglise catholique, de nouveaux astres, le curé d’Ars, et le vénérable serviteur de Dieu, Giuseppe Cafasso. Ce sont précisément ces deux figures belles, chères et providentiellement opportunes, qui devaient se présenter à nous aujourd’hui; la figure du curé d’Ars, petite et humble, pauvre et simple, mais non moins glorieuse, et l’autre, belle, grande, complexe et riche figure de prêtre, maître et formateur de prêtres, le vénérable Giuseppe Cafasso». Il s’agit de circonstances qui nous offrent une occasion de connaître le message, vivant et actuel, qui ressort de la vie de ce saint. Il ne fut pas curé comme le curé d’Ars, mais il fut surtout formateur de curés et de prêtres diocésains, et même de prêtres saints, parmi lesquels saint Jean Bosco. Il ne fonda pas, comme les autres saints prêtres du XIXe siècle piémontais, des instituts religieux, car sa «fondation» fut l’«école de vie et de sainteté sacerdotale» qu’il réalisa, à travers l’exemple et l’enseignement, dans l’«internat ecclésiastique de saint François d’Assise» à Turin.

Giuseppe Cafasso naît à Castelnuovo d’Asti, le même village que saint Jean Bosco, le 15 janvier 1811. C’est le troisième de quatre enfants. La dernière, sa soeur Marianne, sera la mère du bienheureux Giuseppe Allamano, fondateur des branches masculines et féminines des missionnaires de la Consolata. Il naît dans le Piémont du XIXe siècle, caractérisé par de graves problèmes sociaux, mais également par de nombreux saints qui s’engageaient à y porter remède. Ils étaient liés entre eux par un amour total pour le Christ et par une profonde charité envers les plus pauvres: la grâce du Seigneur sait diffuser et multiplier les semences de sainteté! Giuseppe Cafasso accomplit ses études secondaires et deux ans de philosophie au Collège de Chieri, et, en 1830, il passa au séminaire de théologie où, en 1833, il fut ordonné prêtre. Quatre mois plus tard, il fit son entrée dans le lieu qui restera pour lui l’«étape» unique et fondamentale de sa vie sacerdotale: l’«internat ecclésiastique Saint François d’Assise» à Turin. Entré pour se perfectionner dans le domaine de la pastorale, il y mit à profit ses dons de directeur spirituel et son grand esprit de charité. L’internat, en effet, n’était pas seulement une école de théologie morale, où les jeunes prêtres, provenant surtout de la campagne, apprenaient à confesser et à prêcher, mais il s’agissait également d’une véritable école de vie sacerdotale, où les prêtres se formaient à la spiritualité de saint Ignace de Loyola et à la théologie morale et pastorale du grand évêque saint Alphonse Marie de’ Liguori. Le type de prêtres que Giuseppe Cafasso rencontra à l’internat et que lui-même contribua à renforcer — surtout comme recteur — était celui du véritable pasteur avec une riche vie intérieure et un profond zèle dans le soin pastoral: fidèle à la prière, engagé dans la prédication, dans la catéchèse, dévoué à la célébration de l’Eucharistie et au ministère de la Confession, selon le modèle incarné par saint Charles Borromée, par saint François de Sales et promu par le Concile de Trente. Une heureuse expression de saint Jean Bosco résume le sens du travail éducatif dans cette communauté: «A l’internat, on apprenait à être prêtres».

Saint Giuseppe Cafasso tenta de réaliser ce modèle dans la formation des jeunes prêtres, afin que, à leur tour, ils deviennent des formateurs d'autres prêtres, religieux et laïcs, selon une chaîne spéciale et efficace. De sa chaire de théologie morale, il éduquait à être de bons confesseurs et directeurs spirituels, préoccupés par le vrai bien spirituel de la personne, animés par un grand équilibre pour faire sentir la miséricorde de Dieu et, dans le même temps, un sens aigu et vif du péché. Les vertus principales de Giuseppe Cafasso comme professeur étaient au nombre de trois, comme le rappelle saint Jean Bosco: le calme, la sagesse et la prudence. Selon lui la vérification de l'enseignement transmis se faisait par le ministère de la confession, à laquelle il consacrait lui-même de nombreuses heures pas jour; accouraient à lui des évêques, des prêtres, des religieux, des laïcs éminents et des gens simples: il savait offrir à tous le temps nécessaire. Il fut, par la suite, le sage conseiller spirituel d'un grand nombre d'entre eux, qui devinrent des saints et fondateurs d'instituts religieux. Son enseignement n’était jamais abstrait, uniquement basé sur les livres que l’on utilisait à cette époque, mais il naissait de l’expérience vivante de la miséricorde de Dieu et de la profonde connaissance de l’âme humaine acquise au cours des longues heures passées au confessionnal et consacrées à la direction spirituelle: il proposait en effet une véritable école de vie sacerdotale.

Son secret était simple: être un homme de Dieu; faire, dans les petites actions quotidiennes, «ce qui peut conduire à la plus grande gloire de Dieu et au bénéfice des âmes». Il aimait de manière totale le Seigneur, il était animé par une foi bien enracinée, soutenu par une prière profonde et prolongée, il vivait une sincère charité à l'égard de tous. Il connaissait la théologie morale, mais il connaissait tout autant les situations et le coeur des gens, dont il prenait en charge le bien, comme le bon pasteur. Ceux qui avaient la grâce d'être proches de lui en étaient transformés en autant de bons pasteurs et en confesseurs de grande valeur. Il indiquait avec clarté à tous les prêtres la sainteté à atteindre précisément dans le ministère pastoral. Le bienheureux père Clemente Marchisio, fondateur des Filles de Saint-Joseph, affirmait: «J'entrai à l’internat en étant un grand gamin et une tête en l'air, sans savoir ce que voulait dire être prêtre, et j'en ressortit tout à fait différent, pleinement conscient de la dignité du prêtre». Combien de prêtres forma-t-il au Pensionnat et suivit-il ensuite spirituellement! Parmi ces derniers — comme je l'ai déjà dit — ressort saint Jean Bosco, dont il fut le directeur spirituel pendant 25 ans, de 1835 à 1860: d'abord comme enfant de choeur, puis comme prêtre et enfin comme fondateur. Tous les choix fondamentaux de la vie de saint Jean Bosco eurent comme conseiller et guide saint Giuseppe Cafasso, mais de manière bien précise: Giuseppe Cafasso ne tenta jamais de former en don Bosco un disciple «à son image et ressemblance» et don Bosco ne copia pas Giuseppe Cafasso: il l'imita assurément dans les vertus humaines et sacerdotales — le définissant un «modèle de vie sacerdotale» —, mais en suivant ses propres inclinations personnelles et sa vocation particulière; un signe de la sagesse du maître spirituel et de l'intelligence du disciple: le premier ne s'imposa pas au second, mais le respecta dans sa personnalité et il l'aida à lire quelle était la volonté de Dieu pour lui. Chers amis, c'est là un enseignement précieux pour tous ceux qui sont engagés dans la formation et l'éducation des jeunes générations et c'est aussi un fort rappel de l'importance d'avoir un guide spirituel dans sa propre vie, qui aide à comprendre ce que Dieu attend de nous. Avec simplicité et profondeur, notre saint affirmait: «Toute la sainteté, la perfection et le profit d'une personne consiste à faire parfaitement la volonté de Dieu (…). Nous serions heureux si nous parvenions à verser ainsi notre coeur dans celui de Dieu, unir à ce point nos désirs, notre volonté à la sienne au point de former un seul coeur et une seule volonté: vouloir ce que Dieu veut, le vouloir de la manière, dans les délais, dans les circonstances qu'Il veut et vouloir tout cela pour aucune autre raison que parce que Dieu le veut».

Mais un autre élément caractérise le ministère de notre saint: l’attention pour les derniers, en particulier les détenus, qui à Turin au XIXe siècle vivaient dans des lieux inhumains et déshumanisants. Même dans ce service délicat, exercé pendant plus de vingt ans, il fut toujours un bon pasteur, compréhensif et plein de compassion: des qualités perçues par les détenus, qui finissaient par être conquis par cet amour sincère, dont l’origine était Dieu lui-même. La simple présence de Giuseppe Cafasso faisait du bien: il rassérénait, il touchait les coeurs endurcis par les événements de la vie et surtout il illuminait et ébranlait les consciences indifférentes. Pendant les premiers temps de son ministère parmi les détenus, il avait souvent recours aux grandes prédications qui arrivaient à toucher presque toute la population des prisons. Au fil du temps, il privilégia la catéchèse individuelle, faite pendant les entretiens et lors des rencontres personnelles: respectueux de la situation de chacun, il affrontait les grands thèmes de la vie chrétienne, en parlant de la confiance en Dieu, de l’adhésion à sa volonté, de l’utilité de la prière et des sacrements, dont le point d’arrivée est la confession, la rencontre avec Dieu qui s’est fait pour nous miséricorde infinie. Les condamnés à mort furent l’objet de soins humains et spirituels très particuliers. Il accompagna au supplice, après les avoir confessés et leur avoir administré l’Eucharistie, 57 condamnés à mort. Il les accompagnait avec un profond amour jusqu’au dernier souffle de leur existence terrestre.

Il mourut le 23 juin 1860, après une vie entièrement offerte au Seigneur et consumée pour son prochain. Mon prédécesseur, le vénérable serviteur de Dieu le Pape Pie XII, le proclama patron des prisons italiennes le 9 avril 1948 et, avec l’exhortation apostolique Menti nostrae du 23 septembre 1950, il le proposa comme modèle aux prêtres engagés dans la confession et dans la direction spirituelle.

Chers frères et soeurs, que saint Giuseppe Cafasso soit un rappel pour tous à intensifier le chemin vers la perfection de la vie chrétienne, la sainteté; il doit, en particulier, rappeler aux prêtres l’importance de consacrer du temps au sacrement de la réconciliation et à la direction spirituelle, et rappeler à tous l’attention que nous devons avoir envers ceux qui en ont le plus besoin. Que nous aide l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, dont saint Giuseppe Cafasso était un grand dévot et qu’il appelait «notre chère Mère, notre réconfort, notre espérance».
* * *


Je suis heureux d’accueillir les pèlerins francophones, particulièrement ceux qui sont venus accompagner les nouveaux Archevêques métropolitains à qui j’ai eu la joie de remettre le pallium. Je salue cordialement Monseigneur Albert Le Gatt, Archevêque de Saint-Boniface, Monseigneur Samuel Kleda, Archevêque de Douala, Monseigneur Joseph Atanga, Archevêque de Bertoua, Monseigneur André-Joseph Léonard, Archevêque de Malines-Bruxelles, Monseigneur Désiré Tsarahazana Archevêque de Toamasina et Monseigneur Pierre Nguyen Van Nhon, Archevêque de Hanoï. Je vous donne avec affection, ainsi qu’à tous les prêtres et aux fidèles de vos archidiocèses la Bénédiction Apostolique, en gage de paix et de joie dans le Seigneur!





                                                                                  Juillet 2010

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Salle Paul VI

Mercredi 7 juillet 2010 - Jean Duns Scot

Chers frères et soeurs,

Ce matin — après plusieurs catéchèses sur de nombreux grands théologiens — je veux vous présenter une autre figure importante dans l'histoire de la théologie: il s'agit du bienheureux Jean Duns Scot, qui vécut à la fin du XIIIe siècle. Une antique inscription sur sa tombe résume les points de référence géographiques de sa biographie : «L’Angleterre l'accueillit; la France l'instruisit; Cologne, en Allemagne, en conserve la dépouille; c'est en Ecosse qu'il naquit». Nous ne pouvons pas négliger ces informations, notamment parce que nous possédons très peu d'éléments sur la vie de Duns Scot. Il naquit probablement en 1266 dans un village qui s'appelait précisément Duns, non loin d’Edimbourg. Attiré par le charisme de saint François d'Assise, il entra dans la Famille des Frères mineurs et, en 1291, il fut ordonné prêtre. Doué d'une intelligence brillante et porté à la spéculation — cette intelligence qui lui valut de la tradition le titre de Doctor subtilis, «Docteur subtil» — Duns Scot fut dirigé vers des études de philosophie et de théologie auprès des célèbres universités d'Oxford et de Paris. Après avoir conclu avec succès sa formation, il entreprit l'enseignement de la théologie dans les universités d'Oxford et de Cambridge, puis de Paris, en commençant à commenter, comme tous les Maîtres de ce temps, les Sentences de Pierre Lombard. Les principales oeuvres de Duns Scot représentent précisément le fruit mûr de ces leçons, et prennent le titre des lieux où il les professa: Ordinatio (appélée dans le passé Opus Oxoniense — Oxford), Reportatio Cantabrigiensis (Cambridge), Reportata Parisiensia (Paris). A celles-ci il faut ajouter au moins les Quodlibeta (ou Quaestiones quodlibetales), oeuvre très importante formée de 21 questions sur divers thèmes théologiques. Lorsqu’un grave conflit éclata entre le roi Philippe IV le Bel et le Pape Boniface VIII, Duns Scot s’éloigna de Paris et préféra l'exil volontaire, plutôt que de signer un document hostile au Souverain Pontife, ainsi que le roi l'avait imposé à tous les religieux. De cette manière — par amour pour le Siège de Pierre —, avec les Frères franciscains, il quitta le pays.

Chers frères et soeurs, ce fait nous invite à rappeler combien de fois, dans l’histoire de l'Eglise, les croyants ont rencontré l'hostilité et même subi des persécutions à cause de leur fidélité et de leur dévotion à l'égard du Christ, de l'Eglise et du Pape. Nous tous regardons avec admiration ces chrétiens qui nous enseignent à conserver comme un bien précieux la foi dans le Christ et la communion avec le Successeur de Pierre et, ainsi, avec l'Eglise universelle.

Toutefois, les rapports entre le roi de France et le successeur de Boniface VIII redevinrent rapidement des rapports d'amitié, et en 1305, Duns Scot put rentrer à Paris pour y enseigner la théologie sous le titre de Magister regens, nous dirions aujourd'hui professeur titulaire. Par la suite, ses supérieurs l'envoyèrent à Cologne comme professeur du Studium de théologie franciscain, mais il mourut le 8 novembre 1308, à 43 ans à peine, laissant toutefois un nombre d’oeuvres important.

En raison de la renommée de sainteté dont il jouissait, son culte se diffusa rapidement dans l'Ordre franciscain et le vénérable Pape Jean-Paul II voulut le confirmer solennellement bienheureux le 20 mars 1993, en le définissant «Chantre du Verbe incarné et défenseur de l'Immaculée Conception». Dans cette expression se trouve synthétisée la grande contribution que Duns Scot a offerte à l'histoire de la théologie.

Il a avant tout médité sur le Mystère de l'Incarnation et, à la différence de beaucoup de penseurs chrétiens de l'époque, il a soutenu que le Fils de Dieu se serait fait homme même si l'humanité n'avait pas péché. Il affirme dans la «Reportata Parisiensa»: «Penser que Dieu aurait renoncé à une telle oeuvre si Adam n'avait pas péché ne serait absolument pas raisonnable! Je dis donc que la chute n'a pas été la cause de la prédestination du Christ et que — même si personne n'avait chuté, ni l'ange ni l'homme — dans cette hypothèse le Christ aurait été encore prédestiné de la même manière» (in III Sent., d. 7, 4). Cette pensée, peut-être un peu surprenante, naît parce que pour Duns Scot l'Incarnation du Fils de Dieu, projetée depuis l'éternité par Dieu le Père dans son plan d'amour, est l'accomplissement de la création, et rend possible à toute créature, dans le Christ et par son intermédiaire, d'être comblée de grâce, et de rendre grâce et gloire à Dieu dans l'éternité. Même s'il est conscient qu’en réalité, à cause du péché originel, le Christ nous a rachetés à travers sa Passion, sa Mort et sa Résurrection, Duns Scot réaffirme que l'Incarnation est l’oeuvre la plus grande et la plus belle de toute l'histoire du salut, et qu'elle n'est conditionnée par aucun fait contingent, mais qu’elle est l'idée originelle de Dieu d'unir en fin de compte toute la création à lui-même dans la personne et dans la chair du Fils.

Fidèle disciple de saint François, Duns Scot aimait contempler et prêcher le Mystère de la Passion salvifique du Christ, expression de la volonté d'amour, qui communique avec une très grande générosité en dehors de lui les rayons de sa bonté et de son amour (cf. Tractatus de primo principio, c. 4). Et cet amour ne se révèle pas seulement sur le Calvaire, mais également dans la Très Sainte Eucharistie, pour laquelle Duns Scot avait une très grande dévotion et qu’il voyait comme le sacrement de la présence réelle de Jésus et comme le sacrement de l’unité et de la communion qui conduit à nous aimer les uns les autres et à aimer Dieu comme le Bien commun suprême (cf. Reportata Parisiensa, in IV Sent., d. 8, q. 1, n. 3). « Et, — ainsi que je l'écrivais dans ma Lettre à l'occasion du Congrès international de Cologne pour le VIIème centenaire de la mort du bienheureux Duns Scot, rapportant la pensée de notre auteur — comme cet amour, cette charité, fut au commencement de tout, de même aussi dans l'amour et dans la charité seulement sera notre béatitude: "le vouloir ou la volonté d'amour est simplement la vie éternelle, bienheureuse et parfaite" » (AAS 101 [2009], 5).

Chers frères et soeurs, cette vision théologique, fortement «christocentrique», nous ouvre à la contemplation, à l’émerveillement et à la gratitude: le Christ est le centre de l’histoire et de l’univers, il est Celui qui donne un sens, une dignité et une valeur à notre vie! Comme le Pape Paul VI à Manille, je voudrais moi aussi aujourd’hui crier au monde: «[Le Christ] est celui qui nous a révélés le Dieu invisible, il est le premier né de toute créature, il est le fondement de toute chose; Il est le Maître de l’humanité et le rédempteur; Il est né, il est mort, il est ressuscité pour nous; Il est le centre de l’histoire et du monde; Il est Celui qui nous connaît et qui nous aime; Il est le compagnon et l’ami de notre vie... Je n’en finirais plus de parler de Lui» (Homélie, 29 novembre 1970; cf. ORLF n. 50 du 11 décembre 1970).

Non seulement le rôle du Christ dans l’histoire du salut, mais également celui de Marie est l’objet de la réflexion du Doctor subtilis. A l’époque de Duns Scot, la majorité des théologiens opposait une objection, qui semblait insurmontable, à la doctrine selon laquelle la très Sainte Vierge Marie fut préservée du péché originel dès le premier instant de sa conception: en effet, l’universalité de la Rédemption opérée par le Christ, à première vue, pouvait apparaître compromise par une telle affirmation, comme si Marie n’avait pas eu besoin du Christ et de sa rédemption. C’est pourquoi les théologiens s’opposaient à cette thèse. Alors, Duns Scot, pour faire comprendre cette préservation du péché originel, développa un argument qui sera ensuite adopté également par le Pape Pie IX en 1854, lorsqu’il définit solennellement le dogme de l’Immaculée Conception de Marie. Et cet argument est celui de la «Rédemption préventive», selon laquelle l’Immaculée Conception représente le chef d’oeuvre de la Rédemption opérée par le Christ, parce que précisément la puissance de son amour et de sa médiation a fait que sa Mère soit préservée du péché originel. Marie est donc totalement rachetée par le Christ, mais avant même sa conception. Les Franciscains, ses confrères, accueillirent et diffusèrent avec enthousiasme cette doctrine, et d’autres théologiens — souvent à travers un serment solennel — s’engagèrent à la défendre et à la perfectionner.

A cet égard, je voudrais mettre en évidence un fait qui me paraît très important. Des théologiens de grande valeur, comme Duns Scot en ce qui concerne la doctrine sur l’Immaculée Conception, ont enrichi de la contribution spécifique de leur pensée ce que le Peuple de Dieu croyait déjà spontanément sur la Bienheureuse Vierge, et manifestait dans les actes de piété, dans les expressions artistiques et, en général, dans le vécu chrétien. Ainsi, la foi tant dans l’Immaculée Conception que dans l’Assomption corporelle de la Vierge, était déjà présente chez le Peuple de Dieu, tandis que la théologie n’avait pas encore trouvé la clé pour l’interpréter dans la totalité de la doctrine de la foi. Le Peuple de Dieu précède donc les théologiens, et tout cela grâce au sensus fidei surnaturel, c’est-à-dire à la capacité dispensée par l’Esprit Saint, qui permet d’embrasser la réalité de la foi, avec l’humilité du coeur et de l’esprit. Dans ce sens, le Peuple de Dieu est un «magistère qui précède», et qui doit être ensuite approfondi et accueilli intellectuellement par la théologie. Puissent les théologiens se placer toujours à l’écoute de cette source de la foi et conserver l’humilité et la simplicité des petits! Je l’avais rappelé il y a quelques mois en disant: «Il y a de grands sages, de grands spécialistes, de grands théologiens, des maîtres de la foi, qui nous ont enseigné de nombreuses choses. Ils ont pénétré dans les détails de l'Ecriture Sainte, [...] mais ils n'ont pas pu voir le mystère lui-même, le véritable noyau [...] L'essentiel est resté caché! [...] En revanche, il y a aussi à notre époque des petits qui ont connu ce mystère. Nous pensons à sainte Bernadette Soubirous; à sainte Thérèse de Lisieux, avec sa nouvelle lecture de la Bible “non scientifique”, mais qui entre dans le coeur de l'Ecriture Sainte» (Homélie lors de la Messe avec les membres de la Commission théologique internationale, 1er décembre 2009; cf. ORLF n. 49 du 8 décembre 2009).

Enfin, Duns Scot a développé un point à l’égard duquel la modernité est très sensible. Il s’agit du thème de la liberté et de son rapport avec la volonté et avec l’intellect. Notre auteur souligne la liberté comme qualité fondamentale de la volonté, en commençant par un raisonnement qui valorise le plus la volonté. Malheureusement, chez des auteurs qui ont suivi le notre, cette ligne de pensée se développa dans un volontarisme en opposition avec ce qu’on appelle l’intellectualisme augustinien et thomiste. Pour saint Thomas d’Aquin, qui suit saint Augustin, la liberté ne peut pas être considérée comme une qualité innée de la volonté, mais comme le fruit de la collaboration de la volonté et de l’intellect. Une idée de la liberté innée et absolue — comme justement elle évolue après Duns Scot — située dans la volonté qui précède l’intellect, que ce soit en Dieu ou dans l’homme, risque en effet de conduire à l’idée d’un Dieu qui ne ne serait même pas lié à la vérité et au bien. Le désir de sauver la transcendance absolue et la différence de Dieu par une accentuation aussi radicale et impénétrable de sa volonté ne tient pas compte du fait que le Dieu qui s’est révélé en Christ est le Dieu «logos», qui a agi et qui agit rempli d’amour envers nous. Assurément, comme l’affirme Duns Scot dans le sillage de la théologie franciscaine, l’amour dépasse la connaissance et est toujours en mesure de percevoir davantage que la pensée, mais c’est toujours l’amour du Dieu «logos» (cf. Benoît XVI, Discours à Ratisbonne, Insegnamenti di Benedetto XVI, II [2006], p. 261; cf. ORLF n. 38 du 19 septembre 2006). Dans l’homme aussi, l’idée de liberté absolue, située dans sa volonté, en oubliant le lien avec la vérité, ignore que la liberté elle-même doit être libérée des limites qui lui viennent du péché. De toute façon, la vision scotiste ne tombe pas dans ces extrêmes: pour Duns Scot un acte libre découle du concours d'un intellect et d'une volonté et s'il parle d'un « primat » de la volonté, il l'argumente exactement parce que la volonté suit toujours l'intellect.

En m’adressant aux séminaristes romains — l’année dernière — je rappelais que «la liberté, à toutes les époques, a été le grand rêve de l’humanité, mais en particulier à l’époque moderne» (Discours au séminaire pontifical romain, 20 février 2009). Mais c’est précisément l’histoire moderne, outre notre expérience quotidienne, qui nous enseigne que la liberté n’est authentique et n’aide à la construction d’une civilisation vraiment humaine que lorsqu’elle est vraiment réconciliée avec la vérité. Si elle est détachée de la vérité, la liberté devient tragiquement un principe de destruction de l’harmonie intérieure de la personne humaine, source de la prévarication des plus forts et des violents, et cause de souffrance et de deuils. La liberté, comme toutes les facultés dont l’homme est doté, croît et se perfectionne, affirme Duns Scot, lorsque l’homme s’ouvre à Dieu, en valorisant la disposition à l’écoute de sa voix, qu’il appelle potentia oboedientialis: quand nous nous mettons à l’écoute de la Révélation divine, de la Parole de Dieu, pour l’accueillir, alors nous sommes atteints par un message qui remplit notre vie de lumière et d’espérance et nous sommes vraiment libres.

Chers frères et soeurs, le bienheureux Duns Scot nous enseigne que dans notre vie l’essentiel est de croire que Dieu est proche de nous et nous aime en Jésus Christ, et donc de cultiver un profond amour pour lui et son Eglise. Nous sommes les témoins de cet amour sur cette terre. Que la Très Sainte Vierge Marie nous aide à recevoir cet amour infini de Dieu dont nous jouirons pleinement pour l’éternité dans le Ciel, lorsque finalement notre âme sera unie pour toujours à Dieu, dans la communion des saints.
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J’accueille avec joie les pèlerins francophones, surtout les jeunes. Je vous exhorte, chers collégiens, lycéens et servants d’autel, à faire croître votre amour pour le Saint Sacrement et pour la Vierge Immaculée. Puissiez-vous aussi vous laisser guider par l’Esprit Saint pour témoigner joyeusement et librement des vérités de la foi chrétienne ! N’ayez pas honte de votre foi et soyez fiers d’être catholiques ! Bon pèlerinage et bonnes vacances !





                                                                                  Août 2010


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Place Saint-Pierre

Mercredi 4 août 2010 - Saint Tarcisius

Chers frères et soeurs,

Je veux vous exprimer ma joie d'être ici aujourd'hui au milieu de vous, sur cette place, où vous êtes réunis en fête pour cette Audience générale, qui voit la présence tellement significative du grand pèlerinage européen des servants d'autel! Chers jeunes, garçons et filles, soyez les bienvenus! Comme la grande majorité des servants d'autel présents sur la place sont de langue allemande, je m'adresserai avant tout à eux dans ma langue maternelle.

Chers servants et servantes d'autel, chers amis et chères amies, chers pèlerins de langue allemande, bienvenue à Rome! Je vous salue tous cordialement. Je salue avec vous le cardinal-secrétaire d'Etat, Tarcisio Bertone; il s'appelle Tarcisio comme votre patron. Vous avez eu l’amitié de l'inviter et lui, qui porte le nom de saint Tarcisius, est heureux de pouvoir être ici au milieu des servants d'autel du monde et des servants d'autel allemands. Je salue mes chers frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce, ainsi que les diacres qui ont voulu prendre part à cette audience. Je remercie de tout coeur l’évêque auxiliaire de Bâle, Mgr Martin Gächter, président du «Coetus Internationalis Ministrantium», pour les paroles de salutation qu'il m'a adressées, pour le grand don de la statue de saint Tarcisius et pour le foulard qu'il m’a remis. Tout cela me rappelle l'époque où moi aussi j'étais un servant d'autel. Je le remercie, en votre nom, également pour le grand travail qu'il accomplit au milieu de vous, ainsi que ses collaborateurs et tous ceux qui ont rendu possible cette joyeuse rencontre. Mes remerciements vont aussi aux promoteurs suisses et à ceux qui ont travaillé à divers niveaux pour la réalisation de la statue de saint Tarcisius.

Vous êtes nombreux! J'ai survolé il y a quelques instants la place Saint-Pierre en hélicoptère et j'ai vu toutes les couleurs et la joie, qui est présente sur cette place! Ainsi, non seulement vous créez un climat de fête sur la place, mais vous rendez mon coeur plus joyeux encore! Merci! La statue de saint Tarcisius est arrivée jusqu'à nous après un long pèlerinage. En septembre 2008, elle a été présentée en Suisse, en présence de 8000 servants d'autel: certains d'entre vous étaient là. De Suisse, elle est passée par le Luxembourg jusqu'en Hongrie. Nous l'accueillons aujourd'hui dans la fête, heureux de pouvoir mieux connaître cette figure des premiers siècles de l’Eglise. La statue — comme l'a déjà dit Mgr Gächter — sera ensuite placée à proximité des catacombes de Saint-Calixte, où saint Tarcisius fut enterré. Le souhait que j'adresse à tous est que ce lieu, c'est-à-dire les catacombes de Saint-Calixte et cette statue, puisse devenir un point de référence pour les servants d'autel et pour ceux qui souhaitent suivre Jésus de plus près à travers la vie sacerdotale, religieuse et missionnaire. Que tous puissent regarder ce jeune homme courageux et fort et renouveler l'engagement d'amitié avec le Seigneur lui-même pour apprendre à vivre toujours avec Lui, en suivant le chemin qu'il nous indique avec sa Parole et le témoignage de si nombreux saints et martyrs, dont, à travers le Baptême, nous sommes devenus frères et soeurs.

Qui était saint Tarcisius? Nous ne disposons pas de beaucoup d'informations. Nous sommes dans les premiers siècles de l’histoire de l'Eglise, plus précisément au troisième siècle; on raconte qu'il était un jeune homme qui fréquentait les catacombes de Saint-Calixte ici à Rome et qu'il était très fidèle à ses engagements chrétiens. Il aimait beaucoup l'Eucharistie et, de divers éléments, nous concluons que, probablement, il était un acolyte, c'est-à-dire un servant d'autel. Dans ces années-là, l'empereur Valérien persécutait durement les chrétiens, qui étaient contraints de se réunir clandestinement dans les maisons privées ou, parfois, également dans les catacombes, pour écouter la Parole de Dieu, prier et célébrer la Messe. Même la tradition d'apporter l’Eucharistie aux prisonniers et aux malades devenait de plus en plus dangereuse. Un jour, alors que le prêtre demanda comme d’habitude, qui était disposé à apporter l'Eucharistie aux autres frères et soeurs qui l'attendaient, le jeune Tarcisius se leva et dit: «Veux-tu que je m'en charge?». Ce garçon semblait trop jeune pour un service aussi exigeant! «Ma jeunesse — dit Tarcisius — sera le meilleur abri pour l'Eucharistie». Le prêtre, convaincu, lui confia le précieux Pain en lui disant: «Tarcisius, rappelle-toi qu'un trésor céleste est remis entre tes faibles mains. Evite les chemins fréquentés et n'oublie pas que les choses saintes ne doivent pas être jetées aux chiens ni les perles aux cochons. Protégeras-tu avec fidélité et assurance les Saints Mystères?». «Je mourrai — répondit Tarcisius avec fermeté — plutôt que de les céder». En route, il rencontra des amis qui, s'approchant de lui, lui demandèrent de se joindre à eux. A sa réponse négative — ils étaient païens — ils devinrent soupçonneux et insistants et ils se rendirent compte qu'il serrait quelque chose sur sa poitrine qu'il semblait défendre. Ils tentèrent de la lui arracher mais en vain; la lutte se fit de plus en plus acharnée, surtout lorsqu'ils apprirent que Tarcisius était chrétien: ils lui donnèrent des coups de pied, lui lancèrent des pierres, mais il ne céda pas. Mourant, il fut apporté au prêtre par un officier prétorien du nom de Quadratus, devenu lui aussi, clandestinement, chrétien. Il y arriva sans vie, mais il serrait encore contre sa poitrine un petit morceau de lin contenant l'Eucharistie. Il fut enterré immédiatement dans les catacombes de Saint-Calixte. Le Pape Damase fit apposer une inscription sur la tombe de saint Tarcisius, selon laquelle le jeune homme mourut en 257. Le Martyrologe romain fixe la date au 15 août et dans le même Martyrologe est rapportée une belle tradition orale selon laquelle, sur le corps de saint Tarcisius, on ne retrouva pas le Très Saint Sacrement, ni dans ses mains, ni dans ses vêtements. On raconta que le pain consacré, défendu par sa vie par le petit martyr, était devenu chair de sa chair, formant ainsi avec son propre corps, une unique hostie immaculée offerte à Dieu.

Chères servantes et chers servants d'autel, le témoignage de saint Tarcisius et cette belle tradition nous enseignent l’amour profond et la grande vénération que nous devons avoir pour l'Eucharistie: c'est un bien précieux, un trésor dont la valeur ne peux pas être mesurée, c'est le Pain de la vie, c'est Jésus lui-même qui se fait nourriture, soutien et force pour notre chemin de chaque jour et route ouverte vers la vie éternelle, c'est le don le plus grand que Jésus nous a laissé.

Je m'adresse à vous ici présents et, à travers vous, à tous les servants d'autel du monde! Servez avec générosité Jésus présent dans l'Eucharistie. C'est une tâche importante, qui vous permet d'être particulièrement proches du Seigneur et de croître dans une amitié vraie et profonde avec Lui. Conservez jalousement cette amitié dans votre coeur comme saint Tarcisius, prêts à vous engager, à lutter et à donner la vie pour que Jésus parvienne à tous les hommes. Vous aussi, transmettez aux jeunes de votre âge le don de cette amitié, avec joie, avec enthousiasme, sans peur, afin qu'ils puissent sentir que vous connaissez ce Mystère, qu'il est vrai et que vous l'aimez! Chaque fois que vous vous approchez de l'autel, vous avez la chance d’assister au grand geste d'amour de Dieu, qui continue à vouloir se donner à chacun de nous, à être proche de nous, à nous aider, à nous donner la force pour vivre bien. Avec la consécration — vous le savez — ce petit morceau de pain devient Corps du Christ, ce vin devient Sang du Christ. Vous avez la chance de pouvoir vivre de près cet indicible mystère! Vous accomplissez avec amour, avec dévotion et avec fidélité votre tâche de servants d'autel; n'entrez pas dans l'église pour la célébration avec superficialité, mais préparez-vous intérieurement à la Messe! En aidant vos prêtres dans le service de l’autel, vous contribuez à rendre Jésus plus proche, de manière telle que les fidèles puissent le sentir et s’en rendre compte avec plus de force: Il est ici; vous collaborez afin qu'il puisse être plus présent dans le monde, dans la vie de chaque jour, dans l'Eglise et en tout lieu. Chers amis! Vous prêtez à Jésus vos mains, vos pensées, votre temps. Il ne manquera pas de vous récompenser, en vous donnant la vraie joie et en vous faisant sentir où est le bonheur le plus complet. Saint Tarcisius nous a montré que l'amour peut nous conduire jusqu'au don de la vie pour un bien authentique, pour le bien véritable, pour le Seigneur.

A nous probablement, le martyre n'est pas demandé, mais Jésus nous demande la fidélité dans les petites choses, le recueillement intérieur, la participation intérieure, notre foi et l'effort de conserver présent ce trésor dans notre vie de chaque jour. Il nous demande la fidélité dans les tâches quotidiennes, le témoignage de Son amour, en fréquentant l'Eglise par conviction intérieure et pour la joie de sa présence. Ainsi pouvons-nous aussi faire savoir à nos amis que Jésus est vivant. Dans cet engagement, puisse nous aider l’intercession de saint Jean-Marie Vianney, dont c'est aujourd'hui la fête liturgique, de cet humble curé de France, qui a changé une petite communauté et a ainsi donné au monde une lumière nouvelle. Que l'exemple des saints Tarcisius et Jean-Marie Vianney nous pousse chaque jour à aimer Jésus et à accomplir sa volonté, comme l'a fait la Vierge Marie, fidèle à son Fils jusqu'au bout. Merci encore à tous! Que Dieu vous bénisse en ces jours et bon retour dans vos pays!
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Je vous salue avec affection, chers servants d'autel et chers pèlerins. Je viens de parler de saint Tarcisius qui est, comme vous le savez, le patron des enfants de choeur. Suivez son exemple. Le message que je désire vous adresser pourra accompagner votre vie et illuminer votre service. Les apôtres ont été les témoins de Jésus parce qu'ils étaient ses «amis». C'est Lui qui les a choisis. Vous aussi, vous pouvez entrer dans cette amitié! Quand vous participez à la liturgie en servant l'autel, vous offrez à tous un témoignage incomparable d'humilité et de disponibilité. Votre prière, si près de l'autel, vient de la profondeur de votre coeur. Vous êtes très proches de Jésus-Eucharistie. Laissez-vous émerveiller toujours davantage par tant d'amour et tant de proximité! Puissiez-vous, chers servants d'autel, chercher votre vie entière le trésor de cette proximité avec le Seigneur Jésus! Et au sortir de l'église, dites à vos amis combien vous avez été heureux d'être avec le Christ et à son service. Je vous bénis de tout coeur ainsi que les pèlerins francophones présents.





APPEL


Ma pensée va en particulier aux populations frappées, en ce moment, par de graves catastrophes naturelles, qui ont provoqué des pertes de vies humaines, des blessés et des dommages, laissant de nombreuses personnes sans abris. De façon particulière, je pense aux vastes incendies dans la Fédération russe et aux inondations dévastatrices au Pakistan et en Afghanistan. Je prie le Seigneur pour les victimes et j’exprime ma proximité spirituelle à tous ceux qui sont frappés par ces situations de détresse. Pour eux, je demande à Dieu le soulagement de leurs souffrances et le soutien dans leurs difficultés. Je souhaite, en outre, que ne manque pas la solidarité de tous.





Audiences 2010 62