Vidéoconférence, vendredi 27 mai 2005 – Le droit canonique au service du prêtre
Le curé, pastor proprius, dans le CIC (can. 519 et suivants)
P. Ian Laurenson, 0.F.M. (Johannesburg, Afrique du Sud)
"Pais mes agneaux... Pais mes brebis", dit Jésus. L’Eglise est SON troupeau. Lumen gentium, au n. 8, voit dans cette unique Eglise du Christ l’Eglise que notre Sauveur, après sa résurrection, remit ou confia aux soins pastoraux de Pierre et des autres apôtres. Christus Dominus, le Décret sur la charge pastorale des Evêques au sein de l’Eglise, au n. 11, nous explique que dans une Eglise particulière, c’est-à-dire dans un diocèse, "est vraiment présente et agissante l’Eglise du Christ, une sainte, catholique et apostolique". C’est encore le troupeau du Christ, dont "une portion" (can. 369) est confiée à présent à l’Evêque diocésain. Le can. 515 dit: "La paroisse est la communauté précise de fidèles qui est constituée d'une manière stable dans l'Église particulière, et dont la charge pastorale est confiée au curé, comme à son pasteur propre, sous l'autorité de l'Évêque diocésain (qua proprio eiusdem pastori)". Le can. 519 affirme: "Le curé (pastor proprius) est le pasteur propre de la paroisse qui lui est remise".
Les diocèses ne sont pas de simples divisions administratives de l’Eglise universelle. L’Evêque diocésain n’est pas un délégué ni un vicaire du Pape. Une paroisse n’est pas une entité autonome, ni une "filiale" du diocèse, ni quelque chose qui ressemblerait à un McDonald! Le troupeau du Christ est confié tout entier au Pape et au Collège épiscopal; un diocèse est confié à l’Evêque diocésain. Une paroisse est confiée au curé. Le curé n’est pas un employé, ni un agent, ni un délégué de l’Evêque diocésain. Ce n’est pas un mercenaire, dont le Christ parle dans l’Evangile. Il partage le ministère du Christ avec l’Evêque diocésain.
Certains canonistes prétendent que le curé a des "fonctions sans pouvoir (potestas)", puisque c’est l’Evêque diocésain qui détient le pouvoir. Toutefois, les expressions "lui est remise" et "pasteur propre" et les canons suivants confèrent au curé un pouvoir ordinaire, que la loi lui donne en vertu de sa charge. C’est un pouvoir qui lui est propre et qu’il exerce en son nom (Nouveau Commentaire, p. 690 éd. angl.).
La paroisse est l’endroit où tout cela a lieu. Après tout, les personnes ne se marient pas à la Chancellerie, ni dans les bureaux diocésains. Le curé est le "le pasteur propre, leur pasteur".
Les canons 521-539 décrivent les conditions nécessaires, les qualités, les pouvoirs, les droits et les obligations du curé, ainsi que la durée de sa charge (l’idéal serait à temps indéterminé pour assurer la stabilité).
Les canons 528 et 529 sont des textes longs, au ton fortement pastoral, et fournissent un matériel excellent pour la méditation et l’examen de conscience. Le troupeau du curé est le troupeau du Christ qui lui a été confié. Il est important de rappeler l’enseignement du Christ sur l’autorité et le pouvoir, et de les voir en termes de service d’amour. Le Christ agit en lui et à travers lui, pour son salut et pour le salut du troupeau qui lui a été confié.