Conseils paroissiaux et participation des laïcs

Prof. Michael Hull, New York

Les conseils paroissiaux, devenus l’un des principaux instruments de participation des laïcs à la vie de l’Église, ont leur origine dans le décret Christus Dominus (n. 27) de Vatican II qui demande à l’Évêque diocésain de constituer avec les fidèles du Christ et avec les ministres pastoraux un conseil pastoral diocésain. Cette recommandation trouvera par la suite une expression légale dans le Code de Droit Canonique de 1983 sur le conseil pastoral diocésain (canons 511-514). Toutefois, le Code de Droit Canonique ne contient pas de dispositions en vue de la constitution des conseils pastoraux paroissiaux. Il y est seulement indiqué que l’Évêque diocésain pourra, s’il le juge opportun, constituer des conseils paroissiaux, après avoir consulté son conseil presbytéral (canon 536 §1). Ainsi, alors que le Code contient des normes en vue de la constitution du conseil paroissial diocésain (canons 512-14), il laisse à l’Évêque diocésain le soin de fixer celles en vue de la constitution dans son diocèse des conseils pastoraux paroissiaux (canon 536 §2), et des conseils paroissiaux pour les affaires économiques (canon 537).

Depuis le Concile, les conseils pastoraux paroissiaux n’ont cessé de gagner en visibilité dans la vie quotidienne des Églises particulières, en se présentant comme le forum le plus approprié pour la participation des laïcs aux activités pastorales de la paroisse et pour l’application du principe de subsidiarité. Ils représentent une occasion unique pour le curé de la paroisse, qui peut ainsi informer les laïcs engagés sur les besoins de la paroisse, et pour les laïcs, qui peuvent ainsi faire connaître au curé et aux autres laïcs leur opinion sur les questions qui touchent à la paroisse. Ils ont connu un tel succès que l’Instruction sur quelques questions concernant la collaboration des fidèles non ordonnés au ministère sacré des prêtres de 1997 parle des conseils pastoraux paroissiaux et des conseils pour les affaires économiques comme d’un bel exemple de collaboration entre les prêtres et les laïcs (art. 5).

Il faut cependant veiller à éviter toute interprétation erronée lors de l’établissement de ces conseils pastoraux, en se rappelant toujours qu’ils ne peuvent avoir qu’une voix consultative dans l’administration de la paroisse (canon 536 §2). Cela ne veut pas dire que la participation des laïcs aux activités quotidiennes de leur paroisse et leur soutien financier et spirituel soient sous-estimés, sous-évalués ou négligés, mais seulement que le curé est le seul responsable du gouvernement de sa paroisse. Ce qui ne veut pas dire non plus que le curé peut gouverner à sa guise sans prendre attentivement en considération l’avis de ses conseils paroissiaux sur toutes les questions qui touchent à la vie de la paroisse, mais plutôt que, en vertu de l’ordre et de son office sacré, c’est à lui qu’il revient de prendre les décisions qui sont de sa compétence.

C’est pourquoi il faut encourager la collaboration croissante prêtres et laïcs au sein des conseils paroissiaux et ne pas passer à côté de cette occasion propice pour le travail d’équipe, la concorde et l’évangélisation. Peu de structures de base de l’organisation ecclésiale offrent des perspectives aussi prometteuses en vue de la participation des laïcs. La tenue des conseils paroissiaux est souvent un moment privilégié pour mettre en œuvre la collaboration entre tout le peuple de Dieu – prêtres et laïcs – préconisée par les Pères conciliaires. Avec l’aide de Dieu, cette vision deviendra chaque jour davantage une réalité pour le peuple de Dieu en marche vers sa patrie céleste.