Qu'est-ce qu'aider à sauver les âmes créées à l'image de Dieu, et rachetées du précieux sang de son Fils? C'est la grande oeuvre de Dieu. C'est la grande oeuvre de l'Homme-Dieu. C'est la grande oeuvre de la Mère de Dieu. C'est la grande oeuvre de l'Église de Dieu. C'est la grande oeuvre des prêtres et des pasteurs. C'est l'œuvre des oeuvres, qui surpasse incomparablement toutes les autres.

C'est la grande oeuvre de l'Homme-Dieu, Jésus-Christ Notre-Seigneur.

Tous les mystères que notre Sauveur a opérés sur la terre pour le salut du monde, son Incarnation, sa naissance, sa circoncision, sa présentation au Temple, sa fuite et sa demeure en Égypte, son enfance, sa vie cachée et laborieuse, sa vie solitaire et pénitente, sa vie conversante avec les hommes, sa passion, sa mort, toutes ses pensées, toutes ses paroles, toutes ses actions, toutes ses souffrances, toutes les ignominies qu'il a portées, toutes les plaies qu'il a reçues, toutes les douleurs qu'il a endurées, toutes les gouttes de sang qu'il a répandues, et tout l'amour avec lequel il a tout fait et tout souffert: toutes ces choses, dis-je, sont autant de voix qui crient: C'est ainsi que Jésus aime les ânes. C'est ainsi qu'il les estime et qu'il les aime plus que toute autre chose. C'est ainsi qu'il les aime plus que son repos, plus que ses propres satisfactions, plus que sa réputation, plus que ses intérêts humains, plus que son sang, plus que sa propre vie. C'est ainsi qu'il quitte tout, qu'il se dépouille de tout, qu'il donne tout, qu'il fait tout et qu'il souffre tout pour les sauver. C'est ainsi que, durant trente-trois ans, il se dépouille d'une gloire et d'une félicité infinie, qui lui était due dès le moment de son Incarnation, afin de les rendre glorieuses et bienheureuses pour jamais.

Ô mon Sauveur, qui pourrait dire, qui pourrait penser combien grand est l'amour que vous avez pour les âmes? Ô mon Jésus, puisque vous aimez tant les âmes, on peut bien dire avec vérité qu'il n'y a point de personnes au monde qui vous soient plus chères que celles qui coopèrent avec vous à leur salut. C'est sur ces personnes que vous versez à pleines mains et sans réserve toutes sortes de faveurs et de bénédictions.

Ayons pitié de tant d'âmes qui périssent tous les jours, créées à l'image de Dieu, rachetées du précieux sang de son Fils, et qui sont les âmes de nos frères et de nos soeurs. Ayons pitié de tant de travaux que notre Sauveur a portés pour elles. Ayons pitié de tant de plaies qu'il a reçues, et de tant de douleurs qu'il a endurées. Ayons pitié de tant de larmes qu'il a versées et de tant de sang qu'il a répandu. Ayons compassion d'une mort si honteuse et si cruelle qu'il a soufferte pour leur salut. Ayons compassion aussi des larmes de sa très sainte Mère et des angoisses inconcevables dont son Coeur maternel a été rempli pour le même sujet. Ne passons aucun jour sans faire du bien à quelque âme. Ne nous lassons jamais de ce saint exercice.

           Prions souvent et ardemment le grand Maître de la céleste moisson, qu'il envoie des ouvriers en sa moisson. Imitons les saints Apôtres et disciples du Rédempteur desquels il est dit qu'ils étaient incessamment occupés, dans le temple, publiquement et en particulier, dans les rues et autour des maisons, à enseigner et à évangéliser Jésus-Christ, c'est-à-dire la vie, les mystères, les oeuvres, les vertus, les maximes et la doctrine de Jésus-Christ. Si nos travaux ne produisent pas tout le fruit que nous souhaiterions, ne nous en étonnons pas. Quand en toute notre vie, nous ne ferions autre chose que de préserver ou de retirer une âme d'un seul péché mortel, ce serait un plus grand bien que de garantir ou délivrer un monde d'une peste universelle et de tous les autres maux corporels qui y pourraient arriver.