Année C

Evangile selon saint Luc

 

1er dimanche de l’avent C *

2e dimanche de l’avent C *

3e dimanche de l’avent C *

4e dimanche de l’avent C *

Nativité du Seigneur C *

La Sainte Famille C *

1er janvier - Sainte Marie, Mère de Dieu C *

2e dimanche après Noël C *

Epiphanie du Seigneur C *

Baptême du Seigneur C *

1er dimanche de carême C *

2e dimanche de carême C *

3e dimanche de carême C *

4e dimanche de carême C *

5e dimanche de carême C *

Dimanche des Rameaux et de la Passion C *

Jeudi saint C *

Vendredi saint C *

Samedi saint C *

Dimanche de Pâques C *

Lundi de Pâques C *

2e dimanche de Pâques C *

3e dimanche de Pâques C *

4e dimanche de Pâques C *

5e dimanche de Pâques C *

6e dimanche de Pâques C *

Ascension du Seigneur C *

7e dimanche de Pâques C *

Pentecôte C *

La Sainte Trinité C *

Le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ C *

Le Sacré-Cœur de Jésus C *

2e dimanche du temps ordinaire C *

3e dimanche du temps ordinaire C *

4e dimanche du temps ordinaire C *

5e dimanche du temps ordinaire C *

6e dimanche du temps ordinaire C *

7e dimanche du temps ordinaire C *

8e dimanche du temps ordinaire C *

10e dimanche du temps ordinaire C *

11e dimanche du temps ordinaire C *

12e dimanche du temps ordinaire C *

13e dimanche du temps ordinaire C *

14e dimanche du temps ordinaire C *

15e dimanche du temps ordinaire C *

16e dimanche du temps ordinaire C *

17e dimanche du temps ordinaire C *

18e dimanche du temps ordinaire C *

19e dimanche du temps ordinaire C *

20e dimanche du temps ordinaire C *

21e dimanche du temps ordinaire C *

22e dimanche du temps ordinaire C *

23e dimanche du temps ordinaire C *

24e dimanche du temps ordinaire C *

25e dimanche du temps ordinaire C *

26e dimanche du temps ordinaire C *

27e dimanche du temps ordinaire C *

28e dimanche du temps ordinaire C *

29e dimanche du temps ordinaire C *

30e dimanche du temps ordinaire C *

31e dimanche du temps ordinaire C *

32e dimanche du temps ordinaire C *

33e dimanche du temps ordinaire C *

34e dimanche du temps ordinaire C Le Christ Roi de l’univers *

 

 

Temps de l’avent C

 

1er dimanche de l’avent C

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc Lc 21,25-36

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : "Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête."

Homélie

Les deux avènements du Seigneur

Sermon de saint Bernard († 1153)

1 Sermons sur l’avent du Seigneur, 4, 1, 3-4, Opera omnia, éd leclercq, 4, 1966, 182-185

Il va de soi, mes frères, que vous devez célébrer de toute votre dévotion l’avènement du Seigneur, étant charmés par une telle consolation, stupéfaits par une telle commisération, enflammés par une telle dilection ! Mais ne pensez pas seulement à l’avènement où le Seigneur est venu chercher et sauver ce qui était perdu (Lc 19,10); pensez à celui où il viendra pour nous prendre avec lui. Puissiez-vous consacrer à ces deux avènements une méditation prolongée, en ruminant dans vos cœurs ce qu’il a donné dans le premier, ce qu’il a promis dans le second! <>

Car voici le temps du jugement : il va commencer par la famille de Dieu. Mais comment finiront-ils, ceux qui refusent d’obéir à l’Évangile de Dieu (1 P 4,17)? Que sera le jugement final pour ceux qui ne se relèvent pas de ce jugement-ci? Tous ceux qui se dérobent au jugement qui a lieu maintenant, où le prince de ce monde est jeté dehors, qu’ils attendent, ou plutôt qu’ils redoutent ce juge par lequel eux-mêmes seront jetés dehors avec leur prince. Mais nous, si nous sommes pleinement jugés maintenant, attendons en sécurité comme Sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux (Ph 3,20-21). Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père (Mt 13,43).

Lorsque le Seigneur reviendra, il transfigurera notre corps de misère à la ressemblance de son corps de gloire, mais seulement si notre cœur a été auparavant transfiguré en devenant conforme à l’humilité de son cœur. C’est pourquoi il disait: Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur (Mt 11,29).

Découvrez dans ce texte qu’il y a deux sortes d’humilité: l’une de connaissance, l’autre d’amour, appelée ici l’humilité du cœur. La première nous enseigne que nous ne sommes rien, et nous en sommes instruits par nous-mêmes, par notre propre faiblesse. Avec la seconde, nous piétinons la gloire du monde, et nous en sommes instruits par celui qui s’est anéanti, en prenant la condition de serviteur; appelé au trône, il s’est enfui; mais appelé à tous les outrages et à l’ignominieux supplice de la croix, il s’y est offert lui-même de son plein gré.

Prière

Donne à tes fidèles, Dieu tout-puissant, d’aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur, pour qu’ils soient appelés, lors du jugement, à entrer en possession du royaume des cieux. Par Jésus Christ.

 

2e dimanche de l’avent C

 

Evangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3,1-6

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de Judée, Hérode, prince de Galilée, son frère Philippe, prince du pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias, prince d’Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie.

Homélie

Préparez votre cœur

Homélie d’Origène († 253)

Homélies sur saint Luc. 21. SC 87, 292-299

La parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie, et il parcourait toute la région du Jourdain (Lc 3,2-3). Ce sont évidemment ces lieux proches du Jourdain que Jean devait parcourir : ainsi celui qui voulait faire pénitence pourrait facilement être plongé dans l’eau.

Le nom de "Jourdain" signifie: "celui qui descend." Le fleuve de Dieu "qui descend" avec la puissance d’un flot abondant, c’est le Sauveur, notre Seigneur, en qui nous sommes baptisés dans l’eau véritable, dans l’eau du salut.

Jean Baptiste prêche un baptême pour le pardon des péchés (Lc 3,4): "Venez, catéchumènes, faites pénitence afin de recevoir le baptême pour le pardon des péchés. Il reçoit ce baptême pour le pardon des péchés, celui qui cesse d’en commettre. Mais celui qui vient au baptême en demeurant dans le péché, ses péchés ne lui sont pas pardonnes. Ainsi, je vous en conjure, ne venez pas au baptême sans réflexion et examen attentif: donnez d’abord des fruits qui expriment votre conversion (Lc 3,8). Ayez pendant quelque temps une conduite honorable, gardez-vous purs de toutes les souillures et de tous les vices, et vous recevrez le pardon de vos péchés quand vous aurez commencé vous-mêmes à mépriser vos propres péchés. Quittez ces fautes, et l’on vous en tiendra quittes.

La citation de l’Ancien Testament, qui est alléguée ensuite, se lit chez le prophète Isaïe: Voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers (cf. Is 40,3). Quel chemin allons-nous préparer pour le Seigneur? Un chemin matériel? Mais la Parole de Dieu suit-elle un pareil chemin? Ou faut-il préparer au Seigneur une route intérieure, et ménager dans notre cœur des sentiers droits et unis? Tel est le chemin par lequel est entré le Verbe de Dieu qui s’installe dans le cœur humain, capable de l’accueillir.

Il est grand le cœur de l’homme, il est spacieux et hospitalier, pourvu qu’il soit pur. Voulez-vous connaître son ampleur et sa largeur? Voyez quelle abondance de connaissances divines il peut embrasser! Il le dit lui-même : Il m’a donné une connaissance exacte du réel. Il m’a appris la structure de l’univers et l’activité des éléments, le commencement, la fin et le milieu des temps, les alternances des solstices et les changements de saisons, les cycles de l’année et les positions des astres, les natures des animaux et les humeurs des bêtes sauvages, les impulsions violentes des esprits et les pensées des hommes, les variétés des plantes et les vertus des racines (Sg 7,17-23). Vous voyez qu’il n’est pas petit, le cœur des hommes, pour embrasser tant de choses ! Entendez cette grandeur non de ses dimensions physiques, mais de la puissance de sa pensée, capable d’embrasser une aussi grande connaissance de la vérité.

Pour amener tous les gens simples à reconnaître la grandeur du cœur humain, j’apporterai quelques exemples familiers. Toutes les villes que nous avons traversées, nous les gardons dans notre esprit: leurs caractéristiques, la situation des places, des remparts et des édifices demeurent dans notre cœur. Le chemin que nous avons parcouru, nous le conservons dessiné et inscrit dans notre mémoire; la mer où nous avons navigué, nous la contenons dans notre pensée silencieuse. Je le répète, il n’est pas petit le cœur qui peut embrasser tant de choses ! Et s’il n’est pas petit pour embrasser tant de choses, on peut bien y préparer le chemin du Seigneur et rendre droit son sentier, pour que puisse y marcher celui qui est la Parole et la Sagesse. Préparez le chemin du Seigneur par une conduite honorable, par des œuvres excellentes; aplanissez le sentier afin que le Verbe de Dieu marche en vous sans rencontrer d’obstacle et vous donne la connaissance de ses mystères et de son avènement, lui à qui appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen (1 P 4,11).

Prière

Seigneur tout-puissant et miséricordieux, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils ; mais éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à l’accueillir et nous fait entrer dans sa propre vie. Eui qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

 

3e dimanche de l’avent C

Évangile

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 3,10-18

Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient: "Que devons-nous faire?" Jean leur répondait: "Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! "

Homélie

Il tient la pelle à vanner

Homélie d’Origène († 253)

Homélies sur saint Luc, 26, 3-5; SC 87, 340-342.

Le baptême par lequel Jésus baptise est dans l’Esprit Saint et dans le feu (Lc 3,17). Si tu es saint, tu seras baptisé dans l’Esprit Saint; si tu es pécheur, tu seras plongé dans le feu. Le même baptême deviendra condamnation et feu pour les pécheurs indignes ; mais les saints, ceux qui se convertissent au Seigneur avec une foi entière, recevront la grâce du Saint-Esprit et le salut.

Donc, celui qui est dit baptiser dans l’Esprit Saint et dans le feu tient la pelle à vanner et va nettoyer son aire à battre le blé; il amassera le grain dans son grenier; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas (Lc 3,17-18). Je voudrais découvrir pour quel motif notre Seigneur tient la pelle à vanner, et par quel souffle la paille légère est emportée ça et là, tandis que le blé, plus lourd, s’accumule en un seul lieu, car, si le vent ne souffle pas, on ne peut séparer le blé de la paille.

Je crois que le vent doit s’entendre des tentations qui, dans la masse mélangée des croyants, révèlent que les uns sont de la paille, les autres, du froment. Car, lorsque votre âme a été dominée par une tentation, ce n’est pas la tentation qui l’a changée en paille, mais c’est parce que vous étiez de la paille, c’est-à-dire des hommes légers et sans foi, que la tentation a dévoilé votre nature cachée. En revanche, quand vous affrontez courageusement les tentations, ce n’est pas la tentation qui vous rend fidèles et constants ; elle révèle seulement les vertus de constance et de courage qui étaient en vous, mais de façon cachée. Penses-tu, dit le Seigneur, que j’avais un autre but, en parlant ainsi, que de faire apparaître ta justice (Jb 40,3 LXX)? Et il dit ailleurs: Je t’ai affligé et je t’ai fait sentir la faim pour manifester ce que tu avais dans le cœur (Dt 8,3-5).

De la même manière, la tempête ne rend pas solide l’édifice bâti sur le sable (Mt, 7,24-25). Mais, si tu veux bâtir, que ce soit sur la pierre. Alors, quand la tempête se lèvera, elle ne renversera pas ce qui est fondé sur la pierre; mais pour ce qui vacille sur le sable, elle montre aussitôt que ses fondations ne valent rien. Aussi, avant que s’élève la tempête, que se déchaînent les rafales de vent, que débordent les torrents, tandis que tout demeure encore en silence, tournons toute notre attention sur le fondement de l’édifice, construisons notre demeure avec les pierres variées et solides des commandements de Dieu ; quand la persécution se déchaînera et qu’une cruelle tourmente s’élèvera contre les chrétiens, nous pourrons montrer que notre édifice est fondé sur la pierre, le Christ Jésus.

Mais si quelqu’un le renie — que ce malheur nous soit épargné! — qu’il le sache bien: ce n’est pas au moment où son reniement est devenu visible qu’il a renié le Christ; il portait en lui des semences et des racines de reniement déjà anciennes ; mais c’est plus tard qu’on a découvert ce qu’il portait et qui, alors, devenait public.

Aussi, prions le Seigneur pour que nous soyons un édifice solide, qu’aucune tempête ne peut renverser, parce que fondé sur la pierre, sur notre Seigneur Jésus Christ, à qui appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen.

Prière

Tu le vois, Seigneur, ton peuple se prépare à célébrer la naissance de ton Fils ; dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère, pour que nous fêtions notre salut avec un cœur vraiment nouveau. Par Jésus Christ.

 

4e dimanche de l’avent C

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,39-45

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Elisabeth.

Homélie

Accueillir dans la joie les deux avènements du Sauveur

Sermon du bienheureux Guerric d’Igny († 1157)

Sermons pour l’avent, 2, 1-4; SC 166, 104-116.

Voici le Roi qui vient, accourons au-devant de notre Sauveur (texte liturgique). Salomon a fort bien dit: Le messager d’une bonne nouvelle venant d’un pays lointain, c’est de l’eau fraîche pour l’âme assoiffée (Pr 25,25). Oui, c’est un bon messager celui qui annonce l’avènement du Sauveur, la réconciliation du monde, les biens du siècle à venir. Qu’ils sont beaux, les pas de ceux qui annoncent la paix, qui annoncent la bonne nouvelle (Is 52,7).

De tels messagers sont une eau rafraîchissante et une boisson de sagesse salutaire pour l’âme assoiffée de Dieu. En vérité, celui qui lui annonce l’arrivée du Seigneur ou ses autres mystères lui donne à boire les eaux puisées dans la joie aux sources du Sauveur (Is 12,3). Aussi, à celui qui lui porte cette annonce, que ce soit Isaï’e ou n’importe quel prophète, cette âme répond, semble-t-il, avec les paroles d’Elisabeth, parce qu’elle était abreuvée au même Esprit: Et comment m’est-il donné que mon Seigneur vienne à moi ? Car lorsque la voix de ton annonciation est venue à mes oreilles, mon esprit a bondi de joie (cf. Lc 1,43-44) en moi-même, dans l’enthousiasme d’aller à la rencontre de Dieu son Sauveur. <>

Que notre esprit exulte donc d’une vive allégresse, qu’il accoure au-devant de son Sauveur, qu’il adore et salue celui qui vient de si loin, en l’acclamant par ces paroles: "Viens donc Seigneur," sauve-moi et je serai sauvé (Jr 17,14). Car c’est toi que nous avons attendu. Sois notre salut au temps de la calamité (Is 33,2). C’est ainsi que les prophètes et les justes allaient, avec tant de désir et d’amour, à la rencontre du Christ qui devait venir, en désirant, si c’était possible, voir de leurs yeux ce que, par avance, ils voyaient en esprit. <>

Nous attendons le jour anniversaire de la Nativité du Christ, dont on nous annonce que nous le verrons bientôt. Et l’Écriture semble exiger de nous une joie telle que l’esprit, s’élevant au-dessus de lui-même, s’empresse d’accourir au-devant du Christ qui vient; il se porte en avant par le désir, il s’efforce, sans tolérer aucun retard, de voir déjà ce qui est encore à venir.

Personnellement, je pense en effet que ce n’est pas seulement à propos du second avènement, mais déjà à propos du premier que tant de textes de l’Écriture nous pressent d’accourir à sa rencontre. Comment cela? demandez-vous. Voici : de même que nous accourrons au-devant du second avènement par un élan et une exultation de notre corps, de même devrons-nous accourir à la rencontre du premier par l’amour et l’exultation de notre cœur. <>

Or, selon le mérite et le zèle de chacun, cet avènement du Seigneur est plus ou moins fréquent pendant le temps qui s’écoule entre le premier avènement et le dernier; il nous rend conformes au premier et nous prépare au dernier. Certes, il vient en nous maintenant pour que le premier ne l’ait pas fait venir en vain, et que lors du dernier avènement il ne vienne pas en étant irrité contre nous.

En cet avènement-ci, il s’efforce de réformer notre esprit plein d’orgueil en le rendant conforme à cet esprit d’humilité qu’il a montré dans sa première venue, afin de pouvoir transformer pareillement nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux (Ph 3,21), celui qu’il nous montrera quand il reviendra une seconde fois. <>

Donc puisque le premier avènement est celui de la grâce, le dernier, celui de la gloire, l’avènement présent est à la fois celui de la grâce et de la gloire ; c’est-à-dire qu’il nous permet, par les consolations de la grâce, de goûter déjà d’une certaine façon la gloire future. <> Qu’ils sont heureux ceux dont l’ardente charité a déjà mérité de recevoir ce privilège !

Pour nous, mes frères, qui n’avons pas encore la consolation d’une expérience aussi élevée, pour que nous demeurions patients jusqu’à l’avènement du Seigneur, ayons, en attendant, la consolation d’une foi solide et d’une conscience pure qui nous permettra de dire, avec autant de félicité que de fidélité, comme saint Paul: Je sais en qui j’ai mis ma foi, et je suis sûr qu’il est assez puissant pour garder mon dépôt jusqu’à ce jour-là, c’est-à-dire jusqu’à l’avènement de gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et Sauveur (2 Tm 1,12; Tt 2,13), à qui appartient la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Prière

Que ta grâce, Seigneur notre Père, se répande en nos cœurs ; par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’incarnation de ton Fils bien-aimé; conduis-nous par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de sa résurrection. Par Jésus Christ.

Temps de Noël C

 

Nativité du Seigneur C

Évangile

Commencement de l’Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 1,1-25; lecture brève : 1, 18-25

Voici la table des origines de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham: Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères.

ou bien

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,1-14

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre.

Homélie

au choix Le signe de l’enfant

Sermon de saint Aelred de Rievaux († 1167)

Sermons pour Noël, 2; PL 195, 226-227.

Aujourd’hui nous est né le Sauveur du monde, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David (cf. Lc 2,1 1-12), qui est Bethléem. Nous devons donc y accourir comme firent les bergers lorsqu’ils eurent entendu cette nouvelle, et mettre en pratique les paroles que nous chantons traditionnellement à cette date : Ils chantèrent la gloire de Dieu, ils accoururent à Bethléem (cf. Lc 2,15.20).

Et ceci, dit l’ange, sera pour vous un signe: vous trouverez un enfant enveloppé de langes et déposé dans une mangeoire (cf. Lc 2,12-13). Or, voici ce que je vous dis: vous devez aimer. Vous craignez le Seigneur des anges, mais aimez le petit enfant; vous craignez le Seigneur de majesté, mais aimez ce petit emmaillotté; vous craignez celui qui règne dans le ciel, mais aimez celui qui est couché dans une mangeoire.

Quel signe les bergers ont-ils donc reçu? Vous trouverez un enfant enveloppé de langes et couché dans une mangeoire. C’est lui le Sauveur, c’est lui le Christ, c’est lui le Seigneur. Mais qu’y a-t-il de remarquable à être emmaillotté et couché dans une mangeoire? Est-ce que les autres enfants ne sont pas emmaillottés aussi ? En quoi consiste donc ce signe?

Il est remarquable, certes, mais pourvu que nous le comprenions. Nous comprenons non seulement si nous entendons la nouvelle, mais si nous avons aussi dans notre cœur la lumière qui apparut avec les anges. L’ange qui proclama le premier la bonne nouvelle apparut entouré de lumière pour nous apprendre que ceux-là seuls entendent vraiment, qui ont dans l’esprit la lumière spirituelle.

On pourrait dire bien des choses sur ce signe, mais comme l’heure passe je n’en dirai que peu et brièvement. Bethléem, "la maison du pain", c’est la sainte Eglise, où l’on distribue le corps du Christ, le vrai pain. La mangeoire de Bethléem, dans l’Eglise, c’est l’autel. C’est là que se nourrissent les familiers du Christ. Au sujet de cette table, il est écrit: Tu prépares la table pour moi (cf. Ps 22,5). Dans cette mangeoire se trouve Jésus emmaillotté. Cet enveloppement de langes, c’est l’aspect extérieur des sacrements. Dans cette mangeoire, sous l’apparence du pain et du vin, il y a le vrai corps et le vrai sang du Christ. Là, nous voyons qu’il y a le Christ en personne, mais enveloppé de langes, c’est-à-dire présent de façon invisible sous les sacrements. Nous n’avons pas de signe aussi grand et aussi évident de la naissance du Christ que le fait de consommer quotidiennement son corps et son sang au saint autel, et le fait que lui, qui est né pour nous d’une vierge une seule fois, nous le voyons chaque jour s’immoler pour nous.

Donc, mes frères, hâtons-nous vers la crèche du Seigneur, mais, autant que nous le pouvons, préparons-nous à cette approche par sa grâce, en tant qu’associés aux anges, avec un cœur pur, une bonne conscience et une foi sincère (cf. 2 Co 6,6), nous chanterons au Seigneur par toute notre vie et notre comportement: Gloire à Dieu dans les hauteurs, et sur la terre paix aux hommes, objet de sa bienveillance (cf. Lc 2,14). Par notre Seigneur Jésus Christ, à qui appartiennent l’honneur et la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

ou bien

Ta Parole toute-puissante est venue

Sermon de Julien de Vézelay († 1160)

Sermons sur Noël, 1 ; SC 192, 45.52.60.

Un silence paisible enveloppait toute chose, et la nuit était au milieu de son cours rapide, alors, ta Parole toute-puissante, Seigneur, est venue de ton trône royal (cf. Sg 18,14-15). Ce texte de l’Écriture désigne le temps très saint où la toute-puissante Parole de Dieu est venue jusqu’à nous pour nous parler de notre salut; partant du secret le plus intime du Père, elle descendait dans le sein d’une mère. Dieu qui avait parlé à nos pères par les prophètes sous des formes fragmentaires et variées dans les derniers temps, dans les jours où nous sommes, nous a parlé par ce Fils (He 1,1-2) dont il dit: Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis tout mon amour; écoutez-le (Mt 3,17.17,5). La Parole de Dieu vient donc à nous de son trône royal : elle s’abaisse pour nous élever; elle s’appauvrit pour nous enrichir; elle se fait homme pour nous diviniser.

Mais, pour que le peuple qui doit être racheté mette toute sa confiance et son espérance dans l’avènement et l’efficacité de cette parole, elle est appelée Parole toute-puissante. Car, si elle n’était pas la Parole toute-puissante, l’homme, damné et voué à toutes les misères, n’espérerait que de façon bien tiède et bien timide, qu’elle le délivrerait du péché. Donc, pour que l’homme perdu ait la certitude de son salut, la Parole qui le sauve est appelée "toute-puissante".

Et voyez quelle toute-puissance: le ciel n’existait pas encore ni ce qui est contenu dans son enceinte (Est 16,10); il parla, et ce qu’il dit exista (Ps 32,9). Ce fut fait de rien (2 M 7,28), car la toute-puissance de cette Parole créait, tout ensemble et instantanément, la matière avec la forme. Cette Parole a dit: Que le monde soit, et le monde a été fait. Elle a dit: Que l’homme soit, et l’homme a été fait.

Mais, ce qu’elle avait créé, la Parole ne l’a pas recréé aussi facilement. Elle a créé par son commandement, mais elle a recréé par sa mort; elle a créé en commandant, mais elle a recréé en souffrant. Vous m’avez donné bien de la peine (cf. Ml 2,17) avec vos péchés, dit-elle. La machine du monde ne m’a donné aucune peine pour l’organiser et la gouverner, car je déploie ma vigueur d’un bout du monde à l’autre et je gouverne l’univers avec douceur (Sg 8,1).

Seul l’homme, violateur obstiné de la loi fixée et promulguée par moi, m’a donné de la peine, avec ses péchés. C’est pourquoi, venant du trône céleste, je n’ai pas refusé de me renfermer dans le sein d’une vierge et de m’unir en une seule personne avec l’humanité déchue. Dès ma naissance on m’enveloppe de langes, on me couche dans une mangeoire parce qu’il n’y a pas de place à l’auberge pour le Créateur du monde. <>

Toutes choses étaient plongées au milieu du silence, c’est-à-dire entre les Prophètes qui ne parlaient plus, et les Apôtres qui parleront plus tard. Ce silence formait donc un "milieu" et une séparation entre la parole de ceux-ci et la parole de ceux-là. Donc, tandis que toutes choses étaient plongées au milieu du silence, la Parole toute-puissante, c’est-à-dire le Verbe du Père, est venue de son trône royal (Sg 18,14-15). Et il est beau que ce soit au milieu du silence que vienne le Médiateur entre Dieu et les hommes (1 Tm 2,5), homme vers les hommes, mortel pour sauver les mortels, lui qui, par sa mort, sauvera les morts. <>

Qu’elle vienne encore maintenant, je l’en prie, la parole du Seigneur, vers ceux qui font silence. Écoutons ce que le Seigneur nous dit au fond de nous-mêmes. Qu’ils se taisent, les mouvements et les cris malencontreux de notre chair; qu’elles fassent silence, les images désordonnées de notre spectacle intérieur, pour que nos oreilles attentives écoutent librement ce que dit l’Esprit, écoutent la voix qui est au-dessus du firmament. En effet, l’Esprit de vie parle toujours à notre âme, et une voix se fait entendre du firmament qui domine nos têtes (cf. Ez 1,26), c’est-à-dire notre esprit. Mais nous, en portant notre attention ailleurs, nous n’entendons pas l’Esprit qui nous parle.

Prière

Père, toi qui as merveilleusement créé l’homme et plus merveilleusement encore rétabli sa dignité, fais-nous participer à la divinité de ton Fils, puisqu’il a voulu prendre notre humanité. Lui qui règne.

 

La Sainte Famille C

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,41-52

Chaque année les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage selon la coutume.

Homélie

au choix

Chercher Jésus

Homélie d’Origène († 253)

Homélies sur saint Luc, 18, 2-5 ; GCS 9, 112-113 ; SC 87, 266-271

Comme il avait douze ans, il demeure à Jérusalem. Ne sachant où il est, ses parents le cherchent avec inquiétude et ne le trouvent pas. Ils le cherchent parmi leurs parents, ils le cherchent parmi leurs compagnons de route, ils le cherchent parmi leurs connaissances (Lc 2,44), et ils ne le trouvent pas. Jésus est donc recherché par ses parents, par son père nourricier qui l’avait accompagné dans sa descente en Egypte, et pourtant ils ne le trouvent pas aussitôt qu’ils le cherchent. Car on ne trouve pas Jésus parmi les parents et parmi les proches selon la chair, parmi ceux qui lui sont unis par le corps. Mon Jésus ne peut être trouvé dans la foule.

Apprenez-donc où l’ont découvert ceux qui le cherchaient, afin que vous aussi, en le cherchant avec Marie et Joseph, vous puissiez le découvrir. A force de le chercher, dit l’évangéliste, ils le trouvèrent dans le Temple (Lc 2,46). Non pas n’importe où, mais dans le Temple, et là, en outre, au milieu des docteurs de la Loi qu’il écoutait et interrogeait (Lc 2,46-47). Vous aussi, cherchez Jésus dans le Temple de Dieu, cherchez-le dans l’Église, cherchez-le auprès des maîtres qui sont dans le Temple et n’en sortent jamais. Si vous cherchez ainsi, vous le trouverez. Mais si quelqu’un se dit un maître, et ne possède pas Jésus, il n’est maître que de nom, et on ne peut trouver auprès de lui Jésus, qui est le Verbe et la Sagesse de Dieu. <>

Ils le trouvent assis au milieu des docteurs, et non seulement assis, mais les interrogeant et les écoutant. Maintenant encore Jésus est ici : il nous interroge et il nous écoute parler. Et tous étaient dans l’admiration (Lc 2,48). A propos de quoi? Non de ses interrogations, bien qu’elles fussent admirables, mais de ses réponses (Lc 2,47).

Dans la sainte Écriture, "répondre" ne désigne pas un simple dialogue, mais un enseignement. Que la loi divine te l’apprenne: Moïse parlait, et Dieu lui répondait par sa voix (cf. Ex 19,19). Tantôt Jésus interroge, tantôt il répond et, nous l’avons dit, bien que son interrogation soit admirable, sa réponse l’est bien davantage. Pour que nous puissions l’entendre, nous aussi, et qu’il nous propose des questions qu’il résoudra lui-même, supplions-le et cherchons-le avec beaucoup d’efforts et de douleur, et alors nous pourrons trouver celui que nous cherchons. Ce n’est pas pour rien qu’il est écrit: Moi et ton père, nous te cherchions tout affligés (cf. Lc 2,49). Celui qui cherche Jésus ne doit pas chercher avec négligence, mollement, par intermittence, ainsi que certains le cherchent et qui, à cause de cela, ne peuvent le trouver. Quant à nous, disons: Nous te cherchons tout affligés.

Et quand nous lui aurons parlé ainsi, il répondra à notre âme qui se fatigue à le chercher dans la douleur: Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être (Lc 2,49-50).

ou bien

Grandir en humilité

Homélie de saint Bède le Vénérable († 735)

Homélies, 1, 19, CCL 122, 134-135 137-139.

La lecture du saint Évangile qu’on vient de proclamer, frères très chers, est limpide et n’a pas besoin que nous y ajoutions un commentaire. Elle englobe le bas âge et l’enfance de notre Rédempteur, par lequel il a daigné se faire participant de notre humanité; et elle rappelle l’éternité de la Majesté divine, par laquelle il est demeuré et demeure toujours égal au Père. C’est afin que nous-mêmes, rappelant à notre souvenir l’abaissement de l’Incarnation, nous nous efforcions de lutter contre toutes les blessures du péché en les guérissant par une sincère humilité. Nous qui sommes poussière et cendre, nous devrions toujours nous rappeler affectueusement combien, pour reconnaître l’amour divin aussi bien que pour assurer notre salut, nous devons nous humilier, puisque cette puissance souveraine n’a pas dédaigné de s’abaisser pour nous, au point de rejoindre les derniers degrés de notre faiblesse. <>

Que Jésus lui-même, à douze ans, soit assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant, c’est un témoignage de son humilité d’homme, et en outre un exemple éclatant qui nous enseigne à pratiquer cette vertu.

Ce que dit le Seigneur assis dans le Temple : C’est chez mon Père que je dois être (Lc 2,50), met en lumière que sa puissance et sa gloire sont coéternelles à celles du Père. Mais que, revenant à Nazareth, il était soumis (Lc 2,51) à ses parents, c’est à la fois un indice de vérité et un exemple d’humilité. Car il était soumis aux hommes selon cette nature qui le rend "inférieur au Père" (cf. Jn 14,28).

Et sa mère, dit l’Évangile, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur (Lc 2,19.51). Toutes les paroles dites au sujet du Seigneur, toutes les actions accomplies par lui, la Vierge Mère les gardait attentivement dans son cœur et les confiait soigneusement à sa mémoire. <>

Frères très chers, si nous désirons, dans la béatitude du siècle futur, habiter la maison du Seigneur pour le louer éternellement, il faut sans nul doute, dès ce siècle, montrer activement par avance ce que nous cherchons pour ce siècle futur. Il faut visiter les églises, non seulement en y chantant les louanges du Seigneur, mais encore en montrant, aussi bien par nos actes que par nos paroles, ce qui contribue à la louange et à la gloire de notre Créateur sur toute l’étendue de son empire (Ps 102,22).

Après avoir dit que Jésus grandissait en sagesse, en taille et en grâce, on a bien fait d’ajouter: sous le regard de Dieu et des hommes (Lc 2,52), parce que, en révélant aux hommes, avec les progrès en taille et en âge, les dons de sagesse et de grâce qui étaient en lui, il n’avait pas d’autre souci que de les exciter sans cesse à louer Dieu le Père. Ainsi accomplissait-il lui-même ce qu’il avait prescrit aux autres de faire: Que votre lumière brille devant les hommes : alors, en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux deux (Mt 5,16).

Prière

Tu as voulu, Seigneur, que la Sainte Famille nous soit donnée en exemple ; accorde-nous de pratiquer, comme elle, les vertus familiales et d’être unis par les liens de ton amour, avant de nous retrouver pour l’éternité dans la joie de ta maison. Par Jésus Christ.

 

1er janvier - Sainte Marie, Mère de Dieu C

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,16-21

Quand les bergers arrivèrent à Bethléem, ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans une mangeoire.

Vierge et Mère de Dieu

Homélie

Homélie attribuée à saint Jean Chrysostome († 407)

Homélie éditée par E. Bickersteth, dans Orientalia Christiana Periodica 32, 1966.

Recourons tous à la Vierge sainte, Mère de Dieu, pour recevoir ses bienfaits. Autant qu’il y a de vierges parmi vous, consacrez-vous à la Mère du Seigneur. Car elle est votre protectrice pour vous procurer ce privilège magnifique et incorruptible.

Réellement, cette Vierge est une grande merveille ! Car pourra-t-on jamais trouver un être plus grand que tout ce qui existe? Or, elle seule est apparue plus vaste que la terre et le ciel. Car qui donc est plus saint qu’elle? Ni nos ancêtres, ni les prophètes, ni les Apôtres, ni les martyrs, ni les patriarches, ni les pères, ni les anges, ni les Trônes, les Dominations, ni les Séraphins et les Chérubins, on ne peut trouver aucun être, visible ou invisible, dans toute la création, qui la dépasse. Elle est la servante et la Théotokos, la Vierge et la Mère. Et personne ne doit en douter en demandant : Comment peut-elle être la servante et la Théotokos ? Ou comment peut-elle être la Vierge et la Mère?

Accepte avec foi, ô homme, et ne mets pas en doute des doctrines qui ont été examinées et approuvées par les Pères. Demeure dans la crainte et crois sans discussion, sans trop de curiosité. Si tu mesures ta foi à tes pensées, vois quel danger tu cours ! Mais si tu crois la parole qui a été proclamée, ce n’est plus à toi de te défendre, mais au chef de la communauté.

Crois donc ce qui nous a été dit de la Vierge, et n’hésite pas à confesser qu’elle est en même temps servante et Théotokos, Vierge et Mère. En effet, elle est servante comme la créature de celui qui est né d’elle ; elle est Théotokos en tant que par elle Dieu a été enfanté dans une chair d’homme. Elle est Vierge parce qu’elle n’a pas conçu à partir d’une semence humaine. Elle est mère parce qu’elle a donné la vie à celui qui, de toute éternité, était engendré par le Père.

Elle est donc la mère du Seigneur des anges et des hommes. C’est en elle que le Fils de Dieu s’est incarné afin de pouvoir être crucifié. Et voulez-vous savoir comment la Vierge surpasse les puissances du ciel? Écoutez : celles-ci volent dans la crainte et le tremblement en voilant leurs regards, tandis que la Vierge offre à Dieu la race des hommes et que nous recevons par elle celui qui remet les péchés. C’est elle qui le portait quand les anges le glorifiaient en chantant à sa naissance : Gloire à Dieu au plus haut des deux, paix sur la terre, bienveillance aux hommes (cf. Lc 2,14) !

Réjouissez-vous donc, la mère de l’enfant et le ciel, la jeune fille et la nuée, la Vierge et la Mère, orgueil et fondement de notre Église. Priez pour nous sans relâche, afin que nous puissions atteindre le bonheur préparé pour ceux qui aiment Dieu, par la grâce et l’amour de notre Seigneur Jésus Christ envers les hommes. A lui, en même temps qu’au Père et à l’Esprit Saint, gloire, puissance, honneur, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.

Prière

Dieu tout-puissant, par la maternité virginale de la bienheureuse Vierge Marie, tu as offert au genre humain les trésors du salut éternel; accorde-nous de sentir qu’intervient en notre faveur celle qui nous permit d’accueillir l’auteur de la vie, Jésus Christ ton Fils, notre Seigneur. Lui qui règne.

 

2e dimanche après Noël C

Évangile

Commencement de l’Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1,1-18

Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.

Homélie

Allons voir la Parole de Dieu

Sermon du bienheureux Guerric d’Igny († 1157)

Sermons pour Noël, 5, 1-2; SC 166, 223-226

Vous vous êtes réunis, mes frères, pour entendre la parole de Dieu. Mais Dieu nous a préparé quelque chose de meilleur: il nous est donné aujourd’hui non seulement d’entendre, mais aussi de voir le Verbe de Dieu, pourvu seulement que nous allions jusqu’à Bethléem pour voir cette parole que Dieu a réalisée et qu’il nous a montrée (cf. Lc 2,15).

Dieu savait bien que les sens de l’homme sont incapables de saisir l’invisible, rebelles aux enseignements célestes et réfractaires à la foi, à moins que la réalité même exposée par la foi ne soit elle-même présentée visiblement à nos sens pour les convaincre. Car s’il est vrai que la foi naît de ce qu’on entend (Rm 10,17), elle naît bien plus facilement et plus vite de ce qu’on voit, comme nous l’apprend l’exemple de celui qui s’entend dire: Parce que tu m’as vu, tu crois (Jn 20,29), toi qui étais incrédule à l’égard de ce que tu avais entendu. <>

Cependant Dieu, voulant condescendre à notre lourdeur, a aujourd’hui rendu visible pour nous son Verbe, qu’il avait d’abord rendu audible. Il l’a même rendu palpable, au point que certains d’entre nous ont pu dire: Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nous avons vu et que nos mains ont touché, c’est le Verbe, la Parole de vie (1 Jn 1,1).

Ce fut depuis le commencement de cette éternité qui n’a pas de commencement. Nous l’avons entendu quand il fut promis au commencement du temps, nous l’avons vu et touché quand il s’est montré à la fin des temps. <>

Cette parole qui vient de Dieu, j’ai parfois remarqué, mes frères, qu’on l’écoute avec ennui. Pourtant, la Parole qui vient de Dieu, peut-on la voir sans éprouver de la joie? Je serai le premier à me condamner, parce que le Verbe qui est Dieu, lorsqu’il se présente à moi aujourd’hui tel que je suis, s’il ne me réjouit pas, je suis un impie; s’il ne m’édifie pas, je suis un réprouvé.

S’il se trouve donc parmi nous un frère qui souffre de langueur spirituelle, je ne veux pas que ses oreilles se fatiguent plus longtemps à écouter ma parole méprisable. Qu’il se rende jusqu’à Bethléem, et que là il contemple celui que les anges désirent contempler (cf. 1 P 1,12), qu’il contemple le Verbe que le Seigneur nous a montré (cf. Lc 2,15). Qu’il se représente en esprit en quel état la Parole de Dieu, vivante et énergique (He 4,12), est couchée là, dans une mangeoire. <>

Parole sûre et qui mérite d’être accueillie sans réserve (1 Tm 1,15): ta Parole toute-puissante, Seigneur, qui dans une telle profondeur de silence, venant de ton trône royal bondit (Sg 18,14-15) jusque dans les crèches des animaux, elle nous parle mieux, pour l’instant, par son silence. Celui qui a des oreilles, qu’il entende (Mt 11,15) ce que nous dit ce saint et mystérieux silence du Verbe éternel; parce que, si mon oreille ne me trompe, entre autres choses qu’il dit, il parle de paix au peuple des saints et des fidèles (Ps 84,9), à qui le respect et l’exemple qu’il donne ont imposé un silence religieux.

Prière

Dieu éternel et tout-puissant, lumière pour les hommes qui croient, daigne remplir de ta gloire le monde entier en te faisant connaître à tous les peuples. Par Jésus Christ.

Epiphanie du Seigneur C

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2, 1-12

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent: "Où est le roi des Juifs qui vient de naître?"

Homélie

L’or, l’encens et la myrrhe

Homélie de saint Bruno de Segni († 1123)

Sermons sur l’Epiphanie, 1 ; PL 165, 863-864.

Frères très chers, le dernier verset de la lecture de l’Evangile qui vient de retentir à nos oreilles vise à édifier les fidèles; les mages, guidés par l’étoile, venant d’Orient jusqu’à Bethléem, entrèrent dans la maison où la bienheureuse Vierge Marie demeurait avec l’enfant; ouvrant leurs trésors, ils offrirent trois dons au Seigneur: l’or, l’encens et la myrrhe, par lesquels ils le confessèrent vrai Dieu, vrai homme et vrai roi.

Ce sont bien les dons que la sainte Église ne cesse d’offrir à Dieu son Sauveur. Elle offre l’encens lorsqu’elle le confesse et croit en lui comme étant le véritable Seigneur, créateur de l’univers; elle offre la myrrhe lorsqu’elle affirme qu’il a pris la substance de notre chair, dans laquelle il a voulu souffrir et mourir pour notre salut; elle offre l’or quand elle n’hésite pas à proclamer qu’il règne éternellement avec le Père et l’Esprit Saint. <>

Cette offrande peut recevoir un autre sens mystique. L’or signifie la sagesse céleste selon Salomon : Le trésor le plus désirable se trouve dans la bouche du sage (Pr 21,20). Et ailleurs: Les lèvres du juste redisent la sagesse (Ps 36,30). L’encens y symbolise la prière pure, selon le Psalmiste : Que ma prière, Seigneur, s’élève devant toi comme un encens (Ps 140,2). Car, si notre prière est pure, elle exhale vers Dieu un parfum plus pur que la fumée de l’encens ; et de même que cette fumée monte vers le ciel, ainsi notre prière se dirige vers le Seigneur. La myrrhe symbolise la mortification de notre chair.

Donc nous offrons l’or au Seigneur lorsque nous resplendissons devant lui par la lumière de la sagesse céleste. <> Nous lui offrons de l’encens lorsque nous élevons vers lui une prière pure. Et de la myrrhe lorsque, par l’abstinence, mortifiant notre chair avec ses vices et ses convoitises (Ga 5,24), nous portons la croix à la suite de Jésus.

Prière

Aujourd’hui, Seigneur, tu as révélé ton Fils unique aux nations, grâce à l’étoile qui les guidait; daigne nous accorder, à nous qui te connaissons déjà par la foi, d’être conduits jusqu’à la claire vision de ta splendeur. Par Jésus Christ.

 

Baptême du Seigneur C

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3,15-16.21-22

Le peuple venu auprès de Jean Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Messie.

Homélie

au choix

Les deux, s’ouvrirent

Homélie attribuée à saint Hippolyte († 236)

Sermon sur la sainte Théophanie 6-9; PG 10, 858-859.

Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l’eau ; voici que les deux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des deux, une voix disait: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé; en lui j’ai mis tout mon amour" (Mt 3,16-17).

Voyez, mes bien-aimés, combien nous aurions subi la perte de biens nombreux et importants, si le Seigneur avait cédé à l’invitation de Jean et n’avait pas reçu le baptême. Auparavant les cieux étaient fermés, notre patrie d’en haut était inaccessible. Après être descendus au plus bas, nous ne pouvions plus regagner les hauteurs. Le Seigneur n’a pas été seul à recevoir le baptême. Il a renouvelé le vieil homme et il lui a confié de nouveau le sceptre de l’adoption divine. Car aussitôt les cieux s’ouvrirent. Les réalités visibles se sont réconciliées avec les invisibles ; les hiérarchies célestes ont été comblées de joie ; sur la terre les maladies ont été guéries ; ce qui était demeuré caché s’est révélé; ce que l’on rangeait parmi les ennemis est devenu amical. Car vous avez entendu l’évangéliste vous dire: les deux eux-mêmes s’ouvrirent, pour les trois merveilles que voici. Il fallait ouvrir au Christ, l’Époux, les portes de la chambre nuptiale. Semblablement, comme l’Esprit descendait sous la forme d’une colombe et que la voix du Père retentissait en tout lieu, il fallait que s’élèvent les portes du ciel (cf. ps 23,7). Et voici que les deux s’ouvrirent et qu’une voix se fit entendre, qui disait: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé; en lui j’ai mis tout mon amour. "

Ce Fils bien-aimé, qui apparaît ici-bas, ne s’est pourtant pas séparé du sein du Père: il est apparu sans apparaître. Ce qui apparaissait était différent, car, à ce qu’il semblait, le baptiseur était supérieur au baptisé. C’est pourquoi le Père envoya l’Esprit Saint sur le baptisé. Car, de même que, dans l’arche de Noé, la colombe a manifesté l’amour de Dieu pour les hommes, ainsi maintenant, l’Esprit, descendant sous cette apparence, pareil à celle qui apportait une pousse d’olivier, s’est arrêté au-dessus de celui à qui il rend témoignage. Pourquoi? Pour que l’on constate avec certitude que c’est bien la voix du Père, et que l’on ajoute foi à la prédiction prophétique annoncée longtemps auparavant. Quelle prédiction? La voix du Seigneur domine les eaux, le Dieu de la gloire déchaîne le tonnerre, le Seigneur domine la masse des eaux (Ps 28,3). Que dit cette voix? Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j’ai mis tout mon amour.

Je vous en prie, écoutez-moi attentivement: je veux remonter à la source de la vie et contempler la source d’où jaillissent les guérisons. Le Père de l’immortalité a envoyé dans le monde son Fils vivant, son Verbe. Celui-ci est venu vers l’homme pour le laver dans l’eau et dans l’Esprit. Il l’a fait renaître pour rendre incorruptibles son âme et son corps, il a éveillé en nous son souffle de vie, il nous a revêtus d’une armure incorruptible.

Je proclame donc, avec la voix du héraut: Venez, toutes les tribus des nations, au bain de l’immortalité! Par ce joyeux message, je vous annonce la vie, à vous qui demeurez encore dans la nuit de l’ignorance. Venez de la servitude à la liberté, de la tyrannie à la royauté, de la corruption à l’incorruptibilité. Vous voulez savoir comment? Par l’eau et par l’Esprit Saint, cette eau par laquelle l’homme régénéré est vivifié, cet Esprit, ton Défenseur, envoyé pour toi, afin de montrer que tu es Fils de Dieu.

ou bien

Jésus baptisé pour nous

Homélie de Grégoire Palamas († 1359)

Homélies, 16; PG 151, 198-199.

Lorsque Dieu voulut manifester et exposer clairement son dessein, qui dépasse toute expression, il envoya du désert Jean, appelé le Précurseur. Celui-ci baptise ceux qui se présentent et les exhorte à croire en celui qui doit venir. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint (Mt 3,11), dit-il. Il leur enseigne que celui-là est supérieur à lui-même autant que l’Esprit Saint est supérieur à l’eau. Il témoigne, en effet, que celui qui vient est le Maître, le Créateur de l’univers, qui a autorité sur les anges et sur les hommes. Tous les hommes constituent sa moisson spirituelle et il tient la pelle à vanner dans sa main (Mt 3,12), c’est-à-dire évidemment les puissances temporelles.

Sur lui-même, Jean atteste qu’il est seulement le Précurseur de celui qui vient ; il désigne également Isaïe comme étant le héraut du Seigneur. Quant à lui, il se proclame le serviteur envoyé pour annoncer à l’avance l’avènement de son maître, et pour préparer les fidèles à l’accueillir, car il dit: Je suis la voix qui crie à travers le désert: Aplanissez le chemin du Seigneur (Jn 1,23).

Jésus vient au baptême pour obéir à celui qui envoya Jean, comme lui-même l’a dit: C’est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement tout ce qui est juste (Mt 3,15). Car son baptême devait le manifester à Israël. Puisqu’il venait pour ouvrir le chemin du salut et assurer aux baptisés qui le suivraient ce que lui-même a montré et révélé : que l’Esprit Saint leur est donné et que, par lui-même, il instituerait le baptême comme un remède pour purifier les souillures provenant de notre origine et de notre vie esclave des sens.

Lui-même, en tant qu’homme, n’avait pas besoin de purification, étant né d’une Vierge sans tache, et toute sa vie étant exempte de péché. Mais, parce que c’est pour nous qu’il est né, c’est aussi pour nous qu’il est purifié. Donc il est baptisé par Jean et, comme il sort de l’eau, les cieux s’ouvrent pour lui, et voici qu’on entend, venant d’en haut, la voix du Père : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j’ai mis tout mon amour (Mt 3,17). Et, pareil à une colombe, l’Esprit de Dieu descend sur lui pour montrer quel est celui qui reçoit ce témoignage du ciel.

Prière

Dieu éternel et tout-puissant, quand le Christ fut baptisé dans le Jourdain, et que l’Esprit Saint reposa sur lui, tu l’as désigné comme ton Fils bien-aimé; accorde à tes fils adoptifs, nés de l’eau et de l’Esprit, de se garder toujours dans ta sainte volonté. Par Jésus Christ.

ou bien

Dieu éternel, c’est dans la réalité de notre chair que ton Fils unique est apparu ; puisque nous reconnaissons que son humanité fut semblable à la nôtre, donne-nous d’être transformés par lui au plus intime de notre cœur. Lui qui règne.

Temps du carême C

 

1er dimanche de carême C

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4,1-13

Après son baptême, Jésus, rempli de l’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain; il fut conduit par l’Esprit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut mis à l’épreuve par le démon.

Homélie

au choix

Le rôle des tentations

Homélie de saint Jean Chrysostome († 407)

Homélies sur Matthieu, 13, 1 ; PG 57, 207-209.

Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le démon (Mt 4,1). Que signifie cet "alors"? Après la descente de L’Esprit Saint, après la voix venue d’en-haut et qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j’ai mis tout mon amour (Mt 3,17). Le plus surprenant est cette affirmation de l’évangéliste: c’est le Saint-Esprit qui le conduisit en ce lieu ! En effet, tout ce que Jésus a fait et enduré était destiné à nous instruire. Il a donc voulu être conduit en ce lieu pour lutter avec le démon, afin que nul parmi les baptisés ne soit troublé s’il subit après son baptême de plus grandes tentations, comme si c’était extraordinaire; mais il doit supporter tout cela comme étant dans l’ordre des choses. C’est pour cela que vous avez reçu des armes : non pour rester oisifs, mais pour combattre.

Voici pour quels motifs Dieu n’empêche pas les tentations qui vous surviennent. D’abord pour vous apprendre que vous êtes devenus beaucoup plus forts; puis, afin que vous gardiez la mesure, au lieu de vous enorgueillir des grands dons que vous avez reçus, car les tentations ont le pouvoir de vous humilier. En outre, vous serez tentés afin que ce génie du mal, se demandant encore si vous avez vraiment renoncé à lui, soit convaincu, par l’expérience des tentations, que vous l’avez totalement abandonné. Quatrièmement, vous êtes tentés pour être entraînés à être plus forts et plus solides que l’acier. Cinquièmement, afin que vous ayez la certitude absolue que des trésors vous ont été confiés. Car le démon ne vous aurait pas assaillis, s’il n’avait pas vu que vous receviez un plus grand honneur. <>

Et remarquez en quel lieu l’Esprit Saint a conduit Jésus : non pas en ville, ni sur la place publique, mais au désert. Car, puisqu’il voulait attirer le démon, il a donné prise à celui-ci non seulement en ayant faim, mais aussi en venant en ce lieu. Le démon s’attaque surtout à ceux qu’il voit seuls et à l’écart. <> Lorsqu’il voit des gens rassemblés, il n’a plus la même audace, il perd confiance. Aussi faut-il surtout que nous soyons toujours ensemble, pour ne pas offrir une proie facile au démon. Celui-ci trouve donc Jésus dans le désert, et un désert inaccessible.

Voyez avec quelle ruse et quelle perversité le démon s’approche, et comme il saisit le bon moment! Il n’aborde pas celui qui jeûne, mais celui qui a faim. Apprenez ainsi comme le jeûne est un grand bien, et l’arme la plus puissante contre le démon; sachez qu’après le baptême il ne faut pas se livrer au luxe, à l’ivrognerie, aux repas plantureux, mais s’adonner au jeûne. C’est pour cela que Jésus lui-même a jeûné, non pas qu’il en eût besoin, mais afin de nous instruire.

ou bien

Le Christ triomphe du Tentateur

Homélie d’Origène († 253)

Homélies sur le Cantique, 3, 13; GCS 8, 221,19 223,5.

La vie des mortels est pleine de pièges dangereux, pleine de lacets trompeurs, tendus contre le genre humain par celui qui est appelé le chasseur géant : Nemrod, dressé contre le Seigneur. Qui est ce géant, sinon le démon, qui se révolte contre Dieu même?

Et parce que l’ennemi avait tendu partout ses lacets, et qu’il y avait capturé presque toute l’humanité, il fallait que se dressât quelqu’un de plus fort et de plus digne, qui les déchirerait afin de frayer le chemin à ceux qui marcheraient à sa suite. C’est pourquoi le Sauveur lui-même, avant qu’il se fût uni en mariage avec l’Église, est tenté par le démon, si bien que, triomphant des pièges de la tentation, il découvre son épouse à travers eux, et il l’appelle à lui pour lui enseigner et lui montrer à l’évidence que ce n’est pas à travers l’oisiveté et les plaisirs, mais à travers beaucoup de détresses et de tentations qu’il lui faudra rejoindre le Christ.

Car personne d’autre ne s’est montré capable de vaincre tous ces pièges. En effet, il est écrit: Tous les hommes sont pécheurs (Rm 3,23). Et aussi: Car aucun homme n’est assez juste sur terre pour faire le bien sans pécher (Qo 7,20). Et encore: Nul n’est exempt de souillure, n’aurait-il vécu qu’un seul jour (cf. ps 50,7; Jb 15,14). Donc, notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ est le seul qui n’a pas fait de péché; mais le Père l’a pour nous identifié au péché (2 Co 5,21) afin que, dans cette ressemblance de la chair du péché, il condamnât le péché au moyen du péché. Le Sauveur est donc entré dans ces filets, mais il est le seul qui n’ait pu y être capturé. Au contraire, en les ayant rompus et déchirés, il donne à l’Église l’assurance d’oser rompre les filets, de traverser les pièges et de dire avec allégresse : Comme un oiseau, nous avons échappé au filet du chasseur; le filet s’est rompu: nous avons échappé (Ps 123,7).

Mais qui a rompu les filets, sinon celui-là seul qu’ils n’ont pu retenir? Pourtant il s’est livré à la mort volontairement, et non pas, comme nous, sous la contrainte du péché. Et parce qu’il fut libre entre les morts (cf. ps 77,6), après avoir vaincu celui qui détenait l’empire de la mort, il a supprimé la captivité qui contraignait à la mort. Et non seulement il s’est ressuscité lui-même d’entre les morts, mais en même temps il a éveillé ceux qui étaient captifs de la mort et il les a fait asseoir aussitôt dans les cieux. En effet, montant dans les hauteurs, il a emmené captive la captivité (cf. Ep 4,8), non seulement en entraînant les âmes, mais aussi en ressuscitant leurs corps. L’Évangile atteste en effet que les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent et entrèrent dans la ville sainte (Mt 27,52-53) du Dieu vivant, Jérusalem.

Prière

Accorde-nous, Dieu tout-puissant, tout au long de ce carême, de progresser dans la connaissance de Jésus Christ et de nous ouvrir à sa lumière par une vie de plus en plus fidèle. Lui qui règne.

 

2e dimanche de carême C

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,28b-36

Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il alla sur la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d’une blancheur éclatante.

Homélie

Le Christ annoncé par la Loi et les Prophètes

Homélie de saint Cyrille d’Alexandrie († 444)

Homélie sur la Transfiguration, 9, PG 77, 1011-1014.

Jésus gravit la montagne avec les trois disciples qu’il a choisis. Puis, il est transfiguré par une lumière éclatante et divine, au point que son vêtement semblait briller comme la lumière. Ensuite, Moïse et Élie, encadrant Jésus, parlaient entre eux de son départ qui devait s’accomplir à Jérusalem, c’est-à-dire du mystère de son Incarnation et de sa passion salvatrice, qui devait se réaliser sur la croix. Car il est vrai que la loi de Moïse et la prédication des prophètes avaient montré à l’avance le mystère du Christ. Sans doute la Loi décrivait cela comme sur un tableau, mais par des reflets et des esquisses; quant aux prophètes, ils le prédisaient sous des formes fragmentaires et variées (He 1,1), annonçant que nous verrions à découvert, le moment venu: qu’il ne refuserait pas de souffrir la mort sur le gibet, pour le salut et la vie de tous.

Quant à cette présence de Moïse et d’Élie et à leur entretien, ils avaient pour but de montrer que la Loi et les prophètes formaient comme l’escorte de notre Seigneur Jésus Christ, le Seigneur qu’ils avaient montré par des indications concordantes. En effet, les annonces des prophètes ne contredisaient pas la Loi. Après être apparus, ils ne se taisaient pas, mais ils parlaient de la gloire dont le Seigneur allait être comblé à Jérusalem par sa passion et sa croix, et surtout par sa résurrection.

Peut-être le bienheureux Pierre, ayant cru que l’avènement du règne de Dieu était arrivé, a-t-il désiré demeurer sur la montagne, car il a dit qu’il fallait dresser trois tentes, ne sachant ce qu’il disait (Lc 9,33). Car ce n’était pas le temps de la fin du monde, et ce n’est pas dans le temps présent que les saints jouiront de l’espérance qui leur a été promise. Car saint Paul affirme : Il transfigurera nos pauvres corps à l’image de son corps de gloire (Ph 3,21), celui du Christ.

Puisque le plan de salut n’était pas encore achevé, n’étant qu’à son commencement, il n’était pas possible que le Christ, venu par amour dans le monde, renonce à vouloir souffrir pour lui. Car il a gardé la nature humaine pour subir la mort dans sa chair, et la détruire par sa résurrection d’entre les morts.

D’ailleurs, outre ce spectacle étonnant et mystérieux de la glorification du Christ, il s’est produit quelque chose de nécessaire pour confirmer la foi en lui, non chez les disciples seulement, mais aussi chez nous. Du haut du ciel se fit entendre la voix de Dieu le Père, qui disait: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour: écoutez-le (Mt 17,5)!

Prière

Tu nous as dit, Seigneur, d’écouter ton Fils bien-aimé; fais-nous trouver dans ta parole les vivres dont notre foi a besoin: et nous aurons le regard assez pur pour discerner ta gloire. Par Jésus Christ.

 

3e dimanche de carême C

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13,1-9

Un jour, des gens vinrent rapporter à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu’ils offraient un sacrifice.

Homélie

Courage et constance

Catéchèse de Syméon le Nouveau Théologien († 1022)

Catéchèses, 3, 347-370; SC 96, 308-310.

On suggère d’utiliser comme homélie le texte figurant comme seconde lecture dans le Livre des jours ou la Liturgie des Heures, et de prendre comme seconde lecture le texte qui est donné ici.

Tout péché non regretté et non avoué est une blessure mortelle, comme aussi de tomber dans le désespoir, ce qui dépend de notre liberté et de notre volonté. Car, si nous ne nous abandonnons pas au gouffre du laisser-aller et du désespoir, les démons ne pourront absolument rien contre nous. Même après avoir été blessés, nous devenons plus courageux et plus expérimentés, si nous le voulons, par un fervent repentir. <>

Nous garder de toute blessure ne dépend pas de nous, mais il dépend de nous d’être immortels ou mortels. En effet, si nous ne désespérons pas, nous ne mourrons pas, la mort n’aura sur nous aucun pouvoir; mais nous serons toujours puissants si nous nous réfugions par le repentir auprès de notre Dieu, le tout-puissant et l’ami des hommes.

C’est pourquoi je m’exhorte moi-même, et vous tous avec moi, à manifester par nos bonnes actions tout notre zèle, tout notre courage, par la constance et l’endurance. Alors, poursuivant notre route selon tous les commandements et toutes les prescriptions du Christ, dans la ferveur de notre âme, nous parviendrons aux demeures éternelles sous la conduite de l’Esprit Saint, et nous serons reconnus dignes de nous tenir debout devant l’unique et indivisible Trinité, et de l’adorer dans ce même Christ, notre Dieu. A lui la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen.

Prière

Tu es la source de toute bonté, Seigneur, et toute miséricorde vient de toi ; tu nous as dit comment guérir du péché par le jeûne, la prière et le partage ; écoute l’aveu de notre faiblesse : nous avons conscience de nos fautes : patiemment relève-nous avec amour. Par Jésus Christ.

 

4e dimanche de carême C

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15,1-3.11-32 Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : "Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux." Alors Jésus leur dit cette parabole: "Un homme avait deux fils."

Homélie

au choix Après le baptême, un autre pardon est possible

Homélie de saint Jean Chrysostome († 407)

Homélies sur la pénitence, 1,3-4; PG 49, 282-283.

Dieu se contente d’obtenir de nous un regret facile pour nous faire grâce de nos nombreux péchés. Voici une parabole à l’appui de cette affirmation. Il y avait deux frères. Après le partage de leur patrimoine, l’un d’eux resta à la maison et l’autre, après avoir dévoré toute sa part, se condamna à l’exil, ne pouvant supporter la honte de sa misère. J’ai choisi de vous raconter cette parabole pour vous enseigner qu’il y a un pardon pour les fautes postérieures au baptême, si nous le voulons vraiment. Je ne dis pas cela pour vous porter à l’insouciance, mais pour vous préserver du désespoir, car celui-ci nous fait plus de mal que l’indolence.

Donc, ce fils exilé offre l’image de ceux qui sont tombés après le baptême. Il est évident qu’il les représente, puisqu’il est appelé "fils". Car nul ne peut être appelé ainsi lorsqu’il n’est pas baptisé. En outre, il avait habité la maison de son père, qui lui avait donné une part de ses biens. Or, avant le baptême, on ne peut participer aux biens du Père, ni recevoir son héritage. Ainsi tous ces traits marquent la condition des fidèles. En outre, le prodigue était le frère d’un homme très estimable, et personne n’est un "frère" s’il n’a pas reçu la seconde naissance, celle que donne le Saint-Esprit.

Or, que dit le prodigue tombé dans la pire misère? Je vais retourner chez mon père (Lc 15,18). La raison pour laquelle son père l’a laissé s’éloigner et ne l’a pas empêché de partir à l’étranger, c’était qu’il découvrirait clairement par expérience de quel bienfait l’on jouit en restant à la maison. Souvent Dieu, lorsque ces paroles ne peuvent nous persuader, permet à l’expérience des faits de nous apporter ses leçons.

Après s’être éloigné dans un pays étranger, le prodigue, ayant appris par ses propres déboires dans quelle misère on tombe en quittant la maison paternelle, s’en revint donc vers son père. Celui-ci ne lui garda pas rancune, mais le reçut à bras ouverts. Et pourquoi donc? Parce qu’il était un père, non un juge. Et ce furent des danses, un festin, des réjouissances, bref toute la maisonnée rayonnait de joie.

Alors vous dites: "Est-ce ainsi que l’on récompense l’inconduite?" On ne fête pas son inconduite, mais son retour; ni son péché, mais sa conversion; ni sa méchanceté, mais sa transformation. Bien plus, quand le fils aîné s’est indigné de toute cette joie, le père l’a calmé avec douceur en lui disant : Toi, tu vis toujours avec moi. Mais lui était perdu, et il est retrouvé; il était mort, et il est revenu à la vie (cf. Lc 15,31.32). Lorsqu’il faut sauver celui qui se perd, ce n’est pas le moment de rendre des sentences, ni de faire une enquête minutieuse, mais uniquement celui de la miséricorde et du pardon.

ou bien

Même ceux qui sont loin de lui, Dieu les comprend

Homélie de saint Augustin († 430) sur le psaume 138

Homélies sur les psaumes, ps 138, 5-6; CCL 40, 1992-1993.

De loin tu as compris mes pensées, tu as découvert mon sentier, tu as prévu tous mes chemins (cf. ps 138,3-4). Que signifie de loin ? Pendant que je suis encore voyageur, avant mon arrivée dans la patrie, tu as compris ma pensée. Songez au plus jeune fils (Lc 15,11-32, passim), car lui aussi est devenu le Corps du Christ, l’Église venue des nations païennes. Le plus jeune était parti au loin. En effet, un père avait deux fils. L’aîné n’était pas parti au loin, il travaillait aux champs et il symbolisait les saints qui, sous la Loi, observaient les pratiques et les préceptes de la Loi.

Mais le genre humain, qui s’était égaré dans le culte des idoles, était parti au loin. Rien, en effet, n’est aussi loin de celui qui t’a créé que cette image modelée par toi-même, pour toi. Le fils cadet partit donc dans une région lointaine, emportant avec lui sa part d’héritage et, comme nous l’apprend l’Évangile, il la gaspilla en menant une vie de désordre. Souffrant de la famine, il s’engagea au service d’un propriétaire du pays qui le chargea de garder un troupeau de porcs, et le malheureux, mais en vain, désirait se rassasier des gousses que mangeaient les porcs.

Après tant de malheurs et d’accablement, d’épreuves et de dénuement, il se rappela son père et voulut revenir vers lui. Il se dit: Je me lèverai, et j’irai vers mon père. Reconnaissez donc sa voix dans cette parole du psaume : Tu sais quand je m’asseois et quand je me lève (Ps 138,2). Je me suis assis dans la misère, je me suis levé dans le désir de ton pain. De loin tu as compris mes pensées. Aussi, dans l’Évangile, le Seigneur nous dit-il que son père vint au-devant de lui. C’est vrai, parce qu’il avait compris de loin ses pensées. Tu as prévu tous mes chemins. Lesquels? sinon les mauvais chemins qu’il avait suivis pour abandonner son père, comme s’il pouvait se cacher à ses regards qui le réclament, ou comme si l’écrasante misère qui le réduisait à garder les porcs n’était pas le châtiment que le père lui infligeait, dans son éloignement, en vue de le recevoir à son retour?

Il ressemblait à un fuyard qu’on arrête, poursuivi par la légitime revendication de Dieu, qui sévit contre nos passions, où que nous allions, si loin que nous puissions nous éloigner. Donc, comme un fuyard qu’on arrête, il dit : Tu as découvert mon sentier, et tu as prévu tous mes chemins. Avant même que j’y sois entré, avant même que j’y aie marché, tu les as vus d’avance. Et tu as permis que je suive mes chemins dans la peine, pour que, si je ne voulais plus peiner, je revienne dans tes chemins.

Parce qu’il n’y a pas de dissimulation dans mon langage (cf. ps 138,4). Pourquoi parle-t-il ainsi? Parce que je confesse ma faute devant toi : j’ai suivi mon propre sentier, je me suis éloigné de toi ; je t’ai quitté, toi auprès de qui j’étais bien; et pour mon bien, il a été mauvais pour moi d’avoir été sans toi. Car, si je m’étais trouvé bien sans toi, je n’aurais peut-être pas voulu revenir à toi.

Donc le psalmiste qui confesse ainsi ses péchés déclare qu’il est le Corps du Christ, maintenant qu’il est justifié, non par lui-même, mais par la grâce, lorsqu’il dit: Il n’y a pas de dissimulation dans mon langage.

Prière

Dieu qui as réconcilié avec toi toute l’humanité en lui donnant ton propre Fils, augmente la foi du peuple chrétien, pour qu’il se hâte avec amour au-devant des fêtes pascales qui approchent. Par Jésus Christ.

 

5e dimanche de carême C

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Jn 8,1-11

Jésus s’était rendu au mont des Oliviers ; de bon matin il retourna au temple de Jérusalem. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en train de commettre l’adultère.

Homélie

Le pardon, suprême justice

Lettre de saint Ambroise († 397)

Lettre 26, 11-20; PL 16, 1044-1046

Une femme coupable d’adultère fut amenée par les scribes et les pharisiens devant le Seigneur Jésus. Et ils formulèrent leur accusation avec perfidie, de telle sorte que, si Jésus l’absolvait, il semblerait enfreindre la Loi, mais que, s’il la condamnait, il semblerait avoir changé le motif de sa venue, car il était venu afin de pardonner le péché de tous. Ils dirent en la lui présentant: Cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Or dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu (Jn 8,4-5)?

Pendant qu’ils parlaient, Jésus, la tête baissée, écrivait avec son doigt sur le sol. Comme ils attendaient, il leva la tête et dit: Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre (Jn 8,7). Y a-t-il rien de plus divin que cette sentence: qu’il punisse le péché, celui qui est sans péché? Comment, en effet, pourrait-on tolérer qu’un homme condamne le péché d’un autre, quand il excuse son propre péché? Celui-là ne se condamne-t-il pas davantage, en condamnant chez autrui ce qu’il commet lui-même?

Jésus parla ainsi, et il écrivait sur le sol. Pourquoi? C’est comme s’il disait: Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas (Lc 6,41)? Il écrivait sur le sol, du doigt dont il avait écrit la Loi (Ex 31,18). Les pécheurs seront inscrits sur la terre, et les justes dans le ciel, comme Jésus dit aux disciples: Réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les deux (Lc 10,20).

En entendant Jésus, les pharisiens sortaient l’un après l’autre, en commençant par les plus âgés, puis ils s’assirent pour délibérer entre eux. Et Jésus resta seul avec la femme qui était debout, là au milieu. L’évangéliste a raison de dire qu’ils sortirent, ceux qui ne voulaient pas être avec le Christ. Ce qui est à l’extérieur du Temple, c’est la lettre; ce qui est au-dedans, ce sont les mystères. Car ce qu’ils recherchaient dans les enseignements divins, c’étaient les feuilles et non les fruits des arbres ; ils vivaient dans l’ombre de la Loi et ne pouvaient pas voir le soleil de justice.

Quand ils furent tous partis, Jésus resta seul avec la femme debout au milieu. Jésus, qui va pardonner le péché, demeure seul, comme lui-même l’a dit: L’heure vient et même elle est venue, où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul (Jn 16,32). Car ce n’est ni un ambassadeur ni un messager qui a sauvé son peuple, mais le Seigneur en personne. Il reste seul parce qu’aucun des hommes ne peut avoir en commun avec le Christ le pouvoir de pardonner les péchés. Cela revient au Christ seul, lui qui enlève le péché du monde. Et la femme méritait d’être pardonnée, elle qui, après le départ des Juifs, demeure seule avec Jésus.

Relevant la tête, Jésus dit à la femme : Où sont-ils, ceux qui t’accusaient ? Est-ce que personne ne t’a lapidée ? Et elle répondit: Personne, Seigneur, Alors Jésus lui dit: Moi non plus, je ne te condamnerai pas. Va, et désormais, veille à ne plus pécher. Voilà, lecteur, les mystères divins, et la clémence du Christ. Quand la femme est accusée, le Christ baisse la tête, mais il la relève quand il n’y a plus d’accusateur, si bien qu’il veut ne condamner personne, mais pardonner à tous. <>

Que signifie donc : Va, et désormais veille à ne plus pécher! Cela veut dire: Puisque le Christ t’a rachetée, que la grâce te corrige, tandis qu’un châtiment aurait bien pu te frapper, mais non te corriger.

Prière

Que ta grâce nous obtienne, Seigneur, d’imiter avec joie la charité du Christ qui a donné sa vie par amour pour le monde. Lui qui règne.

Semaine sainte C

 

Dimanche des Rameaux et de la Passion C

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19,28-40

Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem. A l’approche de Bethphagé et de Béthanie, sur les pentes du mont des Oliviers, il envoya deux disciples.

Homélie

Le roi qui aime la justice

Commentaire de saint Cyrille d’Alexandrie († 444) sur le livre d’Isaïe

Commentaire du livre d’Isaïe, 4, 2, PG 70, 967-970

Voici qu’un roi régnera selon la justice, et les chefs gouverneront selon le droit (cf. Is 32,1). Le Verbe, Fils unique de Dieu, a toujours été, avec le Père, le roi de l’univers, et il a mis sous ses pieds toutes les créatures, visibles et invisibles. Mais si un habitant de la terre se dérobait à sa royauté, s’y soustrayait et méprisait son sceptre parce qu’il serait tombé au pouvoir du démon et serait retenu dans les filets du péché, alors ce ministre et ce dispensateur de toute justice le ramènerait sous son joug, car tous ses chemins sont droits.

Ce que nous appelons ses chemins, ce sont les préceptes de l’Évangile grâce auxquels, en recherchant toutes les vertus, en ornant notre tête des joyaux de la piété, nous obtenons la palme de notre vocation céleste. Oui, ces chemins sont droits, il n’y a rien en eux d’oblique ou de tortueux, mais ils sont directs et d’accès facile. Car il est écrit: Le sentier du juste, c’est la droiture, et son chemin a été bien dégagé (cf. Is 26,7). Car si le chemin de la Loi est rude, s’il oblige à traverser quantité de types et de figures, et s’il est d’une difficulté insurmontable, le chemin des préceptes évangéliques est uni et ne présente absolument rien de rocailleux. Donc les chemins du Christ sont droits, et lui-même a construit la cité sainte, l’Église où lui-même habite. En effet, il demeure dans ses saints et nous sommes devenus les temples du Dieu vivant, parce que nous avons le Christ en nous-mêmes, par notre participation à l’Esprit Saint.

Le Christ a donc fondé l’Église, et il est lui-même la pierre de fondation sur laquelle, comme des pierres de grand prix, nous sommes assemblés pour édifier un temple saint, la demeure de Dieu dans l’Esprit. L’Église est absolument indestructible, elle qui a le Christ pour assise et pour base inébranlable. Voici, dit-il, que je pose en Sion une pierre angulaire, une pierre choisie et de grande valeur; celui qui lui donne sa foi ne connaîtra pas la honte (1 P 2,6). Quand il a fondé l’Église, le Christ a délivré son peuple de la captivité. En effet, nous qui étions, sur la terre, opprimés par la tyrannie de Satan et du péché, il nous a sauvés et délivrés, il nous a soumis à son propre joug, sans verser ni rançon, ni gratification. Comme le dit son disciple Pierre: Ce qui vous a libérés de la vie sans but que vous meniez à la suite de vos pères, ce n’est pas l’or ni l’argent, car ils seront détruits : c’est le sang précieux du Christ, l’Agneau sans défaut et sans tache (1 P 1,18-19). Car il a donné pour nous son propre sang, si bien que nous n’appartenons plus à nous-mêmes, mais à celui qui nous a rachetés et sauvés.

Donc, en bonne justice, ceux qui transgressent la juste règle de la vraie foi sont accusés par la voix des saints de renier le Seigneur qui nous a rachetés.

 

Jeudi saint C

Le Jeudi saint, aux Vigiles célébrées le matin, il n’y a pas de lecture d’évangile On a cependant cru rendre service en proposant une homélie pour nourrir la méditation de ce jour là

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,1-15

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.

Homélie

Sacrifice de la Passion, sacrifice de la messe

Sermon attribué à saint Augustin († 430)

Sermon édité par mai, 143, 1 3, PLS 2, 1238 1239

Mes bien-aimés, aujourd’hui nous rappelons pieusement la veille de la Passion du Seigneur, le jour sacré où il voulut faire un repas avec ses disciples, et, dans sa bonté, accepta d’endurer tout ce qui avait été écrit et annoncé touchant ses souffrances et sa mort, en vue de nous libérer tous. Nous devons donc célébrer dignement de si grands mystères de manière que, par notre participation volontaire à sa Passion, nous méritions d’avoir part à sa résurrection. Car tous les rites sacrés de l’Ancien Testament sont parvenus à leur plein achèvement dans le Christ, lorsqu’il confia à ses disciples le pain qui est son corps et le vin qui est son sang pour qu’ils en fassent l’offrande dans les mystères éternels, et lorsqu’il les donna en nourriture à tous les fidèles pour le pardon de toutes leurs fautes.

Cette Passion qu’il a endurée dans son corps, par amour pour nous, afin de nous délivrer de la mort éternelle et de nous préparer le chemin du Royaume céleste, il nous a montré qu’il voulait la souffrir journellement chaque fois que nous célébrerions ce même mystère dans le sacrifice du saint autel, en vue de nous emmener avec lui dans la vie éternelle.

Voilà pourquoi il a dit à ses disciples : Prenez-en tous, car ceci est mon corps, et ceci est la coupe de mon sang qui sera répandu pour la multitude en rémission de tous les péchés (cf. Mt 26,26-28). Ainsi, chaque fois que vous en prendrez, vous le ferez en mémoire de moi (cf. 1 Co 11,24.26). 0

Le Christ est donc présent sur la table ; le Christ est mis à mort et sacrifié; le corps et le sang du Christ sont reçus. Lui qui, en ce jour, a donné le pain et la coupe aux disciples, les consacre lui-même aujourd’hui. Non, vraiment, ce n’est pas un homme qui peut consacrer le corps et le sang du Christ posés sur la table, mais le Christ en personne, lui qui a été crucifié pour nous. Les paroles sont prononcées par la bouche du prêtre ; le corps et le sang sont consacrés par la puissance et la grâce de Dieu.

Aussi garderons-nous purs en toutes choses notre esprit et notre pensée, puisque nous avons un sacrifice pur et saint. Voilà pourquoi nous devons également nous employer à sanctifier nos âmes. <> Dès lors, nous célébrerons en toute simplicité ces mystères, en faisant attention à ces recommandations, et nous nous approcherons de la table du Christ avec les dispositions qui conviennent, afin de partager éternellement la vie du Christ, lui qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

Prière

Dieu qu’il est juste d’aimer par-dessus tout, multiplie en nous les dons de ta grâce; dans la mort de ton Fils, tu nous fais espérer ce que nous croyons; accorde-nous, par sa résurrection, d’atteindre ce que nous espérons. Par Jésus Christ.

 

Vendredi saint C

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 23,1-49

Les chefs des prêtres et les scribes emmenèrent Jésus chez Pilate. Ils se mirent alors à l’accuser.

Homélie

Entre tes mains

Homélie de saint Cyrille d’Alexandrie († 444)

Commentaire sur l’évangile de Jean, 12, 30, PG 74, 667-670

Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit: Tout est accompli. Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit (Jn 19,30). Jésus a raison de dire que tout est accompli. Mais maintenant son heure l’appelle à proclamer la parole aux esprits qui sont dans les enfers. Il s’y rend, en effet, pour montrer sa seigneurie sur les vivants et sur les morts. C’est pour nous qu’il s’est plongé jusque dans la mort, et qu’il subit cette passion commune à toute notre nature, c’est-à-dire la souffrance de la chair, alors qu’étant Dieu, il est, par nature, la vie. Il veut, après avoir dépouillé les enfers, ramener la nature humaine à la vie, lui que les Écritures appellent les prémices de ceux qui se sont endormis (cf. 1 Co 15,30), et le premier-né d’entre les morts (Col 1,18).

Donc, il inclina la tête, ce qui est habituel aux mourants, parce que l’esprit ou l’âme qui maintient et gouverne le corps quitte celui-ci. Quant à ce que l’Évangéliste ajoute: et il remit l’esprit, c’est bien ainsi que les gens parlent pour dire que quelqu’un vient de s’éteindre et de mourir. Mais il semble que ce soit de propos délibéré et avec une intention précise que l’Évangéliste n’a pas dit simplement que Jésus était mort, mais qu’il avait remis son esprit dans les mains de Dieu le Père, selon ce qu’il a dit de lui-même : Père, entre tes mains je remets mon esprit (Lc 23,46). La portée et le sens de ces paroles apportaient à nous-mêmes le principe et le fondement d’une joyeuse espérance.

On doit croire, en effet, que les âmes saintes, après s’être dégagées de leurs corps terrestres, sont remises, entre les mains du Père très aimant, à la bonté et à la miséricorde de Dieu. Contrairement à ce que certains infidèles ont pensé, elles ne demeurent pas auprès de leurs tombeaux, en attendant les libations funèbres, et elles ne sont pas, comme les âmes des pécheurs, précipitées dans le lieu d’un supplice sans fin, c’est-à-dire en enfer. Au contraire, elles se hâtent de se remettre entre les mains du Père de tous et en celles de notre Sauveur, le Christ, qui nous a montré cet itinéraire. Il a remis son âme entre les mains de son propre Père pour que, nous aussi, en nous engageant sur ce chemin, nous possédions une glorieuse espérance, en sachant et en croyant fermement qu’après avoir subi la mort de la chair, nous serons entre les mains de Dieu, et dans une condition bien préférable à celle que nous avions quand nous vivions dans la chair. C’est pourquoi saint Paul écrit à notre intention qu’il est bien préférable de s’en aller pour être avec le Christ (cf. Ph 1,23).

Prière

Regarde, Seigneur, nous t’en prions, la famille qui t’appartient: c’est pour elle que Jésus, le Christ, notre Seigneur, ne refusa pas d’être livré aux mains des méchants ni de subir le supplice de la croix. Lui qui règne.

 

Samedi saint C

Evangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 23,50-56

Alors arriva un membre du conseil, nommé Joseph; c’était un homme bon et juste. Il n’avait donné son accord ni à leur délibération ni à leurs actes.

Homélie

Le Christ vainqueur de la mort

Homélie attribuée à saint Augustin († 430)

Sermon édité par mai, 146, PLS 2, 1242-1243

C’est à bon droit, mes bien-aimés, qu’aujourd’hui le ciel exulte et la terre se réjouit, car en ce jour où nous sommes la lumière a jailli plus brillamment à partir du sépulcre qu’elle n’a resplendi à partir du soleil. En voici la raison: de même qu’avant de naître à notre humanité, notre Seigneur et Sauveur a éclairé le monde, de même aujourd’hui, où il est mort corporellement, il a éclairé les enfers à la fois par la puissance de sa divinité, et par son âme humaine.

Aujourd’hui, à la visite du Seigneur, les enfers ont dansé de joie parce que s’est accompli l’oracle prophétique: Le peuple qui marchait dans les ténèbres, c’est-à-dire tout le genre humain plongé dans l’obscurité des enfers, a vu se lever une grande lumière (Is 9,1). Parce que celui-là même qui créa l’homme, c’est lui en personne qui est allé le chercher dans les enfers et l’en a délivré par sa puissance. Étonnante et inexprimable bonté de notre Dieu! La mort avait pris d’assaut le paradis, mais la vie a terrassé les enfers ; et le Fils de Dieu, qui avait revêtu la condition mortelle, a écrasé la loi de la mort, accomplissant ainsi l’affirmation du prophète: O mort, je serai ta mort (cf. Os 13,14)! Parce que ceux que tu as fait mourir par le péché, moi, par ma mort, je les rassemblerai hors de ce lieu de ruine éternelle et je les délivrerai de la mort perpétuelle.

Voilà de quels liens est ligoté et immobilisé ce qui fait la perte des hommes ; car, de même que la mort a trompé, elle a été trompée; alors qu’elle tuait, elle a été anéantie.

Donc le Seigneur, quand son corps fut enseveli, descendit tout au fond des demeures infernales ; mais alors qu’on le jugeait captif du séjour des morts, c’est là qu’ayant lié la mort, il a délivré les morts de leurs liens. Et de ce séjour, d’où jamais personne, même seul, n’était revenu, il pénétra dans les cieux en emportant de riches dépouilles.

Voilà tout ce qu’a fait l’immense bonté de Dieu pour notre salut et notre rétablissement! Pour nous, il a été pareil à une brebis conduite à l’abattoir (cf. Is 53,7); pour nous, il a subi les maux présents, afin de nous accorder les biens éternels.

Prière

Dieu éternel et tout-puissant, dont le Fils unique est descendu aux profondeurs de la terre, d’où il est remonté glorieux: accorde à tes fidèles, ensevelis avec lui dans le baptême, d’accéder par sa résurrection à la vie éternelle. Lui qui règne.

Temps pascal C

 

Dimanche de Pâques C

Le dimanche de Pâques, la Veillée nocturne tient lieu d’Office des Vigiles ou des Lectures. On a cependant cru rendre service en proposant une homélie pour nourrir la méditation de ce jour-là.

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,1-12

Le premier jour de la semaine, de grand matin, les femmes se rendirent au sépulcre, portant les aromates qu’elles avaient préparés. Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau. Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.

Homélie

Comme l’année A.

 

Lundi de Pâques C

Comme l’année A.

 

2e dimanche de Pâques C

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,19-31

C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.

Homélie

Ceux qui croient sans avoir vu

Sermon de saint Augustin († 430)

Sermon 88, 1-2, éd des Mauristes, 5, 469-470

Vous le savez aussi bien que nous, mes frères: notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ est pour nous le médecin du salut éternel. Il a pris sur lui la faiblesse de notre nature pour empêcher que cette faiblesse fût éternelle. Car il a pris un corps mortel afin de tuer la mort. Et bien qu’il ait été crucifié en raison de notre faiblesse, il est vivant par la puissance de Dieu (cf. 2 Co 13,4), nous dit saint Paul.

Le même Apôtre dit encore: Désormais il ne meurt plus; sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir (Rm 6,9). Votre foi sait bien tout cela. Par là même, il s’ensuit que tous les miracles accomplis sur les corps — nous devons le savoir — servent à notre éducation pour que nous sachions en dégager ce qui ne passera pas et n’aura pas de fin. Il a rendu aux aveugles des yeux que la mort fermerait certainement un jour. Il a ressuscité Lazare qui devait mourir une deuxième fois. Et tout ce qu’il a fait pour la santé des corps, il ne l’a pas fait pour l’éternité, bien qu’à la fin il doive donner aux corps eux-mêmes une éternelle guérison. Mais parce qu’on ne croyait pas ce qui ne se voyait pas, le Seigneur se servait de ces miracles temporaires que l’on voyait, pour susciter la foi envers les réalités invisibles.

C’est pourquoi, mes frères, personne ne doit dire que Jésus n’agit plus ainsi maintenant et que, pour cette raison, les premiers temps de l’Église étaient supérieurs aux nôtres. Il y a un endroit de l’Évangile où notre Seigneur place ceux qui croient sans avoir vu au-dessus de ceux qui croient parce qu’ils ont vu. Car jusque-là, la faiblesse des disciples était si hésitante que, après l’avoir vu ressuscité, ils voulaient encore le toucher pour croire en lui. Il ne leur suffisait pas de voir de leurs yeux, s’ils n’approchaient leurs mains de ses membres et ne touchaient les cicatrices de ses récentes blessures. C’est aussitôt après avoir touché et reconnu les cicatrices que le disciple incrédule s’écria: Mon Seigneur et mon Dieu (Jn 20,28)! Ces cicatrices révélaient celui qui, chez les autres, guérissait toutes les blessures. Est-ce que le Seigneur n’aurait pas pu ressusciter sans cicatrices? Mais il voyait dans le cœur de ses disciples des blessures que devaient guérir ces cicatrices qu’il avait gardées dans son corps.

Et que répond le Seigneur à celui qui le confesse en disant : Mon Seigneur et mon Dieu ? Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu (Jn 20,29). De qui parle-t-il donc, mes frères, sinon de nous? Et pas seulement de nous, mais aussi de ceux qui viendront après nous. Car, peu de temps après, lorsqu’il a échappé aux regards mortels, pour affermir la foi dans les cœurs, tous ceux qui sont devenus croyants ont cru sans avoir vu, et leur foi avait un grand mérite: pour l’obtenir, ils ont approché de lui non pas une main qui voulait le toucher, mais seulement un cœur religieux.

Prière

Dieu de miséricorde infinie, tu ranimes la foi de ton peuple par les célébrations pascales ; augmente en nous ta grâce pour que nous comprenions toujours mieux quel baptême nous a purifiés, quel Esprit nous a fait renaître, et quel sang nous a rachetés. Par Jésus Christ.

 

3e dimanche de Pâques C

Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 21,1-19

Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment. Il y avait là Simon-Pierre avec Thomas, dont le nom signifie "Jumeau", Nathanaël de Cana en Galilée, les fils de Zéb&eacut