LE PRÊTRE MINISTRE DE LA MISÉRICORDE DIVINE
PrÉsentaTION
« Il
faut revenir au
confessionnal, comme lieu dans lequel célébrer le Sacrement de la
Réconciliation, mais aussi comme lieu où "habiter" plus souvent, pour
que le fidèle puisse trouver miséricorde, conseil et réconfort, se sentir aimé
et compris de Dieu et ressentir la présence de la Miséricorde divine, à côté de
la présence réelle de l'Eucharistie »[1].
C’est
avec ces paroles que le Pape Benoît XVI s’adressait aux confesseurs durant la
récente Année Sacerdotale, soulignant pour tous et chacun l’importance et par
conséquent l’urgence apostolique de redécouvrir le Sacrement de la Réconciliation,
qu’on soit pénitent ou ministre.
En
plus de la célébration quotidienne de l’Eucharistie, la disponibilité pour
l’écoute des confessions sacramentelles, l’accueil des pénitents et, selon la
demande, l’accompagnement spirituel, constituent la vraie mesure de la charité
pastorale du prêtre et témoignent en même temps qu’il a assumé avec joie et
conviction l’identité qui découle du sacrement de l’Ordre et qu’on ne peut
jamais réduire à une simple fonction.
Le
prêtre est ministre, c'est-à-dire serviteur et administrateur avisé de la
divine Miséricorde. Il a reçu la grave responsabilité de « remettre ou de
retenir les péchés » (cf. Jn 20,
23) ; par son entremise et par la force de l’Esprit qui est Seigneur et
qui donne la vie, les fidèles peuvent vivre dans l’aujourd’hui de l’Eglise la
joyeuse expérience du fils prodigue qui, de retour à la maison par vil intérêt
et comme esclave, est accueilli et rétabli dans sa dignité filiale.
Partout
où l’on trouve un confesseur disponible, tôt ou tard arrive un pénitent ;
et partout où la disponibilité du confesseur perdure, voire de manière
obstinée, les pénitents s’y rendent nombreux !
La
redécouverte du Sacrement de la Réconciliation, de la part des pénitents comme
des ministres, révèle l’authenticité de la foi en l’agir salvifique de Dieu qui
se manifeste plus efficacement dans la puissance de la grâce que dans les
stratégies humaines d’organisation de plans, même pastoraux, parfois oublieux
de l’essentiel.
Pour
accueillir pleinement l’appel du Saint Père et rejoindre son intention
profonde, ce document, qui est un fruit de l’Année Sacerdotale, veut offrir un
instrument utile pour la formation permanente des Prêtres et une aide pour la
redécouverte de la valeur irremplaçable du Sacrement de la Réconciliation et de
la direction spirituelle.
La
nouvelle évangélisation et le renouveau incessant de l’Eglise, semper reformanda, sont vivifiés et
dynamisés par l’authentique sanctification de chacun de ses membres ;
sanctification qui précède, implique et conditionne toute efficacité
apostolique et la réforme elle-même du Clergé.
La
célébration généreuse du Sacrement de la Miséricorde divine amène
immanquablement chaque prêtre à faire l’expérience que le Ministère qui lui est
confié est unique et indispensable ; en favorisant un émerveillement
reconnaissant qui comble nécessairement le cœur de celui qui, sans mérite, a
été appelé par Dieu, dans l’Eglise, à rompre le Pain Eucharistique et à donner
aux hommes le Pardon, une telle expérience contribuera à éviter les
« fluctuations d’identité » qui caractérisent bien souvent l’existence
de certains prêtres.
C’est
avec ces vœux que nous confions la diffusion et les fruits de ce document à la
Bienheureuse Vierge Marie, Refuge des pécheurs et Mère de la Grâce divine.
Du Vatican, le 9 mars 2011
Mauro Card.
Piacenza
X Celso
Morga Iruzubieta
Archevêque
tit. de Alba marittima
Secrétaire
TABLE DES MATIERES
Introduction : vers la sainteté
[1-6]
I - Le ministère de la pénitence et
de la réconciliation dans la perspective de la sainteté chrétienne
1. Importance actuelle, moment de grâce
Une invitation urgente [7-8]
La mission du Christ à
l’œuvre dans l'Église [9-11]
S'ouvrir à l'amour et à la
réconciliation [12-13]
Le témoignage et le
dévouement des pasteurs [14-18]
L'exemple du Saint Curé
d'Ars [19-20]
Ministère de miséricorde
[21-23]
2. Lignes fondamentales
Nature du sacrement de la
pénitence [24]
Célébration pascale,
démarche de conversion [25-27]
Sur le chemin de la sainteté
[28-31]
Un mystère de grâce [32-35]
Le ministère qui suscite les dispositions du pénitent [36-40]
Célébration liturgique
[41-43]
Les règles pratiques
établies par l’Eglise comme expression de la charité pastorale [44-47]
Orienter sur le chemin de la
sainteté
conformément à l’action de l’Esprit Saint
[48-50]
Disponibilité ministérielle
et accueil paternel [51-57]
Une formation renouvelée et actualisée des prêtres pour guider les fidèles
dans les diverses situations [58-60]
Nouvelles situations,
nouvelles grâces, nouvelle ferveur des ministres [61-63]
II - le ministère de la direction
spirituelle
1. Importance actuelle,
moment de grâce
Parcours historique et
actuel [64-65]
Formation sacerdotale pour
cet accompagnement [66-69]
Direction spirituelle et
ministère sacerdotal [70-73]
La Direction spirituelle que reçoivent les ministres ordonnés [74-76]
2.- Lignes fondamentales
Nature et fondement
théologique [77]
Objectif spécifique [78-80]
Dynamisme
et processus [81-83]
Dans toutes les vocations
ecclésiales [84-86]
3. Orientations pratiques
Itinéraire ou cheminement
concret de vie spirituelle [87-97]
Le discernement du Saint
Esprit dans la direction spirituelle [98-100]
Qualités
du « directeur » [101-105]
Qualités
de celui qui bénéficie de la direction spirituelle [106-109]
Direction spirituelle du
prêtre [110-116]
La direction spirituelle
dans la vie consacrée [117-121]
Direction des laïcs
[122-124]
Harmonie entre les
différents niveaux de formation dans le cheminement de la direction spirituelle
[125-134]
Conclusion : « Que le Christ soit
formé en vous » (Gal 4,
19) [135-140]
Vocabulaire, Index des matières
Appendice I - Examen de conscience pour les Prêtres
Appendice II
- Prières
INTRODUCTION : VERS LA SAINTETÉ
1. « A toute époque, à la
vérité, et en toute nation, Dieu a tenu pour agréable quiconque le craint et
pratique la justice (cf. Act. 10,
35).Cependant il a plu à Dieu que les hommes ne reçoivent pas la sanctification
et le salut séparément, hors de tout lien mutuel ; il a voulu au contraire en
faire un peuple qui le connaîtrait selon la vérité et le servirait dans la
sainteté »[2].
Sur le chemin de la sainteté, à laquelle le Seigneur nous appelle (cf. Mt 5, 48 ; Ep 1, 4), Dieu a voulu que nous nous aidions mutuellement en
devenant médiateurs dans le Christ pour conduire nos frères à son amour
éternel. C’est dans cette perspective de charité que s’insèrent la célébration
du sacrement de Pénitence et la pratique de la direction spirituelle, objets de
ce document.
Nous
rappelons à ce sujet quelques paroles de Benoît XVI : « A notre époque, l'une des
priorités pastorales est assurément de former de manière droite les consciences
des croyants » ; et le Pape ajoutait : « La "direction
spirituelle" contribue également à la formation des consciences.
Aujourd'hui plus qu'hier, il y a besoin de "maîtres de l'esprit"
sages et saints: un service ecclésial important, pour lequel est
assurément nécessaire une vitalité intérieure qui doit être implorée comme don
de l'Esprit, à travers une prière intense et prolongée et une préparation
spécifique à acquérir avec soin. Chaque prêtre est ensuite appelé à administrer
la miséricorde divine dans le sacrement de la pénitence, à travers lequel il
remet les péchés au nom du Christ et aide le pénitent à parcourir la voie
exigeante de la sainteté avec une conscience droite et informée. Pour pouvoir
accomplir ce ministère indispensable, chaque prêtre doit nourrir sa propre vie
spirituelle et suivre une mise à jour théologique et pastorale
permanente »[3].
C’est dans cette lumière que sont offerts les éléments suivants aux prêtres, en
leur qualité de ministres de la miséricorde divine.
L’année
dédiée à commémorer la figure du Saint Curé d'Ars, à l’occasion du 150e
anniversaire de sa mort (1859-2009), a laissé une empreinte ineffaçable surtout
dans la vie et le ministère des prêtres : un « engagement de renouvellement intérieur
de tous les prêtres en vue d’un témoignage évangélique plus fort et incisif dans
le monde d'aujourd'hui » [4].
Ce
renouvellement intérieur des prêtres doit embrasser toute leur vie et toutes les
dimensions de leur ministère, en imprégnant profondément leurs critères, leurs motivations
et leurs attitudes concrètes. La situation actuelle exige le témoignage, et elle
demande que l'identité sacerdotale soit vécue dans la joie et l’espérance.
2. Le
ministère du sacrement de la réconciliation, étroitement lié au conseil ou à la
direction spirituelle, tend à reprendre un « itinéraire » spirituel
et apostolique tant chez le ministre que chez les fidèles ; cet itinéraire
prend la forme d’un retour pascal dans le cœur du Père, et d’une fidélité à son
projet d'amour sur « tout l'homme et tous les hommes » [5]. Il s'agit de reprendre,
pour soi-même et dans le service aux autres, la démarche de relation interpersonnelle
avec Dieu et avec les frères, sous la forme d’un itinéraire de contemplation,
de perfection, de communion et de mission.
Encourager la pratique du
sacrement de pénitence dans toute sa vitalité, comme aussi le service du
conseil ou de la direction spirituelle, signifie vivre la « joie dans
l'espérance » (Rm 12, 12) avec
davantage d’authenticité, et par elle favoriser l’estime et le respect pour la
vie humaine intégrale, la redécouverte de la famille, l'orientation des jeunes,
la renaissance des vocations, la valeur du sacerdoce vécu ainsi que de la
communion ecclésiale et universelle.
3. Le ministère du
sacrement de la réconciliation, en lien avec la direction spirituelle, est une urgence
d'amour : « Puisque l'amour du Christ nous presse, à la pensée qu'un seul est
mort pour tous et donc que tous sont morts. Et il est mort pour tous, pour que ceux
qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour lui qui est mort et
ressuscité pour eux » (2Cor 5,
14-15). Cela suppose une disponibilité particulière, pour que véritablement les
disciples du Christ « ne vivent plus pour eux-mêmes » (ibid.), mais qu’ils se réalisent dans la
charité et dans la vérité.
Tout le
travail pastoral de l'apôtre Saint Paul, avec ses difficultés qu’il compare aux
« douleurs de l'enfantement », peut être résumé dans cette urgence
« de former le Christ » (cf. Gal
4,19) en chacun des fidèles. Son objectif était de « rendre chacun parfait
dans le Christ » (Col 1,28),
sans réductions et sans limites.
4. Le
ministère de la réconciliation et le service du conseil ou la direction spirituelle
s'insèrent dans le contexte de l'appel universel à la sainteté comme plénitude
de la vie chrétienne et de la « perfection de la charité » [6]. La charité pastorale
dans la vérité de l'identité sacerdotale doit porter le prêtre à placer tout
son ministère dans la perspective de la sainteté, laquelle réalise l’harmonie
de la pastorale prophétique, liturgique et diaconale [7].
Cela fait partie
intégrante du ministère sacerdotal que de se rendre disponible pour orienter tous
les baptisés vers la perfection de la charité.
5. Le prêtre ministre, en tant
que serviteur du mystère pascal qu’il annonce, célèbre et communique, est
appelé à être confesseur et guide spirituel, instrument du Christ, en s’appuyant
également sur sa propre expérience. Il est ministre du sacrement de la
réconciliation et serviteur de la direction spirituelle tout comme il est, en
même temps, bénéficiaire de ces deux moyens de sanctification pour son
renouvellement spirituel et apostolique personnel.
6. Le présent recueil entend
offrir quelques exemples simples, réalisables et porteurs d’espérance, qui font
référence aux nombreux documents ecclésiaux (cités ici ou là) pour servir à la
consultation. Il ne s'agit pas d'une casuistique, mais de la mise à jour d’un
service de l'espérance et d’un encouragement.
I - LE MINISTÈRE DE LA PÉNITENCE ET DE LA
RÉCONCILIATION DANS LA PERSPECTIVE DE LA SAINTETÉ CHRÉTIENNE
1. Importance actuelle, moment de grâce
Une
invitation urgente
7. Au début du troisième
millénaire, Jean-Paul II écrivait : « Je viens aussi solliciter un courage
pastoral renouvelé pour … proposer de manière persuasive et efficace la
pratique du sacrement de la réconciliation »[8].
Le même Pape affirmait par la suite que son
but était « une relance zélée du sacrement de la réconciliation, entendue
aussi comme une exigence d'authentique charité et de vraie justice
pastorale » en rappelant que « tout fidèle qui a les dispositions
intérieures requises, a droit à recevoir personnellement le don
sacramentel » [9].
8. L'Église non seulement annonce
la conversion et le pardon, mais elle est en même temps un signe porteur de
réconciliation avec Dieu et avec les frères. La célébration du sacrement de la réconciliation
s'insère dans le contexte de toute la vie ecclésiale, en lien surtout avec le
mystère pascal célébré dans l'Eucharistie, et en faisant toujours référence au
baptême vécu et à la confirmation, ainsi qu’aux exigences du commandement de
l'amour. Elle est une célébration joyeuse de l'amour de Dieu qui se donne lui-même,
en détruisant notre péché lorsque nous le reconnaissons humblement.
La mission du Christ à l’œuvre dans l'Église
9. La
mission ecclésiale est un processus symphonique d'annonce, de célébration et de
communication du pardon, en particulier lorsqu’on célèbre le sacrement de la réconciliation
qui est fruit et don de la Pâque du Seigneur ressuscité, présent en son Église
: « Recevez
l’Esprit Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis,
et ceux à qui vous ne les remettrez pas, ils leur seront retenus » (Jn
20, 22-23).
La joie du
pardon se transforme en attitude de gratitude et de générosité sur la route de
la sanctification et de la mission. Celui qui a expérimenté le pardon, désire
que d'autres puissent arriver à cette rencontre avec le Christ Bon Pasteur. Par
suite, les ministres de ce sacrement qui ont fait eux-mêmes l’expérience de la
beauté de cette rencontre sacramentelle, deviennent davantage disponibles pour offrir
ce service humble, ardu, patient et joyeux.
10. La
pratique concrète, joyeuse, confiante et résolue du sacrement de la réconciliation,
manifeste le niveau d’évangélisation d’un croyant et d’une communauté.
« La pratique de la confession sacramentelle, dans le contexte de la
communion des saints, en contribuant de différentes façons à approcher les
hommes du Christ, est un acte de foi dans le mystère de la rédemption et de son
actualisation dans l'Église » [10].
Dans le
sacrement de la pénitence, fruit du sang rédempteur du Seigneur, nous
expérimentons comment le Christ « a été mis à mort pour nos péchés et a
été ressuscité pour notre justification » (Rm 4, 25). C’est pour cela que Saint Paul pouvait affirmer que
« le Christ
nous a réconciliés avec lui et il nous a confié le ministère de la
réconciliation » (2Cor 5, 18).
11. La réconciliation avec Dieu
est inséparable de la réconciliation avec nos frères (cf. Mt 5, 24-25). Cette réconciliation n'est pas possible si on ne purifie
pas son cœur de quelque façon. Mais toute réconciliation vient de Dieu, parce que
c’est Lui qui « pardonne toutes les fautes » (Ps 103, 3). C’est en recevant le pardon de Dieu que le cœur humain
apprend le mieux à pardonner et à se réconcilier avec ses frères.
S'ouvrir à l'amour et à la réconciliation
12. Le Christ
presse à un amour toujours plus fidèle, et par conséquent à un changement plus profond
(cf. Ap 2, 16), pour que la vie
chrétienne ait les mêmes sentiments qui furent en Lui (cf. Ph 2, 5). La célébration, y compris communautaire à l’occasion, du
sacrement de pénitence avec confession personnelle de ses péchés, est une
grande aide pour vivre la réalité ecclésiale de la communion des saints.
13. On tend
à la pleine « réconciliation » selon le « Notre Père », les
béatitudes et le commandement de l'amour. C’est un processus de purification
des péchés et d’identification au Christ.
Cet
itinéraire pénitentiel est, aujourd'hui comme toujours, de la plus haute
importance, en tant que fondement pour construire une société qui vive la
communion. « La sagesse de l'Église a toujours proposé de tenir compte du péché
originel, même dans l'interprétation des faits sociaux et dans la construction
de la société : ignorer que l'homme a une nature blessée, inclinée au mal, donne
lieu à de graves erreurs dans le domaine de l'éducation, de la politique, de
l'action sociale et des mœurs » [11].
Le témoignage et le dévouement des pasteurs
14. A toutes
les époques de l'histoire de l’Eglise on rencontre des figures sacerdotales qui
sont des modèles de confesseurs ou de directeurs spirituels. L'exhortation
apostolique Reconciliatio et Paenitentia
(1984) mentionne Saint Jean Népomucène, Saint Jean Marie Vianney, Saint Joseph
Cafasso et Saint Léopold de Castelnuovo. Benoît XVI, dans un discours à la
Pénitencerie Apostolique [12], ajoute Saint Pio de
Pietrelcina.
En faisant
mémoire de ces figures sacerdotales, Jean-Paul II ajoute : « Je désire
rendre hommage aussi à l’innombrable troupe de confesseurs saints et presque
toujours anonymes, auxquels est dû le salut de tant d’âmes qu’ils ont aidées dans
leur conversion, leur bataille contre le péché et leurs tentations, dans leur progrès
spirituel et, en définitive, dans leur sanctification. Je n’hésite pas à dire
que même les grands saints canonisés sont généralement sortis de ces confessionnaux
et, avec les saints, l’héritage spirituel de l'Église et la floraison même
d'une civilisation, pénétrée d'esprit chrétien ! Honneur, donc, à cette
silencieuse armée de nos confrères, qui ont bien servi et servent chaque jour
la cause de la réconciliation au moyen du ministère de la pénitence sacramentelle » [13].
15.
Actuellement dans beaucoup d'Eglises particulières, surtout dans les basiliques
mineures, dans les cathédrales, dans les sanctuaires et dans quelques paroisses
plus centrales des grandes villes, on observe une réponse très positive de la
part des fidèles à l'effort des pasteurs d'offrir un service assidu du
sacrement du pardon. Si « avec le sacrement de la pénitence (les ministres)
réconcilient les pécheurs avec Dieu et avec l'Église » [14], cette même célébration
pénitentielle peut donner lieu au service de la direction ou du conseil
spirituel.
16. Les « munera » sacerdotaux sont
étroitement liés entre eux, pour le bien de la vie spirituelle des fidèles. « Les prêtres sont,
dans l'Église et pour l'Église, des représentations
sacramentelles de Jésus-Christ, Tête et Pasteur, ils proclament de façon
autorisée sa parole, ils répètent ses gestes de pardon et d'offrande du salut,
surtout à travers le baptême, la pénitence
et l'Eucharistie ; ils exercent sa sollicitude
affectueuse, jusqu'au don total d’eux-mêmes pour le troupeau, qu’ils regroupent
dans l'unité et qu’ils mènent vers le Père au moyen du Christ dans
l'Esprit » [15].
17. Les
ministres eux-mêmes sont invités à recevoir ce sacrement : « Les ministres
de la grâce sacramentelle s'unissent intimement au Christ sauveur et pasteur à
travers la fructueuse réception des sacrements, surtout avec la confession
sacramentelle fréquente, puisque – préparée comme il se doit par un examen de
conscience quotidien – elle favorise au plus haut degré la nécessaire
conversion du cœur à l'amour du Père des miséricordes » [16].
C’est
pourquoi, la même exhortation apostolique Pastores
dabo vobis invite les ministres à faire usage de cette pratique comme une garantie
de leur vie spirituelle : « Je voudrais faire une mention spéciale du sacrement
de la pénitence, dont les prêtres sont les ministres, mais dont ils doivent également
être les bénéficiaires, devenant témoins de la compassion de Dieu pour les
pécheurs ». Il reprend ce qu’il a écrit dans l'Exhortation Reconciliatio et paenitentia : « La
vie spirituelle et pastorale du prêtre, comme celle de ses frères laïcs et
religieux, dépend, pour sa qualité et sa ferveur, de la pratique personnelle, assidue
et consciencieuse, du sacrement de pénitence… Chez un prêtre qui ne se confesserait
plus ou se confesserait mal, son être prêtre et sa façon de faire le
prêtre s’en ressentiraient très vite et même la Communauté dont il est
pasteur s’en apercevrait’ » [17]. Tandis que, dans ma
reconnaissance envers Dieu qui me pardonne toujours, comme l’écrivait Benoît
XVI, « en me laissant pardonner, j’apprends encore à pardonner aux
autres »[18].
18. La
fécondité apostolique jaillit de la miséricorde de Dieu. C’est pourquoi les
plans pastoraux seraient peu efficaces si on sous-estimait la pratique
sacramentelle de la pénitence : « Il faut réserver le plus grand soin
pastoral à ce sacrement de l'Église, source de réconciliation, de paix et de
joie pour nous tous qui avons besoin de la miséricorde du Seigneur et de la
guérison des blessures du péché [...] L'Évêque ne manquera pas de rappeler à
tous ceux à qui est déféré le soin des âmes en vertu de l'office, leur devoir
d'offrir aux fidèles l'opportunité d'accéder à la confession individuelle. Il veillera
aussi à vérifier qu’effectivement soient données aux fidèles les plus grandes
facilités pour pouvoir se confesser. En considérant à la lumière de la
Tradition et du Magistère de l'Église le lien intime entre le sacrement de la réconciliation
et la participation à l'Eucharistie, il devient aujourd'hui toujours plus
nécessaire de former la conscience des fidèles à participer dignement et
fructueusement au banquet eucharistique, en s’en approchant en état de
grâce » [19].
L'exemple du Saint Curé d'Ars
19.
L'exemple du Saint Curé d'Ars est très actuel. La situation historique de cette
époque n'était pas facile, à cause des guerres, de la persécution, des idées
matérialistes ou sécularistes. À son arrivée dans la paroisse, il n’y avait pas
de grande assiduité pour le sacrement de la pénitence. Dans les dernières années
de sa vie, la fréquentation en devint massive, y compris de la part de fidèles
provenant d'autres diocèses. Pour le Saint Curé, le ministère de la
réconciliation fut « un long martyre » qui « produisit des
fruits très abondants et vigoureux ». Devant la condition du péché, il
disait : « On ne se sait pas quoi faire, on ne peut rien faire si ce
n’est pleurer et prier ». Mais il « ne vivait que pour les pauvres
pécheurs, dans l'espoir de les voir se convertir et pleurer » [20]. La confession fréquente,
même sans péché grave, est un moyen recommandé constamment par l'Église dans le
but de progresser dans la vie chrétienne [21].
20.
Jean-Paul II, dans la Lettre aux prêtres du Jeudi Saint 1986, pour commémorer
le second centenaire de la naissance du Saint Curé, reconnaissait que « c’est
certainement son infatigable dévouement au sacrement de la pénitence qui a
révélé le charisme principal du Curé d'Ars et a créé à juste titre sa renommée.
Il est bon qu'un tel exemple nous porte aujourd'hui à redonner au ministère de
la réconciliation toute l’importance qui lui revient ». Le fait même qu’un
grand nombre de personnes « pour diverses raisons, semble s'abstenir
totalement de la confession, est signe qu’il est urgent de développer toute une
pastorale du sacrement de la pénitence, en portant incessamment les chrétiens à
redécouvrir les exigences d'une vraie relation avec Dieu, le sens du péché qui nous
ferme à l'Autre et aux autres, le besoin de se convertir et de recevoir, à
travers l'Église, le pardon comme don gratuit de Dieu et, finalement, les
conditions qui permettent de bien célébrer le sacrement, en dépassant les préjugés
à son égard, les fausses craintes et les pratiques routinières. Une telle
situation demande en même temps que nous restions très disponibles pour ce
ministère du pardon, prêts à y consacrer le temps et le soin nécessaires, et même,
je dirai plus, à lui donner la priorité sur d’autres activités. Les fidèles
comprendront ainsi la valeur que nous lui conférons, à l'exemple du Curé d'Ars » [22].
Ministère de miséricorde
21. Le
ministère de la réconciliation, exercé avec grande disponibilité, contribuera à
approfondir la signification de l'amour de Dieu, en récupérant précisément le
sens du péché et des imperfections comme des obstacles au vrai amour. Lorsqu’on
perd le sens du péché, on détruit l'équilibre intérieur dans le cœur et on fait
naître des contradictions et des conflits dans la
société humaine. Seule la paix d'un cœur unifié peut effacer les guerres et les
tensions. « Les déséquilibres dont souffre le monde contemporain sont liés
à ce déséquilibre plus profond qui est enraciné dans le cœur de l'homme. C’est
vraiment à l'intérieur de l'homme que beaucoup d'éléments se combattent
mutuellement » [23].
22. Ce
service de réconciliation, exercé avec authenticité, invitera à vivre en accord
avec les sentiments du Cœur du Christ. C’est une « priorité »
pastorale, en tant qu’il s’agit de vivre la charité du Bon Pasteur, de vivre
« son amour envers le Père dans le Saint Esprit, son amour envers les
hommes jusqu'à offrir sa vie dans l'immolation » [24]. Pour revenir à Dieu
Amour, il faut inviter à reconnaître son propre péché, en sachant que
« Dieu est plus grand que notre cœur » (1Jn 3, 20). La joie pascale de la conversion dérive de cela, et
c’est elle qui a suscité les saints et les missionnaires à toute époque.
23. Cette
actualité du sacrement de la réconciliation apparaît aussi dans la réalité de
l'Église pèlerine qui, étant « à la fois sainte et toujours à purifier, poursuit
continuellement sa pénitence et son renouvellement » [25]. Pour ce faire, l’Eglise
regarde Marie, qui « brille maintenant devant le peuple de Dieu en
pèlerinage comme signe d’espérance assurée et de consolation, jusqu'à ce que
vienne le jour du Seigneur » [26].
2. Lignes fondamentales
Nature du sacrement de la pénitence
24. Le sacrement du pardon est un
signe efficace de la présence, de la parole et de l'action salvifique du Christ
Rédempteur. En lui, le Seigneur lui-même prolonge ses paroles de pardon à
travers les paroles de son ministre tandis qu’au même moment, il transforme et
élève l'attitude du pénitent qui se reconnaît pécheur et demande pardon avec la
résolution d’expier et de se corriger. En lui s'actualise la surprise de
l’enfant prodigue quand il rencontre son Père qui pardonne et fait fête pour le
retour du fils qu’il aime (cf. Lc 15,
22).
Célébration pascale, démarche de conversion
25. La célébration du sacrement est
essentiellement liturgique, festive et joyeuse, puisqu'elle vise, sous la
conduite du Saint Esprit, à la retrouvaille avec le Père et avec le Bon
Pasteur. Jésus a voulu décrire ce pardon avec les couleurs de la fête et de la
joie (Lc 15,5-7.9-10.22-32). La
célébration fréquente et périodique du sacrement de la réconciliation en
devient donc davantage compréhensible et plus désirable. Le Christ, on le rencontre
volontairement dans ce sacrement quand on a appris à le rencontrer
habituellement dans l'Eucharistie, dans la parole vivante, dans la communauté, en
chaque frère et même dans la pauvreté de son propre cœur [27].
26. Dans ce sacrement l'appel à la conversion est célébré comme un retour au
Père (cf. Lc 15, 18). Il s’appelle
sacrement de la « pénitence » puisque « il consacre une démarche personnelle et ecclésiale de
conversion, de repentir et de satisfaction » [28].
Il s’appelle aussi sacrement de la « confession »
« puisque l'accusation, la confession des péchés devant le prêtre est un
élément essentiel de ce sacrement. En un sens profond il est aussi une
« confession », reconnaissance et louange de la sainteté de Dieu et
de sa miséricorde envers l'homme pécheur » [29].
Et il s’appelle sacrement du « pardon » « puisque par
l'absolution sacramentelle du prêtre, Dieu accorde au pénitent "le pardon
et la paix" », et de la « réconciliation » parce que
« il offre au pécheur l'amour de Dieu qui réconcilie » [30].
27. La
célébration sacramentelle de la « conversion » correspond à un effort
pour répondre à l’amour de Dieu. C’est pourquoi l'appel à la conversion est
« une composante essentielle de l'annonce du Royaume » [31].
Ainsi le chrétien s'insère dans le « dynamisme du cœur contrit » (Ps 51, 19), attiré et mû par la grâce
(cf. Jn 6,44; 12,32) à répondre à
l'amour miséricordieux de Dieu qui nous a aimés le premier (cf. 1Jn 4,10) » [32].
Sur le chemin de la sainteté
28. Il
s'agit d'un itinéraire vers la sainteté demandée et rendue possible par le
baptême, la confirmation, l'Eucharistie et la Parole de Dieu. Ainsi se réalise
cette réalité ministérielle de grâce que Saint Paul décrivait par ces
mots : « Nous sommes, donc, ambassadeurs du Christ, comme si Dieu
exhortait au moyen de nous. Au nom du Christ nous vous supplions : réconciliez-vous
avec Dieu » (2Cor 5,20).
L'invitation de l'Apôtre avait comme motivation spéciale le fait que Dieu
traita le Christ comme « péché en notre faveur, pour que nous puissions devenir par
lui justice de Dieu » (2Cor 5,21). De cette manière,
« libérés du péché, portez le fruit qui vous porte à la
sanctification » (Rm 6, 22).
29. Il est
possible d’entrer dans cette dynamique d'expérience du pardon miséricordieux de
Dieu dès l'enfance, avant la première communion, même de la part d’âmes
innocentes mues par une disposition de confiance et de joie filiale[33].
Pour cela, il faut préparer ces âmes par une catéchèse adaptée sur le sacrement
de la pénitence avant qu’elles reçoivent la première communion.
30. En entrant
dans cette dynamique évangélique du pardon, il est facile de comprendre
l'importance de confesser les péchés légers et les imperfections, en tant que décision
de « progresser dans la vie de l'Esprit » et avec le désir de
transformer sa propre vie en expression de la miséricorde divine envers les autres [34]. De cette façon, on s’accorde
avec les sentiments du Christ « qui, seul, a expié pour nos péchés (cf. Rm 3,25; 1Jn 2,1-2) » [35].
31. Lorsque
le prêtre est conscient de cette réalité de grâce, il ne peut qu'encourager les
fidèles à accéder au sacrement de la pénitence. Alors « le prêtre
accomplit le ministère du Bon Pasteur qui cherche la brebis perdue, celui du
Bon Samaritain qui panse les blessures, du Père qui attend l'enfant prodigue et
l’accueille à son retour, du juste Juge qui ne fait pas acception des personnes
et dont le jugement est à la fois juste et miséricordieux. En somme, le prêtre
est le signe et le moyen de l'amour miséricordieux de Dieu vers le
pécheur » [36].
« Le bon Pasteur cherche la brebis égarée. L’ayant trouvée, il la prend sur
les mêmes épaules qui avaient porté le bois de la croix, et il la ramène à la
vie de l'éternité » [37].
Un mystère de grâce
32. Le
respect pour « le sceau sacramentel » montre combien la célébration
pénitentielle est une réalité de grâce, dont l'itinéraire est déjà « inscrit »
dans le Cœur de Jésus, dans une profonde amitié avec Lui. Ainsi, encore une
fois le mystère et la dignité humaine se manifestent à la lumière du mystère du
Christ [38].
Les effets
de la grâce du sacrement de la pénitence consistent dans la réconciliation avec
Dieu (en retrouvant la paix et l'amitié avec Lui), dans la réconciliation avec l'Église (en se réintégrant
dans la communion des saints), dans la réconciliation avec soi-même (en
unifiant son propre cœur). Par conséquent, le pénitent « se réconcilie
avec ses frères, qu’il a de quelque façon offensés et lésés ; il se réconcilie
avec l'Église, il se réconcilie avec
toute la création » [39].
33. La
dignité du pénitent se manifeste dans la célébration sacramentelle, au cours de
laquelle il manifeste son authenticité (conversion) et son repentir. En effet,
« il
s'insère, avec ses actes, dans la célébration du sacrement, qui s'accomplit
ensuite avec les paroles de l'absolution, prononcées par le ministre au nom du
Christ » [40]. C’est pourquoi on peut
dire que « le fidèle, tandis qu'il fait dans sa vie l'expérience de la
miséricorde de Dieu et la proclame, célèbre avec le prêtre la liturgie de
l'Église, qui se convertit et se renouvelle continuellement » [41].
34. La
célébration du sacrement actualise une histoire de grâce qui dérive du
Seigneur. « Au long de l'histoire et dans la praxis ininterrompue de
l'Église ‘le ministère de la réconciliation’ (2Cor 5, 18), offert au moyen des sacrements du baptême et de la pénitence,
s'est avéré être un engagement pastoral toujours vivement perçu, accompli pour
respecter le mandat de Jésus, comme une partie essentielle du ministère
sacerdotal » [42].
35. C’est
un processus « sacramentel », au sens de signe efficace de grâce, qui
fait partie de la sacramentalité de l'Église. C’est aussi l’itinéraire tracé par
le « Notre Père», dans lequel nous demandons pardon tandis que nous
offrons notre pardon. Cette expérience de réconciliation fait naître dans le cœur
du croyant un désir ardent de paix pour toute l'humanité : « Le désir
ardent du chrétien est que toute la famille humaine puisse invoquer Dieu comme ‘Notre
Père’ ! » [43].
3. Quelques orientations pratiques
Le ministère qui suscite les
dispositions du pénitent
36. Depuis le début de l'Église,
l'attitude de réconciliation et de pénitence, ou « conversion »,
s'exprime de façons différentes et à différents moments : dans la célébration
eucharistique, en des temps liturgiques particuliers (comme le Carême), dans l'examen
de conscience, la prière filiale, l'aumône, le sacrifice, etc. Mais le moment
privilégié est la célébration du sacrement de pénitence ou de réconciliation,
où nous avons de la part du pénitent la contrition, la confession et la
satisfaction, et de la part du ministre l'absolution avec l'invitation à
s'ouvrir davantage à l'amour.
37. La confession claire, simple
et complète de ses péchés fait retrouver la communion avec Dieu et avec ses frères,
surtout dans la communauté ecclésiale. La « conversion », comme
retour aux projets du Père, implique le repentir sincère et par conséquent
l'accusation et la disposition à expier ou à réparer sa conduite. On réoriente ainsi
son existence sur le chemin de l'amour envers Dieu et envers le prochain.
38. Le pénitent, face au Christ ressuscité présent dans le sacrement (y
compris dans le ministre), confesse son péché, il exprime son repentir et il s’engage
à expier et à se corriger. La grâce du sacrement de la réconciliation est une grâce
de pardon qui atteint jusqu'à la racine du péché commis après le baptême, et qui
guérit les imperfections et les déviations, en donnant au croyant la force pour
« se convertir » ou pour s'ouvrir davantage à la perfection de
l'amour.
39. Les gestes extérieurs par
lesquels on peut exprimer cette attitude pénitentielle intérieure sont
multiples : la prière, l’aumône, le sacrifice, sanctification du temps
liturgique, etc. Mais « la conversion et la pénitence quotidiennes trouvent
leur source et leur aliment dans l'Eucharistie » [44]. La célébration du
sacrement de la pénitence fait expérimenter le chemin du retour décrit par
Jésus dans la parabole de l'enfant prodigue : « Seul le cœur du Christ,
qui connaît les profondeurs de l'amour de son Père, a pu nous révéler l'abîme
de sa miséricorde d’une manière tellement pleine de simplicité et de
beauté » [45].
40. Cette
grâce de Dieu, qui a eu l'initiative de nous aimer, fait en sorte que le
pénitent puisse accomplir ces gestes. L'examen de conscience se fait à la
lumière de l'amour de Dieu et de sa Parole. En reconnaissant son péché, le
pécheur assume sa responsabilité et, mû par la grâce, il manifeste sa douleur
et son exécration pour le péché surtout devant Dieu qui nous aime et qui juge
avec miséricorde nos actions. Donc reconnaissance et accusation complète des
péchés devant le prêtre, avec simplicité et clarté, sous l'action de l'Esprit
d'amour, au-delà de la douleur de contrition (par amour) ou d'attrition (par
crainte).
Célébration liturgique
41. La célébration du sacrement
de la réconciliation est un acte liturgique qui, selon le Rituel de la pénitence,
se développe à partir d’une salutation et d’une bénédiction, auxquelles font
suite la lecture ou la récitation de la Parole de Dieu[46],
l'invitation au repentir, la confession, des conseils et exhortations,
l'imposition et l'acceptation de la pénitence, l'absolution des péchés,
l'action de grâce et la bénédiction de renvoi. Le lieu visible et digne du
confessionnal, « pourvu d'une grille fixe entre le pénitent et le confesseur,
de sorte que les fidèles qui le désirent puissent librement s’en servir » [47], les aide tous les deux.
42. La forme ordinaire de la célébration
de la confession, c’est-à-dire la confession individuelle, même lorsque elle
est précédée d'une préparation communautaire, est une excellente occasion pour
inviter à la sainteté et, par conséquent, à une éventuelle direction
spirituelle (avec le confesseur lui-même ou avec une autre personne). « Grâce, ensuite, à sa nature individuelle
la première forme de célébration permet d'associer le sacrement de la pénitence
à quelque chose de différent, mais de bien conciliable avec elle : je me réfère
à la direction spirituelle. Il est certain, donc, que la décision et l'engagement
personnels sont clairement signifiés et promus dans cette première forme » [48]. « Quand cela est
possible, il est bon qu’à certains moments de l’année ou quand l’occasion s’en
présente, la confession individuelle des pénitents se fasse dans le cadre de
célébrations pénitentielles, selon ce que prévoit le rituel, dans le respect
des différentes traditions liturgiques, pour pouvoir donner toute sa place à la
célébration de la Parole par l’usage de lectures appropriées »[49].
43. Même si « en cas de
grave nécessité on peut recourir à la célébration communautaire de la
réconciliation avec confession générale et absolution générale », selon
les règles du Droit, « les fidèles, pour que l'absolution soit valide,
doivent prendre la résolution de confesser individuellement leurs péchés graves
en temps voulu » [50]. Juger si les conditions
requises par le Droit sont remplies « appartient à l’Évêque diocésain qui,
en tenant compte des critères établis d’un commun accord avec les autres
membres de la conférence des Évêques, peut déterminer les cas où se rencontre
cette nécessité »[51].
C’est pourquoi, « la
confession individuelle et intégrale suivie de l’absolution demeure le seul
mode ordinaire par lequel les fidèles se réconcilient avec Dieu et l'Église, sauf
si une impossibilité physique ou morale dispense d'une telle confession… La
confession personnelle est donc la forme la plus significative de la
réconciliation avec Dieu et avec l'Église » [52].
Les règles pratiques établies par l’Eglise comme expression de la charité
pastorale
44. Les
canons du Code de droit canonique contiennent des orientations pratiques
sur la confession individuelle et la célébration communautaire [53], ainsi que sur le lieu
et la façon de disposer le confessionnal [54]. Concernant les ministres,
sont rapportées des règles avalisées par la tradition ecclésiale et
l'expérience, telles que la faculté de confesser ordinairement et la faculté
d'absoudre dans quelques cas spéciaux [55]. Il faut se conformer en
tout aux critères de l'Église sur la doctrine morale [56]. Il faut toujours se
comporter comme des serviteurs justes et miséricordieux, et pourvoir ainsi à
l'« honneur divin et au salut des âmes » [57].
45. Ces
règles aident aussi à agir avec la prudence requise « en tenant compte
également de la condition et de l'âge du pénitent » [58], aussi bien pour poser
des questions que pour proposer des orientations pratiques et indiquer une
« satisfaction opportune » [59]. C’est exactement dans ce
contexte du mystère de la grâce divine et du cœur humain que se situe le mieux
le « sceau » sacramentel [60].
D’autres
règles offrent quelques indications pour aider les pénitents à se confesser
avec clarté, par exemple en ce qui concerne le nombre et l’espèce des péchés
graves[61],
en indiquant les temps les plus opportuns, les moyens concrets (comme peuvent
être, à l’occasion, les interprètes) et surtout la liberté de se confesser avec
des ministres approuvés qu'ils peuvent choisir [62].
46. Le Rituel
de la pénitence donne des orientations doctrinales et des règles pratiques
semblables : la préparation du prêtre, l’accueil, la célébration avec tous ses
détails. Ces orientations aideront le pénitent à modeler sa vie sur la grâce
reçue. C’est pourquoi la célébration communautaire, avec absolution
individuelle, constitue une grande aide à la confession individuelle qui reste
toujours la forme ordinaire de la célébration du sacrement de la pénitence.
47. La Lettre Apostolique Motu proprio Misericordia
Dei du Pape Jean-Paul II, sur quelques aspects de la célébration du
sacrement de la pénitence, offre également beaucoup de règles pratiques sur les
différentes façons possibles de réaliser la célébration sacramentelle et sur
chacun de ses gestes.
Orienter sur le chemin de la sainteté conformément à l’action de l’Esprit Saint
48. Dans toutes ces possibilités de célébration, la chose la plus importante est
d’aider le pénitent dans son processus de configuration au Christ. Parfois un
simple conseil de sagesse éclaire pour toute la vie, ou porte à prendre au
sérieux l’itinéraire de contemplation et de perfection, sous la conduite d'un
bon directeur spirituel. Le directeur spirituel est un instrument dans les
mains de Dieu, pour aider à découvrir ce que Dieu veut de chacun à l'instant
présent : sa science n'est pas purement humaine. L’homélie d'une célébration
communautaire ou le conseil privé d’une confession individuelle peuvent être
déterminants pour toute la vie.
49. À tout
instant, il faut tenir compte de l’itinéraire suivi par le
pénitent. Parfois on l’aidera à adopter une attitude de conversion radicale qui
l’amène à reprendre ou à raviver l'option fondamentale de la foi ; d’autres
fois il s'agira d'une aide dans le processus normal de sanctification qui est
toujours, harmonieusement, purification, illumination et union.
50. La
confession fréquente, lorsque il y a seulement des péchés légers ou des
imperfections, est comme une conséquence de la fidélité au baptême et à la
confirmation, et exprime un authentique désir de perfection et de retour au
dessein du Père, pour que le Christ vive vraiment en nous par une vie de plus
grande fidélité au Saint Esprit. C’est pourquoi, « en tenant compte de
l'appel de tous les fidèles à la sainteté, on leur recommande de confesser même
les péchés véniels » [63].
Disponibilité ministérielle et accueil paternel
51. Avant
tout, la prière et la pénitence pour les âmes sont essentielles. Ainsi sera
possible une authentique disponibilité ainsi qu’un accueil paternel.
52. Ceux qui
ont le soin des âmes doivent « pourvoir à ce que soient entendues les
confessions des fidèles qui leur sont confiés et qui demandent raisonnablement
à être écoutés, et de leur offrir la possibilité d’accéder à la confession individuelle
à des jours et heures fixés pour leur commodité » [64]. C’est ce qui se fait aujourd'hui
avec des résultats très positifs en beaucoup d’endroits, non seulement dans
quelques sanctuaires mais aussi en tant de paroisses et d’églises.
53. Cette
disponibilité ministérielle tend à se prolonger en suscitant des désirs de
perfection chrétienne. L'aide du ministre, avant ou pendant la confession, conduit
à la vraie connaissance de soi, à la lumière de la foi, en vue d'adopter une
attitude de contrition, des résolutions de conversion permanente et intime,
comme aussi de réparation ou de correction et de changement de vie, pour dépasser
l’insuffisance de la réponse à l'amour de Dieu.
54. Le
texte final de la célébration du sacrement, après l'absolution proprement dite
et l’envoi, contient une grande richesse spirituelle et pastorale, et il conviendrait
de le réciter, vu qu'il oriente le cœur vers la passion du Christ, les mérites
de la Vierge Marie et des Saints, et vers la coopération au moyen des bonnes œuvres
qui s’ensuivent.
55. Ainsi
donc le ministre, du fait qu’il agit au nom du Christ Bon Pasteur, a l'urgence
de connaître et de discerner les maladies spirituelles, de se faire proche du
pénitent, d'être fidèle à l'enseignement du Magistère sur la morale et la
perfection chrétiennes, de vivre une authentique vie de prière, d'adopter une
attitude prudente dans l'écoute et dans les questions, d'être disponible envers
qui demande le sacrement raisonnablement, de suivre les motions du Saint
Esprit. Il s’agit toujours d’une fonction paternelle et fraternelle à l’imitation
du Bon Pasteur, et c’est une priorité pastorale. Le Christ, présent dans la
célébration sacramentelle, attend aussi dans le cœur de chaque pénitent, et il requiert
du ministre prière, étude, invocation de l'Esprit et accueil paternel.
56. Cette
perspective de charité pastorale met en évidence que « le manque de disponibilité
à accueillir les brebis blessées, ou mieux, à aller à leur rencontre pour les
ramener à la bergerie, serait un douloureux signe de manque de sens pastoral chez
celui qui, en vertu de l'Ordination sacerdotale, doit porter en soi l'image du
Bon Pasteur. (…) En particulier, on recommande la présence visible des confesseurs (…) et la
disponibilité spéciale aussi pour répondre aux nécessités des fidèles durant la
célébration des Messes, » [65]. S’il s'agit d'une « concélébration, on exhorte
vivement à ce que quelques prêtres s'abstiennent de concélébrer pour être
disponibles aux fidèles qui veulent accéder à ce sacrement » [66].
57. La
description que le Saint Curé d'Ars fait du ministère, accentue la note
d'accueil et la disponibilité. Benoît XVI commente ainsi : « Nous tous, prêtres, nous
devrions sentir combien les paroles qu'il mettait dans la bouche du Christ nous
touchent personnellement : ‘Je chargerai mes ministres de leur annoncer [aux
pécheurs] que je suis toujours prêt à les recevoir, que ma miséricorde est
infinie’. Du Saint Curé d'Ars, nous pouvons apprendre, nous prêtres, non seulement
une inépuisable confiance dans le sacrement de la pénitence, qui nous pousse à
le remettre au centre de nos préoccupations pastorales, mais aussi la méthode du
‘dialogue de salut’ qui doit s’établir en lui. Le Curé d'Ars avait une manière
différente de se comporter avec les divers pénitents » [67]. Dans ce contexte, on
comprend l'explication qu’il donna à un confrère prêtre : « Je vais vous
dire ma recette : je donne [aux pécheurs] une petite pénitence et je fais le
reste à leur place » [68].
Une formation renouvelée et
actualisée des prêtres pour guider les fidèles dans les diverses situations
58. On peut apprendre du Saint
Curé d'Ars la façon de distinguer les pénitents pour pouvoir mieux les
orienter, en fonction de leur disponibilité. Tout en offrant aux plus fervents
des modèles de sainteté, il les exhortait tous à se plonger dans le
« torrent de la divine miséricorde » en donnant des motifs d'espoir
pour se corriger : « Le bon Dieu sait toutes
choses. D’avance, il sait qu’après vous être confessé, vous pécherez de nouveau
et cependant il vous pardonne. Quel amour que celui de notre Dieu qui va
jusqu’à oublier volontairement l’avenir pour nous pardonner ! » [69]
Cet effort
de charité pastorale « était sans doute pour lui la plus grande des
pratiques ascétiques, un ‘martyre’ ». C’est pourquoi « le Seigneur lui
concédait de réconcilier de grands pécheurs repentis, et même de guider vers la
perfection des âmes qui en avaient le vif désir » [70].
59. Le confesseur est pasteur,
père, maître, éducateur, juge spirituel et même médecin qui discerne et propose
sa cure. « Que le prêtre se souvienne, en entendant les confessions, qu’il
tient le rôle du juge autant que du médecin, et qu’il a été constitué par Dieu
ministre en même temps de la justice et de la miséricorde divine, pour pourvoir
à l'honneur divin et au salut des âmes » [71].
60. Marie
est Mère de miséricorde parce que Mère du Christ Prêtre, révélateur de la
miséricorde. Elle est celle qui « comme aucun autre, a expérimenté la
miséricorde… elle est celle qui connaît le plus à fond le mystère de la
miséricorde divine », et c’est pourquoi elle peut « rejoindre tous ceux
qui acceptent plus facilement l'amour miséricordieux de la part d'une
mère » [72]. La spiritualité mariale
du prêtre ministre laissera entrevoir, dans sa façon d'agir, le Cœur maternel
de Marie comme un reflet de la miséricorde divine.
Nouvelles situations, nouvelles grâces, nouvelle ferveur des ministres
61. Il faut
reconnaître les difficultés actuelles à exercer le ministère de la pénitence,
dues à une certaine perte du sens du péché, à une certaine désaffection envers
ce sacrement, au fait de ne pas voir l'utilité de se confesser s'il n’y a pas
de péché grave, et même à la fatigue du ministre pris par tant d'activités.
Mais la confession est toujours une renaissance spirituelle qui transforme le
pénitent en nouvelle créature et qui l'unit toujours davantage à l'amitié avec le
Christ. C’est pourquoi elle devient une source de joie pour celui qui est
serviteur du Bon Pasteur.
62. Lorsque le
prêtre exerce ce ministère, il revit particulièrement sa condition d'être l’instrument
d'un merveilleux événement de grâce. À la lumière de la foi, il peut
expérimenter la réalisation de l'amour miséricordieux de Dieu. Les gestes et
les paroles du ministre sont un moyen pour que s’accomplisse un vrai miracle de
la grâce. Même s’il existe d’autres moyens ecclésiaux pour communiquer la
miséricorde de Dieu, pour ne pas parler de l'Eucharistie qui est la plus grande
preuve d'amour, « dans le sacrement de la pénitence l’homme est rejoint de
façon visible par la miséricorde de Dieu »[73].
C’est un moyen privilégié pour encourager non seulement à recevoir le pardon
mais aussi à suivre avec générosité la route qui conduit à l’identification au
Christ. L’apprentissage de l'art d'être disciple à la manière évangélique (de
la part des fidèles et du ministre lui-même) a besoin de cette aide pour se
maintenir à un certain niveau de générosité.
63. Cette perspective
d'encouragement demande au ministre d’être davantage attentif à sa formation :
« Par conséquent, il est nécessaire qu'il unisse à une bonne sensibilité
spirituelle et pastorale une sérieuse préparation théologique, morale et
pédagogique, qui le rende capable de comprendre le vécu de la personne. Il lui
est ensuite très utile de connaître les domaines sociaux, culturels et
professionnels de ceux qui s’approchent du confessionnal, pour pouvoir proposer
des conseils adaptés et des orientations spirituelles et pratiques… À la
sagesse humaine, à la préparation théologique il faut par conséquent unir une
profonde veine de spiritualité, laquelle s’alimente au contact priant du Christ,
Maître et Rédempteur » [74]. La formation permanente
est pour cela de grande utilité, par exemple les journées de formation du
clergé avec cours spécifiques comme ceux qui sont organisés par la Pénitencerie
Apostolique.
II - LE MINISTÈRE DE LA
DIRECTION SPIRITUELLE
1. Importance actuelle, moment
de grâce
Parcours historique et actuel
64. Des premiers siècles de
l'Église à nos jours, le conseil spirituel a été pratiqué ; on l’appelle aussi
direction, guide et accompagnement spirituel. Il s'agit d’une pratique
millénaire qui a produit des fruits de sainteté et de disponibilité évangélisatrice.
Le
Magistère, les Saints Pères, les auteurs d'écrits spirituels et les règles de
vie ecclésiale parlent de la nécessité de ce conseil ou direction, surtout dans
les périodes de formation et en certaines circonstances de la vie chrétienne.
Il y a des temps de la vie qui nécessitent un discernement spécial et un accompagnement
fraternel. Telle est la logique de la vie chrétienne. « Il est nécessaire
de redécouvrir la grande tradition de l'accompagnement spirituel individuel, qui
a toujours donné de nombreux et très précieux fruits dans la vie de
l'Église » [75].
65. Notre
Seigneur était proche de ses disciples. La direction, ou accompagnement et
conseil spirituel, a existé au cours des siècles, au début surtout dans les monastères
(moines d'Orient et d'Occident) et par la suite également dans les diverses écoles
de spiritualité, depuis le Moyen Age. A partir des XVIe-XVIIe
siècles son application à la vie chrétienne est devenue plus fréquente, comme
on peut le constater dans les écrits de Sainte Thérèse de Jésus, Saint Jean de
la Croix, Saint Ignace de Loyola, Saint Jean d'Avila, Saint François de Sales, Saint
Alphonse-Marie de Liguori, Pierre de Bérulle, etc. Bien que la direction
spirituelle donnée par des moines et des prêtres ministres ait été prédominante,
il y a toujours eu des fidèles (religieux et laïcs) – par exemple sainte
Catherine – pour rendre ce service. La législation ecclésiastique a recueilli
toute cette expérience et l'a appliquée surtout lors de la formation initiale à
la vie sacerdotale et consacrée. Il existe aussi des laïcs bien formés – hommes
et femmes – qui exercent ce service de conseil dans le cheminement vers la
sainteté.
Formation sacerdotale pour cet accompagnement
66. La direction spirituelle est une
aide sur le chemin de la sanctification pour tous les fidèles de n'importe quel
état de vie. Actuellement, tandis qu'on observe une recherche d'orientation
spirituelle chez les fidèles, on perçoit en même temps le besoin d'une plus
grande préparation des ministres, pour pouvoir prêter avec diligence ce service
de conseil, de discernement et d’accompagnement. Là où cette pratique existe, on
observe un renouvellement personnel et communautaire, la naissance de vocations,
un esprit apostolique, la joie de l’espérance.
67. Dans la
période préparatoire au sacerdoce, l'étude de la théologie spirituelle et
l'expérience de la vie spirituelle elle-même apparaissent toujours plus
nécessaires et urgentes. En réalité, le conseil et l'accompagnement spirituel sont
une part intégrante du ministère de la prédication et de la réconciliation. Le
prêtre, en effet, est appelé à être un guide sur la voie de l’identification au
Christ qui inclut le cheminement de la contemplation. Fournir l'aide de la direction
spirituelle, comme un discernement de l'Esprit, fait partie du ministère :
« En éprouvant les esprits pour savoir s'ils sont de Dieu, [les prêtres]
doivent découvrir avec le sens de la foi les charismes multiformes des laïcs, tant
les plus humbles que les plus sublimes, ils doivent les reconnaître avec joie
et les développer avec ardeur » [76].
68. La
formation initiale au sacerdoce, depuis les premiers temps de vie au séminaire,
inclut justement cette aide : « Que les séminaristes soient préparés, par une
formation religieuse spéciale, en premier lieu par une direction spirituelle
adaptée, à suivre le Christ rédempteur avec une âme généreuse et un cœur pur » [77].
69. Il ne
s'agit pas seulement d'une consultation sur des thèmes doctrinaux mais plutôt
de la vie de relation, d'intimité et de configuration au Christ, qui est toujours
une participation à la vie trinitaire : « La formation spirituelle, qu'on unira étroitement à la
formation doctrinale et pastorale, sera donnée grâce à l'aide surtout du
directeur spirituel, de façon à introduire les séminaristes dans une vie
d'union continuelle et familière avec le Père, par son Fils Jésus Christ, dans
l'Esprit Saint ». [78]
Direction spirituelle et ministère sacerdotal
70. Les « munera » sacerdotaux se décrivent
en tenant compte de leur relation avec la vie spirituelle des fidèles :
« Vous êtes les ministres de l'Eucharistie, les dispensateurs de la
miséricorde divine dans le sacrement de la pénitence, les consolateurs des
âmes, les guides de tous les fidèles dans les difficultés orageuses de la
vie » [79].
Dans l’accompagnement
ou la direction spirituelle, on a toujours donné une grande importance au
discernement de l'Esprit, en vue de la sanctification, de la mission apostolique
et de la vie de communion ecclésiale. La logique de l’Esprit Saint pousse à
vivre dans la vérité et le bien selon l’exemple du Christ. Il faut demander sa
lumière et sa force pour discerner et être fidèles à ses directives.
71. On peut
affirmer que cette attention à la vie spirituelle des fidèles, qui consiste à
les guider sur voie de la contemplation et de la sainteté, et à les aider aussi
dans le discernement de la vocation, est une priorité pastorale : « Dans
cette perspective, le soin des vocations au sacerdoce saura s'exprimer aussi dans
une proposition ferme et persuasive de direction spirituelle… Les prêtres, de leur côté, doivent être les
premiers à consacrer du temps et de l'énergie à cette oeuvre d'éducation et de
soutien spirituel personnel: ils ne regretteront jamais d'avoir négligé ou fait
passer au second plan beaucoup d'autres choses, même belles et utiles, si cela
était inévitable pour continuer à croire à leur ministère de collaborateurs de
l'Esprit afin d'éclairer et de conduire ceux qui sont appelés ». [80]
72. Le soin
des jeunes, en particulier, dans le but de discerner leur vocation spécifique au
sein de la vocation chrétienne générale, comprend cette attention de conseil et
d’accompagnement spirituel : « Comme l’écrivait le futur Paul VI, ‘la
direction spirituelle a une fonction très belle et que l’on peut dire
indispensable, pour l'éducation morale et spirituelle de la jeunesse qui
veut interpréter et suivre avec une absolue loyauté la vocation, quelle qu’elle
soit, de sa propre vie ; et elle conserve encore son importance bénéfique à
tout âge de la vie, lorsqu’on demande à la lumière et à la charité d'un conseil
pieux et prudent de vérifier sa propre droiture et de se confronter à
l'accomplissement généreux de ses devoirs. C’est un moyen pédagogique très
délicat, mais de très grande valeur ; c’est un art pédagogique et psychologique
de lourde responsabilité pour celui qui l'exerce ; c’est un exercice spirituel
d'humilité et de confiance chez celui qui la reçoit’ ». [81]
73. La
direction spirituelle est d'habitude en rapport avec le sacrement de la
réconciliation, au moins dans le sens d'une conséquence possible, lorsque les
fidèles demandent d'être guidés dans leur cheminement vers la sainteté, y
compris sur la voie particulière de leur vocation personnelle : « Parallèlement au
sacrement de la réconciliation, le prêtre ne manquera pas d'exercer le
ministère de la direction spirituelle. La redécouverte et la diffusion
de cette pratique, même en des moments différents de l'administration de la pénitence,
est un grand bénéfice pour l'Église dans le temps présent. L'attitude généreuse
et active des prêtres pour la pratiquer est aussi une occasion importante pour découvrir
et soutenir les vocations au sacerdoce et aux diverses formes de vie consacrée ». [82]
La Direction spirituelle que reçoivent les ministres ordonnés
74. Les
ministres eux-mêmes ont besoin de la pratique de la direction spirituelle, qui
est toujours liée à l'intimité avec le Christ : « Pour accomplir avec
fidélité leur ministère, qu’ils aient à cœur le colloque quotidien avec le Christ
Seigneur dans la visite et le culte personnel à la sainte Eucharistie. Qu'ils trouvent
volontiers du temps disponible pour la retraite spirituelle et qu’ils aient en
grande estime la direction spirituelle ». [83]
75. La
réalité ministérielle exige que le ministre reçoive personnellement la
direction spirituelle en la recherchant et en la suivant avec fidélité, pour
mieux guider les autres : « Pour contribuer à l'amélioration
de leur spiritualité, il est nécessaire que les prêtres pratiquent eux-mêmes la
direction spirituelle. En remettant dans les mains d'un sage confrère la
formation de leur âme, ils mûriront dès le début de leur ministère dans la
conscience de l'importance de ne pas marcher seul sur les voies de la vie
spirituelle et de l'engagement pastoral. En faisant usage de ce moyen de
formation efficace, si bien expérimenté dans l'Eglise, les prêtres
bénéficieront d'une liberté entière dans le choix de la personne qui doit les
guider ». [84]
76. Pour les
questions personnelles et communautaires il est nécessaire de faire recours au
conseil des frères, surtout de ceux qui doivent l'exercer en vertu de la mission
qui leur est confiée, selon leur grâce d'état, sans oublier que le premier
« conseiller » ou « directeur » est toujours le Saint
Esprit, auquel il faut recourir avec une prière constante, humble et confiante.
2 - Lignes fondamentales
Nature et fondement théologique
77. La vie
chrétienne est « chemin » et « vie de l'Esprit » (cf. Gal 5, 25), comme syntonie, relation,
imitation, configuration au Christ, pour participer de sa filiation divine. C’est
pourquoi « tous ceux qui sont guidés par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont
enfants de Dieu » (Rm 8, 14). Le
conseil ou la direction spirituelle aide à distinguer « l'esprit de la
vérité et l'esprit de l'erreur » (1Jn
4, 6) et « à revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et dans la
sainteté véritable » (Ep 4, 24). La direction spirituelle est
surtout une aide pour le discernement dans le cheminement vers la sainteté
ou la perfection.
Le
fondement de cette pratique de l'« accompagnement » ou de la « direction »
spirituelle se trouve dans l’être de l'Église comme communion, Corps Mystique
du Christ, famille de frères qui s’entraident selon les charismes reçus. L'Église est un ensemble de
« médiations » qui correspondent aux différents ministères, vocations
et charismes. Tous ont besoin des autres, même et spécialement dans le domaine du
conseil spirituel. Il s'agit de rechercher et d’accepter un conseil qui vient de
l’Esprit Saint par l’intermédiaire des frères.
Dans le
baptême et la confirmation, nous avons tous reçu les dons de l'Esprit, parmi
lesquels le don de « conseil », tellement important. L'expérience
ecclésiale montre que quelques personnes ont ce don du conseil à un degré élevé
ou que, tout au moins, elles sont appelées à servir les autres par l’exercice
du charisme qu’elles ont reçu. Parfois, la direction ou le conseil spirituel s’exerce
à la suite d’une charge confiée par l'autorité ecclésiale ou par la communauté
ecclésiale dans laquelle on vit.
Objectif spécifique
78. L'objectif
de la direction spirituelle
consiste donc, principalement, à discerner les signes de la volonté de Dieu.
Normalement on parle de discerner les lumières et les motions de l’Esprit Saint.
Il y a des temps où cette consultation est plus pressante. Il est nécessaire de
tenir compte du « charisme » particulier de la vocation personnelle
ou de la communauté dans laquelle vit celui qui demande ou qui reçoit le
conseil.
79. Chercher
à discerner les signes de la volonté de Dieu, avec l'aide du conseil fraternel,
inclut éventuellement la consultation sur des thèmes de morale et de pratique
des vertus, et aussi l’exposition confidentielle d’une situation à éclairer.
Mais s'il manquait un vrai désir de sainteté, l'objectif principal de la
direction spirituelle serait perdu. Cet objectif est inhérent au processus de
foi, d'espérance et de charité (comme configuration aux critères, valeurs et
attitudes du Christ) qui doit être orienté selon les signes de la volonté de
Dieu en harmonie avec les charismes reçus. Le fidèle qui reçoit le conseil doit
assumer sa propre responsabilité et son initiative.
80. La
consultation morale, l’exposition confiante de ses propres problèmes, la mise
en pratique des moyens de sanctification, doivent rentrer dans le contexte de
la recherche de la volonté de Dieu. Sans le désir sincère de sainteté, qui
équivaut à la mise en pratique des béatitudes et du commandement de l’amour, il
n'y aurait plus l'objectif spécifique de la direction spirituelle dans la vie
chrétienne.
Dynamisme et processus
81. Durant le processus de
la direction spirituelle il est nécessaire d'entrer dans la connaissance de soi
à la lumière de l'Evangile et, donc, de s’appuyer sur la confiance en Dieu. C’est
précisément un itinéraire de relation personnelle avec le Christ, dans lequel on
apprend et on pratique avec Lui l'humilité, la confiance et le don de soi,
selon le nouveau commandement de l’amour.
On aide à
former la conscience en instruisant l'esprit, en éclairant la mémoire, en
fortifiant la volonté, en orientant l'affectivité et en encourageant à un généreux
engagement de sanctification.
82. Le processus
de la direction spirituelle suit quelques étapes qui ne sont pas
ordonnées rigidement mais qui se succèdent comme des cercles concentriques : conduire
à la connaissance de soi, dans la confiance en Dieu Amour, dans la décision du
don total de soi, dans une harmonie de purification, d’illumination et d'union.
C’est une dynamique de vie en accord avec la vie trinitaire participée (cf. Jn 14, 23 ; Ep 2, 18), au moyen de la configuration au Christ (des critères, des
valeurs, des attitudes qui manifestent la foi, l’espérance, la charité…) et
sous l'action de l’Esprit Saint, acceptée avec fidélité et générosité.
Tout cela
se réalise dans une série de domaines – la relation à Dieu, le travail, les
rapports sociaux, en unité de vie – dans lesquels on cherche la volonté de Dieu
au moyen du conseil et de l'accompagnement : itinéraire de prière et de contemplation,
de discernement et de fidélité à la vocation, de don dans le cheminement vers
la sainteté, vie harmonieuse de « communion » fraternelle ecclésiale,
disponibilité à l’apostolat. L'accompagnement et le conseil portent jusqu’aux
moyens. En tout ce processus il faut tenir compte du fait que le vrai directeur
est l’Esprit Saint, tandis que le fidèle conserve toute sa responsabilité et son
initiative.
83. Dans le
cheminement de la prière (personnelle, communautaire et liturgique) il
faudra enseigner à prier, en soignant en particulier l'attitude filiale du
« Notre Père » qui est faite d'humilité, de confiance et d’amour. Les
écrits des saints et des auteurs spirituels aideront à orienter la personne sur
cette voie faite « d'ouverture du cœur et de joie de sa présence »
(Saint Curé d'Ars), dans un échange de regard, « je l’avise et il m’avise »
(le paysan d'Ars qui met en pratique les enseignements du Saint Curé). Ainsi on
accepte la présence offerte de Jésus et on apprend à faire de sa propre présence
« une permanence avec celui dont nous nous savons aimés » (Sainte
Thérèse de Jésus). C’est le silence de l'adoration, de l'admiration et du don,
« un regard simple du cœur » (Sainte Thérèse de Lisieux), mais aussi une
parole comme celle de Jésus à Gethsémani.
Dans toutes les vocations ecclésiales
84. En
partant de l'appel de Jésus (« soyez parfaits comme votre Père céleste est
parfait » Mt 5, 48), le prêtre
invite tous les fidèles à s’engager sur le chemin « de la plénitude de la
vie qui est propre aux enfants de Dieu » [85], pour arriver à la
« connaissance vécue du Christ » [86]. Les exigences de la vie
chrétienne (laïque, religieuse, sacerdotale) ne se comprendraient pas sans
cette vie « spirituelle », c'est-à-dire sans cette « vie »
dans le Saint Esprit, qui pousse « à annoncer aux pauvres la bonne
nouvelle » (Lc 4, 18).
85. Sur la route de la vocation ecclésiale de
chacun, on veille surtout aux motivations et à l’intention droite, à la liberté
dans le choix, à la formation des personnes idoines ou aux qualités.
Les experts
en théologie spirituelle décrivent le directeur spirituel comme celui qui
instruit dans des cas et des applications concrètes, qui fournit les
motivations pour se donner avec générosité et qui aide en proposant des moyens de
sanctification adaptés à chaque personne et à chaque situation, selon la diversité
des vocations. On aborde les difficultés avec la perspective de suivre Jésus de
façon authentique.
86. Il peut
y avoir une direction habituelle ou périodique, ou bien un accompagnement
temporaire « ad casum ». En outre, la direction peut être plus
intense au début. Il est fréquent que quelques croyants, dans leur cheminement
vocationnel, se sentent invités à demander la direction spirituelle, grâce à la
prédication, à des lectures, des retraites et des rencontres de prière, ou à la
confession. Une lecture attentive des documents du Magistère peut susciter l’exigence
de rechercher un guide pour vivre de façon plus cohérente la vie chrétienne. Ce
don dans la vie spirituelle porte à un plus grand engagement dans la vie
sociale : « L’ouverture à
Dieu entraîne l’ouverture aux frères et à une vie comprise comme une mission
solidaire et joyeuse » [87].
3. Orientations pratiques
Itinéraire ou cheminement concret de vie spirituelle
87. De ces axes fondamentaux de
la direction spirituelle, en tenant compte de la réalité d'aujourd'hui – dans l’entrelacement
des grâces et des situations sociologiques et culturelles – découlent quelques orientations
pratiques, toujours ouvertes à des nouvelles grâces et à de nouvelles
circonstances.
L'application
du conseil spirituel (direction, accompagnement) tiendra compte de la vocation ecclésiale
personnelle, du charisme particulier ou des grâces spéciales. La personne étant
« une », il faut connaître les circonstances concrètes de sa vie : sa
famille, son travail, etc. S’il s'agit d’une vocation et d’un charisme spécifique,
il est bon de faire attention aux différents moments de la croissance [88].
À tout
moment il faut réserver une attention spéciale à des cas et des situations
particulières, comme le changement d'état ecclésial, les désirs de plus grande perfection,
la tendance aux scrupules, les phénomènes extraordinaires.
88. Il est
opportun de commencer le processus de la direction spirituelle par une
relecture de la vie. Cela aide beaucoup d’avoir quelques résolutions ou un
projet de vie qui inclue le rapport avec Dieu (la prière liturgique et
personnelle), le rapport fraternel, la famille, le travail, les amitiés, les vertus
concrètes, les devoirs personnels, l’apostolat, les moyens de spiritualité.
Dans ce projet peuvent se refléter les aspirations, les difficultés et le désir
de s'offrir davantage à Dieu. Il est très utile de préciser les moyens que l'on
veut employer dans le domaine de la prière, de la sainteté (les vertus), des
devoirs de son état, des mortifications ou des « petits ennuis de tous les jours » [89], etc.
89. Il y a un moment initial dans lequel on essaye de faire surgir des attitudes de
piété et de persévérance dans les vertus, la prière et l’adhésion à la volonté
de Dieu, quelque pratique d'apostolat, la formation du caractère (mémoire,
intelligence, affectivité et volonté), la purification, la formation à l'ouverture
et à une attitude d'authenticité sans duplicité. On se penche donc sur les cas d'aridité,
d'inconstance, d'enthousiasme superficiel ou passager, etc. C’est le bon moment
pour « éradiquer… et planter » (Jr
1, 10), pour connaître et orienter droitement la passion dominante.
90. Un
second temps est celui que l’on définit comme celui du progrès : on y vise au recueillement ou à la vie intérieure, à
une plus grande humilité et mortification, à l’approfondissement des vertus, à
l’amélioration de la prière.
On
arrive ainsi à un temps de plus grande perfection
dans lequel la prière est plus contemplative, on tente d'éradiquer ses
préférences, en distinguant un aspect « actif » et un autre « passif »
(cela revient à seconder fidèlement l'action de la grâce qui est toujours
surprenante), en apprenant à traverser la nuit de l'esprit (nuit de la foi).
L'approfondissement de l'humilité se transforme en gestes de charité.
91. Chacune
des vertus a besoin d'une attention particulière. Les lumières, les
inspirations ou les motions du Saint Esprit se reçoivent en ce cheminement, qui
est un discernement continu en vue d’une plus grande fidélité et générosité.
Les cas concrets de grâces spéciales ou de faiblesses spirituelles ou psychiques
doivent être abordés avec soin, en collaborant avec d'autres personnes plus
expertes, et toujours dans un grand respect.
Il est
utile de suivre un projet de vie qui peut se subdiviser simplement en un ensemble
de principes, d’objectifs et de moyens. C’est-à-dire que l’on indique où on
veut aller, où on se trouve, où on doit aller, quels obstacles peuvent être rencontrés
et quels moyens on doit utiliser.
92. Le
« sacrifice eucharistique, source et sommet de la vie
chrétienne » [90] a une incidence directe dans la vie spirituelle pour construire
l'unité de vie, nécessaire aux prêtres [91] et aux fidèles
laïcs [92],. Outre les sources principales de vie spirituelle (Eucharistie,
Parole, prière…), d’autres moyens concrets sont importants par leur aspect
pratique : la Lectio divina
ou la méditation selon différentes
méthodes, la pratique assidue du sacrement de la réconciliation, la lecture
spirituelle, l'examen de conscience (particulier et général), les retraites
spirituelles. La lecture spirituelle de saints et d'auteurs de spiritualité
guide sur le chemin de la connaissance de soi, de la confiance filiale et du don
généreux de soi.
93. Il est normal
que l’itinéraire chrétien présente quelques crises de croissance et de
mûrissement qui peuvent se produire à différent degré. La « nuit
obscure » de la foi peut se présenter à différents moments, mais
spécialement lorsque la personne s'approche davantage de Dieu, jusqu'à
expérimenter une sorte de « silence » ou d'« absence » de
Dieu qui en réalité est une façon de parler et une présence plus profonde de Dieu
même. L'accompagnement spirituel est à ce moment plus nécessaire que jamais, à
condition que l’on suive les indications que nous ont laissées les grands
saints et les maîtres de l'esprit.
Dans
l'apostolat, il y a des moments d'aridité, de défaites, de malentendus, de
calomnies et même de persécution qui peuvent se produire, par erreur, de la
part de bonnes personnes (la « persécution des gens de bien »). Le
conseil spirituel doit aider à vivre le mystère fécond de la croix avec un don spécial
du Christ Ami.
94. Des
situations particulières surviennent dans la vie chrétienne. Il s'agit parfois de
lumières, de motions de l'Esprit et de désirs de plus grand dévouement ou
apostolat. Mais il y a aussi des périodes d'illusion trompeuse, qui peuvent provenir
de l'amour propre ou de la fantaisie. Ils peut même y avoir des découragements,
des manques de confiance, de la médiocrité ou de la négligence et aussi de la tiédeur,
une anxiété excessive de se faire apprécier, une fausse humilité, etc.
95. Lorsque
se produisent des cas ou des phénomènes extraordinaires, il faut s’en remettre
aux auteurs spirituels et aux mystiques de l'histoire de l’Eglise. Il faut
tenir compte du fait que ces phénomènes peuvent être le fruit de la nature ou,
même dans le cas où ils proviendraient d'une grâce, ils peuvent s'exprimer de façon
imparfaite pour des motifs psychologiques, culturels, de formation, de milieu
social. Les critères que l'Église a suivi pour constater leur authenticité se
basent sur les contenus doctrinaux (à la lumière de l’Ecriture Sainte, de la
Tradition et du Magistère), l’honnêteté des personnes (surtout la sincérité, l'humilité
et la charité, en plus de la santé mentale) et les fruits permanents de
sainteté.
96. Il
existe aussi des maladies ou des faiblesses psychiques liées à la vie
spirituelle. Parfois elles sont de caractère davantage spirituel, comme la
tiédeur (l’acceptation habituelle du péché véniel ou des imperfections, sans désir
de les corriger) et la médiocrité (superficialité, manque d’ardeur pour le
travail sans soutien dans la vie intérieure). Ces faiblesses peuvent être liées
également au tempérament : anxiété de perfectionnisme, fausse crainte de
Dieu, scrupules sans fondements, rigorisme, laxisme, etc.
97. Les
faiblesses ou les maladies de type névrosé, davantage liées à la vie
spirituelle, nécessitent l'attention d'experts (en spiritualité et psychologie).
D'habitude elles se manifestent à travers une excessive recherche de l'attention
d’autrui, ou une profonde insatisfaction de soi (« hysterein ») qui cherche
à capter l'intérêt et la compassion de tous, en produisant souvent un climat
d'agitation euphorique dans lequel le directeur spirituel lui-même peut finir par
s’impliquer (en croyant protéger une victime ou une personne privilégiée). Ces
manifestations n'ont rien à voir avec la véritable contemplation et la mystique
chrétienne qui, en acceptant sa faiblesse, ne cherche pas à attirer l'attention
des autres, mais qui s'exprime dans l'humilité et la confiance, dans le service
des autres oublieux de soi, en conformité avec la volonté de Dieu.
Le discernement du Saint Esprit dans la direction spirituelle
98. Avec l'aide de
l'accompagnement ou du conseil spirituel, à la lumière de cette foi vécue, il
est plus facile de discerner l'action du Saint Esprit dans la vie de chacun, qui porte toujours
à la prière, à l'humilité, au sacrifice, à la vie ordinaire de Nazareth, au
service, à l'espérance, en suivant le modèle de la vie de Jésus, toujours guidée
par l’Esprit Saint : vers le « désert » (Lc 4, 1), les « pauvres » (Lc 4, 18), la « joie » pascale dans l'Esprit (Lc 10, 21).
99.
L'action de l'esprit mauvais est accompagnée d'orgueil,
d'autosuffisance, de tristesse, de découragement, d’envie, de confusion, de haine,
de fausseté, de mépris des autres, de préférences égoïstes. Sans le conseil et
l'accompagnement spirituel, il est très difficile de faire la lumière en
certains domaines, surtout lorsque s’ajoutent les questions de tempérament, de
culture et de qualités naturelles : les domaines où il faut appliquer le
discernement sont surtout ceux qui se réfèrent au processus vocationnel (dans
les circonstances de la vie de tous les jours), à la contemplation, la
perfection, la vie fraternelle, la mission. Mais il y a des situations
personnelles et communautaires qui demandent un discernement particulier, comme
le changement d'état de vie, les nouvelles lumières ou les motions, les
changements structurels, certaines faiblesses, les phénomènes extraordinaires,
etc.
100. Comme
l'Esprit « souffle où il veut » (Jn
3, 8), on ne peut pas donner de normes ou de règles rigides en matière de discernement
; mais les saints et les auteurs spirituels s’en remettent à certaines
constantes ou signes de l'action de l'Esprit d'amour, qui agit au-delà de la
logique humaine.
On ne
pourrait pas bien discerner une situation spirituelle, sans la paix du cœur,
qui se manifeste, comme don du Saint Esprit, lorsqu’on ne cherche pas son intérêt
propre ni à prévaloir sur les autres, mais la meilleure façon de servir Dieu et
ses frères. Alors le conseil spirituel (dans le contexte du discernement) œuvre
avec la garantie de la liberté intérieure, laquelle n’est pas conditionnée par
des préférences personnelles ni par les modes du moment.
Pour bien réaliser
le discernement, sont nécessaires : la prière, l’humilité, le détachement des
préférences, l'écoute, l'étude de la vie et de la doctrine des saints, la connaissance
des critères de l'Église, l’examen attentif de ses propres inclinations
intérieures, la disponibilité à changer, la liberté de cœur. C’est de cette
façon que l’on éduque à une saine conscience, c'est-à-dire à la « charité,
qui jaillit d'un cœur pur, d'une bonne conscience et d'une foi sincère » (1Tim 1, 5).
Qualités du
« directeur »
101. En
général on demande au directeur d’avoir un grand esprit
d'accueil et d'écoute, avec un sens de la responsabilité et de la disponibilité,
un esprit de paternité et de fraternité, et de respectueuse amitié, toujours sous
la forme de l’humble service de celui qui offre un conseil, en évitant
l'autoritarisme, la tendance à former les autres comme on est soi-même, et le
paternalisme, et sans dépendance affective, sans hâte ni perte de temps sur des
questions secondaires ; il faut une juste discrétion et prudence, savoir demander
conseil opportunément à autrui avec les réserves requises, etc. Ces qualités vont
avec le don de conseil. Une note de sain « humour » ne doit pas
manquer : s’il est authentique, il sera toujours respectueux et contribuera
à redimensionner beaucoup de problèmes artificiels et à vivre plus sereinement.
102. Pour
pouvoir exercer le don de conseil, sont nécessaires la connaissance ou la
science (théorique et pratique) de la vie spirituelle, l'expérience de
celle-ci, le sens des responsabilités et la prudence. L'harmonie entre ces
qualités fondamentales s'exprime sous forme de proximité, d’écoute, d’optimisme,
d’espérance, de témoignage, de cohérence, de capacité à susciter des désirs de
sainteté, de fermeté, de clarté, de vérité, de compréhension, d'ampleur ou de
pluralité des perspectives, d'adaptation, de persévérance dans le parcours ou le
cheminement.
Généralement
le directeur ou le conseiller spirituel (choisi, proposé, indiqué) est unique,
pour assurer la continuité. Dans la vie de quelques saints on peut observer une
grande liberté dans le fait de consulter d’autres personnes et de changer de directeur
quand on constate que cela est préférable pour la vie spirituelle. L'éventuel changement
de directeur doit toujours être possible et libre, lorsqu’il y a des
motivations valables pour une plus grande croissance spirituelle.
103. Le
directeur doit bien connaître la personne qu’il aide, pour chercher avec elle les
signes de la volonté de Dieu dans son cheminement vers la sainteté et dans les moments
particuliers de grâce. Le diagnostic portera sur la manière d'être, les
qualités et les défauts, la croissance de la vie spirituelle personnelle, etc. La
formation donnée correspond à l'instant de la grâce. Le directeur ne fait pas
le chemin mais il le suit, en assistant la personne dans sa réalité concrète. C’est
le Saint Esprit qui guide les âmes, et le directeur doit en seconder l’action.
Il
maintient constamment un respect profond pour la conscience des fidèles, en
créant un rapport juste pour qu'il y ait une ouverture spontanée et en agissant
toujours avec respect et délicatesse. L’exercice du pouvoir de juridiction dans
l’Eglise doit toujours respecter la réserve et le silence du directeur
spirituel.
104.
L'autorité du directeur n’est pas fondée sur le pouvoir juridictionnel, elle
est précisément celle du conseil et de l'orientation. Elle n’autorise pas le
paternalisme, même si on doit correspondre à une telle autorité par une
fidélité de base, typique d’une docilité filiale. L’attitude d'humilité et de
confiance du directeur conduira ce dernier à prier et à ne pas se décourager
lorsque il ne voit pas de fruit.
105. Dans
les institutions de formation sacerdotale et de vie consacrée, comme aussi dans
quelques initiatives apostoliques, d'habitude, pour garantir justement une formation
adaptée, on indique quelques conseillers (directeurs, maîtres) en laissant une grande
marge en ce qui concerne le choix du directeur personnel, en particulier
lorsque il s'agit d'un problème de conscience et de confession.
Qualités de
celui qui bénéficie de la direction spirituelle
106. De la part de celui qui
bénéficie de la direction spirituelle, il faut de l’ouverture, de la sincérité,
de l’authenticité et de la cohérence, la mise en œuvre des moyens de
sanctification (liturgie, sacrements, prière, sacrifice, examen…). La
périodicité des rencontres dépend des temps et des situations, puisqu'il n’y a pas
de règle fixe. Les instants initiaux de la formation demandent une périodicité
plus fréquente et assidue. Il est préférable que la consultation se fasse
spontanément sans attendre d'être appelé.
107. La
liberté dans le choix du directeur ne diminue pas l'attitude de respect. On
accepte l'aide en esprit de foi. On doit s’exprimer avec sobriété, oralement ou
en lisant quelque chose que l’on a écrit auparavant, en rendant compte de sa
conscience et de la situation dans laquelle on se trouve par rapport au projet
de vie tracé dans le cadre de la direction. On demande conseil sur les vertus,
les défauts, la vocation, la prière, la vie de famille, la vie fraternelle, ses
propres devoirs (spécialement dans le travail), l'apostolat. On a pour attitude
fondamentale de demander comment plaire à Dieu et être davantage fidèle à sa
volonté.
108. L'authenticité
de la vie spirituelle s’exprime dans la manière de mettre en harmonie les
conseils recherchés et reçus et une vie pratique cohérente. L'examen personnel est très
utile pour la connaissance de soi, ainsi que la participation aux retraites
spirituelles reliées à la direction spirituelle.
109. Le chrétien doit toujours
agir avec une liberté et une responsabilité totale. La fonction du directeur
spirituel est d’aider la personne à choisir et à décider librement et de façon
responsable, avec une maturité chrétienne, ce qu’elle doit faire devant Dieu.
La personne dirigée doit assumer le conseil spirituel de façon libre et
responsable, et si elle se trompait, elle ne pourrait en rejeter la
responsabilité sur le directeur spirituel.
Direction spirituelle du prêtre
110. Le ministère du prêtre est
lié à la direction spirituelle, mais il a aussi besoin d'apprendre à recevoir
cette direction pour savoir mieux l’impartir aux autres lorsque ils la lui
demandent.
Lorsque c’est
le prêtre qui reçoit la direction spirituelle, il faut tenir compte du fait que
le cœur de sa spiritualité spécifique est l’ « unité de vie » [93]
dans l’exercice du ministère. Cette « unité de vie », selon le Concile, ce
sont les prêtres qui la réalisent avec simplicité dans leur situation concrète,
« en suivant dans l’accomplissement de leur ministère l'exemple du Christ
Seigneur, dont la nourriture était l'accomplissement de la volonté de celui qui
l'a envoyé pour réaliser son œuvre » [94]. Ce
sont des dons et des charismes vécus en rapport étroit de dépendance envers l’évêque
et en communion avec le presbyterium de l'Église particulière.
111. Un projet personnel de vie spirituelle
sacerdotale, en plus de la célébration eucharistique et de la récitation
quotidienne de l’Office Divin, pourrait consister en ceci : consacrer
chaque jour un certain temps à la méditation de la Parole, et quelques minutes
à la lecture spirituelle, réserver quotidiennement un moment de visite ou
d’adoration eucharistique, avoir périodiquement des rencontres fraternelles
avec d’autres prêtres pour s’aider mutuellement (se réunir pour prier,
échanger, collaborer, préparer l’homélie, etc.), mettre en pratique et soutenir
les orientations de l’Evêque à l’égard du Presbyterium (projet de vie ou
directoire, formation permanente, pastorale sacerdotale…), réciter chaque jour
une prière mariale, comme le chapelet, pour la fidélité à ces engagements,
faire quotidiennement l’examen de conscience général et particulier[95].
112. En ce ministère ou service de direction spirituelle, le prêtre, comme dans
le ministère de la réconciliation sacramentelle, représente le Christ Bon
Pasteur, guide, maître, frère, père, médecin. C’est un service intimement lié
au ministère de la prédication, de la direction de la communauté et du
témoignage de vie.
113.
L'action ministérielle est étroitement liée à l'accompagnement spirituel.
« Il
revient donc aux prêtres, en tant qu'éducateurs dans la foi, de veiller, par
eux-mêmes ou à travers d'autres, à ce que chaque fidèle soit conduit dans le
Saint Esprit à développer sa vocation personnelle selon l'Évangile, à pratiquer
une charité sincère et active, à exercer cette liberté dont le Christ nous a
libérés. Les cérémonies les plus belles ou les associations les plus
florissantes seraient de bien peu d’utilité, si elles ne tendaient pas à
éduquer les hommes à la maturité chrétienne. Pour promouvoir cette maturité,
les prêtres sauront les aider à devenir capables de lire dans les événements eux-mêmes
– de grande ou de moindre importance – quelles sont les exigences de la
nature et la volonté de Dieu. Les chrétiens en outre doivent être éduqués à ne
pas vivre de façon égoïste mais selon les exigences de la loi nouvelle de la
charité, qui veut que chacun administre en faveur du prochain la mesure de
grâce qu’il a reçue, et que de cette manière tous remplissent chrétiennement leurs
tâches dans la communauté humaine » [96].
114. Si on apprécie
vraiment la direction spirituelle, non seulement on la recommande dans le
ministère mais on s’y soumet aussi personnellement.
Si on ne
perd pas de vue l'objectif principal de la direction (le discernement de la
volonté de Dieu dans tous les aspects du cheminement de sainteté et d'apostolat),
on peut trouver le moyen de la proposer et d’en bénéficier soi-même habituellement.
115.
L'invitation à pratiquer la direction spirituelle devrait être un chapitre
important et permanent de tout plan pastoral, puisque la pastorale doit
toujours viser en même temps la sanctification et la mission. On peut former
les fidèles dans cette voie grâce à la prédication, à la catéchèse, à la
confession, à la vie liturgique et sacramentelle, spécialement dans
l'Eucharistie, aux groupes bibliques et de prière, et aussi grâce au témoignage
du ministre lui-même, quand il demande conseil au moment voulu et dans les
circonstances opportunes. Il est logique de passer de certains de ces services
ou ministères à la rencontre personnelle, à l'invitation à la lecture spirituelle,
aux retraites spirituelles, elles aussi personnelles.
116.
Souvent la direction spirituelle comme ministère est liée à la confession au
cours de laquelle le prêtre agit au nom du Christ Bon Pasteur et se montre
père, ami, médecin et guide spirituel. Il est serviteur du pardon et, en toute
circonstance, donne des indications pour la contemplation et la perfection,
avec respect et fidélité au Magistère et à la tradition spirituelle de
l'Église.
La direction spirituelle dans la vie consacrée
117. Les
personnes consacrées, selon leurs propres modalités, suivent une vie de
radicalisme évangélique et apostolique, en ajoutant « une spéciale
consécration » [97], « au moyen de la
profession des conseils évangéliques » [98]. Dans la vie consacrée,
il faudra tenir compte du charisme spécifique (« charisme
fondateur ») et de la consécration spéciale (par la profession) ainsi que
des diverses modalités de vie contemplative, évangélique, communautaire, selon
les Constitutions, les règles, etc.
118. Le cheminement
vers la vie consacrée suit des étapes qui prévoient une préparation tant pour
l'immédiat que pour le long terme, en approfondissant l'authenticité de la
vocation par des convictions ou des motivations évangéliques (qui dissipent les
doutes sur l'identité), de libres décisions, cela ayant toujours pour but d’arriver
à l’aptitude véritable (ensemble de qualités).
119. Ils
existe des problèmes concrets qui pourraient être considérés seulement de
« croissance » et de « mûrissement » si la personne
consacrée prête une attention assidue à la direction spirituelle : des
problèmes qui peuvent être de solitude physique ou morale, d'échecs (apparents
ou réels), d'immaturité affective, d'amitiés sincères, de liberté intérieure
dans la fidélité à l'obéissance, de sereine acceptation du célibat comme signe
du Christ Époux devant l'Église épouse, etc.
120. La
direction spirituelle des personnes
consacrées présente des aspects particuliers, outre ceux déjà indiqués ci-dessus.
La fidélité à l’évangile, la vie fraternelle et la mission reçoivent ici l’impulsion
d'un charisme particulier, à l’intérieur d’une histoire de grâce qui comporte
la profession ou l'engagement spécial à être « visibilité au milieu du
monde » du Christ chaste, pauvre et obéissant [99] et « mémoire vivante
de la façon d'exister et d'agir de Jésus » [100].
Cette direction de la personne qui suit une forme
de vie consacrée présuppose un cheminement particulier de contemplation, de
perfection, de communion (vie fraternelle) et de mission, qui fait partie de la
sacramentalité de l'Église mystère, communion et mission. Il faut aider à
recevoir et à vivre le don tel qu’il est, puisqu’il s'agit « de
suivre le Christ de plus près […] en tendant à la perfection de la charité au service
du Royaume » [101], en tendant à un amour total,
personnel et sponsal, qui permet de « devenir ‘plus profondément’
présents, dans le cœur du Christ, à ses contemporains » [102].
121. Les
prêtres qui sont invités à prêter ce service d'accompagnement spirituel savent
que « tous les religieux – tant hommes que femmes – sont une partie privilégiée de la maison du Seigneur,
et méritent donc une attention particulière, pour progresser toujours dans la
perfection spirituelle pour le bien de toute Église » [103].
Direction des laïcs
122.
L'appel universel à la sainteté en n'importe quelle vocation chrétienne ne
souffre pas d’exception, puisqu'on est toujours appelé à une plus grande
perfection : « Aimez… soyez parfaits comme est parfait votre Père céleste »
(Mt 5, 44.48). La direction
spirituelle du chrétien appelé à la sainteté en tant que laïc présuppose cette
vocation chrétienne à la perfection, mais avec la particularité d'être un
ferment évangélique dans le monde et d’agir selon sa propre responsabilité, en
communion avec l'Église, en gérant les réalités temporelles et en les ordonnant
selon Dieu [104]. Le directeur spirituel
doit apporter une aide à la relation personnelle avec Dieu (concrétiser
peut-être la participation à l'Eucharistie et la prière, l’examen de
conscience, l’unité de vie), aider à former la conscience, à sanctifier la
famille, le travail et les relations sociales, l’engagement dans la vie
publique. « Le travail fait ainsi est
prière. L'étude faite ainsi est prière. La recherche scientifique faite ainsi
est prière. Tout converge vers une seule réalité : tout est prière, tout peut
et doit nous porter à Dieu, en alimentant un rapport continu avec Lui, du matin
au soir. Tout travail honnête peut être oraison; et tout travail est prière,
est apostolat. De cette manière l’âme se renforce dans une unité de vie simple
et forte » [105].
Comme le
rappelait Benoît XVI, tous les baptisés sont responsables de l’annonce de
l’Evangile : « Les laïcs
sont appelés à exercer leur mission prophétique, qui découle
directement de leur baptême, et à témoigner de l’Évangile dans la vie
quotidienne partout où ils se trouvent »[106].
La
direction ou le conseil spirituel adressé aux laïcs n’est pas l’indicateur
d’une carence ou d’une immaturité de leur part, mais est plutôt une aide
fraternelle (de la part du conseiller) pour qu’ils agissent spirituellement et
apostoliquement selon leur propre initiative et responsabilité en étant
présents, comme d’authentiques disciples du Christ, dans les réalités humaines
du travail, de la famille, de la société politique et économique, etc., pour les
sanctifier de l'intérieur en y apportant leur propre responsabilité et leur
initiative.
123. La
direction spirituelle des laïcs tend donc à un cheminement de sainteté et de
mission sans réductions, vu que les laïcs ne sont pas seulement participants de
l'office sacerdotal, prophétique et royal du Christ comme n'importe quels
baptisés [107], mais qu’ils vivent
cette réalité avec une grâce spéciale de présence dans le monde, qui leur donne
un « rôle vraiment et absolument nécessaire à accomplir dans la mission de
l'Église » [108].
Ils sont
« appelés par Dieu à contribuer, comme de l'intérieur à la façon d’un
ferment, à la sanctification du monde en exerçant leur office sous la conduite de
l'esprit évangélique » [109] et ils coopèrent
« à étendre le Règne de Dieu et à animer et perfectionner avec l'esprit
chrétien l'ordre des réalités temporelles » [110], c'est-à-dire « à
éclairer et ordonner toutes les choses temporelles… selon le Christ » [111]. L'accompagnement
spirituel tendra, ainsi, à les rendre participants « à la mission
salvifique même de l'Église » [112], pour la rendre
« présente et à l'œuvre au sein des réalités temporelles » [113].
124. L'aide
du conseil spirituel est nécessaire tant dans la vie intérieure que dans les
différentes circonstances quotidiennes : sociales, familiales et
professionnelles, surtout en ces moments de vie familiale et sociopolitique où il
faut présenter et témoigner des critères fondamentaux de la vie chrétienne.
Même dans la vie la plus remplie de n'importe quel apôtre, s'il y a un désir
sincère de sainteté, il est possible de trouver un conseil spirituel.
Harmonie entre les différents niveaux de formation dans le cheminement de
la direction spirituelle
125. Le chrétien est orienté dans
un processus de configuration avec le Christ. On peut parler de différents
niveaux ou dimensions de la formation : humaine, spirituelle,
intellectuelle, professionnelle, pastorale. Ce sont des aspects qui se
complètent et s'harmonisent réciproquement, dans la communion ecclésiale et en
vue de la mission. Il s'agit toujours de la personne en tant qu’elle est membre
d'une communauté humaine et ecclésiale.
126. On prend
en juste considération la dimension ou le niveau humain, personnel et
communautaire, vu que la personne humaine a besoin d'être évaluée avec
rectitude, de se savoir aimée et capable d'aimer dans la vérité du don. Cela présuppose
un cheminement de liberté, qui se construit à la lumière de la communion de
Dieu Amour, où chaque personne est relation de don. La personne se construit alors
dans ses critères objectifs, authentique échelle de valeurs, motivations
ordonnées à l'amour, attitudes de relation et de service.
Le conseil
spirituel s'inspire du mystère du Christ, à la lumière duquel se déchiffre le
mystère de l'homme [114]. La personne est éduquée
à donner et à se donner. Pour ce faire elle apprend à écouter, à prendre du
temps pour être avec les autres, à comprendre, à accompagner, à dialoguer, à
coopérer, à nouer des amitiés sincères.
Ces vertus
« humaines » se cultivent chez le chrétien à la lumière de la foi, de
l'espérance et de la charité. Pour penser, évaluer et aimer comme le Christ.
Les textes conciliaires et du Magistère postconciliaire invitent à une
formation « humaine » qui se concrétise en sensibilité envers la
justice et la paix, en harmonie dans la différence, en capacité d'initiative, en
admiration et ouverture aux nouvelles valeurs, en constance, force,
disponibilité pour de nouvelles entreprises, en fraternité, sincérité, accueil,
écoute, collaboration, dans le soins apporté aux rapports humains et aux bonnes
amitiés [115].
127. Le
cheminement de la vie spirituelle, justement parce que c’est un cheminement de
recherche et d'expérience vécue de la vérité, du bien et de la beauté, est tissé
par l'harmonie entre l’intelligence, l’affectivité, la volonté, la mémoire, les
significations. Alors la formation s'exprime « dans une certaine fermeté
d'âme, dans la capacité de prendre des décisions pondérées et dans la manière
droite de juger des hommes et des événements » [116].
C’est un
cheminement qui harmonise l'accomplissement du devoir, l'amour contemplatif,
l'étude et l'action extérieure, comme processus nécessaire pour l'« unité
de la vie » de l'apôtre.
Le conseil
spirituel aide à connaître et à dépasser sa propre fragilité, dans le domaine des
décisions, des souvenirs, des sentiments et des conditionnements sociologiques,
culturels et psychologiques.
128. Dans
la direction spirituelle on trouve une aide pour mieux programmer le temps de
la prière, de la vie familiale, communautaire, de l'engagement envers les enfants,
du travail et du repos, en valorisant le silence intérieur, et même celui
extérieur, et en découvrant la signification positive des difficultés et de la
souffrance.
L'accompagnement
à ce niveau à la fois humain et chrétien peut répondre à trois questions : qui suis-je ?
(identité), avec qui suis-je ? (relations), dans quel but ? (mission).
Sous l'action de la grâce divine, les critères, les désirs, les motivations, les
valeurs et les attitudes deviennent foi, espérance et charité avec les vertus
morales qui s’en suivent : il s’agit d’une vie dans le Christ. L'être,
dans sa dimension humaine et chrétienne, s’éduque pour arriver à se réaliser en
aimant dans la vérité du don de soi à Dieu et aux frères.
En tout ce
développement il faut tenir compte du rapport entre la grâce et la nature
(comme pour le rapport entre foi et raison) en distinguant et en harmonisant,
puisque « la Grâce ne détruit pas la nature, mais au
contraire elle la perfectionne » [117]. C’est un thème de la
plus haute importance lorsqu’il s’agit de concrétiser certaines orientations et
certains moyens qui respectent la différence de psychologie et de culture,
comme aussi la diversité des charismes qui s'insèrent dans les différentes
circonstances humaines et, surtout, les contenus de la foi.
129. Il est
nécessaire de trouver une unité entre nature et grâce, cette dernière prévalant,
comme participation à la vie nouvelle ou vie divine. « Un des aspects de l’esprit techniciste moderne
se vérifie dans la tendance à ne considérer les problèmes et les mouvements
liés à la vie intérieure que d’un point de vue psychologique, et cela jusqu’au
réductionnisme neurologique. L’homme est ainsi privé de son intériorité, et
l’on assiste à une perte progressive de la conscience de la consistance
ontologique de l’âme humaine, avec les profondeurs que les Saints ont su sonder.
Le problème du développement est strictement lié aussi à notre conception de
l’âme humaine, dès lors que notre moi est souvent réduit à la psyché et que
la santé de l’âme se confond avec le bien-être émotionnel. Ces réductions se
fondent sur une profonde incompréhension de la vie spirituelle et elles
conduisent à méconnaître que le développement de l’homme et des peuples dépend
en fait aussi de la résolution de problèmes de nature spirituelle » [118].
130. La
connaissance des tempéraments et des caractères aidera à modérer et à orienter :
par exemple, si on reprend une typologie ‘classique’ chez les Pères, comme
celle d’Hippocrate, on fera en sorte que les aspirations à de grandes choses ne
dégénèrent pas en orgueil et en autosuffisance (tempérament colérique), que l'affabilité
ne déchoie pas en vanité et superficialité (tempérament sanguin), que la
tendance à la vie intérieure et à la solitude ne coure pas le risque de tomber
dans la passivité et le découragement (tempérament mélancolique), que la
persévérance et le calme ne risquent pas de devenir négligence (tempérament
flegmatique).
C’est à ce
niveau, à cette dimension humaine que se présente le thème de l'« aide
psychologique » : cet accompagnement « peut être aidé en certains
cas et dans des conditions déterminées, mais non être substitué, par des formes
d'analyse ou d'aide psychologique » [119]. À ce propos, on pourra consulter
les documents de l'Église qui présentent tant l'opportunité que les conditions dans
lesquelles on peut employer correctement ces moyens humains [120].
131. Comme
il est logique, dans la direction spirituelle on privilégie le niveau ou la
dimension spirituelle, parce que le conseil vise principalement à améliorer
la fidélité à la vocation personnelle, le rapport avec Dieu (la prière, la
contemplation), la sainteté ou perfection, la fraternité ou communion
ecclésiale, la disponibilité pour l’apostolat.
Pour cela,
le programme de vie spirituelle doit s'orienter sur la base d’un projet (des lignes
de vie spirituelle), de quelques objectifs adaptés à la maturité spirituelle de
la personne accompagnée, et des moyens pour les atteindre.
132. La
dimension humaine-chrétienne et spirituelle doit s'alimenter grâce à l'étude et
à la lecture. On pourrait parler de dimension intellectuelle ou doctrinale
de la direction spirituelle. La formation intellectuelle (nécessaire pour
la vie spirituelle) doit continuer et s’élargir dans la vie, en s'inspirant des
saints, des auteurs spirituels et des écrits classiques de spiritualité.
La
direction spirituelle, dans cette dimension intellectuelle ou doctrinale,
oriente vers le mystère du Christ annoncé, célébré et vécu : « vers le
mystère du Christ, qui pénètre toute l'histoire du genre humain, agit
continuellement dans l’Église et œuvre principalement à travers le ministère
sacerdotal » [121]. L’orientation
christologique de la vie spirituelle constitue la base la meilleure pour un bon
résultat dans la prédication et dans la conduite des fidèles sur le chemin de
la contemplation, de la charité et de l'apostolat.
La
direction spirituelle, avec cette dimension doctrinale, favorise le goût pour
l'étude individuelle et partagée, en plus de la lecture assidue (individuelle
et partagée) des grands classiques de la spiritualité de tous les temps, de l’Orient
comme de l’Occident.
133. Le
domaine de l'engagement apostolique fait nécessairement partie du conseil et de
l’accompagnement spirituels. Il faut donc examiner les motivations, les préférences,
les réalités concrètes, de sorte que la personne accompagnée soit plus disponible
à la mission. La fidélité au Saint Esprit inspire « une audace tranquille
qui pousse [les Apôtres] à transmettre aux autres leur expérience de Jésus et l’espérance
qui les anime » [122]. Ce n’est qu’avec cette
liberté spirituelle que l'apôtre saura affronter les difficultés personnelles
et ambiantes de chaque époque.
La direction spirituelle, dans
cette dimension apostolique ou pastorale, comprend la façon de rendre témoignage,
d'annoncer le Christ, de célébrer la liturgie, de servir dans les différents
domaines de la charité.
Si la
direction spirituelle fait défaut dans le cheminement vers la perfection et la
générosité évangélique, il sera difficile que les plans pastoraux incluent
l'orientation principale de la pastorale elle-même, qui consiste à conduire les
personnes et les communautés à la sainteté ou à l’identification au Christ (cf.
Col 1, 28 ; Gal 4, 19).
134. La
pratique de la direction spirituelle aide à faire en sorte que la formation
théologique et pastorale soit relationnelle. N'importe quel thème doctrinal et
pratique donne l’occasion de vivre la rencontre personnelle avec le Christ (cf.
Mc 3, 13-14 ; Jn 1, 39) et la fidélité
à l’évangile (cf. Mt 4, 19-22 ; Mc 10, 21-31.38), en communion avec les
frères (cf. Lc 10, 1 ; Jn 17, 21-23), pour partager et
continuer la mission (cf. Jn 20, 21).
Le service de la direction spirituelle contribue à une formation personnelle
pour construire l'Église communion [123].
CONCLUSION : « QUE LE CHRIST
SOIT FORMÉ EN VOUS » (Gal 4, 19)
135. Les « munera » sacerdotaux, lorsque ils sont
exercés avec l'esprit du Christ, laissent au cœur la marque de la « joie
pascale » [124] et de la « joie
dans l’espérance » (Rm 12, 12).
Jean-Paul II le rappelait en commémorant le second centenaire de la naissance
du Saint Curé d'Ars : « Soyez-en toujours convaincus, chers frères prêtres
: ce ministère de la miséricorde est un des plus beaux et des plus consolants.
Il vous permet d'éclairer les consciences, de leur pardonner et de leur
redonner vigueur au nom du Seigneur Jésus, d'être pour elles des médecins et
des conseillers spirituels ; il reste l'irremplaçable manifestation et le test du
sacerdoce ministériel » [125].
136. Dans
le ministère de « médecin et conseiller spirituel », il ne s'agit pas
seulement de pardonner les péchés mais également d'orienter la vie chrétienne
pour correspondre généreusement au projet de Dieu Amour. La générosité avec
laquelle le prêtre ministre répond à ce projet facilite l’épanouissement concret
des grâces que le Saint Esprit donne à son Église à chaque époque. Le Concile
Vatican II l’affirme quand, « pour
atteindre son but pastoral de renouvellement intérieur de l'Eglise, de
diffusion de l'Evangile dans le monde entier et de dialogue avec le monde
d'aujourd'hui, il rappelle instamment à tous les prêtres qu'avec l'aide des
moyens adaptés que l'Eglise leur propose, ils doivent s'efforcer de vivre de
plus en plus une sainteté qui fera d'eux des instruments toujours plus adaptés
au service du peuple de Dieu tout entier. » [126].
Les « munera » prophétiques, liturgiques
et diaconaux, exercés dans cet esprit, feront en sorte que le contenu des
quatre Constitutions du Concile Vatican II soient appliqués à une Église qui,
étant « sacrement » c'est-à-dire signe transparent du Christ (Lumen gentium), est l'Église de la Parole (Dei Verbum), du Mystère Pascal (Sacrosanctum Concilium), insérée dans le
monde et solidaire avec lui (Gaudium et
Spes) ; elle est mystère de
communion pour la mission.
Comme cela
s’est toujours produit lors de la mise en œuvre des Conciles précédents, tout
ceci comporte l'engagement des baptisés sur la voie de la sainteté et de l’apostolat.
137. La
pastorale de la sainteté, que l’on annonce dans la prédication et qui se réalise
particulièrement dans le sacrement de la
réconciliation et dans la direction spirituelle, toujours en rapport avec
l'Eucharistie, se met en œuvre principalement à travers le ministère
sacerdotal. Il faut des ministres qui vivent joyeusement ce service, lequel
produira certainement de grands fruits et dissipera les doutes et les découragements.
138. Il
faut imprégner d’« âme » ou de « spiritualité » les valeurs
actuelles du progrès et de la technique, comme l’affirme le Pape Benoît XVI :
« Le développement doit comprendre une croissance spirituelle et pas
seulement matérielle, parce que la personne humaine est une « unité d’âme
et de corps », née de l'amour créateur de Dieu et destinée à vivre
éternellement… Il n'y a pas de développement plénier ni de bien commun
universel sans le bien spirituel et moral des personnes, considérées dans l’intégrité
de leur âme et de leur corps » [127].
La
direction ou l'accompagnement spirituel des baptisés est un processus passionnant,
qui pousse le confesseur lui-même ou le directeur spirituel à vivre joyeusement
son propre cheminement de don de soi au Seigneur. « Il demande des yeux et un cœur nouveaux, capables de dépasser
la vision matérialiste des événements humains et d’entrevoir dans le
développement un “au-delà” que la technique ne peut offrir. Sur ce chemin, il
sera possible de poursuivre ce développement humain intégral dont le critère
d’orientation se trouve dans la force active de la charité dans la vérité. » [128].
Alors les
prêtres expérimenteront que « dans leur travail ils ne sont jamais
seuls » [129], sachant que c’est le
Christ ressuscité qui les envoie, les accompagne et les attend ; c’est lui
qui marche avec eux dans le « dessein de salut de Dieu… qui ne se réalise
que peu à peu… vers l'édification du corps du Christ, jusqu’à ce qu’il atteigne
toute sa taille » [130].
139. La
réforme incessante de la vie de l'Église a besoin du ton sans équivoque de
l'espérance. Le développement des vocations sacerdotales, de la vie consacrée,
et de l'engagement ecclésial des laïcs sur la voie de la sainteté et de
l'apostolat demande un renouvellement et un développement du ministère de la
réconciliation et de la direction spirituelle, exercés avec conviction
enthousiaste et don généreux de soi. Tel est le « nouveau printemps »
souhaité par Jean-Paul II : « Jamais comme aujourd'hui l'Église n’a eu l’occasion de
faire arriver l'évangile, par le témoignage et la parole, à tous les hommes et
à tous les peuples. Je vois l’aube d’une nouvelle ère missionnaire qui
deviendra un jour radieux et riche en fruits, si tous les chrétiens et, en
particulier, les missionnaires et les jeunes Eglises répondent avec générosité
et sainteté aux appels et aux défis de notre temps » [131].
140. Les
nouvelles situations et les nouvelles grâces permettent d’espérer une nouvelle
ferveur apostolique : « Comme les Apôtres après l'ascension du Christ, l'Église doit se rassembler
dans le Cénacle ‘avec Marie, la Mère
de Jésus’ (Ac 1, 14), pour implorer
l'Esprit et obtenir force et courage pour s'acquitter du mandat missionnaire.
Nous aussi, bien plus que les apôtres, nous avons besoin d'être transformés et
guidés par l'Esprit » [132]. Le ministère de la
réconciliation et le service de la direction spirituelle constitueront une aide
déterminante dans ce processus constant d'ouverture et de fidélité de toute l'Église et,
en particulier, du sacerdoce ministériel à l'action actuelle du Saint Esprit.
Du Vatican, le 9 mars 2011
Mauro Card.
Piacenza
X Celso
Morga Iruzubieta
Archevêque
tit. de Alba marittima
Secrétaire
INDEX DES
MATIÈRES
Absolution des péchés : 36-47.
Accueil (v. miséricorde) : 51-57 ; 1009-113.
Actualité de la direction spirituelle : 64-76.
Actualité du sacrement de la pénitence : 7-23 ;
61-63.
Amour de Dieu (v. charité, miséricorde, pardon) : 51-57.
Amour fraternel (v. charité).
Appel à la sainteté : 28-31 ; 48-50 ;
87-97 ; 110-116 ; 122-124.
Apostolat : 133-140.
Apôtre : 133-140
Apôtres : 9-11 ; 110-120.
Association (v. communauté ecclésiale) : 117-121.
Baptême : 25-27; 32-35.
Bon Pasteur : 28-31 ; 51-60 ; 111-116.
Caractères : 125-134.
Carême (v. pénitence) : 36-40.
Cas spéciaux de direction spirituelle : 87-97.
Catéchisme de l'Église Catholique (v. documents de
l'Église) : 25-31 ; 39-43.
Célébration liturgique du sacrement de la
pénitence : 41-43.
Célébration personnelle et communautaire : 41-43.
Charité : 64-65.
Charité pastorale : 44-47 ; 51-56.
Chemin de perfection (v. sainteté) : 28-31 ;
81-83 ; 87-97.
Chemin de prière : 81-83.
Christ Prêtre et Victime : 61-63.
Christ Bon Pasteur : 28-31 ; 51-57 ;
110-116.
Code de droit canonique : 44-47 ; 58-59
(pénitence) ; 87-97 (direction spirituelle).
Cœur du Christ : 22 ; 32 ; 61-63.
Communauté ecclésiale (v. Église, vie
communautaire) : 14-18 ; 25-27 ; 36-42 ; 51-57 ; 74-76 ;
78-80.
Communion ecclésiale (v. Église, communauté,
règles, vie communautaire) : 70-73 ; 125-134.
Communion des Saints : 9-11.
Concile Vatican II (passim, dans les citations des
documents) : Conclusion (synthèse des Constitutions).
Confession en rapport avec la direction
spirituelle : 41-42 ; 74-76.
Confession des péchés : 25-27.
Confessionnal : 41-47.
Configuration au Christ (v. imitation, sainteté, « sequela »
ou fidélité évangélique) : 48-50.
Conscience (v. examen de conscience) : 14-18
(formation) ; 81-83.
Conseils évangéliques : 117-121.
Conseil spirituel (v. direction spirituelle) : 70-73.
Contemplation (v. prière) : 81-83.
Contrition, douleur des péchés : 36-43.
Conversion : 12-13 ; 21-27.
Croix (v. mystère pascal) : 87-97 ; 117-121.
Curé d'Ars : 1-6 ;
19-20 ; 28-35 ; 51-59 ; 74-76.
Dieu Amour (v. amour de Dieu, miséricorde) : 21-23.
Difficultés actuelles : 61-63.
Directeur spirituel, qualités : 84-86.
Direction spirituelle : Itinéraire historique
(64-65) ; actualité et importance (64-76) ; nature et fondement théologique (77)
; objectif (78-80) ; terminologie : direction spirituelle, conseil spirituel,
accompagnement spirituel (77) ; action du Saint Esprit, discernement personnel
et communautaire de l'Esprit, prière au Saint Esprit (66-73 ; 78-80 ; 98-100) ;
chercher la volonté de Dieu (78-80 ; 98-100) ; itinéraire de prière et de perfection
(81-83 ; 87-97 ; 125-134) ; appel universel à la sainteté-perfection de la
charité (81-83) ; le directeur : qualités (84-86) ; le disciple : qualités,
docilité, situations, liberté de choix (74-76 ; 110-116) ; prêtre disciple (74-76
; 110-116), ministère du prêtre (70-73 ; 110-116), moyen de sainteté pour le
prêtre (74-76) ; diriger spirituellement selon les vocations (84-86) : prêtres
(110-121), vie consacrée (117-121), laïcs (122-124) ; liberté de choix ;
niveaux et dimensions : humaine, spirituelle, intellectuelle, apostolique (125-134)
; formation pour pouvoir donner et recevoir la direction spirituelle (66-69) ;
dans les projets de pastorale (74-76) ; témoignage et enseignement du Saint
Curé d'Ars (74-76), documents de l'Église (125-134). Voir d’autres aspects dans
les rubriques de cet index.
Direction spirituelle en rapport avec la
confession : 41-43 ; 70-76.
Direction spirituelle de la part du prêtre ministre
: 74-76.
Discernement de l'Esprit : 66-69 ;
78-80 ; 98-100.
Discernement vocationnel : 70-73.
Disciple, art d'être disciple : 106-109.
Disponibilité ministérielle : 48-57.
Doctrine sociale, progrès, développement : 70-73 ;
135-140.
Documents de l'Église : Voir les notes
bibliographiques, spécialement à la fin de la première (61-63) et de la
deuxième partie (125-134).
Douceur : 61-63.
Douleur des péchés (cf. contrition).
Église (v. communion ecclésiale, communautés
ecclésiales) : 7-11 ; 14-18.
Équilibre entre grâce et nature humaine (v. grâce)
: 64-65 ; 125-134.
Esprit Saint (v. discernement) : 36-40 ;
78-83 ; 98-100.
Esprit du mal : 78-80 ; 98-100.
États de vie : 84-86 ; 110-124.
Étapes de la vie spirituelle : 81-83 ; 87-97.
Étude (v. formation intellectuelle) : 66-69.
Eucharistie : 14-18.
Évangélisation (v. apostolat, mission).
Examen de conscience : 36-40 ; 87-97.
Examen particulier : 106-109.
Exercices Spirituels : 117-121.
Expiation : 36-40.
Famille (v. mariage) : 32-35. Voir note
bibliographique à la fin de la première partie.
Fidélité au Christ et à l'Église : 61-63.
Figures sacerdotales, confesseurs : 14-15.
Foi : 9-11 ; 25-40.
Formation à la direction spirituelle : 66-69.
Formation des fidèles : 14-18 ; 58-59.
Formation initiale : 66-69.
Formation intellectuelle : 125-134.
Formation des ministres : 14-18 ; 58-59.
Formation permanente : 66-69.
Formation humaine : 125-134.
Formation spirituelle : 66-69 ; 125-134.
Gloire de Dieu (v. sainteté, volonté de Dieu).
Grâce : 32-35 ; 61-63 ; 64-65 ;
87-97 ; 125-134.
Histoire de la direction spirituelle : 64-65.
Histoire du salut (v. liturgie, mystère pascal,
salut).
Itinéraire de sainteté, de vie spirituelle : 28-31 ;
48-50 ; 87-97.
Jeunesse : 74-76.
Joie : 7-8 ; 21-23.
Justice : 74-76.
Justification (v. Grâce).
Kérygme : 9-11.
Laïcs : 122-124.
Liberté de choix : 44-47 ; 74-76.
Liturgie : 41-43.
Magistère ecclésiastique (v. documents de
l'Église).
Marie : Introduction ; 1-6 ; 21-23 ; 60.
Mariage : 32-35 (voir note bibliographique à la
fin de la première partie).
Ministère et direction spirituelle : 70-73 ;
110-116.
Ministère, ministres de la réconciliation
(pénitence) : 24-63.
Miséricorde de Dieu et de l'Église : 21-23 ;
58-60.
Mission (v. apostolat) : 125-134.
Mission du Christ prolongée dans l'Église : 9-11.
Morale (v. vertu) : 61-63 ; 125-134.
Morale matrimoniale (v. famille, mariage).
Mystère pascal (célébration pascale, chemin de
résurrection) : 9-11 ; 21-23.
Normes disciplinaires du sacrement : 44-47.
Notre Père : 32-35.
Noviciats (v. formation initiale).
Paix (v. réconciliation) : 14-18.
Pardon : 25-27.
Pasteurs (v. Bon Pasteur, charité pastorale) : 14-18.
Pastorale : 7-8 ; 14-18.
Pastorale vocationnelle : 66-69.
Péché, sens du péché : 25-31 ; 36-40.
Pénitent : 36-40.
Pénitence : 25-27 ; 41-43.
Pénitencerie : voir note bibliographique à la fin
de la première partie.
Père (v. amour de Dieu, Dieu Amour, miséricorde,
Notre Père) : 25-27.
Perfection chrétienne (v. charité, sainteté).
Phénomènes extraordinaires : 87-97.
Presbyterium : 110-116.
Première communion et confession : 28-31.
Prêtre diocésain : 110-121.
Prêtre et vie consacrée : 117-121.
Prêtre comme pénitent et comme disciple spirituel
: 14-18 ; 74-76 ; 110-116.
Prière : 81-83.
Projet de vie sacerdotale : 117-121.
Prudence : 44-47.
Psychologie : 87-97 ; 125-134.
Qualités du directeur spirituel : 101-105.
Qualités du disciple spirituel : 106-109.
Radicalité, radicalisme (v. « sequela »
évangélique).
Réconciliation : 12-18.
Rédemption (v. croix, mystère pascal, sang) : 9-11 ;
64-65.
Renouvellement pastoral : 7-8.
Réserve (secret) : 32-35.
Résolutions : 41-43 ; 51-57 ; 87-97.
Résurrection (v. mystère pascal).
Rituel de la Pénitence : 41-47.
Sacerdoce ministériel : 110-121.
Sacrement
de la pénitence : Institution (9-11) ; nature et fondements théologiques (24) ; mission du
Christ prolongée dans l'Église (7-8) ; mystère de grâce (14-18) ; importance
actuelle et besoins (7-23) ; célébration pascale (25-27) ; fruits de sainteté (25-35)
; ministre : confesseur, attitudes,
qualité, accueil, invitation à la sainteté, devoirs, père, maître, juge, médecin,
pasteur (36-40) ; célébration : liturgie, actes du pénitent et ministère du
confesseur (41-43) ; célébration personnelle et communautaire (41-47) ;
pénitent : types, situations, qualités (32-40 ; 44-47) ; confession des
péchés et contrition, douleur des péchés (36-40) ; expiation et résolutions (24 ;
36-40) ; terminologie du sacrement : confession, pénitence, réconciliation (25-27)
; le prêtre comme pénitent (14-18) ; difficultés actuelles (36-40) ; liberté de
choix du confesseur (44-47) ; orientations pastorales (58-59) ; ministère de
miséricorde (21-23 ; 58-60) ; fidélité aux règles disciplinaires comme
expression de la charité pastorale (44-47) ; accueil paternel (51-57) ;
témoignage et enseignement du Saint Curé d'Ars (19-20 ; 51-59) ; invitation
pressante à la disponibilité ministérielle (48-57) ; documents de l'Église (61-63) ;
formation permanente du confesseur et des pénitents (58-59). Voir d’autres
aspects dans les rubriques de cet index.
Sacrement de la pénitence en rapport avec la
direction spirituelle : 41-43 ; 70-76.
Sacrifice : 36-40.
Saints Confesseurs : 14.
Saints et direction spirituelle : 64-65.
Sainteté : 28-31 ; 48-50 ; 87-97.
Salut, dialogue de salut (v. grâce) : 110-116.
Sang du Christ : 9-11 ; 110-116.
Séminaire, séminaristes (v. formation initiale) : 66-69 ;
87-97 ; 125-134.
« Sequela » ou fidélité évangélique: 110-124.
Service (v. disponibilité ministérielle).
Signes des temps : 98-100.
Situations actuelles : 7-23 ; 64-76.
Souffrance : 125-134.
Spiritualité : 125-134.
Spiritualité du laïcat : 122-124.
Spiritualité du prêtre ministre : 110-121.
Spiritualité de la vie consacrée : 117-121.
Tempéraments : 125-134.
Tentations (et esprit du mal) : 98-100.
Terminologie sur la direction spirituelle : 64-65 ;
77.
Terminologie sur le sacrement de la pénitence : 25-27.
Témoignage des pasteurs : 14-18.
Théologie de la perfection (de la spiritualité) : 66-69.
Trinité, vie trinitaire : 12-13 ; 51-57.
Unité de l'Église (v. réconciliation).
Unité de vie : 110-121 ; 125-134.
Vatican II (v. documents de l'Église, citations
des documents).
Vertu : 110-134.
Vertus humaines : 125-134.
Vie Apostolique : 117-121.
Vie communautaire (v. communauté ecclésiale) : 74-76 ;
78-80 ; 87-97 ; 101-105 ; 117-121 ; 125-134.
Vie consacrée : 117-121.
Vie sacerdotale (cf. sacerdoce ministériel).
Vie spirituelle (v. spiritualité) : 70-73.
Vie spirituelle : 81-83 ; 87-97.
Vocation : 70-73 ; 84-86.
Volonté de Dieu : 78-80 ; 98-100.
Zèle apostolique (v. apostolat, disponibilité
ministérielle).
1. « Pour eux je me consacre moi-même, pour
qu'ils soient eux aussi consacrés dans la vérité » (Jn 17,19)
Est-ce que
j’envisage sérieusement la sainteté dans mon sacerdoce ? Suis-je convaincu que
la fécondité de mon ministère sacerdotal vient de Dieu et que, avec la grâce du
Saint Esprit, je dois m'identifier au Christ et donner ma vie pour le salut du
monde ?
2. « Ceci est mon
corps » (Mt 26,26)
Le Saint Sacrifice de la Messe est-il le centre de ma vie intérieure ? Est-ce
que je me prépare bien, est-ce que je célèbre avec dévotion et après, est-ce
que je me recueille pour rendre grâce ? La Messe constitue-t-elle le point
de référence habituelle dans ma journée pour louer Dieu, le remercier de ses bienfaits,
recourir à sa bienveillance et réparer pour mes péchés et pour ceux de tous les
hommes ?
3.
« Le zèle pour ta maison me dévore » (Jn 2,17)
Est-ce que je célèbre la Messe selon les rites et
les règles établies, avec une motivation authentique, avec les livres
liturgiques approuvés ? Suis-je attentif aux saintes espèces conservées dans le
tabernacle, en les renouvelant périodiquement ? Quel est mon soin des vases
sacrés ? Est-ce que je porte avec dignité tous les vêtements sacrés prescrits par
l'Église, en tenant compte du fait que j'agis in persona Christi Capitis ?
4. « Demeurez
dans mon amour » (Jn 15,9)
Est-ce que je trouve de la joie à rester devant
Jésus-Christ présent au Très Saint Sacrement, ou dans ma méditation et mon adoration
silencieuse ? Suis-je fidèle à la visite quotidienne au Très Saint Sacrement ?
Mon trésor est-il dans le Tabernacle ?
5. « Explique-nous
la parabole » (Mt 13,36)
Est-ce que je fais tous les jours ma méditation
avec attention, en cherchant à dépasser toute sorte de distraction qui me
séparerait de Dieu, en cherchant la lumière du Seigneur que je sers ? Est-ce
que je médite assidûment la Sainte Écriture ? Est-ce que je récite avec
attention mes prières habituelles ?
6. Il faut « prier
sans cesse, sans se lasser » (Lc
18,1)
Est-ce que je célèbre quotidiennement la Liturgie
des Heures intégralement, dignement, attentivement et avec dévotion ?
Suis-je fidèle à mon engagement envers le Christ en cette dimension importante
de mon ministère, en priant au nom de toute l'Église ?
7. « Viens et suis-moi »
(Mt 19,21)
Notre Seigneur Jésus-Christ est-il le vrai amour de ma vie ? Est-ce que j’observe
avec joie l'engagement de mon amour envers Dieu dans la continence du célibat ?
Me suis-je arrêté consciemment sur des pensées, des désirs ou ai-je commis des actes
impurs ? ai-je tenu des conversations inconvenantes ? Me suis-je mis dans l'occasion
prochaine de pécher contre la chasteté ? Ai-je gardé mon regard ? Ai-je été
prudent dans la manière de traiter avec les diverses catégories de personnes ?
Ma vie témoigne-t-elle, pour les fidèles, que la pureté est quelque chose de
possible, de fécond et d'heureux ?
8.
« Qui es-Tu ? » (Jn 1,20)
Dans ma conduite habituelle, est-ce que je trouve des
éléments de faiblesse, de paresse, de lassitude ? Mes conversations sont-elles
conformes au sens humain et surnaturel qu’un prêtre doit avoir ? Suis-je
attentif à faire en sorte que dans ma vie ne s'introduisent pas des aspects superficiels
ou frivoles ? Dans toutes mes actions suis-je cohérent avec ma condition de
prêtre ?
9.
« Le Fils de l'homme n'a pas où poser la tête » (Mt 8,20)
Est-ce que j’aime la pauvreté chrétienne ? Est-ce
que je repose mon cœur en Dieu et suis-je détaché, intérieurement, de tout le
reste ? Suis-je disposé à renoncer, pour mieux servir Dieu, à mes commodités
actuelles, à mes projets personnels, à mes affections légitimes ? Est-ce
que je possède des choses superflues, ai-je fait des frais inutiles ou est-ce
que je me laisse prendre par l'anxiété des biens de consommation ? Est-ce
que je fais mon possible pour vivre les instants de repos et de congé en présence
de Dieu, en me rappelant que je suis prêtre toujours et partout, même en ces
instants ?
10.
« Tu as tenu cachées ces choses aux savants et aux intelligents et tu les as
révélées aux petits » (Mt 11,25)
Y a-t-il dans ma vie des péchés d'orgueil : des difficultés
intérieures, des susceptibilités, de l’irritation, de la résistance à
pardonner, une tendance au découragement, etc. ? Est-ce que je demande à Dieu
la vertu de l'humilité ?
11. « Et aussitôt il en
sortit du sang et de l’eau » (Jn
19,34)
Ai-je la conviction que, en agissant « dans la personne du
Christ », je suis directement impliqué dans le Corps même du Christ,
l'Église ? Puis-je dire sincèrement que j'aime l'Église et que je sers avec
joie sa croissance, ses causes, chacun de ses membres, toute l'humanité ?
12. « Tu es Pierre » (Mt 16,18)
Nihil sine Episcopo - rien sans l'Évêque - disait
Saint Ignace d'Antioche : ces paroles sont-elles à la base de mon ministère
sacerdotal ? Ai-je reçu docilement des commandements, des conseils ou des corrections
de mon Ordinaire ? Est-ce que je prie spécialement pour le Saint-Père, en
pleine union avec ses enseignements et ses intentions ?
13. « Aimez-vous les uns les
autres » (Jn 13,34)
Me suis-je comporté avec mes frères prêtres avec une charité empressée ou,
au contraire, me suis-je désintéressé d'eux par égoïsme, apathie ou insouciance
? Ai-je critiqué mes frères dans le sacerdoce ? Ai-je été auprès de ceux qui souffrent
physiquement ou moralement ? Est-ce que je vis la fraternité pour que personne
ne soit seul ? Est-ce que je traite tous mes frères prêtres et aussi les
fidèles laïcs avec la même charité et la même patience que le Christ ?
14. « Je suis le chemin, la
vérité et la vie » (Jn 14,6)
Est-ce que je connais en profondeur les enseignements de l'Église ? Est-ce
que je les assimile et les transmets fidèlement ? Suis-je conscient du fait qu’enseigner
ce qui ne correspond pas au Magistère, tant solennel qu'ordinaire, constitue un
grave abus, qui comporte des dommages pour les âmes ?
15. « Va et dorénavant ne pèche
plus » (Jn 8,11)
L'annonce de la Parole de Dieu conduit les fidèles aux sacrements. Est-ce
que je me confesse régulièrement et fréquemment, conformément à mon état et aux
choses saintes que je traite ? Est-ce que je célèbre avec générosité le
Sacrement de la Réconciliation ? Suis-je largement disponible à la direction
spirituelle des fidèles en y dédiant un temps particulier ? Est-ce que je
prépare avec soin la prédication et la catéchèse ? Est-ce que je prêche avec
zèle et amour de Dieu ?
16. « Il appela à lui ceux qu’il voulut et
ils vinrent à lui » (Mc 3,13)
Suis-je
attentif à percevoir les germes de vocation au sacerdoce et à la vie consacrée
? Est-ce que je me préoccupe de répandre parmi tous les fidèles une plus grande
conscience de l'appel universel à la sainteté ? Est-ce que je demande aux
fidèles de prier pour les vocations et pour la sanctification du clergé ?
17.
« Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi mais pour
servir » (Mt 20,28)
Ai-je cherché à me donner aux autres dans le
quotidien, en servant évangéliquement ? Est-ce que je manifeste la charité du
Seigneur même à travers les œuvres ? Vois-je dans la Croix la présence de
Jésus-Christ et le triomphe de l'amour ? Est-ce que mon quotidien est
caractérisé par l'esprit de service ? Est-ce que je considère que l'exercice de
l'autorité liée à mon office est aussi une forme indispensable de service ?
18. « J'ai soif » (Jn 19,28)
Ai-je prié
et me suis-je sacrifié vraiment et avec générosité pour les âmes que Dieu m'a
confiées ? Est-ce que j’accomplis mes devoirs pastoraux ? Ai-je de la sollicitude
aussi pour les âmes des fidèles défunts ?
19. « Voici ton fils ! Voici ta mère ! »
(Jn 19,26-27)
Fais-je
recours, plein d'espérance, à la Sainte Vierge, la Mère des prêtres, pour aimer
et faire aimer davantage son Fils Jésus ? Est-ce que je cultive la piété
mariale ? Est-ce que je réserve un temps tous les jours pour le Saint Rosaire ?
Est-ce que j’ai recours à Sa maternelle intercession dans la lutte contre le
démon, la concupiscence et l’esprit du monde ?
20. « Père, entre tes mains je remets mon
esprit » (Lc 23.44)
Suis-je
prompt pour assister et administrer les sacrements aux moribonds ? Est-ce que
je considère dans ma méditation personnelle, dans ma catéchèse et ma prédication
ordinaire la doctrine de l'Église sur les fins dernières ? Est-ce que je
demande la grâce de la persévérance finale et invite les fidèles à en faire
autant ? Est-ce que j’offre fréquemment, et avec dévotion, les suffrages pour
les âmes des défunts ?
APPENDICE II
PRIÈRE DU PRÊTRE AVANT D'ÉCOUTER
LES CONFESSIONS
Donne-moi, Seigneur, la sagesse pour qu’elle m'assiste lorsque je me trouve au confessionnal,
pour que je sache juger ton peuple avec justice et tes pauvres avec discernement.
Fais que j’utilise les clés du Royaume des cieux pour n'ouvrir à personne qui
mérite qu’il lui soit fermé, et que je ne ferme pas à celui qui mérite qu’il
lui soit ouvert. Fais que mon intention soit pure, mon zèle sincère, ma charité
patiente et mon travail fécond.
Que je sois docile mais pas faible, que mon sérieux ne soit pas sévère, que je
ne méprise pas le pauvre ni ne flatte le riche. Fais que je sois aimable dans
le réconfort des pécheurs, prudent dans la façon de les questionner et expert
dans celle de les instruire.
Je te demande de me concéder la grâce d'être capable de les éloigner du mal, et
diligent pour les confirmer dans le bien ; que je les aide à être meilleurs
avec la maturité de mes réponses et avec la droiture de mes conseils ; que j’éclaire
ce qui est obscur, en étant avisé dans les questions complexes et victorieux
dans celles qui sont difficiles ; que je ne traîne pas en des entretiens
inutiles ni ne me laisse contaminer par ce qui est corrompu ; qu’en sauvant les
autres, je ne me perde pas moi-même. Amen.
ORATIO SACERDOTIS ANTEQUAM CONFESSIONES EXCIPIAT
Da mihi, Dómine, sédium tuárum assistrícem sapiéntiam, ut sciam iudicáre
pópulum tuum in iustítia, et páuperes tuos in iudício. Fac me ita tractáre
claves regni cælórum, ut nulli apériam, cui claudéndum sit, nulli claudam, cui
aperiéndum. Sit inténtio mea pura, zelus meus sincérus, cáritas mea pátiens,
labor meus fructuósus.
Sit in me lénitas non remíssa, aspéritas non sevéra; páuperem ne despíciam,
díviti ne adúler. Fac me ad alliciéndos peccatóres suávem, ad interrogándos
prudéntem, ad instruéndos perítum.
Tríbue, quæso, ad retrahéndos a malo sollértiam, ad confirmandos in bono
sedulitátem, ad promovéndos ad melióra indústriam: in respónsis maturitátem, in
consíliis rectitúdinem, in obscúris lumen, in impléxis sagacitátem, in árduis
victóriam: inutílibus collóquiis ne detínear, pravis ne contáminer; álios salvem,
me ipsum non perdam. Amen.
PRIÈRE DU PRÊTRE APRÈS AVOIR
ÉCOUTÉ LES CONFESSIONS
Seigneur Jésus-Christ, doux amant et sanctificateur des âmes, je te prie de
purifier mon cœur, par l'infusion du Saint Esprit, de tout sentiment ou pensée
vicieuse et de suppléer, dans ta bonté et miséricorde infinie, à tout ce qui
dans mon ministère serait cause de péché à cause de mon ignorance ou de ma négligence.
Je confie à tes très aimables blessures toutes les âmes que tu as menées à la
pénitence et sanctifiées avec ton très précieux Sang, pour que tu les gardes
toutes dans la crainte de toi et que tu les conserves par ton amour, que tu les
maintiennes chaque jour de plus grandes vertus et les mènes à la vie éternelle.
Toi qui vis et règnes avec le Père et le Saint Esprit pour les siècles des
siècles. Amen
Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, reçois mon ministère comme une offrande,
par cet amour très digne avec lequel tu as absous sainte Marie Madeleine et
tous les pécheurs qui ont eu recours à toi ; je te prie de suppléer et de
satisfaire dignement à tout ce que j’aurais fait de manière négligente ou avec
moins de dignité dans la célébration de ce Sacrement. Je confie à ton très doux
Cœur tous et chacun de ceux que j'ai confessé et je te prie de les garder et de
les préserver de toute rechute et de nous conduire, après les misères de cette
vie, aux joies éternelles. Amen
Dómine Iesu Christe,
dulcis amátor et sanctificátor animárum, purífica, óbsecro, per infusiónem
Sancti Spíritus cor meum ab omni affectióne et cogitatióne vitiósa, et quidquid
a me in meo múnere sive per neglegéntiam, sive per ignorántiam peccátum est,
tua infiníta pietáte et misericórdia supplére dignéris. Comméndo in tuis
amabilíssimis vulnéribus omens ánimas, quas ad pæniténtiam traxísti, et tuo
pretiosíssimo Sánguine sanctificásti, ut eas a peccátis ómnibus custódias et in
tuo timóre et amóre consérves, in virtútibus in dies magis promóveas, atque ad
vitam perdúcas ætérnam: Qui cum Patre et Spíritu Sancto vivis et regnas in sǽcula
sæculórum. Amen.
Dómine Iesu Christe, Fili Dei vivi, súscipe hoc obséquii mei ministérium in
amóre illo superdigníssimo, quo beátam Maríam Magdalénam omnésque ad te
confugiéntes peccatóres absolvísti, et quidquid in sacraménti huius
administratione neglegénter minúsque digne perféci, tu per te supplére et
satisfácere dignéris. Omnes et síngulos, qui mihi modo conféssi sunt, comméndo
dulcíssimo Cordi tuo rogans, ut eósdem custódias et a recidíva præsérves atque
post huius vitæ misériam mecum ad gáudia perdúcas ætérna. Amen.
[1] Benedetto XVI, Allocuzione ai partecipanti al XXI
Corso sul Foro Interno organizzato dalla Penitenzieria Apostolica, 11 marzo 2010.
[2] Concile Vatican II, Constitution dogmatique
Lumen gentium, 9.
[3] Benoît XVI, Message au Cardinal James
Francis Stafford, Grand Pénitencier, et aux participants de la XXème session de
cours sur le for interne, organisée par la Pénitencerie Apostolique, 12 mars
2009.
[4] Benoît XVI, Lettre d'indiction de
l'Année Sacerdotale à l'occasion du 150° anniversaire du « dies
natalis » de Saint Jean Marie Vianney, 16 juin 2009.
[5] Paul VI, Let. enc. Populorum
progressio (26 mars 1967),
42 : AAS 59 (1967), 278.
[6] Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 40.
[7] Cf.
Jean-Paul II, Let. ap. Novo millenio ineunte (6 janvier 2001),
30 : AAS 93 (2001), 287.
[8] Jean-Paul II, Let. ap. Novo millenio ineunte, 37 : l.c., 292.
[9] Jean-Paul II, Let. ap. Motu proprio Miséricordia Dei, sur quelques aspects
de la célébration du sacrement de la pénitence (7 avril 2002) : AAS 94 (2002), 453.
[10] Jean-Paul II, Bulle Aperite Portas Redemptori (6 janvier
1983), 6 : AAS 75 (1983), 96.
[11] Benoît XVI, Let. enc. Caritas dans veritate, 34 ; l'Encyclique
cite le Catéchisme de l'Église Catholique,
n. 407.
[12] Benoît XVI, Discours aux Pénitenciers
des quatre Basiliques Pontificales Romaines (19
février 2007) : AAS 99 (2007), 252.
[13] Jean-Paul II, Exhort. ap. post-synodale
Reconciliatio et paenitentia (2
décembre 1984), 29 : AAS 77 (1985)
255-256.
[14] Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Presbyterorum Ordinis, 5.
[15] Jean-Paul II, Exhort. ap. post-synodale
Pastores dabo vobis (15 mars 1992),15: AAS
84 (1992), 680.
[16] Ibidem, n. 18.
[17] Ibidem, n. 26: l.c. 699; il cite l’Exhort. ap. post-synodale Reconciliatio et paenitentia, n. 31.
[18] Benoît XVI, Lettre aux séminaristes, 18
octobre 2010, 3.
[19] Jean-Paul II, Exhort. apost.
post-synodale Pastores Gregis (16
octobre 2003), 39 : AAS 96 (2004),
876-877.
[20] Bienheureux Jean XXIII, Let. enc. Sacerdotii nostri primordia, 29 : AAS 51 (1959), 573-574.
[21] Cf.
ibidem n. 30 : l.c., 574-575.
[22] Jean-Paul II, Lettre aux prêtres pour le Jeudi Saint 1986, 7 : AAS 78 (1986), 695.
[23] Conc. Oecum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, 10.
[24] Jean-Paul II, Exhort. ap. post-synodale
Pastores dabo vobis, 49 : l.c., 745.
[25] Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 8.
[26] Ibidem, n. 68.
[27] « Le Sacrement de la pénitence, qui a
tellement d'importance dans la vie du chrétien, rend actuelle l'efficacité
rédemptrice du Mystère pascal du Christ » : Benoît XVI, Discours aux Pénitenciers des
quatre Basiliques Pontificales Romaines (19 février 2007) : l.c., 250.
[28] Catéchisme de l'Église Catholique, n. 1423, b.
[29] Ibidem, n. 1424.
[30] Ibidem; cf. 2Cor 5, 20; Mt 5, 24.
[31] Ibidem, n. 1427.
[32] Ibidem, n. 1428.
[33] Cf.
Jean-Paul II, Allocution aux séminaristes yougoslaves,
26 avril 1985.
[34] Cf. Catéchisme
de l'Église Catholique, n. 1458.
[35] Ibidem, n. 1460.
[36] Ibidem, n. 1465.
[37] Saint Grégoire De Naziance, Sermon, 45.
[38] Cf. Conc.
Oecum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, 22. Le ministère de la réconciliation « doit être protégé
dans sa sacralité, outre les motifs théologiques, juridiques et psychologiques
sur lesquels je me suis étendu dans les allocutions précédentes du même genre,
y compris pour le respect amoureux qui est dû à son caractère de rapport intime
entre le fidèle et Dieu » : Jean-Paul
II, Discours à la Pénitencerie
Apostolique (12 mars 1994), 3 : AAS
87 (1995), 76 ; cf. Catéchisme de
l'Église Catholique, n. 1467.
[39] Catéchisme de l'Église Catholique, n.
1469; cf. Jean-Paul II, Exhort.
ap. post-synodale Reconciliatio et
paenitentia, 31, V : l.c., 265.
[40] Rituale Romanum - Ordo paenitentiae (2 décembre 1973), Praenotanda 11: édition
typique (1974), pp. 15-16.
[41] Ibidem.
[42] Jean-Paul II, Let. ap. Motu proprio Misericordia Dei : l.c., 452.
[43] Benoît XVI, Let. enc. Caritas in veritate, 79.
[44] Catéchisme de l'Église Catholique, n. 1436.
[45] Ibidem, n. 1439.
[46] Benoît XVI, Exhort. ap. post-synodale Verbum Domini, 61.
[47] Code de droit canonique (CIC),
c. 964, §2.
[48] Jean-Paul II, Exhort. ap. post-synodale
Reconciliatio et paenitentia, 32: l.c. 267-268.
[49] Benoît
XVI, Exhort. ap. post-synodale Verbum
Domini, 61.
[50] Catéchisme de l'Église Catholique, n.
1483; cf. CIC, c. 962, 1 ; Codex Canonum Ecclesiarum Orientalium (CCEO), c. 721.
[51] CIC, c. 961; cf. CCEO 720.
[52] Catéchisme de l'Église Catholique, n.
1484.
[53] CIC, cc. 959-963 ; CCEO, cc. 718-721.
[54] CIC, c. 964 : « § 1. Pour entendre les confessions
sacramentelles, le lieu propre est l’église ou l’oratoire. § 2. En ce qui
concerne le confessionnal, la conférence des Évêques établira des règles, en
prévoyant toutefois qu’il y ait toujours dans un endroit bien visible des
confessionnaux munis d’une grille fixe séparant le pénitent du confesseur et
dont les fidèles qui le désirent puissent librement user. § 3. Les confessions
ne seront pas entendues en dehors du confessionnal, à moins d’une juste
cause ». Cf. aussi CCEO, c. 736
§1.
[55] CIC, cc. 965-977 ; CCEO, cc. 722-730.
[56] CIC, c. 978, § 2.
[57] CIC, c. 978, § 1 ; CCEO, c. 732 §2.
[58] CIC, c. 979.
[59] CIC, c. 981 ; CCEO, c. 732 §1.
[60] Cf.
CIC, cc. 982-984 ; CCEO, cc. 731 ; 733-734.
[61] Cf.
CIC, c. 988 : « § 1. Le
fidèle est tenu par l’obligation de confesser, selon leur espèce et leur
nombre, tous les péchés graves commis après le baptême, non encore directement
remis par le pouvoir des clés de l’Église et non accusés en confession
individuelle, dont il aura conscience après un sérieux examen de soi-même. § 2.
Il est recommandé aux fidèles de confesser aussi les péchés véniels ».
[62] Cf.
CIC, cc. 987-991 ; CCEO, c. 719.
[63] Jean-Paul II, Let. ap. Motu Proprio Misericordia Dei, 3: l.c., 456.
[64] CIC, c. 986 ; CCEO, c. 735.
[65] Jean-Paul II, Let. ap. Motu Proprio Misericordia
Dei, 1b: l.c., 455.
[66] Congrégation pour le Culte Divin et la
discipline des sacrements,
Réponse Quaenam sunt dispositiones à
propos des normes concernant le temps de la célébration du sacrement de la pénitence
(31 Juillet 2001) : Notitiae 37
(2001) 259-260 (EV 20 [2001] n. 1504).
[67] Benoît XVI, Lettre d'indiction de
l'Année Sacerdotale à l'occasion du 150° anniversaire du « dies
natalis » de Saint Jean Marie Vianney.
[68] Cf.
ibidem.
[69] Ibidem.
[70] Jean-Paul II, Lettre aux prêtres pour
le Jeudi Saint 1986, 7 : l.c., 695.
[71] CIC, c. 978 § 1 ; CCEO, c. 732 §2.
[72] Jean-Paul II, Let. enc. Dives in misericordia, 9 ; l.c., 1208.
[73] Jean-Paul II, homélie à Maribor (Slovénie), 19 mai 1996.
[74] Benoît XVI, Discours aux Pénitenciers (19 février 2007) ; voir aussi le
Discours du 7 mars 2008. Les discours de Jean-Paul II et de Benoît XVI à la
Pénitencerie offrent une catéchèse abondante sur la façon de célébrer le
sacrement de la pénitence, en encourageant les ministres à le vivre eux-mêmes
et à aider les fidèles dans cette expérience de pardon et de sanctification. En
plus des autres documents déjà cités, consulter
plus largement : Rituale
Romanum - Ordo Paenitentiae (2
décembre 1973) ; Jean-Paul II, Let. enc. Dives in
Miséricordia (30 novembre 1980) ; Exhort. ap. post-synodale Reconciliatio
et Paenitentia (2 décembre 1984)
; Let. ap. Motu proprio Misericordia Dei,
sur quelques aspects de la célébration du sacrement de la pénitence (7 avril
2002) ; Pénitencerie Apostolique,
Le sacrement de la pénitence dans les Messages de Jean-Paul II à la
Pénitencerie Apostolique – années 1981, 1989-2000 – (13 juin 2000) ;
Conseil pontifical pour la Famille,
Vademecum pour les confesseurs sur
quelques thèmes de morale relatifs à la vie conjugale (1997). Dans les
notes ont été cités aussi les discours du Pape Benoît XVI à la Pénitencerie.
Voir encore : Code de droit
canonique, Livre IV, partie I, titre IV ; Catéchisme de l'Église Catholique, IIème partie, art. 4.
[75] Jean-Paul II, Exhort. ap. post-synodale
Pastores dabo vobis, 39 : l.c., 723.
[76] Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Presbyterorum Ordinis, 9.
[77] Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Optatam totius, 3.
[78] Ibidem., n. 8.
[79] Jean-Paul II, Exhort. ap. post-synodale
Pastores dabo vobis, 4: l.c., 663.
[80] Ibidem, n. 40 : l.c., 724-725.
[81] Ibidem, n. 81 : l.c., 799-800.
[82] Congrégation pour le Clergé, Directoire
pour le ministère et la vie des prêtres Dives Ecclesiae (31 mars 1994), 54 : LEV 1994.
[83] Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Presbyterorum Ordinis, 18.
[84] Congrégation pour le Clergé, Directoire
pour le ministère et la vie des prêtres Dives
Ecclesiae, 54.
[85] Jean-Paul II, Let. enc. Veritatis splendor, 115 : l.c., 1224.
[86] Ibidem, n. 88 : l.c., 1204.
[87] Benoît XVI, Let. enc. Caritas in veritate, 78.
[88] Dans
les Codes des Lois Canoniques on décrit la direction spirituelle dans les
Séminaires (CIC, c. 239 ; CCEO, cc. 337-339), dans les Maisons
religieuses (CIC, c. 630 ; CCEO, cc. 473-475 ; 538 §3 - 539),
dans les Instituts séculiers (CIC, c.
719). Voir les autres documents sur la direction spirituelle dans le sacerdoce
ministériel, la vie consacrée, les Séminaires et noviciats, dans la note finale
du § 134.
[89] Benoît XVI, Let. enc. Spe salvi (30 novembre 2007), 40 : AAS 99 (2007), 1018.
[90] Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 11.
[91] Cf.
Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Presbyterorum Ordinis, 14.
[92] Cf.
Jean-Paul II, Exhort. ap.
post-synodale Christifideles laici (30
décembre 1988), 59 : AAS 81 (1989),
509.
[93] Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Presbyterorum Ordinis, 14.
[94] Ibidem.
[95] Cf.
Congrégation pour le Clergé,
Directoire pour le ministère et la vie des prêtres Dives Ecclesiae, 31 mars 1994.
[96] Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Presbyterorum Ordinis, 6.
[97] Jean-Paul II, Exhort. ap. post-synodale
Vita consecrata (25 marzo 1996), 2 : AAS 88 (1996), 378.
[98] Ibidem, 30 : l.c. 403.
[99] Ibidem, n. 1: l.c., 377.
[100] Ibidem,
n. 22 : l.c., 396.
[101] Catéchisme de l'Église Catholique, n.
916; cf. CIC, c. 573.
[102] Catéchisme de l'Église Catholique, n.
932.
[103] Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Presbyterorum Ordinis, 6.
[104] Cf.
Conc. Oecum. Vat. II, Const.
dogm. Lumen gentium, 31.
[105] Saint Josemaría Escrivá, C’est Jésus qui passe, 10.
[106] Benoît XVI, Exhort. ap. post-synodale Verbum Domini, 94.
[107] Ibidem.
[108] Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Apostolicam actuositatem, 1.
[109] Conc. Oecum. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 31.
[110] Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Apostolicam actuositatem, 4.
[111] Conc.
Oecum. Vat. II, Const. dogm. Lumen
gentium, 31.
[112] Ibidem, n. 33.
[113] Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Apostolicam actuositatem, 29 ; cf. Jean-Paul II, Exhort. ap. post-synodale
Christifideles laici, 7-8, 15, 25-27,
64 : l.c., 403-405, 413-416, 436-442,
518-521.
[114] Cf.
Conc. Oecum. Vat. II, Const.
past. Gaudium et spes, 22.
[115] Cf.
Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Presbyterorum Ordinis, 3 ; Optatam totius, 11 ; Jean-Paul II, Exhort. ap. post-synodale
Pastores dabo vobis, 43-44, 72 : l.c., 731-736, 783-787 ; Directoire pour
la vie et le ministère des prêtres Dives Ecclesiae, 76.
[116] Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Optatam totius, 11.
[117] Saint Thomas, Summa Theologica, I, 1, 8 ad 2.
[118] Benoit XVI, Let. enc. Caritas in veritate, 76.
[119] Jean-Paul II, Exhort. ap. post-synodale
Pastores dabo vobis, 40 : l.c., 725.
[120] A
ce propos : Congrégation pour
l'Éducation Catholique, Orientations éducatives pour la formation au
célibat sacerdotal (11 avril 1974) ; Directives sur la formation des
séminaristes concernant les problèmes liés au mariage et à la famille (19 Mars
1995) ; Instruction sur les critères de discernement de la vocation envers
les personnes avec tendances homosexuelles en vue de leur admission au
Séminaire et aux ordres Sacrés (4 novembre 2005) : AAS 97 (2005), 1007-1013 ; Orientations pour l'utilisation des
compétences psychologiques dans l'admission et dans la formation des candidats
au sacerdoce (29 juin 2008).
[121] Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Optatam totius, 14.
[122] Jean-Paul II, Let. enc. Redemptoris missio (7 décembre 1990),
24: AAS 83 (1991), 270-271.
[123] Sur
la direction spirituelle, en plus des autres documents déjà cités, voir
aussi : Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Presbyterorum Ordinis, 9; 18; Décr. Optatam totius 3; 8; 19; Jean-Paul II, Exhort. ap. post-synodale
Pastores dabo vobis, 40; 50; 81 : l.c., 725, 747, 799-800; Exhort. ap.
post-synodale Vita consecrata, 21;
67; 46 : l.c., 394-395, 442-443,
418-420; CIC, cc. 239; 246; CCEO, cc. 337-339 ; 346 §2 ; Congrégation pour le Clergé, Directoire
pour le ministère et la vie des prêtres Dives
Ecclesiae, 39, 54, 85, 92 ; Congrégation
pour l'Éducation Catholique, Ratio
Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis (19 mars 1985), 44-59 ; Lettre
Circulaire sur quelques aspects plus urgents de la formation spirituelle dans
les Séminaires (6 janvier 1980) ; Directives concernant la
préparation des éducateurs dans les Séminaires (4 novembre 1993),
55; 61 (directeur spirituel) ; Congrégation
pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, Directives
concernant la formation dans les Instituts Religieux Potissimum Institutioni (2 février
1990), 13; 63: AAS 82 (1990), 479;
509-510 ; Instruction Repartir du
Christ : nouvel engagement de la vie consacrée dans le troisième millénaire
(19 mai 2002), 8 ; Congrégation pour
l'Évangélisation des Peuples, Guide de Vie Pastorale pour les Prêtres
diocésains dans les Eglises qui dépendent de la Congrégation pour
l'Évangélisation des Peuples
(1 octobre 1989), 19-33 (spiritualité et vie sacerdotale).
[124] Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Presbyterorum Ordinis, 11.
[125] Jean-Paul II, Lettre aux prêtres pour le Jeudi Saint 1986, 7 : l.c., 696.
[126] Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Presbyterorum Ordinis, 12.
[127] Benoît XVI, Let. enc. Caritas in veritate, 76.
[128] Ibidem, n. 77.
[129] Conc. Oecum. Vat. II, Décr. Presbyterorum Ordinis, 22.
[130] Ibidem.
[131] Jean-Paul II, Let. enc. Redemptoris missio, 92 : l.c., 339.
[132] Ibidem.