
Discours 2009 66
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Salle des Papes
Samedi 23 mai 2009
Excellence,
chers frères prêtres!
C'est pour moi une joie renouvelée de tous vous accueillir et de vous saluer, vous qui êtes venus cette année également exprimer au Successeur de Pierre le témoignage de votre affection et de votre fidélité. Je salue le président de l'Académie pontificale ecclésiastique, Mgr Beniamino Stella, et je le remercie des paroles qu'il m'a courtoisement adressées, ainsi que du service qu'il accomplit avec un grand dévouement. Je salue ses collaborateurs, les soeurs franciscaines missionnaires de l'Enfant Jésus, et vous tous qui, en ces années de votre jeunesse sacerdotale, êtes en train de vous préparer à servir l'Eglise et son pasteur universel, en un singulier ministère, celui qui est accompli justement dans les représentations pontificales.
En effet, le service des nonciatures apostoliques peut être considéré, dans une certaine mesure, comme une vocation sacerdotale spécifique, un ministère pastoral qui comprend une insertion particulière dans le monde et dans ses problématiques souvent très complexes, à caractère social et politique. Il est alors important que vous appreniez à les déchiffrer, en sachant que le "code", pour ainsi dire, d'analyse et de compréhension de ces dynamiques ne peut être que l'Evangile et le Magistère éternel de l'Eglise. Il faut que vous vous formiez à la lecture attentive des réalités humaines et sociales, à partir d'une certaine sensibilité personnelle, que tout serviteur du Saint-Siège doit posséder, et en tirant parti d'une expérience spécifique qu'il vous faut acquérir au cours de ces années. En outre, cette capacité de dialogue avec la modernité qui vous est demandée, ainsi que le contact avec les personnes et les institutions qui les représentent, exigent une structure intérieure solide et une force spirituelle en mesure de sauvegarder et même de souligner toujours mieux votre identité chrétienne et sacerdotale. C'est seulement ainsi que vous pourrez éviter de ressentir les effets négatifs de la mentalité du monde, et que vous ne vous laisserez pas attirer ni contaminer par des logiques trop terrestres.
Puisque c'est le Seigneur lui-même qui vous demande d'accomplir cette mission dans l'Eglise, à travers l'appel de votre évêque qui vous signale et vous met à disposition du Saint-Siège, c'est au Seigneur lui-même que vous devez toujours et surtout faire référence. Dans les moments sombres et de difficultés intérieures, tournez votre regard vers le Christ qui un jour vous a regardés avec amour et vous a appelés à être avec lui et à vous occuper, à son école, de son Royaume. Rappelez-vous toujours qu'il est essentiel et fondamental pour le ministère sacerdotal, de quelque manière qu'on l'exerce, de conserver un lien personnel avec Jésus. Il veut que nous soyons ses "amis", des amis qui recherchent son intimité, suivent ses enseignements et s'engagent à le faire connaître et aimer de tous. Le Seigneur veut que nous soyons saints, c'est-à-dire tous "siens", sans que nous nous préoccupions de bâtir une carrière humainement intéressante ou confortable, sans être à la recherche de l'approbation et du succès des personnes, mais entièrement dévoués au bien des âmes, disposés à accomplir jusqu'au bout notre devoir, dans la conscience d'être des "serviteurs utiles", heureux de pouvoir offrir notre pauvre contribution à la diffusion de l'Evangile.
Chers prêtres, soyez, en premier lieu, des hommes d'intense prière, qui cultivent une communion d'amour et de vie avec le Seigneur. Sans cette base spirituelle solide, comment serait-il possible de persévérer dans votre ministère? Celui qui travaille ainsi dans la vigne du Seigneur sait que ce qui est réalisé avec dévouement, avec sacrifice et avec amour n'est jamais perdu. Et si parfois il nous est donné de goûter la coupe de la solitude, de l'incompréhension et de la souffrance, si le service nous apparaît parfois lourd et la croix quelquefois dure à porter, que nous soutienne et nous réconforte la certitude que Dieu sait rendre toute chose féconde. Nous savons que la dimension de la croix, bien symbolisée par la parabole du grain de blé qui, tombé en terre, meurt pour donner du fruit - une image utilisée par Jésus peu avant sa passion -, est une part essentielle de la vie de tout homme et de toute mission apostolique. Dans toute situation, nous devons offrir le témoignage joyeux de notre adhésion à l'Evangile, en accueillant l'invitation de l'apôtre Paul à ne nous vanter que de la croix du Christ, avec la seule ambition de compléter en nous-mêmes ce qui manque à la passion du Seigneur en faveur de son Corps qui est l'Eglise (cf. Col 1,24).
L'année sacerdotale, qui commencera le 19 juin prochain, solennité du Très Saint Coeur de Jésus et Journée mondiale de sanctification des prêtres, représente une occasion plus que jamais précieuse pour renouveler et renforcer votre réponse généreuse à l'appel du Seigneur, pour intensifier votre relation avec Lui. Valorisez le mieux possible cette opportunité pour être des prêtres selon le coeur du Christ, comme saint Jean-Marie Vianney, le saint Curé d'Ars, dont nous nous apprêtons à célébrer le 150 anniversaire de la mort. C'est à son intercession et à celle de saint Antoine Abbé, patron de l'Académie, que je confie ces voeux et ces souhaits. Que Marie, Mère de l'Eglise, veille maternellement sur vous et vous protège. Quant à moi, tout en vous remerciant de votre visite d'aujourd'hui, je vous assure de mon souvenir spécial dans la prière, et je donne de tout coeur la Bénédiction apostolique à chacun de vous, aux révérendes soeurs, au personnel de la maison et à tous ceux qui vous sont chers.
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Basilique Saint-Jean-de-Latran
Mardi 26 mai 2009
Monsieur le cardinal,
vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,
chers religieux et religieuses,
chers frères et soeurs!
Selon une heureuse tradition désormais établie, j'ai le plaisir d'inaugurer, cette année également, le congrès diocésain pastoral. A chacun de vous, qui représentez ici la communauté diocésaine tout entière, j'adresse avec affection mes salutations et mes remerciements sincères pour le travail pastoral que vous accomplissez. A travers vous, j'étends à toutes les paroisses mon salut cordial avec les paroles de l'apôtre Paul: "A tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome, aux saints par vocation, à vous grâce et paix de par Dieu notre Père et le Seigneur Jésus Christ" (Rm 1,7). Je remercie de tout coeur le cardinal-vicaire pour les paroles encourageantes qu'il m'a adressées, se faisant l'interprète de vos sentiments, et pour l'aide que, avec les évêques auxiliaires, il m'offre dans le service apostolique quotidien auquel le Seigneur m'a appelé en tant qu'Evêque de Rome.
Nous venons de rappeler qu'au cours de la décennie passée, l'attention du diocèse s'est concentrée pendant trois ans tout d'abord sur la famille; puis, pendant trois autres années, sur l'éducation à la foi des nouvelles générations, en nous efforçant de répondre à l'"urgence éducative" qui est pour tous un défi délicat; et enfin, toujours en référence à l'éducation, sollicités par la Lettre encyclique Spe salvi, vous avez pris en considération le thème de l'éducation à l'espérance. Tandis que je rends grâce avec vous au Seigneur pour le grand bien qui m'a été donné d'accomplir - je pense en particulier aux curés et aux prêtres qui n'épargnent pas leurs énergies pour guider les communautés qui leur sont confiées -, je désire exprimer ma satisfaction pour le choix pastoral de consacrer du temps à faire le point sur le chemin parcouru, dans le but d'identifier, à la lumière de l'expérience vécue, certains domaines fondamentaux de la pastorale ordinaire, afin de mieux les préciser et les faire davantage partager. A la base de cet engagement, auquel vous travaillez déjà depuis quelques temps, dans toutes les paroisses et dans les autres réalités ecclésiales, nous avons besoin d'une prise de conscience renouvelée de notre identité d'Eglise et de la coresponsabilité pastorale que, au nom du Christ, nous sommes tous appelés à exercer. C'est précisément sur cet aspect que je voudrais m'arrêter à présent.
Le Concile Vatican II, voulant transmettre de façon pure et intègre la doctrine sur l'Eglise mûrie au cours de deux mille ans, en a donné "une définition plus approfondie", en illustrant avant tout sa nature de mystère, c'est-à-dire de "réalité imprégnée de présence divine et qui peut toujours être l'objet de nouvelles et plus profondes recherches" (Paul VI, discours d'ouverture de la deuxième session du Concile Vatican II, 29 septembre 1963). Or, l'Eglise, qui trouve son origine dans le Dieu trinitaire, est un mystère de communion. En tant que communion, l'Eglise n'est pas une réalité uniquement spirituelle, mais elle vit dans l'histoire, pour ainsi dire, en chair et en os. Le Concile Vatican II la décrit comme "un sacrement, c'est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain" (Lumen gentium LG 1). Et l'essence du sacrement est précisément que l'on touche l'invisible dans le visible, et que le visible qui peut être touché ouvre la porte à Dieu lui-même. L'Eglise, avons-nous dit, est une communion, une communion de personnes qui, en vertu de l'action de l'Esprit Saint, forment le peuple de Dieu qui est en même temps le Corps du Christ. Réfléchissons un peu sur ces deux paroles-clés. Le concept de "Peuple de Dieu" est né et s'est développé dans l'Ancien Testament: pour entrer dans la réalité de l'histoire humaine, Dieu a élu un peuple déterminé, le peuple d'Israël, afin qu'il devienne son peuple. L'intention de ce choix particulier est de parvenir, par l'intermédiaire d'un petit nombre de personnes, à la multitude et de la multitude à tous. En d'autres termes, l'intention de l'élection particulière est l'universalité. A travers ce Peuple, Dieu entre réellement et de façon concrète dans l'histoire. Et cette ouverture à l'universalité s'est réalisée dans la croix et dans la résurrection du Christ. Dans la croix, le Christ, c'est ce que dit saint Paul, a abattu le mur de séparation. En nous donnant son Corps, Il nous réunit dans ce Corps pour que nous ne fassions qu'un. Dans la communion du "Corps du Christ", nous devenons tous un seul peuple, le Peuple de Dieu, où - pour citer à nouveau saint Paul - tous ne font qu'un et il n'y a plus de distinction, de différence, entre grec et juif, circoncis et non circoncis, barbare, scythe, esclave, hébreu, mais le Christ est tout en tous. Il a abattu le mur de séparation entre les peuples, les races, les cultures: nous sommes tous unis dans le Christ. Ainsi, nous voyons que les deux concepts - le "Peuple de Dieu" et le "Corps du Christ" - se complètent et forment ensemble le concept néotestamentaire d'Eglise. Et tandis que "Peuple de Dieu" exprime la continuité de l'histoire de l'Eglise, le "Corps du Christ" exprime l'universalité inaugurée dans la croix et la résurrection du Seigneur. Pour nous chrétiens, "Corps du Christ" n'est donc pas seulement une image, mais un véritable concept, car le Christ nous a fait don de son Corps réel, pas seulement d'une image. Ressuscité, le Christ nous unit tous dans le Sacrement pour faire de nous un corps unique. Le concept de "Peuple de Dieu" et "Corps du Christ" se complètent donc: dans le Christ, nous devenons réellement le Peuple de Dieu. Et "Peuple de Dieu" signifie donc "tous": du Pape jusqu'au dernier enfant baptisé. La première prière eucharistique, ce que l'on appelle le Canon romain, écrit au iv siècle, fait la distinction entre serviteurs - "nous sommes tes serviteurs" - et "plebs tua sancta"; donc, si l'on veut faire la distinction, on parle de serviteurs et de plebs sancta, tandis que le terme "Peuple de Dieu" exprime l'ensemble de toutes les personnes qui, en commun, forment l'Eglise.
Au lendemain du Concile cette doctrine ecclésiologique a trouvé un large accueil, et grâce à Dieu de nombreux fruits de bien ont mûri dans la communauté chrétienne. Nous devons cependant également rappeler que la réception de cette doctrine dans la pratique et son assimilation conséquente dans le tissu de la conscience ecclésiale, n'ont pas toujours eu lieu partout sans difficulté et selon une juste interprétation. Comme j'ai eu l'occasion de le clarifier dans le discours à la Curie romaine du 22 décembre 2005, un courant interprétatif, se réclamant d'un présumé "esprit du Concile", a cherché à établir une discontinuité et même une opposition entre l'Eglise d'avant et l'Eglise d'après le Concile, en franchissant parfois les limites objectivement existantes entre le ministère hiérarchique et les responsabilités des laïcs dans l'Eglise. La notion de "Peuple de Dieu", en particulier, fut interprétée par certains selon une vision purement sociologique, avec une optique presque uniquement horizontale, qui excluait la référence verticale à Dieu. Une position qui était ouvertement en opposition avec la parole et avec l'esprit du Concile, qui n'a pas voulu une rupture, une autre Eglise, mais un renouveau véritable et profond, dans la continuité, de l'unique sujet Eglise, qui croît dans le temps et se développe, en restant cependant toujours identique, unique sujet du Peuple de Dieu en pèlerinage.
En deuxième lieu, il faut reconnaître que le réveil d'énergies spirituelles et pastorales au cours de ces années n'a pas toujours produit la croissance et le développement désirés. On doit en effet constater que dans certaines communautés ecclésiales, à une période de ferveur et d'initiative, a succédé un temps d'affaiblissement de l'engagement, une situation de lassitude, parfois même de stagnation, et également de résistance et de contradiction entre la doctrine conciliaire et différents concepts formulés au nom du Concile, mais en réalité opposés à son esprit et à sa lettre. C'est également pour cette raison que l'assemblée ordinaire du synode des évêques de 1987 a été consacrée au thème de la vocation et de la mission des laïcs dans l'Eglise et dans le monde. Ce fait nous dit que les pages lumineuses consacrées par le Concile au laïcat n'avaient pas encore été suffisamment traduites et réalisées dans la conscience des catholiques et dans la pratique pastorale. D'une part, il existe encore la tendance à identifier unilatéralement l'Eglise avec la hiérarchie, en oubliant la responsabilité commune, la mission commune du Peuple de Dieu, que nous sommes tous dans le Christ. De l'autre, persiste également la tendance à concevoir le Peuple de Dieu, comme je l'ai déjà dit, selon une idée purement sociologique ou politique, en oubliant la nouveauté et la spécificité de ce peuple qui devient peuple uniquement dans la communion avec le Christ.
Chers frères et soeurs, on en arrive à présent à se demander: où en est alors notre diocèse de Rome? Dans quelle mesure est reconnue et favorisée la coresponsabilité pastorale de tous, en particulier des laïcs? Au cours des siècles passés, grâce au généreux témoignage de nombreux baptisés qui ont donné leur vie pour éduquer à la foi les nouvelles générations, pour soigner les malades et secourir les pauvres, la communauté chrétienne a annoncé l'Evangile aux habitants de Rome. Cette même mission nous est confiée aujourd'hui, dans des situations différentes, dans une ville où un grand nombre de baptisés ont égaré le chemin de l'Eglise et où ceux qui ne sont pas chrétiens ne connaissent pas la beauté de notre foi. Le synode diocésain, voulu par mon bien-aimé prédécesseur Jean-Paul II, a été une receptio effective de la doctrine conciliaire, et le Livre du Synode a engagé le diocèse à devenir toujours davantage Eglise vivante et active dans le coeur de la ville, à travers l'action coordonnée et responsable de toutes ses composantes. La Mission dans la ville qui s'ensuivit, en préparation au grand Jubilé de l'an 2000, a permis à notre communauté ecclésiale de prendre conscience du fait que le mandat d'évangéliser ne concerne pas seulement quelques baptisés, mais chacun. Cela a constitué une expérience salutaire, qui a contribué à faire mûrir dans les paroisses, dans les communautés religieuses, dans les associations et dans les mouvements, la conscience d'appartenir à l'unique Peuple de Dieu, qui est - selon les paroles de l'apôtre Pierre - "le peuple qui appartient à Dieu... chargé d'annoncer ses merveilles" (cf. 1P 2,9). Et ce soir, nous voulons rendre grâce pour cela.
Toutefois, une longue route reste encore à parcourir. Trop de baptisés ne se sentent pas appartenir à la communauté ecclésiale et vivent en marge de celle-ci, ne s'adressant aux paroisses que dans certaines circonstances, pour recevoir des services religieux. Il n'y a encore que peu de laïcs, proportionnellement au nombre des habitants de chaque paroisse, qui, bien que se professant catholiques, sont prêts à offrir leur disponibilité pour travailler dans les différents domaines apostoliques. Assurément, les difficultés d'ordre culturel et social ne manquent pas, mais, fidèles au mandat du Seigneur, nous ne pouvons pas nous résigner à conserver uniquement ce qui existe. Confiants dans la grâce de l'Esprit, que le Christ ressuscité nous a garantie, nous devons reprendre le chemin avec une ardeur renouvelée. Quelles voies pouvons-nous parcourir? Il est tout d'abord nécessaire de renouveler l'effort pour promouvoir une formation plus attentive et fidèle à la vision de l'Eglise dont j'ai parlé, et cela aussi bien de la part des prêtres que des religieux et des laïcs. Toujours mieux comprendre ce qu'est cette Eglise, ce Peuple de Dieu dans le Corps du Christ. Il est dans le même temps nécessaire d'améliorer l'organisation pastorale, de façon à ce que, dans le respect des vocations et des rôles des personnes consacrées et des laïcs, l'on promeuve graduellement la coresponsabilité de l'ensemble de tous les membres du Peuple de Dieu. Cela exige un changement de mentalité concernant particulièrement les laïcs, en ne les considérant plus seulement comme des "collaborateurs" du clergé, mais en les reconnaissant réellement comme "coresponsables" de l'être et de l'agir de l'Eglise, en favorisant la consolidation d'un laïcat mûr et engagé. Cette conscience commune de tous les baptisés d'être Eglise n'amenuise pas la responsabilité des curés. C'est précisément à vous qu'il revient, chers curés, de promouvoir la croissance spirituelle et apostolique de ceux qui sont déjà assidus et engagés dans les paroisses: ils sont le noyau de la communauté qui constituera un ferment pour les autres. Afin que ces communautés, même si elles sont parfois petites en nombre, ne perdent pas leur identité et leur vigueur, il est nécessaire qu'elles soient éduquées à l'écoute orante de la Parole de Dieu, à travers la pratique de la lectio divina, ardemment souhaitée par le récent synode des évêques. Nourrissons-nous réellement de l'écoute, de la méditation de la Parole de Dieu. Ces communautés ne doivent pas perdre la conscience qu'elles sont "Eglise" car le Christ, Parole éternelle du Père, les convoque et fait d'elles son peuple. En effet, la foi est d'une part une relation profondément personnelle avec Dieu, mais elle possède une composante communautaire essentielle et les deux dimensions sont inséparables. Les jeunes pourront ainsi faire l'expérience de la beauté et de la joie d'être et de se sentir Eglise; eux qui sont davantage exposés à l'individualisme croissant de la culture contemporaine, qui comporte comme conséquences inévitables le relâchement des liens interpersonnels et l'affaiblissement des sentiments d'appartenance. Dans la foi en Dieu, nous sommes unis dans le Corps du Christ et nous devenons tous unis dans le même corps et ainsi, précisément en croyant profondément, nous pouvons également éprouver la communion entre nous et surmonter la solitude de l'individualisme.
Si la Parole convoque la communauté, c'est l'Eucharistie qui fait d'elle un corps: "Parce qu'il n'y a qu'un pain - écrit saint Paul - à plusieurs nous ne sommes qu'un corps, car tous nous participons à ce pain unique" (1Co 10,17). L'Eglise n'est donc pas le résultat d'une somme d'individu, mais une unité entre ceux qui sont nourris de l'unique Parole de Dieu et de l'unique Pain de vie. La communion et l'unité de l'Eglise, qui naissent de l'Eucharistie, sont une réalité dont nous devons avoir une conscience toujours plus grande, également lorsque nous recevons la sainte communion, être toujours plus conscients que nous entrons dans l'unité avec le Christ et que nous devenons ainsi un entre nous. Nous devons toujours à nouveau apprendre à protéger et à défendre cette unité contre les rivalités, les différends et les jalousies qui peuvent naître dans ou entre les communautés ecclésiales. Je voudrais en particulier demander aux mouvements et aux communautés apparues après le Concile Vatican ii, qui, au sein de notre diocèse également, sont un don précieux dont nous devons toujours rendre grâce au Seigneur, je voudrais demander à ces mouvements, qui, je le répète sont un don, de toujours prendre soin que leurs itinéraires de formation conduisent leurs membres à développer un sens véritable d'appartenance à la communauté paroissiale. Au centre de la vie de la paroisse, comme je l'ai dit, il y a l'Eucharistie, et en particulier la célébration du Dimanche. Si l'unité de l'Eglise naît de la rencontre avec le Seigneur, il n'est pas secondaire alors que l'adoration et la célébration de l'Eucharistie fassent l'objet d'une grande attention, en offrant ainsi la possibilité à ceux qui y participent de faire l'expérience de la beauté du mystère du Christ. Etant donné que la beauté de la liturgie "n'est pas pur esthétisme, mais modalité par laquelle la vérité de l'amour de Dieu, manifesté dans le Christ, nous rejoint, nous fascine et nous emporte" (Sacramentum caritatis, n. 35), il est important que la célébration eucharistique manifeste, communique, à travers les signes sacramentaux, la vie divine et révèle aux hommes et aux femmes de cette ville le vrai visage de l'Eglise.
La croissance spirituelle et apostolique de la communauté conduit ensuite à promouvoir son élargissement à travers une action missionnaire décidée. Prodiguez-vous par conséquent afin de redonner vie à chaque paroisse, comme aux temps de la Mission dans la ville, aux petits groupes ou aux centres d'écoute des fidèles qui annoncent le Christ et sa Parole, des lieux où il soit possible de faire l'expérience de la foi, d'exercer la charité, d'organiser l'espérance. Cette articulation des grandes paroisses urbaines à travers la multiplication de petites communautés permet un souffle missionnaire plus étendu, qui tient compte de la densité de la population, de sa physionomie sociale et culturelle, souvent très diversifiée. Il serait important que cette méthode pastorale trouve une application efficace également sur les lieux de travail, qu'il faut aujourd'hui évangéliser avec une pastorale de proximité bien pensée, car en raison de sa grande mobilité sociale la population y passe une grande partie de la journée.
Enfin, il ne faut pas oublier le témoignage de la charité, qui unit les coeurs et ouvre à l'appartenance ecclésiale. Pour expliquer le succès rencontré par le christianisme des premiers siècles, la montée d'une prétendue secte juive devenue religion d'Empire, les historiens répondent que ce fut notamment l'expérience de la charité des chrétiens qui a convaincu le monde. Vivre la charité est la forme primaire de la dimension missionnaire. La Parole annoncée et vécue devient crédible si elle s'incarne en comportements de solidarité, de partage, en gestes qui montrent le visage du Christ comme d'un véritable Ami de l'homme. Puisse le témoignage silencieux et quotidien de la charité promue par les paroisses grâce à l'engagement d'un grand nombre de fidèles laïcs, continuer de s'étendre toujours davantage, pour que celui qui vit dans la souffrance ressente la proximité de l'Eglise et fasse l'expérience de l'amour du Père, riche de miséricorde. Soyez donc de "bons samaritains" prêts à soigner les blessures matérielles et spirituelles de vos frères. Les diacres, conformés par l'ordination avec le Christ serviteur, pourront rendre un service utile en promouvant une attention renouvelée envers les formes de pauvreté anciennes et nouvelles. Je pense par ailleurs aux jeunes: très chers amis, je vous invite à mettre au service du Christ et de l'Evangile votre enthousiasme et votre créativité, en devenant les apôtres des jeunes de votre âge disposés à répondre de manière généreuse au Seigneur, qui vous appelle à le suivre de plus près, dans le sacerdoce ou dans la vie consacrée.
Chers frères et soeurs, l'avenir du christianisme et de l'Eglise à Rome dépend également de l'engagement et du témoignage de chacun de nous. J'invoque dans ce but l'intercession maternelle de la Vierge Marie, vénérée depuis des siècles dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure comme salus populi romani. Comme elle fit avec les apôtres au Cénacle en attente de la Pentecôte, qu'elle nous accompagne nous aussi et nous encourage à regarder avec confiance le jour qui vient. Avec ces sentiments, tandis que je vous remercie pour votre travail inlassable, je vous donne de tout coeur à tous une Bénédiction apostolique spéciale.
Salle du Synode
Jeudi 28 mai 2009
Chers frères évêques italiens,
Je suis heureux de vous rencontrer encore une fois tous ensemble, à l'occasion de ce rendez-vous annuel significatif qui vous voit réunis en assemblée pour partager les inquiétudes et les joies de votre ministère dans les diocèses de la bien-aimée nation italienne. Votre assemblée exprime en effet de façon visible et promeut cette communion dont l'Eglise vit, et qui se réalise aussi dans des initiatives et une action pastorale communes. Par ma présence, je viens confirmer cette communion ecclésiale que j'ai constamment vue croître et se renforcer. Je remercie en particulier le cardinal-président qui, au nom de tous, a confirmé l'adhésion fraternelle et la communion des coeurs avec le magistère et le service pastoral du Successeur de Pierre, en réaffirmant ainsi l'unité singulière qui lie l'Eglise en Italie au Siège apostolique. J'ai reçu ces derniers mois des témoignages si nombreux et émouvants de cette adhésion. De tout coeur, je ne peux que vous dire: merci! Dans ce climat de communion, on peut nourrir avec profit par la Parole de Dieu et la grâce des sacrements le peuple chrétien, qui fait l'expérience d'une insertion profonde dans le territoire, d'un sens de la foi vivant, et d'une appartenance sincère à la communauté ecclésiale: tout cela grâce à votre direction pastorale, au service généreux de tant de prêtres et de diacres, de religieux et de fidèles laïcs qui, avec un dévouement constant soutiennent le tissu ecclésial et la vie quotidienne des nombreuses paroisses dispersées dans tous les coins du pays. Nous ne nous cachons pas les difficultés qu'elles rencontrent pour conduire ses membres à une adhésion plénière à la foi chrétienne à notre époque. Ce n'est pas un hasard si l'on espère un renouveau, dans différentes régions, sous le signe d'une collaboration croissante des laïcs, et de leur coresponsabilité missionnaire.
Pour toutes ces raisons, vous avez voulu, opportunément, approfondir dans l'action pastorale l'engagement missionnaire, qui a caractérisé le chemin de l'Eglise en Italie après le Concile, en mettant au centre de la réflexion de votre assemblée la tâche fondamentale de l'éducation. Comme j'ai eu l'occasion de le répéter à plusieurs reprises, il s'agit d'une exigence constitutive et permanente de la vie de l'Eglise, qui tend aujourd'hui à revêtir un caractère d'urgence, voire de première urgence. Ces jours-ci, vous avez pu écouter, réfléchir, et discuter sur la nécessité de mettre la main à une sorte de projet éducatif qui naisse d'une vision de l'homme cohérente et complète, qui ne peut jaillir que de l'image et de la réalisation parfaite que nous avons en Jésus Christ. C'est lui le Maître à l'école duquel il faut redécouvrir la tâche d'éducation comme une vocation très haute à laquelle tout fidèle, de différentes façons, est appelé. A une époque de profonde fascination pour des conceptions relativistes et nihilistes de la vie et où la légitimité même de l'éducation est remise en question, la première contribution que nous puissions apporter est le témoignage de notre confiance dans la vie et dans l'homme, dans sa raison et dans sa capacité à aimer. Elle n'est pas le fruit d'un optimisme ingénu, mais elle nous vient de "l'espérance sûre" (Spe salvi, ) qui nous est donnée par la foi dans la rédemption opérée par Jésus Christ. En référence à cet acte fondateur d'amour pour l'homme, peut naître une alliance éducative entre tous ceux qui ont une responsabilité dans ce domaine délicat de la vie sociale et ecclésiale.
La conclusion, dimanche prochain, des trois ans de l'Agorà des jeunes italiens, qui a vu votre conférence épiscopale engagée dans un parcours articulé d'animation de la pastorale des jeunes, constitue une invitation à vérifier le chemin éducatif actuel, et à entreprendre de nouveaux projets pour une couche de destinataires, celle des nouvelles générations, extrêmement ample et significative pour les responsabilités éducatives de nos communautés ecclésiales et de toute la société. L'action de formation s'étend finalement jusqu'à l'âge adulte, qui n'est pas exclu d'une véritable responsabilité d'éducation permanente. Personne n'est exclu de la tâche de prendre soin de sa propre croissance et de celle d'autrui vers la "pleine mesure du Christ" (Ep 4,13).
La difficulté à former d'authentiques chrétiens est liée, jusqu'à s'y confondre, à la difficulté à faire grandir des hommes et des femmes responsables et mûrs chez qui la conscience de la vérité et du bien, et la libre adhésion à ceux-ci, soient au centre du projet éducatif, de façon à dessiner un parcours de croissance globale dûment préparé et accompagné. C'est pourquoi, à côté d'un projet adéquat qui indique la fin de l'éducation à la lumière du modèle accompli à poursuivre, on a besoin d'éducateurs autorisés vers lesquels les nouvelles générations puissent se tourner avec confiance. En cette année consacrée à saint Paul, que nous avons vécue en approfondissant la parole et l'exemple du grand apôtre des nations, et que vous avez célébrée de différentes façons dans vos diocèses, et hier, justement, tous ensemble dans la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, son invitation résonne avec une efficacité particulière: "Soyez mes imitateurs" (1Co 11,1). Une parole courageuse, mais un vrai éducateur met en jeu en premier lieu sa personne et il sait allier autorité et exemplarité, dans sa tâche d'éduquer ceux qui lui sont confiés. Nous en sommes nous-mêmes conscients, nous qui sommes placés comme guides au milieu du peuple de Dieu, et à qui l'apôtre Pierre adresse à son tour l'invitation à paître le troupeau de Dieu en nous faisant des "modèles du troupeau" (1P 5,3). Voilà aussi une parole sur laquelle méditer.
La circonstance qui nous voit prêts à célébrer, après l'année consacrée à l'apôtre des nations, une Année sacerdotale, est donc singulièrement heureuse. Nous sommes appelés, avec nos prêtres, à redécouvrir la grâce et la tâche du ministère pastoral. Ce ministère est un service de l'Eglise et du peuple chrétien qui exige une spiritualité profonde. En réponse à l'appel divin, une telle spiritualité doit se nourrir de prière et d'une intense union personnelle avec le Seigneur pour pouvoir le servir dans nos frères par la prédication, les sacrements, une vie de communauté ordonnée, et l'aide aux pauvres. De cette façon, l'importance de l'engagement éducatif ressort dans tout le ministère sacerdotal, afin que mûrissent des personnes libres, vraiment libres, c'est-à-dire responsables, des chrétiens mûrs et conscients.
Il ne fait pas de doute que c'est à l'esprit chrétien que puise une vitalité toujours nouvelle ce sens de la solidarité, qui est profondément enraciné dans le coeur des Italiens et qui trouve l'occasion de s'exprimer avec une intensité particulière dans certaines circonstances dramatiques de la vie du pays, dont, dernièrement, le tremblement de terre dévastateur qui a frappé certaines régions des Abruzzes. Comme votre président l'a déjà dit, j'ai pu, lors de ma visite dans cette terre tragiquement blessée, me rendre compte personnellement des deuils, de la douleur, et des désastres produits par le terrible séisme, mais aussi, et cela a été réellement impressionnant pour moi, de la force d'âme de ces populations et en même temps du mouvement de solidarité qui s'est mis en oeuvre très vite dans toutes les régions d'Italie. Nos communautés ont répondu avec une grande générosité à la demande d'aide qui s'élevait de la région, en soutenant les initiatives promues par la conférence épiscopale à travers les caritas.Je désire renouveler aux évêques des Abruzzes et, à travers eux, aux communautés locales, l'assurance de ma prière constante et de ma proximité affectueuse permanente.
Depuis des mois, nous constatons les effets d'une crise financière et économique qui a durement frappé la scène mondiale et a atteint tous les pays de façon diversifiée. En dépit des mesures prises à différents niveaux, les effets sociaux de la crise ne manquent pas de se faire encore ressentir, et même durement, de façon particulière dans les couches les plus faibles de la société et sur les familles. C'est pourquoi je désire exprimer combien j'apprécie et j'encourage l'initiative du fonds de solidarité intitulé "Prêt de l'espérance" qui connaîtra précisément dimanche prochain un moment de participation commune, lors de la collecte nationale, qui constitue la base même de ce fonds. Ce nouvel appel à la générosité qui s'ajoute à tant d'autres initiatives entreprises par différents diocèses, évoque le geste de la collecte promue par l'apôtre Paul en faveur de l'Eglise de Jérusalem, et elle est un témoignage éloquent du partage mutuel des fardeaux. En ce moment de difficulté, qui frappe de façon particulière ceux qui ont perdu leur travail, cela devient un véritable acte de culte qui naît de la charité suscitée dans le coeur des croyants par l'Esprit du Ressuscité. Il s'agit d'une annonce éloquente de la conversion intérieure engendrée par l'Evangile et d'une manifestation touchante de la communion ecclésiale.
Une forme essentielle de la charité dans laquelle les Eglises d'Italie sont vivement engagées est aussi la charité intellectuelle. C'est ce que montre de façon significative l'exemple de la promotion de la diffusion d'une mentalité en faveur de la vie, dans tous ses aspects et ses moments, avec une attention particulière à la vie marquée par une situation de grande fragilité et de grande précarité. Un témoignage de cet engagement est l'opuscule: "Libre pour vivre. Aimer la vie jusqu'au bout", qui rassemble le laïcat italien pour oeuvrer afin que la conscience de la pleine vérité sur l'homme et la promotion du bien authentique des personnes et de la société ne manquent pas dans le pays. Le "oui" et le "non" qui y sont exprimés dessinent les contours d'une véritable action éducative et sont l'expression d'un amour fort et concret pour chaque personne. Ma pensée revient donc au thème central de votre assemblée - la tâche urgente de l'éducation - qui exige l'enracinement dans la Parole de Dieu, et le discernement spirituel, la capacité d'établir des projets culturels et sociaux, le témoignage de l'unité et de la gratuité.
Très chers confrères, quelques jours à peine nous séparent de la solennité de Pentecôte, au cours de laquelle nous célébrerons le don de l'Esprit qui abat les frontières et ouvre à la compréhension de la vérité tout entière. Invoquons le Consolateur qui n'abandonne pas celui qui a recours à lui, en lui confiant le chemin de l'Eglise en Italie ainsi que toute personne qui vit dans ce pays bien-aimé. Que descende sur nous tous l'Esprit de vie et qu'il allume dans nos coeurs le feu de son amour infini.
De tout coeur je vous bénis, ainsi que vos communautés!
Vendredi 29 mai 2009
Votre Excellence,
Je suis heureux de vous souhaiter une cordiale bienvenue, tandis que vous présentez les Lettres qui vous accréditent comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Mongolie près le Saint-Siège. En vous remerciant pour les salutations cordiales que vous m'avez transmises de la part de votre président, M. Nambaryn Enkhbayar, je lui adresse en retour mes meilleurs voeux de bonne santé et de bien-être. Je l'assure, ainsi que les citoyens de Mongolie, de mes prières, tandis qu'ils continuent de promouvoir la paix et l'harmonie sociale dans le pays et à l'étranger.
Monsieur l'ambassadeur, je suis heureux que l'esprit de coopération qui a caractérisé les relations diplomatiques entre la Mongolie et le Saint-Siège ait porté de nombreux fruits. Une reconnaissance explicite et réciproque des bienfaits pouvant être obtenus à travers les relations diplomatiques a préparé le terrain à l'établissement de la préfecture apostolique à Oulan-Bator permettant, ainsi de coordonner de façon plus efficace le soin pastoral des catholiques en Mongolie, et de donner un nouvel élan à leurs activités caritatives pour le bien de tous vos concitoyens. Un signe particulier de cette collaboration fructueuse a été la dédicace de la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul en 2002, qui a eu lieu en l'heureuse occasion du x anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Mongolie et le Saint-Siège. Je désire exprimer personnellement ma profonde gratitude pour tout ce que votre gouvernement et les autorités civiles locales ont fait pour rendre possible cet événement historique. Celui-ci a non seulement contribué à édifier un sentiment d'unité entre les fidèles catholiques dans votre pays et les autres croyants dans le monde, mais il a également apporté un clair témoignage de l'antique respect de la Mongolie pour la liberté religieuse. Ce droit humain fondamental, enraciné dans la constitution de la Mongolie et promu par ses citoyens comme conduisant au plein développement de la personne humaine, leur permet de rechercher la vérité, de s'engager dans le dialogue et de remplir leur devoir de rendre gloire à Dieu libres de toute coercition indue.
La possibilité pour les fidèles de différentes religions de se parler et de s'écouter réciproquement peut jouer un rôle vital pour renforcer la famille humaine. Vous avez fait référence à l'initiative courageuse de Gengis Khan au XIII siècle qui invita les musulmans, les chrétiens, les bouddhistes et les taoïstes à vivre ensemble dans les steppes de Mongolie: un geste qui continue de trouver une expression dans l'ouverture du peuple mongolien, qui conserve précieusement les traditions religieuses transmises de génération en génération, et qui révèle un profond respect pour les traditions différentes des leurs. Cette ferveur religieuse a été particulièrement évidente au moment où la Mongolie est sortie de plusieurs années d'oppression sous un régime totalitaire. En ce temps de paix et de stabilité plus importantes, j'encourage de tout coeur les occasions qui facilitent l'échange amical d'idées sur la religion et la façon dont elle contribue au bien de la société civile. Les peuples qui pratiquent la tolérance religieuse ont l'obligation de partager la sagesse de ce principe avec la famille humaine tout entière, afin que tous les hommes et les femmes puissent percevoir la beauté de la coexistence pacifique et avoir le courage d'édifier une société qui respecte la dignité humaine et agisse selon le commandement divin d'aimer son prochain (cf. Mc 12,32).
Votre Excellence, cet esprit de coopération fraternelle servira de façon positive à la Mongolie dans ses efforts en vue d'atteindre les objectifs de développement pour les années à venir. Comme vous l'avez observé, parmi ceux-ci, la priorité est la réduction de la pauvreté et du chômage. Ces objectifs se placent dans le cadre de la croissance économique générale et de la distribution équitable des bien que votre pays désire promouvoir à long terme. Les valeurs d'équité et de confiance dans le marché promues par le peuple mongolien constituent une base certaine pour répondre à ces objectifs. Les critères pour élaborer des programmes à cette fin doivent refléter la justice tant sociale que commutative (cf. Compendium de la Doctrine sociale de l'Eglise, n. 303); ils doivent tenir compte de la valeur objective du travail fourni, de la dignité des sujets qui l'accomplissent, des différents besoins des citoyens, et du mérite qui doit correspondre de façon juste à la qualité du travail accompli (cf. Centesimus annus CA 35)
La Mongolie est un pays qui reconnaît que le bien-être humain ne peut pas être mesuré exclusivement en termes de richesse. La réussite dans le domaine de l'éducation - dont les productions littéraires et artistiques sont des indicateurs fiables - représentent également un trait essentiel d'une société épanouie. Je suis heureux que votre pays ait identifié la nécessité d'accroître les opportunités en matière d'éducation pour l'amélioration de tout son peuple. Les systèmes d'instruction ne doivent pas, bien sûr, négliger la formation technologique qui permet aux étudiants de trouver et de garder un emploi bien rémunéré en ces temps de mondialisation rapide et de progrès technologique. Dans le même temps, une éducation intégrale doit se préoccuper de la personne tout entière et pas simplement de sa capacité à produire. En particulier, les jeunes méritent une formation intellectuelle et spirituelle complète, qui ouvre leurs yeux à la dignité de toute personne humaine et qui les amène à cultiver les vertus nécessaires pour qu'ils se placent au service de l'humanité tout entière. J'encourage donc les initiatives prises par votre gouvernement en vue d'accroître l'accès à l'éducation et de l'accompagner d'une vision claire de ce qui est véritablement bon pour les êtres humains.
Pour sa part, la communauté catholique, bien qu'encore réduite en Mongolie, désire apporter sa contribution en vue d'encourager le dialogue interreligieux, de promouvoir le développement, d'accroître les opportunités d'éducation, et de poursuivre les nobles objectifs qui renforcent la solidarité de la famille humaine et fixent leur regard sur l'action du divin dans le monde. Tout en reconnaissant l'autonomie due à la communauté politique, l'Eglise catholique est amenée à coopérer avec la société civile selon les façons adaptées aux circonstances de temps et de lieu où celles-ci vivent ensemble.
Monsieur l'ambassadeur, je vous remercie de m'avoir fait part du désir de la Mongolie d'approfondir les bons résultats issus des relations diplomatiques établies entre votre pays et le Saint-Siège. Tandis que vous commencez votre mission, je vous assure de la disponibilité des divers bureaux de la Curie romaine dans l'accomplissement de vos fonctions, et j'invoque une abondance de Bénédictions de Dieu tout-puissant sur vous, sur les membres de votre famille et sur tous les citoyens de Mongolie.
Vendredi 29 mai 2009
Madame l'ambassadeur,
Je suis heureux de vous accueillir aujourd'hui et d'accepter les Lettres qui vous accréditent en tant qu'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République d'Inde près le Saint-Siège. En vous remerciant pour les aimables paroles que vous m'avez adressées en votre nom et au nom du gouvernement, je vous prie de bien vouloir transmettre en retour mes salutations respectueuses à S.E. Mme Pratibha Patil, président de la République, et au premier ministre réélu, S.E. M. Manmohan Singh, les assurant de mes prières pour leur bien-être et pour celui de tout le peuple d'Inde.
L'inde est une terre fertile à la sagesse antique. Son peuple, représentant de nombreuses religions et cultures différentes, est sensible au besoin de conscience de soi, d'intégrité et de coexistence harmonieuse avec son prochain, pour le bien-être personnel et social général. L'immense variété présente au sein de vos frontières ouvre de vastes possibilités de dialogue entre les philosophies et les traditions religieuses, occupées à étudier les questions les plus profondes de la vie. Cultiver ce dialogue non seulement enrichit votre nation, mais sert d'exemple aux autres pays en Asie, et même dans le monde entier.
En dépit des difficultés économiques auxquelles doit faire face actuellement la communauté mondiale tout entière, l'Inde a accompli des progrès économiques remarquables au cours des dernières années. D'autres nations se sont inspirées du zèle, de l'ingéniosité et de la clairvoyance qui ont contribué à la croissance de votre pays. Une plus grande prospérité exige également une vigilance accrue, afin d'assurer que les pauvres soient protégés contre l'exploitation de mécanismes économiques incontrôlés, qui tendent souvent à ne profiter qu'à une petite élite. C'est la raison qui explique l'ambitieux programme d'emplois dans le secteur agricole de votre pays, qui a été mis en place pour aider les personnes défavorisées - en particulier les populations rurales pauvres - à gagner de quoi vivre en participant à des projets de construction et d'autres initiatives de coopération. Des programmes tels que celui-ci démontrent que le travail n'est jamais un simple produit, mais une activité humaine spécifique. Ils doivent donc être menés d'une façon qui promeuve la dignité humaine et rejette toute tentation de favoritisme, de corruption ou de fraude.
Le principe de subsidiarité revêt une valeur particulière à cet égard. Une société qui permet à des organismes subordonnés de mener leurs propres activités encourage les citoyens à participer de façon active à l'édification du bien commun, en se plaçant au service des autres et en s'engageant à résoudre les différends de façon juste et pacifique. Le principe de subsidiarité présuppose et encourage à la fois la responsabilité individuelle, en invitant tous les membres de la société à rechercher le bien des autres comme le leur. Si les structures bureaucratiques sont nécessaires, il faut toujours se rappeler que les différents niveaux de gouvernement - national, régional et local - visent au service des citoyens, car ils sont eux-mêmes administrés par les citoyens.
Les systèmes démocratiques de gouvernement doivent être contrôlés par une vaste participation sociale. Ayant récemment tenu une série d'élections nationales importantes, l'Inde a montré au monde que ce processus démocratique fondamental est non seulement possible, mais peut être conduit dans un climat de civilité et de paix. Alors que les nouveaux élus doivent faire face aux défis qui se présentent à eux, je suis certain que le même esprit de coopération patiente prévaudra, les soutenant dans leur responsabilité importante de préparer des projets de lois et de débattre des politiques sociales. Puissent-ils être prêts à subordonner les intérêts particuliers en les plaçant dans le contexte plus large du bien commun, qui est un objectif essentiel et indispensable de l'autorité politique (cf. Compendium de la Doctrine sociale de l'Eglise, n. 409).
Madame l'ambassadeur, en tant que Pasteur suprême de l'Eglise catholique, je m'unis aux responsables religieux et de gouvernement dans le monde, qui partagent le désir commun que tous les membres de la famille humaine jouissent de la liberté de pratiquer la religion et de s'engager dans la vie civile, sans craindre des répercussions négatives en raison de leurs croyances. Je ne peux donc manquer d'exprimer ma profonde préoccupation pour les chrétiens qui ont été victimes d'explosions de violence dans certaines régions à l'intérieur de vos frontières. Aujourd'hui, j'ai l'occasion d'exprimer ma satisfaction pour les efforts de votre pays à l'égard des plus démunis, leur offrant un abri et une assistance, un secours et des possibilités de réinsertion, ainsi que pour les mesures prises en vue de mener des enquêtes criminelles et tenir des procès judiciaires justes pour résoudre ces problèmes. J'appelle chacun à faire preuve de respect pour la dignité humaine, en rejetant la haine et en renonçant à la violence sous toutes ses formes.
Pour sa part, l'Eglise catholique qui est dans votre pays continuera à apporter sa contribution en promouvant la paix, l'harmonie et la réconciliation entre les fidèles de toutes les religions, en particulier à travers l'éducation et la formation aux vertus de la justice, de la tolérance et de la charité. En effet, il s'agit là de l'objectif intrinsèque à toutes les formes authentiques d'éducation, étant donné que - conformément à la dignité de la personne humaine et au devoir de tous les hommes et femmes à vivre en communauté - elles visent à cultiver les vertus morales et à préparer les jeunes à assumer leurs responsabilités sociales avec une sensibilité aiguë pour ce qui est bon, juste et noble.
Madame l'ambassadeur, tandis que vous prenez vos fonctions au sein de la communauté diplomatique accréditée près le Saint-Siège, je vous adresse mes meilleurs voeux pour le succès de votre haute mission. Je vous assure de la disponibilité des divers bureaux et dicastères de la Curie romaine. Sur vous et sur le bien-aimé peuple indien, j'invoque une abondance de Bénédictions.
Vendredi 29 mai 2009
Monsieur l’Ambassadeur
Je suis heureux de vous accueillir au Vatican au moment où vous présentez les Lettres qui vous accréditent comme Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Bénin près le Saint-Siège. Je vous exprime ma gratitude pour les aimables paroles que vous m’avez adressées ainsi que pour le message chaleureux que vous m’avez transmis de la part de Son Excellence Monsieur Boni Yayi, Président de la République. En retour, dans l’heureux souvenir de la visite qu’il m’a rendue au Vatican, je vous serais reconnaissant de lui faire parvenir mes remerciements et l’assurance de mes voeux cordiaux pour toute la nation, afin qu’elle progresse avec courage sur les chemins du développement humain et spirituel.
Vous l’avez relevé dans votre adresse, Monsieur l’Ambassadeur, la crise financière mondiale actuelle risque de compromettre les efforts méritoires accomplis par de nombreux pays pour leur développement. Aussi, est-il plus que jamais nécessaire que toutes les composantes de la nation travaillent ensemble au service du bien commun. Ceci exige dès lors qu’une démocratie authentique se mette en place, fondée sur une conception correcte de la personne humaine. Au cours des dernières années, votre pays s’est engagé courageusement sur ce chemin, avec notamment le soutien de l’Église catholique et des autres composantes religieuses. Le développement d’un tel processus de démocratisation est une garantie pour la paix sociale, la stabilité et l’unité du pays, s’il se base sur la dignité de chaque personne, le respect des droits de l’homme et le ‘bien commun’ accepté comme fin et critère de régulation de la vie politique (cf. Compendium de la doctrine sociale de l’Église, n. 407). Dans cette perspective, l’établissement d’un dialogue sincère entre les personnes et entre les Institutions est d’une grande importance.
Je voudrais saluer aussi l’engagement de votre pays pour la consolidation de la paix et de la stabilité dans plusieurs régions du monde. Cette marque de solidarité avec des nations éprouvées, notamment en Afrique, est une contribution notable pour la promotion des valeurs de bien, de vérité et de justice et pour la défense de vies innocentes. La recherche de la paix et de la réconciliation est une grave responsabilité pour ceux qui ont la charge de guider les nations, car la violence, qui ne résout jamais les problèmes, est une atteinte inacceptable à la dignité de l’homme.
Votre présence ici ce matin, Monsieur l’Ambassadeur, témoigne des bonnes relations qui existent entre le Bénin et le Saint-Siège. Dans ce cadre, permettez-moi de rappeler ici l’oeuvre éminente accomplie par le Cardinal Bernardin Gantin, dont la vie de la communauté catholique de votre pays a reçu une particulière impulsion et dont la personnalité est toujours respectée et admirée par tous les Béninois. Puisse son engagement généreux envers l’Église, le Bénin et l’Afrique, demeurer pour beaucoup de vos concitoyens un exemple d’abnégation et de don de soi pour les autres!
Ainsi que vous l’avez souligné, Excellence, le Bénin est une terre d’accueil, d’hospitalité et de tolérance. Enracinée dans le peuple béninois depuis de nombreuses années, l’Église catholique poursuit l’oeuvre entreprise au service de la nation, offrant ainsi sa contribution propre au développement du pays dans de nombreux domaines, notamment dans l’éducation, la santé et la promotion humaine. Elle entend par là s’associer à l’effort national pour que chacun, comme chaque famille, puisse vivre dans la dignité. Cette participation de l’Église à la vie sociale est une part importante de sa mission. En effet, parce qu’elle souhaite annoncer et actualiser l’Évangile au coeur des relations sociales, l’Église ne peut rester indifférente devant aucune des réalités qui constituent la vie des hommes. Je me réjouis donc de savoir que ces oeuvres de l’Église sont appréciées par la population et qu’elles jouissent aussi du soutien des Autorités.
Le développement de relations harmonieuses entre les catholiques et les membres des autres religions, qui dans votre pays sont généralement faites de compréhension réciproque, est aussi à encourager. Les diversités culturelles ou religieuses doivent permettre un enrichissement qualitatif de toute la société. Comme j’ai eu l’occasion de le dire récemment, « ensemble nous devons montrer, par notre respect et notre solidarité mutuels, que nous nous considérons comme les membres d’une seule famille : la famille que Dieu a aimée et réunie ensemble depuis la création du monde jusqu’à la fin de l’histoire humaine » (Discours aux participants au Forum catholique-musulman, 6 novembre 2008). Il est donc souhaitable qu’une connaissance mutuelle toujours plus vraie et lucide permette l’expression d’une entente sur les valeurs fondamentales, notamment sur celles qui concernent la protection et la promotion de la vie et de la famille, ainsi qu’une coopération en tout ce qui promeut le bien-être commun.
Permettez-moi, Monsieur l’Ambassadeur, de saluer par votre entremise la communauté catholique de votre pays, unie autour de ses Évêques. Je souhaite que les catholiques soient au milieu du peuple béninois des semeurs d’espérance et de paix. Je les invite à collaborer avec tous pour édifier une société toujours plus solidaire et fraternelle.
Monsieur l’Ambassadeur, en ce jour où vous commencez votre mission auprès du Siège apostolique, je vous adresse mes voeux les meilleurs de réussite et je vous assure que vous trouverez toujours auprès de mes collaborateurs compréhension et soutien pour son heureux accomplissement.
J’invoque de grand coeur sur votre personne, sur votre famille, sur vos collaborateurs ainsi que sur tous les Béninois et leurs dirigeants, l’abondance des Bénédictions du Tout-Puissant.
Vendredi 29 mai 2009
Monsieur l'ambassadeur,
Je suis heureux de vous accueillir au Vatican et d'accepter les Lettres qui vous accréditent comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Nouvelle-Zélande près le Saint-Siège. Je vous prie de bien vouloir transmettre au gouverneur général, au premier ministre, M. John Key, ainsi qu'à son gouvernement et à tout le peuple de Nouvelle-Zélande, mes sincères meilleurs voeux et l'assurance de mes prières pour le bien-être du pays.
L'engagement de l'Eglise au sein de la société civile est ancré dans sa conviction selon laquelle le progrès humain authentique - tant des personnes que des communautés - dépend de la reconnaissance de la dimension spirituelle propre de chaque personne. C'est de Dieu que les hommes et les femmes reçoivent leur dignité essentielle (cf. Gn 1,27) et la capacité à transcender les intérêts particuliers en vue de rechercher la vérité et la bonté et de trouver ainsi un but et un sens à leur vie. Cette vaste perspective offre un cadre au sein duquel il est possible de lutter contre la tendance à adopter des approches superficielles dans la politique sociale, qui ne font qu'affronter les symptômes des tendances négatives présentes au sein de la vie de famille et des communautés, plutôt que leurs causes. En effet, lorsque le coeur spirituel de l'humanité est porté à la lumière, les personnes sont poussées à aller au-delà d'elles-mêmes pour réfléchir sur Dieu et sur les merveilles de la vie humaine: l'être, la vérité, la beauté, les valeurs morales et les relations qui respectent la dignité des autres. Ainsi, on peut trouver un fondement certain pour unir la société et soutenir une vision commune d'espérance.
Les jeunes d'Aotearoa sont à juste titre réputés pour leur générosité et leur sens aigu de la justice. Appréciant les nombreux privilèges qui leur sont offerts, ils s'engagent volontiers dans les activités de volontariat et dans le service aux autres, tout en profitant des vastes opportunités qui leur sont accordées pour leur réalisation personnelle et leur développement culturel et académique. La Journée mondiale de la jeunesse, qui s'est tenue pour la première fois en Océanie l'an dernier, m'a donné l'occasion d'apprendre à connaître mieux l'esprit des milliers de jeunes Néo-zélandais qui y ont participé. Je prie pour que cette nouvelle génération de chrétiens en Nouvelle-Zélande mette à profit son enthousiasme pour forger des liens d'amitié au-delà des divisions et pour créer des lieux de foi vivante dans et pour notre monde, des foyers d'espérance et de charité concrète. De cette façon, ils peuvent aider les autres jeunes qui peuvent être trompés par de fausses promesses de bonheur et de réalisation, ou qui doivent lutter en marge de la société.
Votre Excellence, la diversité culturelle apporte une grande richesse au tissu social de la Nouvelle-Zélande aujourd'hui. La présence croissante sur vos côtes de communautés de migrants provenant de diverses traditions religieuses, ainsi que la participation croissante du gouvernement aux questions relatives au Pacifique et à l'Asie, a accru la conscience des fruits qui peuvent être obtenus à travers le dialogue interreligieux. En effet, il n'y a pas si longtemps, votre pays a accueilli le troisième Dialogue régional interreligieux d'Asie-Pacifique dans le cadre historique de Waitangi. Pourtant, certaines personnes continuent de remettre en question le rôle de la religion dans le domaine public et ont des difficultés à imaginer de quelle façon celle-ci peut servir la société, en particulier dans une culture profondément sécularisée. Cela accroît bien sûr la responsabilité des croyants de témoigner de la signification de la relation essentielle de chaque homme et femme à l'égard de Dieu, à l'image duquel ils ont été créés. Lorsque le don divin de la raison humaine est exercé en référence à la vérité qu'il nous révèle, nos capacités de réflexion s'enrichissent de sagesse, et dépassent la réflexion empirique et approximative, exprimant au contraire nos plus profondes aspirations humaines communes. De cette façon, le débat public, au lieu d'être emprisonné dans l'horizon étroit des groupes d'intérêts particuliers, est élargi, et répond à la véritable source du bien commun et de la dignité de chaque membre de la société. Loin de menacer la tolérance des différences ou de la pluralité culturelle, la vérité rend le consensus possible, garantit que les choix politiques sont déterminés par les principes et les valeurs, et enrichit la culture de tout ce qui est bon, noble et juste.
L'activité diplomatique de la Nouvelle-Zélande, prédominante dans le Pacifique et considérable en Asie et au-delà, est caractérisée par un profond engagement en faveur de la justice et de la paix, de la bonne gouvernance, du développement économique durable et de la promotion des droits humains. Votre engagement généreux d'envoyer des effectifs pour participer aux initiatives de maintien de la paix dans les Iles Salomon, au Soudan, et les approches innovatrices de la Nouvelle-Zélande en ce qui concerne l'aide extérieure incluent un remarquable exemple récent de développement de l'éco-tourisme en Afghanistan. Comme Votre Excellence l'a mentionné, le Saint-Siège a travaillé étroitement avec la Nouvelle-Zélande en vue de développer la Convention sur l'interdiction des armes à sous-munition; un résultat qui illustre bien la nécessité de placer l'éthique, qui découle de la vérité de la personne humaine, au centre de toutes les relations internationales, y compris en matière de défense.
Monsieur l'ambassadeur, l'Eglise catholique qui est en Nouvelle-Zélande continue de faire tout ce qui est en son pouvoir afin de promouvoir les fondements chrétiens de la vie civile. Elle est profondément engagée dans la formation spirituelle et intellectuelle des jeunes, en particulier à travers ses écoles. De plus, son activité caritative s'étend à tous ceux qui vivent en marge de la société et je suis certain que, à travers sa mission de service, elle répondra généreusement aux nouveaux défis sociaux qui se présentent. A cet égard, je désire profiter de cette occasion pour exprimer ma proximité spirituelle aux familles de Nouvelle-Zélande qui, comme de nombreuses familles dans le monde, souffrent des effets de la période d'incertitude économique actuelle. Je pense en particulier à ceux qui ont perdu leur emploi et aux jeunes qui ont des difficultés à trouver un travail.
Votre Excellence, je suis certain que votre nomination contribuera à renforcer les liens d'amitié qui existent déjà entre la Nouvelle-Zélande et le Saint-Siège. Tandis que vous assumez vos nouvelles responsabilités, je vous assure de la disponibilité des divers bureaux de la Curie romaine, pour vous aider dans l'accomplissement de votre mission. Sur vous et sur vos concitoyens, j'invoque une abondance de Bénédictions de Dieu Tout-Puissant.
Discours 2009 66