Audiences 1976 21

CONSTRUIRE L’EGLISE





Chers Fils et Filles,



Vous qui venez visiter et vénérer le siège de l’humble successeur de l’apôtre, Simon fils de Jean, que Jésus Lui-même a appelé Pierre, quelle parole prophétique, quel destin historique cherchez-vous, non seulement à l’emplacement de sa tombe mais aussi dans l’édifice monumental qui glorifie sa mémoire et symbolise sa mission spirituelle ? N’entendez-vous pas au fond du coeur l’écho de la promesse que Jésus a faite à l’Apôtre lorsqu’il lui dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise » ? (Mt 16,18). Paroles fatidiques qui semblent acquérir une signification sensible et que nous ne méditerons jamais assez ; paroles qui se répercutent non seulement dans l’édifice de la Basilique où nous sommes venus regarder, admirer, prier, mais surtout dans l’institution qui a ici son pivot et son coeur, qui nous implique tous et qui nous révèle notre nom, très commun et plus que jamais mystérieux : nous, nous sommes Eglise, l’Eglise, le corps historique, visible et en même temps spirituel et transcendant notre scène historique, le Corps mystique du Christ ! C’est pour ce lieu béni, c’est pour ce moment privilégié que l’annonce messianique et divine a été prononcée, proclamée : « Moi, moi le Christ Jésus, Fils du Dieu vivant, je bâtirai mon Eglise ».

Tout cela mérite d’être écouté, médité, et compris dans la mesure où cela nous est possible. Contentons-nous, en ce moment de choisir un seul mot : « Moi, le Seigneur... (cf. Is Is 9,4-6), je bâtirai... » Que signifie ce terme, bâtir, édifier. Cela veut dire prendre des matériaux informes et dispersés et, tout en respectant leur structure essentielle, les modeler, les unir, les grouper selon un plan architectural, leur conférer l’utilité et la dignité d’un destin unique qui réfléchisse une pensée, une finalité, une beauté qui appartient à chacun des éléments en particulier et à l’édifice dans son ensemble. Voilà ce que le Christ a voulu faire de l’humanité, du royaume de Dieu, de la construction. Voilà le royaume de Dieu que l’Evangile annonce, voilà l’Eglise dont le Christ a dit : « mon Eglise » ; voilà l’humanité impliquée dans le dessein du salut. Ceci est la clé qui ouvrira l’intelligence aux Ecritures : qu’on lise l’histoire d’Abraham (cf. Gn Gn 12,3 Ga 3 Ga 8 et ss. ) ; l’histoire d’Israël (Ga 6,15-16 Rm 9 etc. ); l’histoire de l’Eglise naissante (Ac 11,17-18 etc. ); c’est la pensée divine, à l’oeuvre dans l’histoire de l’humanité, et au plus secret des âmes qui écoutent le Maître intérieur.

22 L’immensité vertigineuse de la révélation divine qui ouvre devant nous son étendue sans fin et cependant toute proche (cf. Ep Ep 3,18-19 et ss.) peut donner au visiteur une sensation d’ivresse et en même temps un sentiment de confusion, peut le laisser pour ainsi dire écrasé, dérouté. Il ne faut pas qu’il en soit ainsi ! Puisons-y au contraire deux messages qui nous comblent de réconfortante énergie.

Le premier est le message de l’unité et de l’universalité qui découle de l’Evangile et qui s’est emparé de nous ici. Il y a tant de choses qu’un tel message nous obligerait à rappeler ! Il suffirait d’en écouter, non pas seulement l’écho, mais la répétition, devenue simple comme une expression verbale, extrêmement réaliste et entraînante toutefois, qui vibre dans les dernières et si émouvantes paroles du Christ, au seuil de sa passion : « Que tous soient un » (cf. ]n 17, 11 ; etc.). Ici, ces paroles testamentaires du Seigneur résonnent sans fin. Ici elles deviennent comme une trompe qui sonne pour tous les peuples ; ici, elles deviennent vocation pour tous ceux qui ont l’esprit ouvert à l’appel divin. Ici, elles sont comme une offrande, comme un jeu amoureux du Seigneur, un colloque avec lui. Ecouter est ici la première forme de prière, d’expression spirituelle sincère, apte à greffer celui qui écoute dans le dessein du divin interlocuteur.

Puis le second message, celui relatif à la construction; la construction de l’Eglise, que le Christ Lui-même opère dans l’histoire ; une construction qui, pour nous fils du temps, est toujours, peut-on dire, un commencement. Tout le travail accompli au cours des siècles qui nous précèdent ne nous exonère pas de la collaboration avec le divin constructeur ; mieux, il nous appelle, et pas seulement à une fidèle tâche de conservation ; encore moins à un passif traditionalisme ou au refus hostile des innovations continuelles de la vie humaine ; il nous appelle à recommencer da capo, nous souvenant, certes, et gardiens fidèles, de ce que l’histoire authentique de l’Eglise a accumulé pour notre génération et pour toutes les suivantes, mais conscients du fait que jusqu’à la fin des temps, l’édifice réclame de nouveaux travaux, exige une construction laborieuse, fraîche, géniale, comme si l’Eglise, l’édifice divin, devait commencer aujourd’hui son aventureux défi aux célestes hauteurs (cf. 1Co 3,10 1P 2,5) ; ici, il faut se libérer de la fatigue, de la paresse, de la méfiance, de la contestation systématique qui ruine l’effort ; ici il faut, avec fraîcheur juvénile et audace géniale, avec humilité et grande confiance, tâcher de voir, à travers les besoins de la société, le projet que le Christ, le bâtisseur, prépare pour les siens; efforçons-nous d’être les siens. Avec notre Bénédiction Apostolique.






14 juillet



LA FOI EST LA BASE





Chers Fils et Filles,



Nous avons dit, et reprenant un discours que nous jugeons fondamental et véritable programme de vie chrétienne, nous répétons : il faut construire l’Eglise. Oui, cet édifice qui exprime le dessein religieux pour l’humanité, l’ordre spirituel de chaque homme et celui des hommes considérés socialement ; qui signifie l’organisation d’une société dans laquelle se réalise la pensée de Dieu au sujet du monde. Son plan concernant nos rapports vrais et opérants avec la Divinité, Son amoureux projet relatif à notre salut, l’Eglise, donc, — répétons-le — doit être construite dans le siècle présent, dans l’histoire que nous sommes en train de vivre.

Construire l’Eglise ! en tenant compte de diverses choses extrêmement importantes.

Et d’abord du fait qu’il s’agit d’une opération qui n’est pas, effectivement, la nôtre mais celle du Christ ; du Christ lui-même. Il a dit : « Je bâtirai mon Eglise » (Mt 16,18). Lui, il est le divin Architecte ; il est le maître d’oeuvre ; en ce certain sens il est l’unique constructeur. Il s’agit d’une opération dont II est Lui-même la vraie cause. C’est de Lui que dépend l’oeuvre que nous voulons voir réaliser ; c’est Son oeuvre, c’est une oeuvre divine. Nous, invités dans les chantiers des desseins divins nous sommes des collaborateurs. « Nous sommes, dit Saint Paul, les collaborateurs de Dieu » (1Co 3,9) ; nous sommes cause seconde dans la grande exécution de l’oeuvre qui a Dieu, qui a le Christ pour cause première; nous sommes des ministres, nous sommes des instruments ; nous nous trouvons dans l’ordre de la « conditionnalité » plutôt que dans celui de la causalité ; il s’agit là d’une question théologique sur laquelle se sont penchés laborieusement les plus grands penseurs, comme Saint Augustin (cf. De Gratia Christi, 26 ; P.L. X, 374) ; qu’il nous suffise de rappeler Saint Paul : « Que possèdes-tu, que tu n’aies reçu ? » (1Co 4,7). Mais cette doctrine, nous le répétons, ne diminue en rien notre responsabilité, ne nous enlève pas le mérite de notre action ; et, au point de vue du thème qu’ici nous considérons, il confère à notre oeuvre ministérielle la grande dignité d’être collaboratrice de l’oeuvre divine ; elle ne rend pas sans portée la nécessité de l’effort humain; au contraire celui-ci est réclamé jusqu’au don total de soi dans l’engagement même à participer à l’oeuvre de la grâce (cf. 2Co 12,9).

La seconde chose à noter est que pour nous il s’agit moins de construire l’Eglise que de la reconstruire, sauf évidemment si nous nous trouvons dans le domaine missionnaire où l’implantation, la plantatio de l’Eglise doit commencer par la première annonce de l’Evangile (cf. Ad Gentes, AGD 3). Mais nous, dans les pays d’ancienne formation chrétienne, nous devons être consciemment attentifs à un facteur indispensable dans la question de la construction de l’Eglise ; il s’agit de la tradition, du travail accompli au cours des siècles par ceux qui nous ont précédés dans la construction de l’Eglise. Nous sommes les héritiers, les continuateurs d’une oeuvre précédente ; nous devons avoir le sens de l’histoire et nous exercer à rester, humblement et heureusement, fidèles à tout ce que les siècles écoulés nous ont transmis de vivant et d’authentique dans la formation du Corps mystique du Christ.

Nous devons prendre garde à ne pas nous laisser entraîner par l’esprit révolutionnaire qui, inconsciemment, caractérise tant de gens de notre époque, des gens qui ignorent tout ou veulent tout ignorer du travail accompli par les générations précédentes et qui croient qu’ils peuvent entreprendre l’oeuvre de salut de l’humanité en répudiant tout ce que l’expérience, confirmée par un magistère de cohérence et d’authenticité, nous a conservé, et en recommençant à zéro l’édification d’une nouvelle civilisation. Nous sommes, nous, sagement conservateurs et continuateurs, et nous ne devons pas craindre que cette double qualification, judicieusement comprise, dépouille l’oeuvre actuelle de sa vivacité et de son génie. Dans la construction de l’Eglise, l’oeuvre à accomplir, spécialement sur le plan spirituel et pastoral, est toujours nouvelle, se trouve toujours à ses débuts.

Il y a enfin une troisième chose dont nous avons toujours à nous souvenir lorsque nous nous proposons de construire l’Eglise : c’est le fondement sur lequel la construction repose et doit s’élever : ce fondement est la foi, la foi en Jésus-Christ ; « Vous êtes, écrit encore Saint Paul, l’édifice de Dieu. Suivant la grâce divine qui m’a été donnée, j’ai posé le fondement comme un sage architecte, mais c’est un autre qui a bâti par-dessus. Que chacun avise à ce qu’il met ainsi par-dessus. En fait de fondement, on ne peut en poser d’autre que celui qui y est déjà, je veux dire Jésus-Christ » (1Co 3,10-12). Cela l’Apôtre l’a écrit aux Corinthiens ; puis, aux Romains, il a ouvert la voie de la théologie chrétienne en enseignant : « Il est écrit : le juste vit de foi » (Rm 1,17 cf. Rm 3,22). Le juste vivra, puisant dans la foi le principe du salut, de la justification; principe objectif, comme don divin ; et principe subjectif, comme acceptation du don de la foi (cf. Conc. de Trente, sess. VI, 7 ; Denz-Schon. 1528 et ss.). Les termes de cette doctrine se trouvent ainsi clairement énoncés ; mais le processus ontologique de la foi, c’est-à-dire du don divin, et le processus moral et psychologique, c’est-à-dire humain, par lequel la foi prend possession de l’âme et en inspire l’action, en informe la vie, demeure le grand chapitre de notre doctrine religieuse ; chapitre immense, stupéfiant, dramatique, sur lequel se fonde l’édifice que nous voulons construire, l’Eglise ; ou mieux, l’édifice dans lequel nous trouverons la lumière, la paix, la force d’être chrétiens.

23 La foi, souvenons-nous en est la base ; la foi de Pierre qui, par inspiration divine, répondit à Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16,16). Souvenons-nous ! Avec notre Bénédiction Apostolique.






21 juillet



EDIFIER L’EGLISE AVEC CHARITÉ





Chers Fils et Filles,



Construire l’Eglise, comme nous l’avons déjà dit est notre grand devoir, à nous autres chrétiens ; c’est le devoir de ce temps que nous espérons tous voir finalement délivré des persistantes séquelles belliqueuses et psychologiques des terribles conflits qui ont, au cours de ce siècle, ensanglanté la terre et exacerbé ses populations ; et nous espérons qu’en même temps pourront se résoudre en formules nouvelles de rapports justes et pacifiques les différends sociaux qui troublent la société humaine. C’est dans ce cadre du monde contemporain, que nous souhaitons de nouveau pacifié, qu’il faut construire l’Eglise, c’est-à-dire donner consistance et efficacité spirituelle et bénéfique au plan humano-divin du salut et de fraternité que le Christ a inauguré dans le monde et qu’il a poursuivi au milieu des vicissitudes contrastées de l’histoire, tout au long des siècles jusqu’au nôtre qui, d’une part, présente, selon certains, les signes d’une fatale décadence religieuse et, d’autre part, relève encore mieux la vertu prophétique du Christianisme relativement à la civilisation moderne. Quant à nous l’héritage du récent Concile nous stimule à l’espérance et nous oblige aux laborieux efforts.

Construire l’Eglise, en deux sens : c’est-à-dire, d’une part, reconstruire cette Eglise qui nous a légué un héritage extraordinairement riche, mais qui a un immense besoin de purification selon l’esprit de l’Evangile (il y a tant et tant de stimulants en ce sens qui nous viennent de l’expérience morale de la pensée contemporaine !), et un grand besoin d’être restaurée, spécialement en ce qui concerne les valeurs religieuses que le monde estime de moins en moins, alors qu’il en a tant besoin. Puis, en un second sens qui porte vers l’avenir, plus que vers le passé ; qui se propose de continuer, de renouveler, aussi, fidèle à la tradition, l’ancienne construction et de lui donner de nouveaux développements conformes à ses exigences historiques et constitutionnelles. Et voici alors une formidable question qui jaillit du coeur de chacun : l’Eglise ; mais c’est quoi, l’Eglise ? parce que sous ce nom d’innombrables choses différentes peuvent être désignées à cause de l’expérience historico-culturelle, sociale dont le « royaume de Dieu » prêché par le Christ dans le cadre évangélique fut en même temps cause et effet, obligeant la conscience des hommes de notre temps à renouveler, dans la pensée et dans l’action, le concept, le vrai concept essentiel et vital de cette Eglise que nous disons vouloir construire, reconstruire et exprimer dans un cohérent édifice nouveau.

Qu’est-ce donc que l’Eglise ? L’interrogation se fait pressante également à cause des opinions multiples — et souvent aberrantes — qui attribuent à l’Eglise des coordonnées incertaines et arbitraires. Par chance — une chance dont nous favorise la Providence — le récent Concile a concentré son étude doctrinale sur cette question : « Qu-est-ce que l’Eglise » et il a fait voir à l’Eglise elle-même son propre visage comme dans un miroir limpide ; et il l’a, également, fait voir au monde profane dans un tableau aussi noble qu’intéressant, quelle que soit la manière de le considérer. L’Ecclésiologie est le chapitre d’actualité de la Théologie.

Nous en avons également une preuve dans un document de haute valeur publié récemment par l’Episcopat Lombard (novembre 1975) et dans lequel est exprimé précisément le besoin de nous fixer à nous-mêmes le profil théologique de l’Eglise. On y lit notamment : « Le Concile Vatican II nous a amplement expliqué ce qu’est l’Eglise et nous renvoyons à son admirable doctrine. Il nous semble toutefois essentiel de rappeler ici quelques-unes de ses lignes essentielles : L’Eglise — selon l’enseignement du Concile — est le mystère de la communion des hommes avec Dieu le Père, et de leur communion entre eux, par l’opération du Christ, dans l’Esprit Saint. En d’autres mots, elle est le Peuple de Dieu que le Père Eternel a rassemblé en y appelant les hommes de toute souche humaine, de tout lieu de la terre et de chaque siècle de l’histoire ; que le Seigneur Jésus a racheté par sa mort et sa résurrection ; que le Saint-Esprit illumine de sa lumière intérieure, sanctifie par la grâce, unifie par la foi, l’espérance et la charité, et guide au moyen du ministère visible de ceux qui ont reçu le mandat de paître le troupeau de ceux qui ont été réconciliés par le Sang du Christ (cf Ac 20,28) ».

Nous n’allons pas maintenant donner une leçon doctrinale. Qu’il nous suffise de réaffirmer cette idée, cette intention qui a guidé notre discours : construire l’Eglise. D’où résulte une seconde demande fondamentale : comment peut-on construire ? Au cours de l’audience précédente nous avons dit : « on peut, on doit construire sur la foi, comme le Christ lui-même l’a enseigné, en proclamant que le nom de l’Apôtre serait celui de Pierre et en faisant en même temps l’éloge de sa profession de foi. Nous insistons : avec quelles forces pourrions-nous construire ? Réponse : avec les forces de l’amour. Seul celui qui l’aime peut construire l’Eglise. C’est-à-dire : l’édifier, la vivifier. Et sous cet aspect, c’est le Christ Lui-même qui se donne en exemple : « Christus dilexit Ecclesiam » (Ep 5,25). Le Christ a aimé l’Eglise, écrivait Saint Paul, et il s’est sacrifié Lui-même pour elle. L’amour revêt l’expression et la mesure les plus élevées : celles du sacrifice : « Il n’y a pas d’amour plus grand que celui — a dit Jésus Lui-même — de donner sa vie pour ses propres amis » (Jn 19,13).

N’est-ce pas l’amour qui soutient les Pasteurs ? (cf Jn 10,11 Jn 21,15 et ss. ). N’y a-t-il pas l’amour, le don de soi, à la base de la vocation ? n’est-ce pas l’amour qui pousse les missionnaires vers des terres lointaines, inhospitalières ? (2Co 5,14) ; n’est-ce pas l’amour qui engendre la concorde et l’activité dans les communautés ecclésiales ? (cf Jn 13,34).

Construire l’Eglise par amour, dans l’amour; que cela soit notre force.

Avec notre Bénédiction Apostolique.






28 juillet



LA COMMUNION ECCLÉSIALE





24 Chers Fils et Filles,



Nous reprenons un sujet que nous avons déjà examiné précédemment, à savoir : « construire l’Eglise » ; il est nécessaire que tous les disciples du Christ prennent à leur charge Son programme à Lui, le Christ, qui a dit à Pierre : « Je bâtirai mon Eglise » (
Mt 16,18).

En ce qui concerne un thème d’une si grande amplitude, d’une si grande importance, il nous suffira, dans ce colloque élémentaire avec vous, chers visiteurs, de mettre l’accent sur la nécessité de rétablir clairement la signification de ce terme fondamental et, dans l’usage qui en est fait, polyvalent « Eglise ». Que signifie « Eglise », dans la pensée du Christ Il faut noter que ce mot « Eglise », parfois utilisé déjà dans l’Ancien Testament (cf Dt 9, 10, etc.) revient trois fois dans les Evangiles (Mt 16,18 Mt 18,17 Mt 18,17 bis) ; mais les spécialistes du Nouveau Testament le découvrent 23 fois dans les Actes des Apôtres, 64 fois dans les Epîtres de Saint Paul ; puis on le retrouve dans d’autres textes apostoliques, et, également, dans de nombreux écrits de la première Tradition (cf. S. ignace d’ANTIOCHE, ad Smyrnaeos, VIII, où apparaît pour la première fois l’expression « Catholica ecclesia »). Le mot signifie : assemblée, réunion, rassemblement, en vue de quelqu’acte religieux ; et il acquiert un sens de communauté, souvent utilisé pour indiquer la communauté locale, (cf 1Co 1,2 Rm 16,1 Ap 1,4) ; et même l’assemblée domestique (Rm 16, 5, Col 4,15 etc. ). L’Eglise est l’expression sociale du « Royaume de Dieu » ; du « Corps mystique » du Christ, dont Lui, le Christ, est le Chef (Ep 1,22-23 Col 1,17 Col 2,17), plénitude du Christ (Ep 1,23), L’Epouse mystique du Christ (Ep 5,25) ; et ainsi de suite. Nous trouvons dans le Concile une liste d’images variées dans laquelle on découvre les multiples significations du terme « Eglise » (Lumen Gentium, LG 6). Nous nous arrêtons ici au symbole déjà rappelé de « édifice de Dieu », bâti par lui-même : « Je bâtirai mon Eglise ».

« Dei aedificatio estes » (cf 1Co 3,9), « vous êtes l’édifice de Dieu », affirme Saint Paul ; et dans son affirmation, écho de la pensée du Seigneur, sont exprimés quelques concepts constitutionnels de l’Eglise, comme ceux de l’origine divine de l’édifice mystique, de son développement également divin ; de sa composition humaine et sociale ; de son intime adhésion structurelle (cf L. cerfaux, La théologie de l’Eglise, suivant Saint Paul, Paris 1948).

Un mot que l’on emploie souvent aujourd’hui semble résumer et exprimer cet aspect de l’Eglise : c’est le mot « communion » dans sa double référence à Dieu et aux chrétiens entre eux.

Le Concile l’adoptera souvent : l’Eglise est une communion de foi et de charité (cf Lumen Gentium, LG 4,9 spécialement ; 13, 23, 49 ; etc.). Et c’est là, certes, une très belle parole qui s’applique si bien à l’édifice que nous sommes appelés à composer avec l’assistance du Christ ; la communion, cause et effet de sa consistance, de sa solidité et, puisqu’il s’agit d’un édifice vivant comme l’est un corps social, de sa vitalité. Communion veut dire, dans notre étude, la grâce lorsqu’elle indique le rapport qui nous unit à Dieu : veut dire : une dilection fraternelle dans la participation à la même foi, à la même espérance et à la même charité quand elle indique le rapport avec les frères : c’est comme la circulation du sang dans un homme vivant et sain. C’est un facteur d’unité spirituelle et sociale dans un organisme composite. Saint Paul scelle le concept et le précepte de la communion chrétienne dans sa magnifique recommandation : « Appliquez-vous à garder l’unité spirituelle par le lien de la paix » (Ep 4,3).

La communion est donc le ciment qui unit les divers éléments de l’« édifice Eglise », tant dans sa composition mystique, la communion des Saints, que dans son expression communautaire, la communion catholique, c’est-à-dire l’insertion organique et canonique dans le corps visible de l’Eglise elle-même.

Nous devons reconnaître que ce caractère unitaire de l’Eglise est devenu plus évident et mieux ressenti de nos jours. Qu’il interprète la pensée authentique et suprême du Christ, personne ne le contestera (cf Jn 17) ; l’oecuménisme en a réveillé l’exigence pour tous et a accru la joie et l’humilité chez des chrétiens qui n’en ont pas encore l’inestimable bénéfice, tout comme il a provoqué un tourment plus conscient et un désir plus généreux chez ceux qui aspirent encore à la communion parfaite.

Mais la communion propre à l’Eglise catholique est un tel bien qu’elle mérite promotion et défense également à l’intérieur de l’Eglise même, en présence de quelques ferments négatifs, comme l’équivoque à propos du pluralisme qu’on n’apprécie pas toujours dans ses éléments positifs tels que l’épanouissement printanier des branches d’un même arbre ; nous voulons dire, comme la recherche toujours nouvelle et l’expression originale et multiple de la vérité dans le dépôt sacré de la foi (cf 1Tm 4,6-7 2Tm 1,12-14 etc. ) ; équivoque du pluralisme considéré abusivement comme légitime « libre-examen » subjectif de la Parole de Dieu et du magistère ecclésiastique.

C’est ainsi que l’on tente de justifier l’attitude, désormais courante, de ceux qui s’arrogent un droit de critique systématique à l’égard de la discipline ecclésiastique et qui, par leur contestation corrosive, mettent en danger la concorde et la collaboration fraternelle. Ce n’est pas avec ce genre de réactions contre certaines limites et certains défauts qui peuvent se constater parfois dans le camp catholique que l’on pourra construire l’Eglise. Ce n’est pas son style ; ou plutôt, ce n’est pas cette attitude qui élève et embellit l’Eglise.

Mais ce sera plutôt la bonté, l’amitié, la concorde, la collaboration, la solidarité (Ga 6,1-3) et cet esprit d’association entre frères dans la foi et dans la charité qui, d’une part, a malheureusement faibli aujourd’hui, mais qui d’autre part, est cependant en bonne voie de reprise, qui construira l’Eglise vivante, nouvelle et authentique de notre époque.

25 Avec notre Bénédiction Apostolique.






4 août



L’AUTORITÉ DANS L’EGLISE





Chers Fils et Filles,



Dans les simples entretiens de nos Audiences Générales nous suivons depuis quelque temps une idée bien déterminée : construire l’Eglise. Une idée qui se révèle fondamentale pour deux raisons : d’abord celle du dessein même de l’action du Christ dans le monde et dans l’histoire : Lui-même l’a annoncée comme programme relatif à l’humanité qu’il est venu sauver, illuminer et associer à la vie même de Dieu (cf Lumen Gentium, LG 1 2P 1,4), disant : « Je construirai mon Eglise » (Mt 16,18) et faisant de cette Eglise terrestre et humaine l’instrument, le véhicule, le médiateur de ses dons divins. Il s’agit là d’une raison constitutionnelle, permanente. La seconde raison, contingente, mais urgente, et dérivant de la première, est celle des conditions spirituelles, sociales et historiques propres à notre époque.

Notre époque a besoin de reprendre la construction de l’Eglise, un peu comme si, psychologiquement et pastoralement, elle, l’Eglise, recommençait, depuis le début pour ainsi dire, à se former, moyennant cette disposition humano-divine, ce royaume de Dieu annoncé par le Christ et par Lui inauguré pour le salut du monde.

Construire l’Eglise, c’est-à-dire la société des croyants, unis par la même foi, formant un même corps social et spirituel, animé par l’Esprit Saint, présidé par le Christ Lui-même, Chef divin de l’Eglise, et gouverné en ce monde par une autorité déléguée, visible, humaine, hiérarchique, qui, dérivant des Apôtres, tire sa puissance non de la base, c’est-à-dire des fidèles et encore moins du pouvoir terrestre ou d’une « auto-désignation » spontanée, mais du Christ qui a déclaré à ses Apôtres eux-mêmes : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis » (Jn 15,16 cf Jn 6,70 Jn 15,19). Et dans tout l’Evangile se révèle cette intention du Christ d’organiser ses partisans en faisant appel à l’action, c’est-à-dire au ministère de quelques disciples choisis et investis d’un mandat spécial ; des disciples auxquels il a conféré des prérogatives et devoirs particuliers, des pouvoirs spéciaux divinement délégués, et la mission spécifique d’instruire, de sanctifier et de gouverner le Peuple de Dieu. Nous avons certainement tous, gravés dans la mémoire et dans le coeur, quelques expressions caractéristiques de l’Evangile qui nous donnent toute assurance au sujet du dessein du Christ d’établir des structures précises capables de garantir la consistance et l’efficience de l’Eglise, son Corps mystique. Citons-en rapidement quelques-unes comme, par exemple : « Qui vous écoute (c’est-à-dire les Apôtres), m’écoute moi (c’est-à-dire le Christ) ; qui vous méprise, me méprise. Et qui me méprise, méprise Celui qui m’a envoyé c’est-à-dire Dieu, le Père céleste) » (Lc 10,16). Et encore : « Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel » (Mt 18,18 et 16, 19 ; souvenons-nous du célèbre pouvoir des clés donné à Saint Pierre). Et Jésus ressuscité prend congé de ses disciples en leur adressant ces mots solennels : « Toute puissance m’a été donnée au ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations... » (Mt 28,18-19).

Est très clair le pouvoir d’autorité acquis par les Apôtres immédiatement après la Pentecôte, non seulement dans l’exercice prophétique et charismatique, mais aussi dans celui, pédagogique et sévère, de réprouver et de punir. Qui ne se souvient de l’effrayant épisode d’Ananie et Saphire (Ac 5,1 et ss.). Et comme il serait intéressant d’étudier en Saint Paul la conscience qu’il a de son pouvoir de gouvernement, soit dans un sens affectueux et positif, avec un incomparable dévouement (cf 2Co 12,15 Ac 20 Ac 20, 24, Ac 35 Ga 4,19 etc. ) ; soit au plan normatif (cf Ga 1,8 1Co 16,22), ou au plan punitif (1Co 4,21 1Co 5,3 et ss. ).

L’Eglise du Christ n’est pas dépourvue d’une structure hiérarchique ni de sa propre organisation destinée à promouvoir l’ordre (1Co 14,40) et l’obéissance (2Co 10,5-6). Elle est gouvernée par des ministres dont la puissance émane du Christ et de Dieu ; une puissance qui ne dérive pas de la base, comme on dit, même si elle émane de dispositions divines réalisées par des personnes humaines qualifiées. C’est là un aspect essentiel de l’Eglise, un aspect toujours controversé par ceux qui prétendent tirer d’une autre source que le Christ et de l’authentique tradition apostolique l’autorité dans l’Eglise, ou contester les titres qui la justifient. Les divisions dans l’Eglise proviennent non seulement d’opinions hérétiques, mais tout autant de divisions schismatiques, c’est-à-dire de la négation plus ou moins radicale de l’existence, dans le Corps mystique du Christ, de légitimes, et plus encore, d’obligatoires fonctions d’autorité, établies par l’Esprit Saint pour gouverner l’Eglise (cf. Ac Ac 20,28). Celui qui nie, qui conteste, qui s’arroge le droit de juger avec une prétendue autorité personnelle ces fonctions hiérarchiques de l’Eglise dénoue lui-même les liens qui l’unissent à l’Eglise et contribue à la démolir — si c’était possible — mais certainement pas à la construire.

Une interprétation myope et parfois présomptueuse d’une propre liberté d’examen, d’attitude, d’action à l’égard de la filiale et solidaire adhésion à celui qui a la responsabilité de guide dans l’Eglise, blesse au coeur sa souveraine et divine prérogative de posséder et de promouvoir le charisme de l’unité voulue par le Christ.

Certes, cette Autorité même devra toujours rester fidèle à l’authentique conception de ses pouvoirs, c’est-à-dire d’être une puissance qui dérive du Christ (cf. 1Co 4, 4, 15, etc.), c’est-à-dire pastorale, donc, et entendre comme service et non comme domination despotique et égoïste, une puissance animée par l’amour selon la vérité (cf. Ep Ep 4, 15-16, toujours à méditer). Au milieu des épreuves que, dans sa sagesse et sa bonté, le Seigneur réserve encore à notre humble personne — et précisément ces jours-ci — dans l’exercice de notre ministère apostolique de Vicaire du Christ et de serviteur des serviteurs de Dieu, nous nous efforçons, nous les premiers, de pénétrer notre esprit de ces enseignements évangéliques, infiniment reconnaissant à ces Frères et à ces Fils qui les partagent avec nous, dans la pensée et dans l’action, pour l’édification du Corps Mystique du Christ qu’est précisément l’Eglise.

Et nous attendons avec vigilance et confiance que, renouvelés dans l’esprit de l’amour ecclésial (comme le Christ : dilexit Ecclesiam), reprennent leur tâche de commune, édifiante collaboration, également nos Frères et nos Fils qui résistent aujourd’hui à notre apostolique sollicitude pour la construction effective de la Sainte Eglise (cf. H. de Lubac Méditation sur l’Eglise, VIII).

26 Travaillons ensemble ! Avec notre Bénédiction Apostolique.






11 août



L’EGLISE DOMESTIQUE





Cher Fils et Filles,



Nous continuons encore à penser à ce programme que le Seigneur s’est fixé à Lui-même : « Je bâtirai mon Eglise ». Ce que signifie ce programme nous en avons certainement, d’une certaine manière, l’intuition : Le Christ veut édifier une société d’hommes, appelés de partout dans le monde, sans aucune distinction, avec une préférence pour les « pauvres en esprit », pour en faire une forme de vie associée à sa vie divino-humaine, rachetée des décadences dues au péché originel et aux fautes personnelles actuelles, et destinée à exprimer dans la vie présente un caractère de dignité, moyennant une infusion de l’Esprit animateur d’excellentes vertus, garantissant ainsi à l’homme, au-delà de la mort, une nouvelle forme de vie qui naîtra dans la résurrection pour jouir d’une plénitude et d’un bonheur que seule une vision de Dieu lui-même pourra lui assurer (cf. 1Jn 3,2). Il s’agit, comme nous le savons, de l’Eglise, aujourd’hui pèlerine dans le monde et dans le temps que Jésus veut constituer, rassembler se servant de Pierre comme fondement et, en même temps que les autres Apôtres, comme ministres, mais faisant de chaque citoyen de cette Eglise, de cette Cité de Dieu, un collaborateur possible, un ouvrier de sa construction surnaturelle. Cette propension à participer à la réalisation du mystique édifice qu’est l’Eglise en voie de construction, de composition, d’élaboration est une des idées les plus répandues de notre époque ; elle est des plus vraies, des plus importantes. Il y a dans l’Eglise un sacerdoce ministériel doté de facultés particulières et chargé de fonctions spéciales ; c’est le sacerdoce du Christ transmis aux Apôtres et à leur ramification hiérarchique ; mais il y a également un sacerdoce commun, conféré à tout croyant, dès le moment du baptême. Il serait bon que chacun de nous s’en fasse une conception plus précise que celle, purement nominale souvent, dont nous avons entendu parler, spécialement après le Concile (cf. Lumen Gentium, LG 10). C’est une conception que tout le Peuple, solidaire dans la puissance des bienfaits de la foi et de la grâce, doit partager et approfondir ; parce que tous sont responsables, dans une mesure différente, mais toujours opérante, de la vitalité spirituelle et de la diffusion de l’Eglise.

Cette doctrine se fait éminemment pratique, spécialement là où elle parle des Epoux chrétiens qui constituent ce qu’on appelle une « Eglise domestique » (Lumen Gentium, LG 11 in fine). Nous voudrions fixer l’attention sur ce titre donné à la famille chrétienne. Elle est une Eglise domestique. Dans son expression honnête et morale qui recompose les harmonies ineffables et inépuisables de deux existences en une seule vie; dans son origine sacramentelle qui élève l’amour naturel, fragile et volubile, au niveau d’amour surnaturel, inviolable et toujours nouveau (Ep 5,21-33) dans sa déontologie, c’est-à-dire dans la loi qui la gouverne et qui, de l’union dont elle tire l’origine, fait une société exclusive et perpétuelle, une merveilleuse unité qui reflète celle qui intervient entre le Christ et l’Eglise, la famille chrétienne donc, représente et constitue une petite Eglise, un « élément » de la construction de l’unique et universelle Eglise, laquelle est le Corps mystique du Christ. Ce caractère sacré de la famille chrétienne n’enlève rien à l’intégrité et au caractère naturel de la famille ordinaire, et même mieux, elle l’illumine intérieurement d’un nouvel Esprit d’amour et de bonheur, la fortifie dans les épreuves et les peines de la vie, lui confère la conscience d’une mission qui lui est propre, lui donne le sens, le goût, la force, la sagesse du véritable art de vivre ensemble la vie mortelle en fonction de la vie immortelle. Ce titre d’Eglise domestique, « domestica ecclesia » remonte à l’aube du christianisme. Il suffit de citer Saint Paul à propos de deux époux Aquila et Priscilla, qui suivirent l’Apôtre dans quelques-unes de ses pérégrinations et qui eurent l’honneur de l’avoir pour hôte « avec l’Eglise locale » (cf. 1Co 16,19 St Paul écrivait d’Ephèse à moment ; cf. Rm Rm 16,5, cf. Batiffol, La Chiesa nascente il cattolicesimo, PP 84-85, éd. PP 1971). L’hospitalité familiale et privée fut le premier berceau dans lequel se formèrent les premières Eglises particulières ; déjà pénétrées du caractère social, exclusif, universel de l’Eglise du Christ et de Dieu.

Nous sommes très heureux de voir que ce sentiment ecclésial de la famille chrétienne reprend vigueur et envahit la communauté domestique, souvent de manière exemplaire et édifiante. Nous vous prions, très chers Fils et spécialement vous, Familles chrétiennes nouvelles, de donner dans vos foyers, en due forme et discrète mesure, mais aussi dans une expression religieuse franche et collective, une place d’honneur à la prière collective ; dans cette pédagogie de la religion, la mère de famille a une tâche des plus importantes, aussi digne que belle et émouvante. Mamans, enseignez-vous à vos bambins les prières du chrétien ? Vos enfants, les préparez-vous, en harmonie avec les prêtres, aux sacrements des premiers âges de la vie : la confession, la communion, la confirmation ? S’ils sont malades, les habituez-vous à penser aux souffrances du Christ ? à invoquer l’aide de la Vierge et des Saints ? récitez-vous le Rosaire en famille ? Et vous, les papas, pensez-vous à prier avec vos enfants, avec toute le communauté domestique, ne serait-ce que de temps en temps ? Votre exemple, votre droiture de pensée et d’action, étayée de quelque prière en commun a la valeur d’une leçon de vie, d’un acte de culte d’un mérite tout particulier. Et vous porterez ainsi la paix entre les cloisons domestiques : Pax huie Domui (voir le petit livre de prière en famille).

Rappelez-vous : c’est ainsi que vous devez construire l’Eglise.

Avec notre Bénédiction Apostolique !






18 août



LA PAROISSE, PREMIÈRE ÉCOLE DE VIE CHRÉTIENNE





Chers Fils et Filles,



Vous est certainement parvenu, a vous aussi chers visiteurs de cette audience générale hebdomadaire, l’écho de l’exhortation que nous avons souvent répétée depuis la conclusion de l’Année Sainte : nous devons construire l’Eglise ; et ceci coïncide étroitement avec les besoins de notre époque et avec le plan que le Christ Lui-même s’est fixé lorsqu’il a investi Simon, fils de Jonas, de sa propre mission, lui attribuant un nom qui est un symbole et un programme : « Tu es Pierre et sur cette pierre Je bâtirai mon Eglise » (Mt 16,18).


Audiences 1976 21