Discours 2008 70

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RENCONTRE DU SAINT-PÈRE AVEC LES UNIVERSITAIRES DE ROME



Basilique Vaticane

Jeudi 11 décembre 2008

Messieurs les cardinaux,

Madame le ministre, et éminentes autorités,
vénérés frères,
Illustres recteurs et professeurs,
chers étudiants!

L'approche de Noël m'offre l'occasion, toujours appréciée, de rencontrer le monde universitaire romain. Je salue cordialement le cardinal Agostino Vallini, mon vicaire pour le diocèse de Rome, ainsi que le cardinal George Pell, archevêque de Sydney, dont la présence nous ramène par l'esprit et le coeur à l'inoubliable expérience de la Journée mondiale de la jeunesse du mois de juillet dernier. Le passage de l'icône de Marie Sedes Sapientiae de la délégation roumaine à la délégation australienne nous rappelle que ce grand "réseau" de jeunes dans le monde entier est toujours actif et en mouvement. Je remercie le recteur de l'Université "La Sapienza" de Rome et l'étudiante, qui m'ont salué au nom de tous. Je remercie pour sa présence également le ministre des Universités et de la recherche, en formant les meilleurs voeux pour ce secteur, si important pour la vie du pays. J'adresse un salut particulier aux étudiants israéliens et palestiniens qui étudient à Rome grâce aux subventions de la région du Latium et des Universités romaines, ainsi qu'aux trois recteurs qui ont participé hier à la rencontre sur le thème: "De Jérusalem à Rome pour construire un nouvel humanisme".

Chers amis, cette année, l'itinéraire préparé pour vous, étudiants universitaires du diocèse de Rome, se conjugue de façon opportune avec l'année de saint Paul. Le bimillénaire de la naissance de l'Apôtre des nations aide toute l'Eglise à redécouvrir sa vocation missionnaire fondamentale et, dans le même temps, à puiser à pleines mains au trésor théologique et spirituel intarissable des Lettres de saint Paul. Moi-même, comme vous le savez, je développe chaque semaine un cycle de catéchèses sur ce thème. Je suis convaincu que pour vous aussi, tant sur le plan personnel que sur celui de l'expérience communautaire, et de l'apostolat dans l'Université, la confrontation avec la figure et le message de saint Paul constitue une occasion très enrichissante. Pour cette raison, je vous remettrai d'ici peu la Lettre aux Romains, expression suprême de la pensée paulinienne et signe de sa considération particulière pour l'Eglise de Rome, ou, - pour utiliser les paroles du salut initial de la Lettre - pour "tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome, aux saints par vocation" (Rm 1,7).

La Lettre aux Romains - certains des professeurs ici présents le savent bien - est sans aucun doute l'un des textes les plus importants de la culture de tous les temps. Mais elle est et demeure principalement un message vivant pour l'Eglise vivante, et en tant que tel, je le remets ce soir entre vos mains. Puisse ce texte, jailli du coeur de l'Apôtre, devenir une nourriture substantielle pour votre foi, en vous conduisant à croire davantage et mieux, et également à réfléchir sur vous-mêmes, pour arriver à une foi "pensée" et, dans le même temps, pour vivre cette foi, la mettant en pratique selon la vérité du commandement du Christ. Ce n'est qu'ainsi que la foi que l'on professe devient "crédible" également pour les autres, qui sont conquis par le témoignage éloquent des faits. Laissez Paul vous parler, professeurs et étudiants de la Rome d'aujourd'hui, et vous faire participer à l'expérience qu'il a faite personnellement: c'est-à-dire que l'Evangile de Jésus Christ est "une force de Dieu pour le salut de tout homme qui croit" (Rm 1,16).

L'annonce chrétienne, qui fut révolutionnaire dans le contexte historique et culturel de Paul, eut la force d'abattre le "mur de séparation" qui existait entre juifs et païens (cf. Ep Ep 2,14 Rm 10,12). Elle conserve une force de nouveauté toujours actuelle, en mesure d'abattre d'autres murs qui recommencent à s'élever dans tous les contextes et à toutes les époques. La source de cette force réside dans l'Esprit du Christ, auquel Paul fait appel de façon consciente. Aux chrétiens de Corinthe, il déclare ne pas compter, dans sa prédication, "sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu" (1Co 2,4). Et quel était le noyau de son discours? Il s'agissait de la nouveauté du salut apporté par le Christ à l'humanité: dans sa mort et sa résurrection, le salut est offert à tous les hommes sans distinction.

Offert, pas imposé. Le salut est un don qui demande toujours à être accueilli personnellement. Tel est, chers jeunes, le contenu essentiel du Baptême qui vous est proposé cette année comme Sacrement à redécouvrir, et, pour certains d'entre vous, à recevoir ou à confirmer par un choix libre et conscient. Précisément dans la Lettre aux Romains, au chapitre 6, se trouve une formulation géniale de la signification du Baptême chrétien. "Ou bien ignorez-vous - écrit Paul - que, baptisés dans le Christ, Jésus, c'est dans sa mort que tous nous avons été baptisés?" (Rm 6,3). Comme vous pouvez facilement le comprendre, il s'agit d'une idée très profonde, qui contient toute la théologie du mystère pascal: la mort du Christ, par la puissance de Dieu, est source de vie, source inépuisable de renouveau dans l'Esprit Saint. Etre "baptisés dans le Christ" signifie être plongés spirituellement dans la mort qui est l'acte d'amour infini et universel de Dieu, capable de racheter chaque personne et chaque créature de l'esclavage du péché et de la mort. Saint Paul, en effet, poursuit ainsi: "Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle" (Rm 6,4).

L'Apôtre, dans la Lettre aux Romains, nous communique toute sa joie pour ce mystère, lorsqu'il écrit: "Qui nous séparera de l'amour du Christ? (...) Oui, j'en ai l'assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur" (Rm 8,35 Rm 8,38-39). Et ce même amour est ce en quoi consiste la vie nouvelle du chrétien. Ici aussi, saint Paul réalise une synthèse impressionnante, toujours fruit de son expérience personnelle: "Celui qui aime autrui - écrit-il - a de ce fait accompli la Loi (...) La charité est donc la Loi dans sa plénitude" (Rm 13,8 Rm 13,10).

Voici, chers amis, ce que je vous confie ce soir. Il s'agit d'un message de foi, certes, mais dans le même temps une vérité qui illumine l'esprit, l'élargissant selon les horizons de Dieu; il s'agit d'une vérité qui oriente la vie réelle, car l'Evangile est le chemin pour parvenir à la plénitude de la vie. Jésus a déjà parcouru ce chemin, et ce chemin est d'ailleurs lui-même, qui du Père est venu jusqu'à nous afin que nous puissions à travers lui arriver au Père. Tel est le mystère de l'Avent et de Noël. Que la Vierge Marie et saint Paul vous aident à l'adorer et à le faire vôtre avec une foi profonde et une joie intime. Merci à vous tous pour votre présence. En vue des fêtes de Noël qui sont désormais proches, je forme pour chacun de vous des voeux cordiaux, que j'étends volontiers à vos familles et aux personnes qui vous sont chères. Bon Noël!



AUX PARTICIPANTS À L'ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE


DU CONSEIL PONTIFICAL


POUR LA PROMOTION DE L'UNITÉ DES CHRÉTIENS


Salle Clémentine

Vendredi 12 décembre 2008

Messieurs les cardinaux,

Vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,
Chers frères et soeurs!

J'adresse une cordiale bienvenue à vous tous qui prenez part à l'assemblée plénière du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens. Mon salut va tout d'abord au cardinal-président, auquel je suis également reconnaissant pour les paroles courtoises avec lesquelles il a illustré le travail que vous avez accompli au cours de ces journées. Mon salut s'étend au secrétaire et aux autres collaborateurs du Conseil pontifical, ainsi qu'à ceux qui, provenant de divers lieux, ont offert la contribution de leur expérience à la réflexion commune sur le thème de votre réunion: "Accueil et avenir du dialogue oecuménique". Il s'agit d'un argument d'un grand intérêt pour le chemin vers la pleine unité entre les chrétiens; un argument qui présente deux dimensions essentielles: d'une part, le discernement de l'itinéraire parcouru jusqu'à présent, et, de l'autre, la définition de voies nouvelles pour le poursuivre, en cherchant ensemble comment surmonter les divergences qui demeurent malheureusement encore dans les relations entre les disciples du Christ.

Il ne fait aucun doute que le dialogue théologique constitue une composante essentielle pour rétablir la pleine communion à laquelle nous aspirons tous, et, pour cette raison, il doit être soutenu et encouragé. Ce dialogue se déroule toujours davantage dans le contexte des relations ecclésiales qui, par la grâce de Dieu, se développent et concernent non seulement les pasteurs, mais toutes les différentes composantes et articulations du Peuple de Dieu. Rendons grâce au Seigneur pour les pas significatifs accomplis, par exemple dans les relations avec les Eglises orthodoxes et avec les antiques Eglises orthodoxes d'Orient, aussi bien en ce qui concerne le dialogue théologique que la consolidation et la croissance de la fraternité ecclésiale. Le dernier document de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l'Eglise catholique et les Eglises orthodoxes sur le thème "Communion ecclésiale, conciliarité et autorité", que Sa Sainteté Bartholomaios I a explicitement mentionné lors de son intervention à l'assemblée générale ordinaire du synode des évêques, ouvre assurément une perspective positive de réflexion sur la relation qui existe entre primat et synodalité dans l'Eglisse, un thème d'une importance cruciale dans les relations avec nos frères orthodoxes, et qui sera l'objet d'un approfondissement et d'une confrontation lors de prochaines réunions. Il est ensuite réconfortant de noter qu'un esprit sincère d'amitié entre catholiques et orthodoxes s'est développé au cours des dernières années, et s'est manifesté également dans les multiples contacts qui ont eu lieu entre les responsables de la Curie romaine, les évêques de l'Eglise catholique et les responsables des différentes Eglises orthodoxes, ainsi que lors des visites de représentants orthodoxes de haut niveau à Rome et dans des Eglises catholiques particulières.

Au cours de votre assemblée plénière, vous avez réfléchi de manière particulière sur ce que l'on appelle le Harvest Project: "Ecumenical consensus/convergence in some basic aspects of the Christian faith found in the reports of the first four international bilateral dialogues in which the Catholic Church has taken part since the Second Vatican Council" [Consensus/Convergence oecuménique sur quelques aspects fondamentaux de la foi chrétienne apparus dans les rapports des quatre premiers dialogues bilatéraux internationaux auxquels l'Eglise catholique a participé depuis le Concile Vatican ii]. Cette confrontation vous a conduits à examiner les résultats de quatre dialogues importants: avec la Fédération luthérienne mondiale, avec le Conseil mondial méthodiste, avec la Communion anglicane et avec l'Alliance réformée mondiale. Si vous avez retracé ce que, avec l'aide de Dieu, vous avez déjà réussi à atteindre dans la compréhension réciproque et dans la détermination d'éléments de convergence, vous n'avez cependant pas évité, avec une grande honnêteté, de faire apparaître ce qui reste encore à accomplir. Nous pourrions dire que nous nous trouvons in via, en route dans une situation intermédiaire, où apparaît sans aucun doute utile et opportun un examen objectif des résultats obtenus. Et je suis certain que le travail de votre assemblée apportera une contribution valable pour élaborer, dans cette perspective, une réflexion plus large, précise et détaillée.

Chers frères et soeurs, dans de nombreuses régions la situation oecuménique a aujourd'hui changé et se transforme encore, ce qui comporte l'effort d'une franche confrontation. De nouvelles communautés et groupes apparaissent, des tendances inédites se profilent, et parfois même des tensions entre les Communautés chrétiennes; le dialogue théologique est donc important, car il touche le milieu concret de la vie des différentes Eglises et communautés ecclésiales. C'est sous cette lumière que se situe le thème de votre assemblée plénière, et le discernement indispensable pour définir de façon concrète les perspectives que l'Eglise catholique entend poursuivre et intensifier avec prudence et sagesse pastorale. Le commandement du Christ, le "mandatum novum", et sa prière pour l'unité "ut omnes unum sint... ut mundus credat quia tu me misisti" (Jn 17,21) rententissent dans notre esprit. La charité aidera les chrétiens à cultiver la "soif" de la pleine communion dans la vérité et, en suivant docilement les inspirations de l'Esprit Saint, nous pouvons espérer parvenir rapidement à l'unité souhaitée, le jour où le Seigneur le voudra. Voilà pourquoi l'oecuménisme nous invite à un échange de dons généreux et fraternel, bien conscients que la pleine communion dans la foi, dans les sacrements et dans le ministère demeure le but et l'objectif de tout le mouvement oecuménique. L'oecuménisme spirituel, comme l'affirma clairement le Concile oecuménique Vatican ii, est le coeur battant de cette vaste entreprise.

Nous vivons les premiers jours de l'Avent, qui nous prépare au Noël du Christ. Que ce temps d'attente vigilante garde vivante en nous l'espérance de l'accomplissement du Royaume de Dieu, de la Basileia tou Theou et que Marie, Mère de l'Eglise, nous accompagne et nous guide sur le chemin difficile vers l'unité. Avec ces sentiments, je forme mes voeux pour les prochaines fêtes de Noël et, alors que je vous remercie à nouveau pour le travail que vous avez accompli dans cette assemblée, j'invoque sur vous tous et sur chacun la Bénédiction de Dieu.



À S.E. M. GRAZIANO LUIGI TRIBALDI,


NOUVEL AMBASSADEUR DE LA RÉPUBLIQUE DES SEYCHELLES


PRÈS LE SAINT-SIÈGE


Salle Clémentine

Vendredi 19 décembre 2008




Monsieur l’Ambassadeur,

Je suis heureux de recevoir Votre Excellence et de l’accréditer en qualité d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République des Seychelles près le Saint-Siège. Je vous remercie de m’avoir transmis les salutations de son Excellence Monsieur James Alix Michel, Président de la République. Je vous saurais gré de bien vouloir lui exprimer en retour les voeux cordiaux que je forme pour sa personne, ainsi que pour l’ensemble du peuple seychellois.

En évoquant votre pays, il est toujours heureux de parler de sa beauté et de pouvoir énumérer les nombreux atouts dont il jouit. Pour accroître ses potentialités, votre pays accomplit aujourd’hui des efforts importants afin de réduire son endettement. Dans un contexte mondial devenu difficile, je veux saluer ces efforts qui doivent pouvoir rencontrer l’appui des institutions internationales à la mesure du sérieux et de l’engagement consentis. C’est là un défi important vis-à-vis des générations futures. En effet, il serait injuste que les hommes d’aujourd’hui fuient leurs responsabilités et fassent peser les conséquences de leurs choix ou de leur inaction sur les générations qui viendront après eux. Il s’agit donc, non seulement d’assainir l’économie, mais aussi et tout autant d’affronter un enjeu de justice sociale. En outre, redresser les comptes de la nation, c’est également offrir un cadre plus sûr pour l’activité économique et donc protéger davantage les populations les plus pauvres et les plus vulnérables.

Cet objectif louable nécessite la coopération de tous, pour laquelle le sens de la solidarité est primordial. Nous mesurons ici combien l’harmonie sociale est liée non seulement à un cadre législatif juste et adapté, mais aussi à la qualité morale de chaque citoyen car « la solidarité se présente sous deux aspects complémentaires : celui de principe social et celui de vertu morale » (Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n.109). La solidarité s’élève au rang de vertu sociale lorsqu’elle peut s’appuyer à la fois sur des structures de solidarité, mais aussi sur la détermination ferme et persévérante de chaque personne à travailler pour le bien commun, parce que tous nous sommes responsables de tous.

Pour susciter ce sens durable de la solidarité, l’éducation des jeunes est assurément la meilleure voie. De ce point de vue, il me plaît de pouvoir souligner une nouvelle fois les efforts consentis depuis longtemps par votre pays pour construire un système éducatif de qualité. Quel que soit son niveau de responsabilité, j’encourage chacun à poursuivre dans cette voie et à semer généreusement pour le futur. Toutefois, cette préoccupation pour l’éducation resterait vaine si l’institution familiale était excessivement fragilisée. Les familles ont constamment besoin d’être encouragées et soutenues par les pouvoirs publics. Il y a une harmonie profonde entre les tâches de la famille et les devoirs de l’État. Favoriser entre eux une heureuse synergie, c’est oeuvrer efficacement pour un avenir de prospérité et de paix sociale.

Pour sa part, l’Église locale ne ménage pas ses efforts pour accompagner les familles, en leur offrant la lumière de l’Évangile qui met en relief toute la grandeur et la beauté du « mystère » de la famille et en les aidant à assumer leurs responsabilités éducatives. À l’égard de celles qui connaissent des difficultés, elle a le souci d’aider à la pacification des relations et d’éduquer les coeurs à la réconciliation.

Je saisis l’occasion de cette rencontre, Monsieur l’Ambassadeur, pour saluer chaleureusement, par votre intermédiaire, l’Évêque des Seychelles et ses collaborateurs, ainsi que l’ensemble des fidèles catholiques qui vivent dans votre pays. Qu’ils gardent le souci, de concert avec tous les autres citoyens, de bâtir une vie sociale où chacun puisse trouver les voies d’un épanouissement personnel et collectif ! Ils témoigneront ainsi de la fécondité sociale de la Parole de Dieu

Au moment où vous inaugurez votre noble mission de représentation auprès du Saint-Siège, je souhaite renouveler l’expression de ma satisfaction pour les excellentes relations qu’entretiennent la République des Seychelles et le Saint-Siège et je vous adresse, Monsieur l’Ambassadeur, mes voeux les meilleurs pour le bon accomplissement de votre mission. Soyez certain que vous trouverez toujours auprès de mes collaborateurs l’accueil et la compréhension dont vous pourrez avoir besoin.

Sur Votre Excellence, sur sa famille et sur ses collaborateurs, ainsi que sur tout le peuple des Iles Seychelles et ses dirigeants, j’invoque de grand coeur l’abondance des Bénédictions divines.

Au Vatican, le 19 décembre 2008
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VISITE À L’AMBASSADE D’ITALIE PRÈS LE SAINT-SIÈGE

RENCONTRE AVEC LE PERSONNEL DE L'AMBASSADE




Chapelle consacrée à saint Charles Borromée

Samedi 13 décembre 2008




Monsieur le sous-secrétaire à la présidence du Conseil,
chers amis!

Au cours de ma brève visite à l'ambassade d'Italie, mon premier rendez-vous a lieu dans cette belle chapelle qui vient d'être restaurée et rénovée. Et je suis heureux de vous rencontrer précisément ici, vous tous qui constituez la communauté de vie et de travail de cette Ambassade. Je vous salue tous avec affection, ainsi que vos familles. J'adresse un salut particulier à Monsieur le sous-secrétaire à la présidence du Conseil des ministres, qui m'a transmis les salutations du président du Conseil, et m'a adressé une chaleureuse bienvenue, se faisant l'interprète de vos sentiments. Il a rappelé que cette chapelle, bénie il y a quelques jours par le cardinal-secrétaire d'Etat, est consacrée à un saint, dont le nom est lié de façon indissoluble à ce palais: saint Charles Borromée. Avec son frère Frédéric, il reçut en don cette demeure de son oncle, le Pape Pie IV, avec lequel, ayant été nommé cardinal très jeune, il collabora dans le gouvernement de l'Eglise universelle. Ce fut précisément après la mort de son frère aîné, que le jeune neveu du Pontife commença un parcours de croissance spirituelle qui le conduisit à une profonde conversion marquée par un choix définitif de vie évangélique. Devenu Evêque, il consacra tous ses efforts à l'archidiocèse de Milan. Il ressort clairement de sa biographie le zèle avec lequel il accomplit son ministère épiscopal, en promouvant la réforme de l'Eglise selon l'esprit du Concile de Trente, dont il appliqua les directives de façon exemplaire, faisant preuve d'une proximité constante aux populations, en particulier au cours des années de la peste, au point d'être appelé, précisément en vertu de son généreux dévouement, l'"Ange des pestiférés". La vie humaine et spirituelle de saint Charles Borromée montre que la grâce divine peut transformer le coeur de l'homme et le rendre capable d'un amour pour ses frères poussé jusqu'au sacrifice de soi.

Chers frères et soeurs, je confie chacun de vous ici présent, ainsi que vos familles, à la protection de saint Charles, afin que vous puissiez vous aussi réaliser la mission que Dieu vous confie au service de votre prochain, selon vos diverses fonctions. Je profite enfin de cette occasion pour vous souhaiter un heureux et saint Noël, tandis que je vous bénis de tout coeur.


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VISITE À L’AMBASSADE D’ITALIE PRÈS LE SAINT-SIÈGE

RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS DIPLOMATIQUES




Salon de l'Ambassade

Samedi 13 décembre 2008



Monsieur le ministre des affaires étrangères,
Monsieur le sous-secrétaire à la présidence du Conseil,
Monsieur l'ambassadeur près le Saint-Siège,
Mesdames et messieurs les représentants du Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège,
illustres Autorités,
Mesdames et messieurs!

Je suis véritablement heureux de pouvoir répondre aujourd'hui à l'aimable invitation qui m'a été adressée à visiter ce bâtiment historique, siège de l'Ambassade d'Italie près le Saint-Siège. Je vous salue tous cordialement, en commençant par Monsieur le ministre des affaires étrangères, que je remercie pour les paroles respectueuses qu'il vient de m'adresser. Je salue les autres ministres, les Autorités présentes et de façon particulière Monsieur l'ambassadeur Antonio Zanardi Landi. Je vous remercie de tout coeur de votre accueil courtois, accompagné par un agréable interlude musical.

Comme il a déjà été rappelé, cet édifice historique a reçu la visite de trois de mes prédécesseurs: les serviteurs de Dieu Pie XII, le 2 juin 1951, Paul VI, le 2 octobre 1964, et Jean-Paul II, le 2 mars 1986. Aujourd'hui, en cette circonstance solennelle et dans le même temps familiale, me reviennent à l'esprit également les récentes rencontres avec le président de la République: celle du 24 avril dernier, à l'occasion du concert qu'il m'a offert pour l'anniversaire du début solennel de mon service sur la Chaire de Pierre; et celle, le 4 octobre, au Quirinal, ainsi que celle de mercredi dernier dans la Salle Paul vi au Vatican, à l'occasion du 60 anniversaire de la Déclaration des droits de l'homme, à laquelle vous avez, Monsieur le ministre des affaires étrangères, fait référence. Tandis que j'adresse une salutation reconnaissante et respectueuse au président de la République, j'ai plaisir à répéter ce que j'ai affirmé précisément au cours de ma visite au Quirinal, c'est-à-dire que "dans la ville de Rome cohabitent pacifiquement et collaborent de manière fructueuse l'Etat italien et le Siège apostolique".

L'attention particulière manifestée par les Souverains Pontifes à l'égard de ce siège diplomatique suffirait à montrer la reconnaissance du rôle important qu'a joué et que continue de jouer l'Ambassade d'Italie dans les relations intenses et particulières qui existent entre le Saint-Siège et la République italienne, ainsi que dans les relations de collaboration mutuelle entre l'Eglise et l'Etat en Italie. Nous aurons certainement l'occasion de souligner ce double ordre important de liens diplomatiques, sociaux et religieux au cours du mois de février de l'an prochain, lors du 80 anniversaire de la signature des Accords du Latran et du 25 anniversaire de l'Accord de révision du concordat. Il a déjà été fait référence à cet anniversaire pour souligner à juste titre la relation fructueuse qui existe entre l'Italie et le Saint-Siège. Il s'agit d'une entente plus que jamais importante et significative dans la situation mondiale actuelle, dans laquelle la persistance de conflits et de tensions entre peuples rend toujours plus nécessaire une collaboration entre tous ceux qui partagent les mêmes idéaux de justice, de solidarité et de paix. En outre, Monsieur le ministre des affaires étrangères, en reprenant ce que vous avez dit, je ne peux manquer d'évoquer avec des sentiments de profonde gratitude la collaboration quotidienne existant entre l'Ambassade d'Italie et ma Secrétairerie d'Etat, et à ce propos, je salue cordialement les chefs de mission qui, au cours de ces années, se sont succédé au Palais Borromée et qui ont bien voulu être présents avec nous aujourd'hui.

Cette brève visite me donne l'occasion de répéter la façon dont l'Eglise est tout à fait consciente que "la distinction entre ce qui est à César et ce qui est à Dieu (cf. Mt 22,21), à savoir la distinction entre Etat et Eglise (...) appartient à la structure fondamentale du christianisme" (Enc. Deus caritas est ). Non seulement l'Eglise reconnaît et respecte cette distinction et cette autonomie, mais elle s'en réjouit, comme d'un grand progrès de l'humanité et d'une condition fondamentale pour sa liberté même et pour remplir sa mission universelle de salut entre tous les peuples. Dans le même temps, l'Eglise ressent comme son devoir, en suivant les préceptes de sa doctrine sociale, argumentée "à partir de ce qui est conforme à la nature de tout être humain" (ibid.), de réveiller dans la société les forces morales et spirituelles, en contribuant à ouvrir les volontés aux authentiques exigences du bien. C'est pourquoi, en rappelant la valeur que revêtent pour la vie non seulement privée mais également et surtout publique certains principes éthiques fondamentaux, l'Eglise contribue de fait à garantir et à promouvoir la dignité de la personne et le bien commun de la société, et dans ce sens se réalise la véritable coopération souhaitée entre Eglise et Etat.

Qu'il me soit à présent permis de mentionner avec gratitude également la précieuse contribution que cette représentation diplomatique ainsi que les Autorités italiennes en général offrent avec générosité afin que le Saint-Siège puisse librement accomplir sa mission universelle et donc également entretenir des relations diplomatiques avec de nombreux pays du monde. A cet égard, je salue et je remercie le doyen et certains représentants du Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, qui prennent part à notre rencontre. J'ai la certitude qu'ils partagent cette reconnaissance pour les services précieux que l'Italie rend à leur mission délicate et de haute valeur.

Mesdames et messieurs, il est véritablement significatif que la représentation diplomatique italienne près le Saint-Siège ait depuis 1929 son siège là où vécut dans sa jeunesse saint Charles Borromée, qui exerçait alors la charge de collaborateur du Pontife romain au sein de la Curie romaine, guidant ce que l'on appelle couramment la diplomatie du Saint-Siège. Ceux qui opèrent ici peuvent donc trouver dans ce saint un protecteur constant et dans le même temps un modèle auquel s'inspirer dans l'accomplissement de leurs devoirs quotidiens. Je confie à son intercession tous ceux qui sont réunis ici aujourd'hui, et je forme pour chacun de sincères voeux de bien. Tandis que s'approche la fête du Noël du Seigneur Jésus, ce voeu s'étend aux Autorités italiennes, en commençant par le président de la République, et tout le peuple bien-aimé de cette chère péninsule. Mes voeux de paix s'étendent ensuite également à tous les pays de la terre, qu'ils soient ou non officiellement représentés près le Saint-Siège. Il s'agit de voeux de lumière et d'authentique progrès humain, de prospérité et de concorde, autant de réalités auxquelles nous pouvons aspirer avec une espérance confiante, car il s'agit de dons que Jésus a apportés dans le monde en naissant à Bethléem. Que la Vierge Marie, que nous avons vénérée il y a quelques jours comme l'Immaculée Conception, obtienne pour l'Italie et le monde entier, ces dons, ainsi que tout autre véritable bien souhaité, de son Fils le prince de la paix, dont j'invoque de tout coeur les Bénédictions sur vous tous et sur les personnes qui vous sont chères.



À S.E. M. PAUL DÜHR,


NOUVEL AMBASSADEUR DU GRAND-DUCHÉ DE LUXEMBOURG


PRÈS LE SAINT-SIÈGE


Salle Clémentine

Jeudi 18 décembre 2008



Monsieur l'Ambassadeur,

Je suis heureux d'accueillir Votre Excellence en cette circonstance solennelle de la présentation des Lettres qui L'accréditent en qualité d'Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Grand-Duché de Luxembourg près le Saint-Siège. Je vous remercie, Monsieur l’Ambassadeur, pour les paroles cordiales que vous m’avez adressées. Je vous saurais gré de bien vouloir exprimer à Son Altesse Royale le Grand-Duc Henri mes voeux cordiaux pour sa personne et pour la famille grand-ducale ainsi que pour le bonheur et la réussite du peuple luxembourgeois. Je prie Dieu d’accompagner les efforts et les initiatives de toutes les personnes qui portent le souci du bien commun.

En cette fin d’année, s’achèvent les festivités qui ont marqué la célébration du 1350ème anniversaire de la naissance de saint Willibrord, le patron secondaire de votre nation. Infatigable missionnaire au milieu des plus grandes vicissitudes politiques, c’est, en particulier, grâce à lui que la semence de l’Évangile a été déposée dans votre terre, qu’elle a grandi et porté du fruit et qu’elle a laissé une empreinte profonde sur l’histoire de votre pays. Aujourd’hui encore, la communauté catholique participe activement à la vie sociale et politique de votre nation cherchant à apporter une contribution utile au bien-être de toute la population et à participer efficacement à la résolution des problèmes qui affectent la vie des hommes.

C’est notamment un pressant devoir commun à tous de protéger la dignité de l’homme des agressions que lui font subir les situations de pauvreté qui existent même au sein des nations les plus développées comme la vôtre. Cette attention doit se déployer à divers niveaux à travers des actions de proximité, mais aussi à l’échelle nationale, sans oublier la coopération internationale. Que la crise financière actuelle qui suscite tant d’inquiétudes ne détourne cependant pas votre pays des efforts qu’il consent pour la solidarité et l’aide au développement. Je souhaite que votre pays sache également réaffirmer auprès des autres nations développées avec lesquelles il entretient des relations étroites, que les pays riches ne peuvent oublier leurs responsabilités, en premier lieu, en faveur du sort des populations les plus pauvres. La prospérité dont jouit heureusement votre nation lui donne un devoir d’exemplarité.

Le contexte économique invite paradoxalement à rechercher le vrai trésor de l’existence et à être attentif aux équilibres qui permettent une vie sociale harmonieuse. Parmi tous les éléments qui y contribuent, figure à n’en pas douter le respect du dimanche. Au-delà de sa signification religieuse, la singularité de ce jour rappelle à chaque citoyen sa haute dignité et que son labeur n’est pas servile. Ce jour est offert à tous pour que l’homme ne soit pas réduit à n’être qu’une force de travail ou un consommateur mais qu’il puisse se reposer et consacrer du temps aux réalités les plus hautes de la vie humaine: la vie familiale, la rencontre gratuite avec les autres, les activités de l’esprit et le culte rendu à Dieu. Il est important de ne pas perdre, dans une vaine et dangereuse course au profit, ce qui est, non seulement un acquis social, mais surtout le trait d’une sagesse humaniste profonde.

Je voudrais, Monsieur l’Ambassadeur, saisir aussi l’occasion de notre rencontre pour exprimer ma très vive préoccupation au sujet du texte de loi sur l’euthanasie et le suicide assisté, actuellement en débat au Parlement. Ce texte, accompagné par ailleurs et d’une manière contradictoire, d’un autre projet qui contient d’heureuses dispositions législatives pour développer les soins palliatifs afin de rendre la souffrance plus supportable dans la phase finale de la maladie et favoriser pour le patient un accompagnement humain approprié, légitime concrètement la possibilité de mettre fin à la vie. Les responsables politiques, dont le devoir grave est de servir le bien de l’homme, tout comme les médecins et les familles, doivent se rappeler que «la décision délibérée de priver un être humain innocent de sa vie est toujours mauvaise du point de vue moral et ne peut jamais être licite» (Encyc. Evangelium vitae EV 57). En vérité, l’amour et la vraie compassion empruntent une autre voie. La demande qui monte du coeur de l’homme dans sa suprême confrontation avec la souffrance et la mort, spécialement quand il est tenté de se livrer au désespoir et qu’il est égaré au point de souhaiter disparaître, est surtout une demande d’accompagnement et un appel à plus de solidarité et de soutien dans l’épreuve. Cet appel peut apparaître exigeant, mais il est seul digne de l’être humain et il ouvre à des solidarités nouvelles et plus profondes qui viennent, en définitive, enrichir et fortifier les liens familiaux et sociaux. Sur ce chemin d’humanisation, tous les hommes de bonne volonté sont invités à coopérer et l’Église, pour sa part, veut résolument y engager toutes ses ressources d’attention et de service. Fidèle aux racines chrétiennes et humanistes de sa nation et au constant souci de promouvoir le bien commun, que le peuple luxembourgeois, dans toutes ses composantes, ait toujours à coeur de réaffirmer la grandeur et le caractère inviolable de la vie humaine!

Par votre intermédiaire, Monsieur l'Ambassadeur, je suis heureux en conclusion de saluer Mgr Fernand Franck, Archevêque de Luxembourg, les prêtres, les diacres et tous les fidèles qui forment la communauté catholique du Grand-Duché. Comme je l’ai souligné, je sais qu'ils ont à coeur le souci de construire, avec les autres citoyens, une vie sociale où chacun puisse trouver les voies d’un épanouissement personnel et collectif. Que Dieu confirme ces bonnes dispositions!

Au moment où Votre Excellence inaugure officiellement ses fonctions auprès du Saint-Siège, je forme les souhaits les meilleurs pour l’heureux accomplissement de sa mission. Soyez sûr, Monsieur l'Ambassadeur, de toujours trouver auprès de mes collaborateurs attention et compréhension cordiales. En invoquant l’intercession de la Vierge Marie et de saint Willibrord, je prie le Seigneur de répandre de généreuses bénédictions sur vous-même, sur votre famille et sur vos collaborateurs, ainsi que sur les dirigeants et le peuple luxembourgeois.

Au Vatican, le 18 décembre 2008



À S.E. M. RAJAONARIVONY NARISOA,


NOUVEL AMBASSADEUR DE LA RÉPUBLIQUE DE MADAGASCAR


PRÈS LE SAINT-SIÈGE


Salle Clémentine

Jeudi 18 décembre 2008




Monsieur l’Ambassadeur,

C’est avec plaisir, Excellence, que je vous reçois aujourd’hui et que je vous souhaite la bienvenue alors que vous me présentez les Lettres qui vous accréditent comme Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Madagascar près le Saint-Siège. Vous remercierez Son Excellence Monsieur Marc Ravalomanana, Président de la République, pour ses voeux cordiaux et, en retour, je vous prie de bien vouloir Lui transmettre les miens qui sont déférents pour sa personne et pour sa haute mission au service de ses concitoyens. Je voudrais aussi saluer à travers vous l’ensemble du cher peuple malgache.

J’ai été sensible, Monsieur l’Ambassadeur, aux paroles courtoises que vous m’avez adressées et je vous en remercie. La «Grande Ile» n’a pas été épargnée cette année par des calamités naturelles. Des cyclones ont détruit de nombreuses habitations, des ponts et des routes, et les rizières et les troupeaux ont subi de graves dommages. Des personnes sont mortes, d’autres ont été blessées et d’autres encore ont perdu leurs biens. Je voudrais assurer l’ensemble du peuple malgache de ma proximité dans le souci et la prière. Que Dieu, dans sa bonté, ait pitié de son peuple et entende la voix de ceux qui l’appellent (cf. Ps 5,3) et implorent son secours! Et avec le psalmiste je dis: «Lève-toi, Seigneur! Dieu, étends la main! N’oublie pas le pauvre!» (Ps 9,12). Dans ce contexte, il est heureux que le Prix de la Fondation saint Matthieu en mémoire du Cardinal François-Xavier Van Thuân, Solidarité et Développement 2008, ait été concédé, le 13 novembre dernier à l’occasion de la célébration du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme,au projet AKAMASOA de maisonnettes destinées aux sans-abris d’Antananarivo.

Il y a deux ans, en 2006, le Président de la République a présenté et commencé à mettre en oeuvre le «Madagascar Action Plan» (MAP) et le «Fihavanana» (Fraternité Solidaire) destinés à développer le pays, surtout les zones rurales, à construire des routes et à protéger la nature, ainsi qu’à favoriser l’harmonie sociale et la paix. Sont promues aussi la scolarisation, les mesures en faveur de la baisse de la mortalité infantile et de la lutte contre les grandes pandémies. Je souhaite pour Madagascar que ces projets et ces réalisations trouvent la faveur renouvelée de la communauté internationale qui continuera à démontrer sa grande générosité et évitera de prétexter la crise financière qui secoue les économies mondiales et nationales pour réduire ou supprimer ses aides.

En juillet de l’an prochain, votre pays, Excellence, sera l’hôte du sommet de l’Union Africaine, et l’année suivante il recevra celui de la Francophonie. Ces deux événements orienteront l’attention internationale vers Madagascar et lui permettront d’oeuvrer en faveur de la concorde entre les peuples et de la paix, surtout dans le continent africain torturé par d’innombrables conflits internes ou entre états, et par des drames humains qui affligent une population sans défense, obligée trop souvent à lutter pour sa survie humaine et matérielle. Ces rencontres internationales, qui sont à encourager, favorisent non seulement le dialogue entre les différents partenaires, mais, aussi et surtout, elles ouvrent des portes à divers types de coopération qui permettent d’échanger de manière réciproque, dans la dignité, des biens et des valeurs qui enrichiront les populations respectives et qui atténueront, peu à peu, les déséquilibres socio-économiques existants entre le nord et le sud de la planète. Lorsque ces biens et ces valeurs seront pleinement utilisés conformément au dessein du Seigneur l’humanité entière en sortira grandie. Enfin, ces rencontres internationales feront savoir au monde que Madagascar désire, comme le disait déjà mon vénéré Prédécesseur à l’Ambassadeur malgache qui vous a précédé, s’engager «toujours davantage sur la voie de la bonne gouvernance et du respect des droits de l’homme» (discours du 13 décembre 2002) en combattant, entre autre, la violence sournoise de la corruption et de la disparité entre les riches et les pauvres, et en promouvant toujours plus les nobles valeurs traditionnelles de votre pays.

Comme vous le savez, Monsieur l’Ambassadeur, l’Eglise catholique souhaite apporter sa contribution propre. Elle est présente à Madagascar depuis des siècles et elle est majoritairement malgache. Les catholiques malgaches, laïcs et membres de la hiérarchie ecclésiastique, partagent les souffrances et les espérances de la population. Ils collaborent, selon leurs moyens, au bien commun et au développement du peuple malgache. Ils désirent contribuer à l’édification d’une société fondée sur la justice et la paix. Leur intention est de servir au mieux l’Eglise et le peuple dont ils sont les enfants dans cette nation qui est la leur. Ils s’intéressent donc à l’ensemble de la vie nationale et aux lois qui la régissent comme aux projets de lois qui devraient parfaire la vie quotidienne du citoyen. La longue et riche tradition ecclésiale est un apport positif dans la lente construction de la nation. L’Eglise ne cherche pas à interférer dans un domaine qui n’est pas le sien et qui est d’ordre strictement politique, elle désire tout simplement, en vertu de sa nature propre, participer à l’édification et à la consolidation de la vie nationale.

Vous voudrez bien transmettre aussi, Monsieur l’Ambassadeur, mes salutations à la communauté catholique de votre pays. Elle participe au développement et à la croissance de la nation toute entière et vous savez son rôle dans les domaines de l’éducation et de la santé, surtout pour les personnes les plus démunies qu’elle essaye de soulager. L’Eglise a donné de grandes figures qui se sont illustrées par leur charité et leur amour pour Madagascar. Je pense particulièrement à la bienheureuse Victoire Rasoamanarivo et au vénérable Frère Raphaël-Louis Rafiringa dont la Cause progresse. Je suis certain que les jeunes générations trouveront en eux des modèles toujours contemporains à suivre et à imiter.

Alors qu’officiellement commence votre mission de représentation auprès du Saint-Siège, je vous offre, Monsieur l’Ambassadeur, mes voeux cordiaux pour le succès de votre noble tâche et je désire vous assurer que vous trouverez toujours un bon accueil et une compréhension attentive auprès de mes collaborateurs, afin que les relations harmonieuses qui existent entre la République de Madagascar et le Saint-Siège puissent se poursuivre et s’approfondir.

Sur vous, Excellence, sur votre famille et sur vos collaborateurs, ainsi que sur les Responsables de la Nation et sur le peuple malgache tout entier, j’invoque de grand coeur l’abondance des Bénédictions de Dieu.

Au Vatican, le 18 décembre 2008



À S.E. Mme RAFIÂA LIMAM BAOUENDI,


NOUVEL AMBASSADEUR DE TUNISIE


PRÈS LE SAINT-SIÈGE


Salle Clémentine

Jeudi 18 décembre 2008



Madame l’Ambassadeur,

Je vous accueille avec plaisir au moment où vous présentez les Lettres qui vous accréditent comme Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Tunisie auprès du Saint-Siège. Je vous remercie des aimables paroles que vous m’avez adressées ainsi que des salutations de Son Excellence Monsieur Zine El Abidine Ben Ali, Président de la République. Je vous saurais gré de bien vouloir lui transmettre mes remerciements ainsi que mes voeux cordiaux pour Sa personne ainsi que pour le peuple tunisien tout entier.

Le progrès économique et social est une nécessité pour permettre à chaque personne comme à chaque famille de jouir du bien-être nécessaire à son plein développement. Je me réjouis donc de savoir qu’au cours des dernières années votre pays a connu une progression sensible dans ces domaines. Dans la difficile situation économique que connaît actuellement le monde, il est nécessaire qu’une authentique solidarité se mette en place aussi bien à l’intérieur de chaque pays qu’entre les nations, afin que les plus pauvres ne soient pas encore plus pénalisés. En effet, une croissance économique obtenue au détriment des êtres humains, de peuples entiers et de groupes sociaux, condamnés à l’indigence et à l’exclusion, n’est pas acceptable (cf. Compendium de la doctrine sociale de l’Église, n. 332).

Par ailleurs, le progrès économique doit aller de pair avec le développement de la formation humaine et spirituelle des personnes. En effet, la vie de l’homme ne peut être réduite à une dimension matérielle. Je salue les efforts accomplis par la Tunisie pour l’éducation de la jeunesse. Face aux difficultés et aux incertitudes de la vie, ou encore parfois devant un certain effacement des repères qui donnent sens à l’existence, il est nécessaire que les jeunes générations reçoivent une solide éducation pour les aider à affronter les rapides transformations des sociétés. Une attention particulière aux diversités culturelles et religieuses, leur permettra de mieux s’intégrer dans un monde qui se caractérise de plus en plus par un brassage des cultures et des religions, ainsi que de contribuer à l’édification d’un monde plus fraternel et plus solidaire.

En effet, le dialogue entre les cultures et entre les religions est de nos jours une nécessité incontournable, afin de pouvoir agir ensemble pour la paix et la stabilité du monde ainsi que pour promouvoir le respect authentique de la personne et des droits fondamentaux de l’homme. D’ailleurs, la reconnaissance de la place centrale de la personne et de la dignité de chaque être humain, ainsi que le respect de la vie qui est un don de Dieu et qui est donc sacrée, sont une base commune pour construire un monde plus harmonieux et plus accueillant aux légitimes diversités. L’édification d’une société où chacun est reconnu dans sa dignité implique aussi le respect de la liberté de conscience et de la liberté de religion pour chacun. Car l’expression des convictions religieuses authentiques est la manifestation la plus vraie de la liberté humaine.

La position qu’occupe la Tunisie au Maghreb l’invite à jouer un rôle important au niveau international, particulièrement en Méditerranée et en Afrique. L’établissement de relations de bon voisinage entre les nations ne peut que contribuer à une prise de conscience plus claire de l’appartenance commune à l’unique famille humaine. La coopération et les échanges entre les nations sont donc à encourager non seulement pour garantir à tous le droit au développement, mais aussi pour établir une authentique communauté de frères et de soeurs, appelés à former une grande famille. Pour cela, au-dessus de la logique étroite de relations de marché, la vie sociale doit s’appuyer sur le fondement solide de valeurs spirituelles et éthiques communes pour répondre aux exigences du bien commun et préserver les droits des plus faibles.

Madame l’Ambassadeur, l’Église catholique manifeste sa présence dans la société tunisienne notamment par ses institutions éducatives ou encore dans le domaine de la santé ou de l’attention aux personnes handicapées. Par ses engagements au service de la population, sans distinction d’origine ou de religion, elle entend contribuer, à sa manière, au bien commun. Le respect et la bienveillance manifestés à l’égard de ces institutions ecclésiales sont un signe de la confiance dont elles jouissent de la part des Autorités et de la population. Je ne peux que m’en réjouir.

En effet, vous le savez, la communauté catholique de Tunisie, que je vous saurais gré de saluer chaleureusement de ma part, se rattache à une antique tradition qui a marqué la vie culturelle et spirituelle de votre pays. Des saints et des saintes comme Cyprien, Perpétue et Félicité et tant d’autres y ont témoigné du Dieu unique jusqu’au don de leur vie. J’invite donc les catholiques, en communion profonde avec leur Évêque, à manifester ardemment autour d’eux, à l’image de leurs Pères dans la foi, l’amour de Dieu qui les anime et à être des témoins rayonnants de l’espérance qu’ils portent en eux.

Alors que vous inaugurez votre mission auprès du Saint-Siège, je vous offre, Madame l’Ambassadeur, mes voeux cordiaux pour son heureux accomplissement, afin que se poursuivent et se développent des relations harmonieuses entre le Saint-Siège et la Tunisie, et je vous assure que vous trouverez toujours un accueil attentif auprès de mes collaborateurs.

Sur Votre Excellence, sur sa famille et sur ses collaborateurs, ainsi que sur les Responsables et sur tous les habitants de la Tunisie, j’invoque de grand coeur l’abondance des Bénédictions du Tout-Puissant.

Au Vatican, le 18 décembre 2008.



À S.E. M. AMANZHOL ZHANKULIYEV,


NOUVEL AMBASSADEUR DU KAZAKHSTAN


PRÈS LE SAINT-SIÈGE


Salle Clémentine

Jeudi 18 décembre 2008





Monsieur l’Ambassadeur,

J’accueille avec plaisir Votre Excellence au Vatican pour la présentation des Lettres qui L’accréditent en qualité d’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Kazakhstan près le Saint-Siège et je La remercie vivement de m’avoir transmis le message courtois de S. E. Monsieur Nursultan Nazarbayev, Président de la République. Je vous saurais gré de bien vouloir Lui exprimer en retour mes voeux les meilleurs pour sa personne, ainsi que pour les responsables de la vie civile et religieuse et pour tout le peuple kazakh.

Le Kazakhstan occupe une position géographique qui le met en contact avec de grands ensembles géo-politiques: l’Europe, la Russie, la Chine et des pays majoritairement musulmans. Sa population diversifiée compte des peuples de langues et traditions culturelles fort différentes. Ces deux éléments, alliés aux richesses naturelles que possède votre pays, sont un don de Dieu qu’il convient de bien gérer. Ce don offre de grandes possibilités et ouvre des perspectives qui peuvent intéresser l’avenir de l’homme et contribuer à l’affirmation de sa dignité. Votre Président a voulu faire de votre terre un lieu de rencontre et de dialogue, une sorte de laboratoire où on cherche à vivre une cohabitation respectueuse de la diversité culturelle et religieuse, un espace qui pourrait démontrer aux autres peuples et nations qu’il est possible aux hommes de vivre dignement, en paix, dans le respect de la croyance et de la particularité de chacun. Je ne saurais assez encourager toutes les initiatives prises au sein comme à l’extérieur de vos frontières en faveur du dialogue entre les hommes, entre les cultures et entre les religions. Le monde a soif de paix et Dieu désire qu’il croisse et se développe dans l’harmonie. Dans ce sens, je salue les démarches courageuses et ouvertes de dialogue entreprises par votre pays, qui porteront des fruits dans votre nation même, et consolideront la stabilité régionale.

Vous savez, Monsieur l’Ambassadeur, le rôle positif que peuvent jouer les religions dans la société en se respectant réciproquement et en collaborant ensemble à des objectifs communs. Il est certes de la compétence de l’Etat de garantir la pleine liberté religieuse, mais il lui revient aussi d’apprendre à respecter le religieux en évitant d’interférer en matière de foi et dans la conscience du citoyen. Pour tout Etat, la tentation est grande de laisser dans l’imprécision les définitions des domaines politiques et religieux risquant ainsi de ne pas reconnaître ce qui n’est pas de sa compétence. Chaque Etat est donc appelé à demeurer vigilant afin de conjurer les effets négatifs de l’interférence dans le domaine religieux et de son utilisation abusive, ainsi que de respecter la sphère religieuse individuelle qui ne demande qu’à s’exprimer simplement et librement sans entrave. Nombreux sont ceux qui observent avec attention le Kazakhstan et sa manière nouvelle de gérer les relations entre le religieux et l’étatique pour en tirer leçon. C’est une opportunité unique offerte à votre pays, qu’il faudrait saisir au mieux et ne pas laisser passer. Le Saint-Siège appuie toutes les initiatives et les activités en faveur de la paix et de l’amitié entre nations car elles favorisent le respect mutuel ainsi que l’épanouissement de l’homme.

La nature humaine, voulue par Dieu sainte et noble, n’est pas indemne de défiances et le coeur de l’homme est entaché par son égoïsme et par son mensonge, ainsi que par son manque d’attraction pour la solidarité et la compassion. Les diverses traditions religieuses, qui cohabitent dans votre nation, sauront proposer des orientations positives pour contribuer heureusement à sa construction et à son développement. Elles ne manqueront pas d’aider leurs fidèles à se conformer à la volonté de Dieu et à travailler pour le bien commun. La solidarité est essentielle dans les relations interpersonnelles et interétatiques. Votre pays que le Très Haut a largement doté de richesses humaines et naturelles, saura trouver des voies pour en faire profiter avantageusement ses concitoyens et les nations qui, moins bien pourvues, ont encore besoin d’aides diverses. La juste répartition des biens devient un impératif non seulement parce qu’elle favorise la stabilité politique, nationale et internationale, mais parce qu’elle répond à la volonté divine de créer les hommes frères les uns des autres.

La communauté catholique, que vous voudrez bien saluer en mon nom, Monsieur l’Ambassadeur, est présente dans votre pays depuis longtemps et a traversé bien des vicissitudes historiques. Elle est demeurée fidèle grâce à l’abnégation de ses prêtres, de ses religieux et religieuses, et grâce à la flamme de la foi qui est restée allumée dans le secret du coeur des fidèles (cf. Visite ad Limina des Evêques d’Asie Centrale, 2 octobre 2008). Ces catholiques kazakhs désirent vivre sincèrement leur foi et pouvoir continuer à la pratiquer sereinement pour leur perfection personnelle certes, mais aussi pour l’enrichissement spirituel de votre pays par leur apport religieux propre. La communauté catholique participe, par sa présence, par sa prière et par ses oeuvres, à la stabilité et à la concorde religieuse de l’ensemble de la noble société kazakhe. L’Accord entre le Saint-Siège et la République du Kazakhstan, signé et entré en vigueur il y a dix ans maintenant, garantit les droits et les devoirs des catholiques de votre pays et les droits et les obligations de votre Etat envers eux. En exergue de votre adresse, vous avez qualifié d’exemplaires, Excellence, nos relations bilatérales car, disiez-vous, elles sont basées sur «l’intercompréhension totale et sur la confiance». Vous avez eu raison de le souligner et je m’en félicite volontiers avec vous. Que Dieu bénisse cette confiance réciproque et la renforce toujours davantage!

Au moment où vous inaugurez votre noble mission, Monsieur l’Ambassadeur, certain que vous trouverez toujours un accueil attentif auprès de mes collaborateurs, je vous offre mes voeux les meilleurs pour son heureux accomplissement et pour que se poursuivent et se développent les relations harmonieuses entre le Saint-Siège et la République du Kazakhstan. Sur Votre Excellence, sur Sa famille et sur tout le personnel de l’Ambassade, ainsi que sur le Président de la République, sur les autres Responsables et sur tous les habitants de votre nation, j’invoque l’abondance des Bénédictions divines.

Au Vatican, le 18 décembre 2008



À S.E. M. NASER MUHAMED YOUSSEF AL BELOOSHI,


NOUVEL AMBASSADEUR DU ROYAUME DU BAHREÏN


PRÈS LE SAINT-SIÈGE


Salle Clémentine

Jeudi 18 décembre 2008



Monsieur l’Ambassadeur

C’est avec grande joie que je vous accueille au Vatican au moment où vous présentez les Lettres qui vous accréditent comme premier Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Royaume du Bahreïn près le Saint-Siège. Je vous remercie des aimables paroles que vous m’avez adressées ainsi que pour les salutations et l’invitation que vous m’avez transmises de la part de Sa Majesté le Roi Hamad Bin Isa Al-Khalifa. En retour, vous voudrez bien l’assurer de mes voeux les meilleurs pour sa personne ainsi que pour les habitants du Royaume, afin que tous vivent dans la paix et dans la prospérité.

La visite que Sa Majesté le Roi m’a rendue à Castel Gandolfo en juillet dernier, ainsi que votre désignation, Excellence, comme premier Ambassadeur du Royaume de Bahreïn, sont les signes des bonnes relations que votre pays désire poursuivre avec le Saint-Siège. Je m’en réjouis vivement et je souhaite qu’elles puissent encore s’approfondir.

Les évolutions que le Royaume a connues au cours des dernières années manifestent le souci constant de progresser vers l’établissement d’une société ouverte sur le monde et de relations toujours plus fraternelles avec les autres nations, tout en demeurant fidèle à ses valeurs traditionnelles légitimes. La participation du plus grand nombre aux orientations et à la gestion de la vie du pays ne peut que contribuer à maintenir l’unité et la solidarité entre ses diverses composantes, ainsi qu’à favoriser le bien commun.

Je voudrais saluer l’engagement de votre pays, que vous avez souligné, Monsieur l’Ambassadeur, de promouvoir une politique de paix et de dialogue. Le Royaume de Bahreïn a en effet une longue tradition de tolérance et d’accueil, recevant notamment de nombreux travailleurs étrangers, qui participent au développement du pays. Alors qu’ils sont éloignés de leurs nations d’origine et de leurs familles, ce qui ne peut que rendre leur vie plus difficile, puissent-ils se sentir chez eux dans votre pays, grâce à l’accueil bienveillant qui leur est réservé !

Parmi ces travailleurs étrangers un grand nombre est de religion catholique. Je voudrais remercier ici les Autorités du Royaume pour l’accueil qui leur est fait ainsi que pour la possibilité qui leur est donnée de pratiquer leur culte. Et, il me plait de rappeler que l’église érigée en 1939, sur un terrain offert par l’Émir de cette époque, fut la première église construite dans les pays du Golfe. Toutefois, tous sont conscients qu’aujourd’hui, avec le développement du nombre des catholiques, il serait souhaitable qu’ils puissent disposer d’autres lieux de culte.

Le respect de la liberté religieuse, qui figure parmi les droits garantis par la Constitution de votre pays, est d’une importance primordiale, car elle touche à ce qu’il y a de plus profond et de plus sacré dans l’homme : sa relation à Dieu. La religion donne la réponse à la question du vrai sens de l’existence dans le domaine personnel et social. La liberté religieuse, qui permet à chacun de vivre sa croyance seul ou avec d’autres, en privé ou en public, exige même la possibilité pour la personne de changer de religion si sa conscience le demande. D’ailleurs, lors du Concile Vatican II, l’Église catholique a voulu souligner solennellement l’obligation pour l’homme de suivre sa conscience en toute circonstance et le fait que personne ne peut être contraint d’agir contre elle (cf. Déclaration sur la liberté religieuse, Dignitatis humanae DH 3).

Votre pays a aussi le souci de contribuer à l’établissement d’un authentique dialogue entre les cultures et entre les membres des religions. Il est en effet indispensable qu’une compréhension toujours plus sincère entre les personnes et entre les groupes humains et religieux puisse croître pour établir des relations toujours plus fraternelles. Ceci commence par une écoute respectueuse les uns des autres, basée sur une estime réciproque. Tout en reconnaissant les divergences qui nous séparent, chrétiens et musulmans, ainsi que les approches différentes que nous avons sur bien des points, il est important que dans le monde d’aujourd’hui nous puissions collaborer pour défendre et promouvoir les valeurs essentielles de la vie et de la famille qui permettent à l’homme de vivre dans la fidélité au Dieu unique et à la société de s’établir dans la paix et dans la solidarité.

Par votre intermédiaire, Monsieur l’Ambassadeur, je voudrais aussi saluer très chaleureusement la communauté catholique de votre pays, ainsi que son Vicaire apostolique. Je demande à Dieu de les soutenir dans leur foi et de les aider à être des témoins authentiques de l’espérance qui les fait vivre. Dans le Royaume de Bahreïn, comme dans tous les pays, les catholiques cherchent à contribuer au bien de la société. Ainsi, la Sacred Hearth School, dirigée par les religieuses carmélitaines, qui dispense un enseignement de grande qualité aux jeunes, sans distinction d’origine ni de religion, est-elle depuis de nombreuses années un signe éloquent de cet engagement. Dans cette perspective, je souhaite que l’Église locale et ses institutions offrent toujours plus leur contribution propre pour le bien de toute la société, en dialogue confiant et en collaboration efficace avec les Autorités du pays.

Monsieur l’Ambassadeur, alors que débute votre mission auprès du Saint-Siège, je vous adresse mes voeux cordiaux de réussite et je vous assure de la disponibilité de mes collaborateurs auprès desquels vous trouverez toujours compréhension et soutien pour son heureux déroulement.

Sur votre personne, sur votre famille, sur vos collaborateurs ainsi que sur tous les habitants du Royaume de Bahreïn et leurs dirigeants, j’invoque de grand coeur l’abondance des Bénédictions du Très-Haut.

Au Vatican, le 18 décembre 2008.



À L'OCCASION DE LA PRÉSENTATION


DES LETTRES DE CRÉANCE DES NOUVEAUX AMBASSADEURS


AUPRÈS DU SAINT-SIÈGE


Salle Clémentine

Jeudi 18 décembre 2008




Excellences,

C’est avec joie que je vous reçois ce matin pour la présentation des Lettres qui vous accréditent comme Ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires de vos pays respectifs près le Saint-Siège: le Malawi, la Suède, le Sierra Leone, l’Islande, le Grand-Duché de Luxembourg, la République de Madagascar, le Belize, la Tunisie, la République du Kazakhstan, le Royaume du Bahreïn, et la République de Fidji. Je vous remercie pour les paroles courtoises que vous avez pris soin de m’adresser de la part de vos Chefs d’Etat. Je vous saurais gré de leur transmettre en retour mes salutations cordiales et mes voeux déférents pour leurs personnes et pour leur haute mission au service de leurs pays et de leurs peuples. Je désire aussi saluer, par votre intermédiaire, toutes les Autorités civiles et religieuses de vos nations, ainsi que vos compatriotes. Mes prières et mes pensées vont aussi particulièrement vers les communautés catholiques présentes dans vos pays où elles sont soucieuses de vivre l’Evangile et d’en témoigner dans un esprit de collaboration fraternelle.

La diversité de vos provenances me permet de rendre grâce à Dieu pour son amour créateur et pour la multiplicité de ses dons qui ne cessent d’étonner l’humain. Elle est un enseignement. Parfois la diversité fait peur, c’est pourquoi il n’est pas étonnant de constater que, souvent, l’homme lui préfère la monotonie de l’uniformité. Des systèmes politico-économiques provenant ou se revendiquant de matrices païennes ou religieuses ont affligé l’humanité trop longtemps et ont cherché à l’uniformiser avec démagogie et violence. Ils ont réduit et, hélas, réduisent encore l’homme à un esclavage indigne au service d’une idéologie unique ou d’une économie inhumaine et pseudo-scientifique. Nous savons tous qu’il n’existe pas un modèle politique unique qui serait un idéal à réaliser absolument, et que la philosophie politique évolue dans le temps et dans son expression avec l’affinement de l’intelligence humaine et des leçons tirées de son expérience politique et économique. Chaque peuple a son génie et aussi «ses démons» propres. Chaque peuple avance à travers un enfantement parfois douloureux qui lui est propre, vers un avenir qu’il désire lumineux. Mon souhait serait donc que chaque peuple cultive son génie qu’il enrichira au mieux pour le bien de tous, et qu’il se purifie de ses «démons» qu’il contrôlera aussi au mieux jusqu’à les éliminer en les transformant en valeurs positives et créatrices d’harmonie, de prospérité et de paix afin de défendre la grandeur de la dignité humaine !

En réfléchissant à la belle mission de l’Ambassadeur, il m’est venu spontanément à l’esprit l’un des aspects essentiels de son activité: la recherche et la promotion de la paix que je viens d’évoquer. Il convient de citer, ici, la Béatitude prononcée par le Christ dans son Sermon sur la montagne: «Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu» (Mt 5,9). L’Ambassadeur peut et doit être un bâtisseur de paix. L’artisan de paix, dont il s’agit ici, n’est pas seulement la personne au tempérament calme et conciliant qui désire vivre en bonne intelligence avec tous et éviter si possible les conflits, mais elle est aussi celle qui se met totalement au service de la paix et s’engage activement à la construire, parfois jusqu’au don de sa vie. Les exemples historiques ne manquent pas. La paix n’implique pas seulement l’état politique ou militaire de non-conflit; elle renvoie globalement à l’ensemble des conditions permettant la concorde entre tous et l’épanouissement personnel de chacun. La paix est voulue par Dieu qui la propose à l’homme et lui en fait don. Cette intervention divine dans l’humanité porte le nom d’ «alliance de paix» (Is 54,10). Lorsque le Christ appelle l’artisan de paix, fils de Dieu, il signifie par là que celui-ci participe et travaille, de manière consciente ou inconsciente, à l’oeuvre de Dieu et prépare, à travers sa mission, les conditions nécessaires à l’accueil de la paix venue d’en-haut. Votre mission, Excellences, est haute et noble. Elle requiert toutes vos énergies que vous saurez déployer pour rejoindre cet idéal élevé qui honorera vos personnes, vos Gouvernants et vos pays respectifs.

Vous savez comme moi que la paix authentique n’est possible que lorsque règne la justice. Notre monde a soif de paix et de justice. Le Saint-Siège a d’ailleurs publié, à la veille de la Conférence de Doha qui s’est achevée il y a quelques jours, une Note sur l’actuelle crise financière et sur ses répercussions sur la société et sur les individus. Il s’agit de quelques points de réflexion destinés à promouvoir le dialogue sur plusieurs aspects éthiques qui devraient régir les rapports entre la finance et le développement, et à encourager les gouvernements et les acteurs économiques à rechercher des solutions durables et solidaires pour le bien de tous, et plus particulièrement pour ceux qui sont les plus exposés aux dramatiques conséquences de la crise. La justice, pour revenir à elle, ne revêt pas seulement une portée sociale ou même éthique. Elle ne renvoie pas uniquement à ce qui est équitable ou conforme au droit. L’étymologie hébraïque du mot justice fait référence à ce qui est ajusté. La justice de Dieu se manifeste donc par sa justesse. Elle remet tout en place, tout en ordre, afin que le monde soit conforme au dessein de Dieu et à son ordre (Cf. Is 11,3-5). La noble tâche de l’Ambassadeur consiste donc à déployer son art afin que tout soit «ajusté» pour que la nation qu’il sert vive non seulement en paix avec les autres pays mais aussi selon la justice qui s’exprime par l’équité et la solidarité dans les rapports internationaux, et pour que les concitoyens, jouissant de la paix sociale, puissent vivre librement et sereinement leurs croyances et rejoindre ainsi la «justesse» de Dieu.

Vous venez de débuter, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, votre mission auprès du Saint-Siège. Je vous présente à nouveau mes voeux les plus cordiaux pour la bonne réussite de la fonction si délicate que vous êtes appelés à accomplir. J’implore le Tout-Puissant de vous soutenir et de vous accompagner, vous-mêmes, vos proches, vos collaborateurs et tous vos compatriotes, afin de contribuer à l’avènement d’un monde plus pacifique et plus juste. Que Dieu vous comble de l’abondance de ses bénédictions!



AUX ENSEIGNANTS ET AUX ÉTUDIANTS DE


L'INSTITUT PONTIFICAL D'ARCHÉOLOGIE CHRÉTIENNE


Salle Clémentine du Palais Apostolique Vatican

Samedi 20 décembre 2008



Monsieur le cardinal,
chers frères et soeurs!

C'est avec un véritable plaisir que j'accueille et que je salue chacun de vous, qui faites partie de l'Institut pontifical d'archéologie sacrée. Je salue tout d'abord le Grand chancelier, le cardinal Zenon Grocholewski, et je le remercie des paroles avec lesquelles il s'est fait l'interprète des sentiments communs. Je salue le recteur, le corps enseignant, les collaborateurs et les étudiants. La rencontre agréable d'aujourd'hui m'offre l'opportunité de manifester ma vive appréciation pour la précieuse et féconde activité culturelle, littéraire et académique que votre Institut accomplit au service de l'Eglise et, plus en général, de la culture.

Je sais, en effet, que dans les milieux traditionnels de l'archéologie, les cours ordinaires et de spécialisation à travers lesquels votre Institut pontifical d'archéologie chrétienne se propose de faire connaître les monuments paléochrétiens, notamment de Rome, tout en faisant largement référence aux autres régions de l'Orbis christianus antiquus sont d'une grande importance scientifique. La "Revue" et l'activité scientifique des professeurs et des anciens élèves, ainsi que la promotion de congrès internationaux visent également, dans vos intentions, à aller à la rencontre des attentes de ceux qui ont à coeur la connaissance et l'étude des riches vestiges historiques de la communauté chrétienne. L'objectif principal de votre institut est précisément l'étude des vestiges de la vie ecclésiale au cours des siècles. Vous offrez l'opportunité, à celui qui choisit cette discipline, d'entrer dans une réalité complexe, qui est précisément celle de l'Eglise des premiers siècles, pour "comprendre" le passé, en le rendant présent aux hommes d'aujourd'hui. Pour vous, "comprendre" revient à s'identifier avec le passé qui réapparaît à travers les domaines typiques de l'archéologie chrétienne: l'iconographie, l'architecture, l'épigraphie et la topographie. Lorsqu'il s'agit de décrire l'histoire de l'Eglise, qui est "signe et instrument de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain" (LG 1), la recherche patiente de l'archéologue ne peut éviter de pénétrer également les réalités surnaturelles, sans toutefois renoncer à l'analyse rigoureuse des pièces archéologiques.

En effet, comme vous le savez bien, il n'est pas possible d'obtenir une vision complète de la réalité d'une communauté chrétienne, qu'elle soit antique ou récente, si l'on ne tient pas compte du fait que l'Eglise est composée d'un élément humain et d'un élément divin. Le Christ, son Seigneur, habite en elle et l'a voulue comme "communauté de foi, d'espérance, de charité, en tant qu'organisme visible, à travers lequel elle diffuse pour tous la vérité et la grâce" (LG 8). Dans cette pré-compréhension théologique, le critère de fond ne peut être que celui de se laisser conquérir par la vérité recherchée dans ses sources authentiques, avec une âme libérée des passions et des préjugés, l'archéologie chrétienne étant une science historique, et comme telle fondée sur l'étude méthodique des sources.

La diffusion de la culture artistique et historique dans tous les secteurs de la société fournit aux hommes de notre temps les moyens pour retrouver leurs propres racines et pour y puiser les éléments culturels et spirituels qui les aideront à édifier une société à dimension véritablement humaine. Chaque homme, chaque société, a besoin d'une culture ouverte à la dimension anthropologique, morale et spirituelle de l'existence. Mon voeu fervent est donc que, également grâce au travail de votre Institut digne d'éloges, se poursuive et s'intensifie même la recherche des racines chrétiennes de notre société. L'expérience de votre Institut prouve que l'étude de l'archéologie, en particulier des monuments paléochrétiens, permet d'approfondir la connaissance de la vérité évangélique qui nous a été transmise, et offre l'opportunité de suivre les maîtres et les témoins de la foi qui nous ont précédés. Connaître l'héritage des générations chrétiennes passées permet aux suivantes de rester fidèles au depositum fidei de la première communauté chrétienne et, en poursuivant le même chemin, de continuer à faire retentir à chaque époque et en chaque lieu l'Evangile immuable du Christ. Voilà pourquoi, à côté des résultats importants obtenus dans le domaine scientifique, votre Institut se préoccupe à juste titre d'offrir une contribution fructueuse à la connaissance et à l'approfondissement de la foi chrétienne. S'approcher des "vestiges du peuple de Dieu" est une manière concrète de constater que les contenus de la foi, qui est identique et immuable, ont été accueillis et traduits en vie chrétienne selon les conditions historiques, sociales et culturelles variables, au cours de nombreux siècles.

Chers frères et soeurs, continuez à promouvoir la conservation et l'approfondissement du très vaste héritage archéologique de Rome et des différentes régions du monde antique, conscients de la mission propre à votre Institut, qui est celle de servir l'histoire et l'art en valorisant les nombreux témoignages que la "Ville éternelle" possède de la civilisation occidentale, de la culture et de la spiritualité catholique. Il s'agit d'un patrimoine précieux qui s'est formé au cours de ces deux millénaires, un trésor inestimable dont vous êtes les administrateurs et dont il faut tirer sans cesse, comme le fait le scribe de l'Evangile, du neuf et de l'ancien (cf. Mt Mt 13,52). Avec ces souhaits, à l'approche imminente de Noël, je forme des voeux fervents pour vous et pour les personnes qui vous sont chères, alors que je vous bénis tous de tout coeur.



À LA CURIE ROMAINE À L'OCCASION


DE LA RENCONTRE TRADITIONNELLE POUR LES VOEUX DE NOËL


Salle Clémentine

Lundi 22 décembre 2008




Messieurs les cardinaux,
vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,
chers frères et soeurs!

Le Noël du Seigneur est aux portes. Chaque famille ressent le désir de se rassembler, pour goûter l'atmosphère unique et irremplaçable que cette fête est capable de créer. La famille de la Curie romaine également se réunit, ce matin, selon une belle habitude grâce à laquelle nous avons la joie de nous rencontrer et de nous échanger nos voeux dans ce climat spirituel particulier. J'adresse à chacun mon salut cordial, empli de reconnaissance pour la collaboration appréciée prêtée au ministère du Successeur de Pierre. Je remercie vivement le cardinal doyen Angelo Sodano qui, avec la voix d'un ange, s'est fait l'interprète des sentiments de toutes les personnes présentes, et également de tous ceux qui travaillent dans les divers bureaux, y compris les représentations pontificales. J'évoquais au début l'atmosphère particulière de Noël. Il me plaît de penser que celle-ci est presque un prolongement de cette joie mystérieuse, de cette exultation intime qui emplit la sainte Famille, les anges et les pasteurs de Bethléem, la nuit où Jésus vit le jour. Je la définirais comme "l'atmosphère de la grâce", en pensant à l'expression de saint Paul dans la Lettre à Tite: "Apparuit gratia Dei Salvatoris nostri omnibus hominibus" (cf. Tt Tt 2,11). L'apôtre affirme que la grâce de Dieu s'est manifestée "à tous les hommes": je dirais qu'en cela transparaît également la mission de l'Eglise, et, en particulier, celle du Successeur de Pierre et de ses collaborateurs, c'est-à-dire de contribuer à ce que la grâce de Dieu, du Rédempteur, devienne toujours plus visible à tous, et apporte à tous le salut.

L'année qui est sur le point de se conclure a été riche de regards rétrospectifs sur les dates importantes de l'histoire récente de l'Eglise, mais également riche d'événements, qui portent en eux des signes d'orientation pour notre chemin vers l'avenir. Il y a cinquante ans mourait le Pape Pie XII, il y a cinquante ans, Jean XXIII était élu Souverain Pontife. Quarante ans se sont écoulés depuis la publication de l'Encyclique Humanae vitae et trente ans depuis la mort de son auteur, le Pape Paul VI. Le message de ces événements a été rappelé et médité de multiples façons au cours de l'année, de sorte que je ne voudrais pas m'y arrêter à nouveau maintenant. Le regard de la mémoire, toutefois, est allé encore plus en arrière, au-delà des événements du siècle dernier, et précisément de cette façon, il nous a renvoyés à l'avenir: la soirée du 28 juin, en présence du patriarche oecuménique Bartholomaios I de Constantinople, et de représentants de nombreuses autres Eglises et communautés ecclésiales, nous avons pu inaugurer dans la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs l'année de saint Paul, en souvenir de la naissance de l'Apôtre des nations, il y a 2000 ans. Pour nous, Paul n'est pas une figure du passé. Il nous parle encore à travers ses lettres. Et celui qui entre en dialogue avec lui est poussé par lui vers le Christ crucifié et ressuscité. L'année de saint Paul est une année de pèlerinage non seulement dans le sens de chemin extérieur vers les lieux pauliniens, mais également et surtout dans le sens d'un pèlerinage du coeur, avec Paul, vers Jésus Christ. En définitive, Paul nous enseigne également que l'Eglise est le Corps du Christ, que la Tête et le Corps sont inséparables et qu'il ne peut y avoir d'amour pour le Christ sans amour pour son Eglise et sa communauté vivante.

Trois événements spécifiques de l'année qui touche à sa fin sautent particulièrement aux yeux. Il y a eu avant tout la Journée mondiale de la Jeunesse en Australie, une grande fête de la foi, qui a réuni plus de 200.000 jeunes venus de toutes les parties du monde et qui les a rapprochés non seulement extérieurement - sur le plan géographique - mais, grâce au partage de la joie d'être chrétiens, les a rapprochés également intérieurement. A côté de cela, il y a eu les deux voyages, l'un aux Etats-Unis, l'autre en France, à l'occasion desquels l'Eglise s'est rendue visible face au monde et pour le monde comme une force spirituelle qui indique des chemins de vie et, à travers le témoignage de la foi, apporte la lumière au monde. Ce furent en effet des journées qui ont rayonné de lumière; elles ont fait rayonner la confiance dans la valeur de la vie et dans l'engagement pour le bien. Et enfin, il faut rappeler le Synode des Evêques: des pasteurs provenant du monde entier se sont réunis autour de la Parole de Dieu, qui avait été élevée parmi eux; autour de la Parole de Dieu, dont la grande manifestation se trouve dans l'Ecriture Sainte. Ce que nous considérons désormais trop souvent comme acquis dans notre quotidien, nous l'avons saisi à nouveau dans toute sa sublimité: le fait que Dieu parle, que Dieu réponde à nos questions. Le fait qu'Il parle, bien qu'en termes humains, en personne, et que nous puissions L'écouter et dans l'écoute, apprendre à Le connaître et à Le comprendre. Le fait qu'Il entre dans notre vie en la façonnant et que nous puissions sortir de notre vie et entrer dans la vaste étendue de sa miséricorde. Nous nous sommes ainsi à nouveau rendus compte que Dieu à travers sa Parole s'adresse à chacun de nous, parle au coeur de chacun: si notre coeur s'ouvre et que l'écoute intérieure se rend disponible, alors chacun peut apprendre à entendre la parole qui lui est adressée personnellement. Mais précisément si nous entendons Dieu parler de façon si personnelle à chacun de nous, nous comprenons également que sa Parole est présente afin que nous nous approchions les uns des autres; afin que nous trouvions le moyen de sortir de ce qui est uniquement personnel. Cette parole a façonné une histoire commune et veut continuer à le faire. Alors, nous nous sommes à nouveau rendus compte que - précisément parce que la Parole est si personnelle - nous pouvons la comprendre de façon juste et totale uniquement dans le "nous" de la communauté instituée par Dieu: en étant toujours conscients que nous ne pouvons jamais aller jusqu'au bout complètement, qu'elle a quelque chose de nouveau à dire à chaque génération. Nous avons compris que, certes, les écrits bibliques ont été rédigés à des époques déterminées et constituent donc dans ce sens avant tout un livre provenant d'un temps passé. Mais nous avons vu que leur message ne demeure pas dans le passé ni qu'il ne peut être enfermé dans celui-ci: au fond, Dieu parle toujours au présent, et nous n'aurons écouté la Bible pleinement que lorsque nous aurons découvert ce "présent" de Dieu, qui nous appelle actuellement.

Enfin, il était important de ressentir que dans l'Eglise, il existe une Pentecôte également aujourd'hui - c'est-à-dire qu'elle parle dans plusieurs langues et ce, non seulement dans le sens extérieur que toutes les grandes langues du monde sont représentées en elle, mais encore plus dans un sens plus profond: en elle sont présents les multiples modes de l'expérience de Dieu et du monde, la richesse des cultures, et ce n'est qu'ainsi qu'apparaît toute l'étendue de l'existence humaine, et, à partir d'elle, l'étendue de la parole de Dieu. Toutefois, nous avons également appris que la Pentecôte est toujours "en chemin", et encore incomplète: il existe une multitude de langues qui attendent encore la Parole de Dieu contenue dans la Bible. Les multiples témoignages de fidèles laïcs provenant du monde entier, qui non seulement vivent la Parole de Dieu, mais qui souffrent également à cause d'elle, étaient émouvants. Une contribution précieuse a été apportée par le discours d'un Rabbin sur les Ecritures Saintes d'Israël, qui sont précisément également nos Ecritures Saintes. Un moment important pour le Synode, et même pour le chemin de l'Eglise dans son ensemble, a été celui au cours duquel le Patriarche Bartholomaios, à la lumière de la tradition orthodoxe, à travers une analyse pénétrante, nous a ouvert un accès à la Parole de Dieu. Espérons à présent que les expériences et les résultats du Synode influent de manière efficace sur la vie de l'Eglise: sur le rapport personnel avec les Ecritures Saintes, sur leur interprétation dans la Liturgie et dans la catéchèse ainsi que dans la recherche scientifique, afin que la Bible ne demeure pas une Parole du passé, mais que sa vitalité et son actualité soient lues et révélées dans la vaste étendue des dimensions de ses significations.

Les voyages pastoraux de cette année ont également traité de la présence de la Parole de Dieu, de Dieu lui-même dans le moment présent de l'histoire: leur véritable sens ne peut être que celui de servir cette présence. Dans ces occasions, l'Eglise se rend perceptible de façon publique, et avec elle la foi, et donc au moins la question sur Dieu. Cette manifestation en public de la foi interpelle désormais tous ceux qui tentent de comprendre le temps présent et les forces qui oeuvrent en lui. En particulier, le phénomène des Journées mondiales de la Jeunesse devient toujours plus l'objet d'analyses, dans lesquelles on tente de comprendre ce type, pour ainsi dire, de culture des jeunes. Jamais auparavant, l'Australie n'avait vu tant de personnes de tous les continents comme au cours de la Journée mondiale de la Jeunesse, pas même lors des Jeux olympiques. Et si on craignait auparavant que la présence massive de si nombreux jeunes puisse provoquer des troubles de l'ordre public, paralyser la circulation, empêcher le déroulement de la vie quotidienne, conduire à des actes de violences et laisser place à la drogue, tout cela s'est révélé sans fondement. Ce fut une fête de la joie - une joie qui, à la fin, a conquis également les personnes réticentes: à la fin, personne ne s'est senti importuné. Les journées sont devenues une fête pour tous, et c'est même à cette occasion que l'on s'est rendu compte de ce qu'est véritablement une fête - un événement dans lequel tous sont, pour ainsi dire, hors d'eux-mêmes, au-delà d'eux-mêmes et précisément ainsi avec eux-mêmes et avec les autres. Quelle est donc la nature de ce qui a lieu au cours d'une Journée mondiale de la Jeunesse? Quelles sont les forces qui agissent? Des analyses en vogue tendent à considérer ces journées comme une variante de la culture moderne des jeunes, comme une sorte de festival rock en version ecclésiale avec le Pape comme star. Avec ou sans la foi, ces festivals seraient au fond toujours la même chose, et on pense ainsi pouvoir éliminer la question sur Dieu. Il y a également des voix catholiques qui vont dans cette direction, en considérant tout cela comme un grand spectacle, certes beau, mais pas très significatif en ce qui concerne la question sur la foi et la présence de l'Evangile à notre époque. Il s'agirait de moments d'extase joyeuse, mais qui en fin de compte, laisseraient tout comme avant, sans influer de façon profonde sur la vie.

Mais cela n'explique pas toutefois, la spécificité de ces journées et le caractère particulier de leur joie, de leur force créatrice de communion. Il est tout d'abord important de tenir compte du fait que les Journées mondiales de la Jeunesse ne consistent pas seulement en cette unique semaine où elles deviennent publiquement visibles au monde. Elles sont précédées d'un long cheminement extérieur et intérieur qui conduit à celles-ci. La Croix, accompagnée par l'image de la Mère du Seigneur, effectue un pèlerinage à travers les pays. La foi, à sa manière, a besoin de voir et de toucher. La rencontre avec la croix, qui est touchée et portée, devient une rencontre intérieure avec Celui qui, sur la croix, est mort pour nous. La rencontre avec la Croix suscite au plus profond des jeunes la mémoire de ce Dieu qui a voulu se faire homme et souffrir avec nous. Et nous voyons la femme qu'Il nous a donnée pour Mère. Les journées solennelles ne sont que le sommet d'un long chemin, grâce auquel nous allons à la rencontre les uns des autres et sur lequel nous allons ensemble à la rencontre du Christ. En Australie, ce n'est pas un hasard si la longue Via Crucis à travers la ville est devenue l'événement culminant de ces journées. Celle-ci résumait encore une fois tout ce qui s'était produit au cours des années précédentes et indiquait Celui qui nous réunit tous ensemble: ce Dieu qui nous aime jusqu'à la Croix. De même, le Pape n'est pas lui non plus la star autour de laquelle tout tourne. Il est totalement et seulement le Vicaire. Il renvoie à l'Autre qui se trouve au milieu de nous. Enfin, la liturgie solennelle est le centre de l'ensemble, car dans celle-ci a lieu ce que nous ne pouvons pas réaliser et que, toutefois, nous attendons toujours. Il est présent. Il vient au milieu de nous. Le ciel se déchire et cela rend la terre lumineuse. Tel est ce qui rend la vie heureuse et ouverte et unit les uns aux autres dans une joie qui n'est pas comparable à l'extase d'un festival de rock. Friedrich Nietzsche a dit une fois: "L'habileté n'est pas d'organiser une fête, mais de trouver les personnes capables d'en tirer de la joie". Selon l'Ecriture, la joie est le fruit de l'Esprit Saint (cf. Ga Ga 5,22): ce fruit était abondamment perceptible pendant les journées de Sydney. De même qu'un long chemin précède les Journées mondiales de la Jeunesse, un chemin successif en dérive. Des amitiés se forment qui encouragent à un style de vie différent et le soutiennent de l'intérieur. Les grandes Journées ont, entre autres, le but de susciter ces amitiés et de faire naître de cette façon dans le monde des lieux de vie dans la foi, qui sont en même temps des lieux d'espérance et de charité vécue.

La joie comme fruit de l'Esprit Saint - nous sommes ainsi arrivés au thème central de Sydney qui était, précisément, l'Esprit Saint. Dans cette rétrospective, je voudrais aussi mentionner de manière synthétique l'orientation implicite de ce thème. En gardant à l'esprit le témoignage de l'Ecriture et de la Tradition, on reconnaît facilement quatre dimensions du thème de l'"Esprit Saint".

1. Il y a tout d'abord l'affirmation qu'il vient à notre rencontre dès le début du récit de la création: on y parle de l'Esprit créateur qui plane sur les eaux, qui crée le monde et le renouvelle sans cesse. La foi dans l'Esprit créateur est un contenu essentiel du Credo chrétien. Le fait que la matière contient en soi une structure mathématique, est pleine d'esprit, est le fondement sur lequel reposent les sciences de la nature modernes. Ce n'est que parce que la nature est structurée de manière intelligente, que notre esprit est en mesure de l'interpréter et de la remodeler activement. Le fait que cette structure intelligente provienne du même Esprit créateur, qui nous a donné à nous aussi l'esprit, comporte à la fois un devoir et une responsabilité. Dans la foi envers la création se trouve le fondement ultime de notre responsabilité envers la terre. Celle-ci n'est pas simplement notre propriété, que nous pouvons exploiter selon nos intérêts et nos désirs. Elle est plutôt un don du Créateur qui en a dessiné les structures intrinsèques et qui nous a donné les signes d'orientation auxquels nous en tenir comme administrateurs de sa création. Le fait que la terre, l'univers, reflètent l'Esprit créateur, signifie également que leurs structures rationnelles qui, au-delà de l'ordre mathématique, deviennent presque palpables dans l'expérimentation, contiennent en elles-mêmes également une orientation éthique. L'Esprit qui les a façonnés, est plus que mathématique - c'est le Bien en personne qui, à travers le langage de la création, nous indique la route de la voie juste.

Etant donné que la foi dans le Créateur est une partie essentielle du Credo chrétien, l'Eglise ne peut pas et ne doit pas se limiter à transmettre à ses fidèles uniquement le message du salut. Celle-ci a une responsabilité à l'égard de la création et doit faire valoir cette responsabilité également en public. Et en le faisant, elle ne doit pas seulement défendre la terre, l'eau et l'air comme des dons de la création appartenant à tous. Elle doit également protéger l'homme contre la destruction de lui-même. Il est nécessaire qu'il existe quelque chose comme une écologie de l'homme, entendue d'une juste manière. Il ne s'agit pas d'une métaphysique dépassée, si l'Eglise parle de la nature de l'être humain comme homme et femme et demande que cet ordre de la création soit respecté. Ici, il s'agit de fait de la foi dans le Créateur et de l'écoute du langage de la création, dont le mépris serait une autodestruction de l'homme et donc une destruction de l'oeuvre de Dieu lui-même. Ce qui est souvent exprimé et entendu par le terme "gender", se résout en définitive dans l'auto-émancipation de l'homme par rapport à la création et au Créateur. L'homme veut se construire tout seul et décider toujours et exclusivement tout seul de ce qui le concerne. Mais de cette manière, il vit contre la vérité, il vit contre l'Esprit créateur. Les forêts tropicales méritent, en effet, notre protection, mais l'homme ne la mérite pas moins en tant que créature, dans laquelle est inscrit un message qui ne signifie pas la contradiction de notre liberté, mais sa condition. De grands théologiens de la Scolastique ont qualifié le mariage, c'est-à-dire le lien pour toute la vie entre un homme et une femme, de sacrement de la création, que le Créateur lui-même a institué et que le Christ - sans modifier le message de la création - a ensuite accueilli dans l'histoire du salut comme sacrement de la nouvelle alliance. Le témoignage en faveur de l'Esprit créateur présent dans la nature dans son ensemble et de manière particulière dans la nature de l'homme, créé à l'image de Dieu, fait partie de l'annonce que l'Eglise doit apporter. Il faudrait relire l'Encyclique Humanae vitae à partir de cette perspective: l'intention du Pape Paul vi était de défendre l'amour contre la sexualité en tant que consommation, l'avenir contre la prétention exclusive du présent et la nature de l'homme contre sa manipulation.

2. Je ne donnerai que quelques brèves indications supplémentaires à propos des autres dimensions de la pneumatologie. Si l'Esprit créateur se manifeste tout d'abord dans la grandeur silencieuse de l'univers, dans sa structure intelligente, la foi, outre cela, nous dit une chose inattendue, c'est-à-dire que l'Esprit parle, pour ainsi dire, également avec des paroles humaines; il est entré dans l'histoire et, comme force qui façonne l'histoire, il est également un esprit parlant, il est même la Parole qui, dans les Ecrits de l'Ancien et du Nouveau Testament, vient à notre rencontre. Saint Ambroise, dans l'une de ses lettres, a merveilleusement exprimé ce que cela signifie pour nous: "Même à présent, alors que je lis les divines Ecritures, Dieu se promène au Paradis" (Ep 49,3). En lisant l'Ecriture, nous pouvons aujourd'hui aussi presque nous promener dans le jardin du Paradis et rencontrer Dieu qui s'y promène: entre le thème de la Journée mondiale de la Jeunesse en Australie et le thème du Synode des évêques, il existe un profond lien intérieur. Les deux thèmes "Esprit Saint" et "Parole de Dieu" vont de pair. En lisant l'Ecriture nous apprenons cependant également que le Christ et l'Esprit Saint sont inséparables entre eux. Si Paul, dans une synthèse étonnante, affirme: "Le Seigneur est l'Esprit" (2Co 3,17), non seulement l'unité trinitaire entre le Fils et l'Esprit Saint apparaît en toile de fond, mais surtout leur unité par rapport à l'histoire du salut: dans la passion et dans la résurrection du Christ sont arrachés les voiles du sens purement littéral, et la présence de Dieu qui parle devient visible. En lisant l'Ecriture avec le Christ, nous apprenons à entendre dans les paroles humaines la voix de l'Esprit Saint et nous découvrons l'unité de la Bible.

3. Avec cela nous sommes désormais arrivés à la troisième dimension de la pneumatologie qui consiste, précisément, dans l'aspect inséparable du Christ et de l'Esprit Saint. De la manière peut-être la plus belle, celle-ci se manifeste dans le récit de saint Jean à propos de la première apparition du Ressuscité devant les disciples: le Seigneur souffle sur ses disciples et leur donne ainsi l'Esprit Saint. L'Esprit Saint est le souffle du Christ. Et de même que le souffle de Dieu au matin de la création avait transformé la poussière du sol dans l'homme vivant, le souffle du Christ nous accueille dans la communion ontologique avec le Fils, nous transforme en nouvelle création. C'est pour cette raison que c'est l'Esprit Saint qui nous fait dire avec le Fils: "Abba, Père!" (cf. Jn Jn 20,22 Rm 8,15)

4. Ainsi, comme quatrième dimension, apparaît spontanément la connexion entre Esprit et Eglise. Paul, dans la première Lettre aux Corinthiens 12 et dans la lettre aux Romains 12, a illustré l'Eglise comme Corps du Christ et précisément ainsi comme organisme de l'Esprit Saint, dans lequel les dons de l'Esprit Saint fondent les individus en un tout vivant. L'Esprit Saint est l'Esprit du Corps du Christ. Dans l'ensemble de ce corps nous trouvons notre devoir, nous vivons les uns pour les autres et les uns dépendant des autres, en vivant dans la profondeur de Celui qui a vécu et souffert pour nous tous et qui, au moyen de son Esprit, nous attire à lui dans l'unité de tous les fils de Dieu: "Veux-tu toi aussi vivre dans l'Esprit du Christ? Alors, sois dans le Corps du Christ", dit Augustin à ce propos (Tr. in Jl 26,13).

Ainsi, avec le thème de l'"Esprit Saint", qui orientait les journées en Australie et, de manière plus cachée, également les semaines du Synode, devient visible toute l'ampleur de la foi chrétienne, une ampleur qui, de la responsabilité pour la création et pour l'existence de l'homme en harmonie avec la création, conduit, à travers les thèmes de l'Ecriture et de l'histoire du salut, jusqu'au Christ et, de là, à la communauté vivante de l'Eglise, dans ses ordres et responsabilités, tout comme dans son ampleur et sa liberté, qui s'exprime aussi bien dans la multiplicité des charismes que dans l'image de la Pentecôte de la multitude des langues et des cultures.

Une partie intégrante de la fête est la joie. La fête peut s'organiser, la joie non. Celle-ci peut seulement être offerte en don; et, de fait, elle nous a été donnée en abondance: nous sommes reconnaissants de cela. De même que Paul qualifie la joie de fruit de l'Esprit Saint, dans son Evangile Jean a lui aussi étroitement lié l'Esprit et la joie. L'Esprit Saint nous donne la joie. Et Il est la joie. La joie est le don dans lequel tous les autres dons sont résumés. Elle est l'expression du bonheur, de l'harmonie avec soi-même, ce qui ne peut dériver que du fait d'être en harmonie avec Dieu et avec sa création. Rayonner, être communiquée, fait partie de la nature de la joie. L'esprit missionnaire de l'Eglise n'est rien d'autre que l'impulsion à communiquer la joie qui nous a été donnée. Que celle-ci soit toujours vivante en nous et rayonne sur le monde dans ses épreuves: tel est mon souhait à la fin de cette année. Avec un vif remerciement pour votre travail et votre oeuvre, je souhaite à chacun de vous que cette joie dérivant de Dieu nous soit donnée en abondance également au cours de la nouvelle Année.

Je confie ces voeux à l'intercession de la Vierge Marie Mater divinae gratiae, en Lui demandant de pouvoir vivre les festivités de Noël dans la joie et dans la paix du Seigneur. Avec ces sentiments, je donne de tout coeur à vous tous et à la grande famille de la Curie romaine ma Bénédiction apostolique.




Discours 2008 70