
Homélies 1976
Enfin, efforçons-nous d’honorer la grande fête de Noël en exprimant, au fond du coeur et dans le culte, les sentiments que suscite sa réalité religieuse ; et d’abord notre émerveillement : dans la mesure où il cherche à admirer le prodige de l’Incarnation, du Verbe de Dieu qui se fait homme, il ne trouvera jamais la mesure suffisante, si hyperbolique qu’elle soit, pour faire correspondre l’expression de l’étonnement et de la joie à la réalité qui en est la source. C’est encore Saint Augustin qui nous exhorte : « Réveille-toi, homme ; pour toi Dieu s’est fait homme ! » (Serm. 185 ; PL 38, 907). Ce sentiment accompagnera toujours, même aux heures d’amertume de la vie et dans les célébrations douloureuses de la liturgie, tous les autres sentiments, comme une réserve inépuisable d’optimisme contemplatif et actif, propre à celui qui a été admis à goûter par avance le bonheur transcendant du mystère chrétien (cf. Ep Ep 5,14). Ecoutons à nouveau Saint Paul : que ses paroles donnent leur style à notre vie chrétienne, qu’elles constituent un souhait et un souvenir de notre célébration de Noël : « Réjouissez-vous dans le Seigneur, toujours ; je vous le répète encore : réjouissez-vous ! » (Ph 4,4 cf. Ph 2,18 Ph 3,1). L’Ange de la crèche a entonné du ciel le message de la joie nouvelle, pour nous aussi : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui, vous est né un Sauveur dans la ville, de David, Il est le Messie, le Seigneur » (Lc 2,10-11).
Homélies 1976